Synthèse des réponses des paroisses
dans le diocèse de Parakou


Le questionnaire a été rempli par des jeunes de 15 paroisses du diocèse, ainsi que la
commission des vocations. Dans certaines paroisses ce sont les jeunes de chaque CEVB
qui ont participé à cette enquête. Les curés des paroisses ont apporté leur aide pour la
partie statistique. A partir de ces enquêtes, le Bureau de Coordination Diocésain de la
Jeunesse a rédigé la synthèse que voici:


 Données générales


Chaque paroisse a reçu cette enquête avec les questions suivantes :
• Quel est le nombre d'habitants dans votre paroisse ?
• Sur le territoire de votre paroisse, quel est le nombre de jeunes ? Leur
pourcentage ?
• Sur le territoire de votre paroisse quel est le nombre de catholiques ? Leur
pourcentage ?Quel est l'âge moyen des hommes et des femmes au moment du
mariage ? (moyenne des 5 dernières années)
• Sur le territoire de votre paroisse, parmi les 16-29 ans, quels sont les pourcentages
d'étudiants ? de travailleurs ? de chômeurs ?


   D'une façon générale les curés et l'aumônerie de l'université ont eu des difficultés à établir
des statistiques précises par paroisse concernant le nombre de jeunes, de catholiques, de
chômeurs, d'étudiants ou de jeunes au travail. Les chiffres sont approximatifs. L'INSAE,
dans son 4e recensement général de la population (RPGH4) de 2013 indique de la commune

de Parakou compte 255 478 habitants et celle de Tchaourou en compte 223138.
D'après la même étude, 25,2% des habitants de Parakou et 18,7% de Tchaourou sont
catholiques. La proportion des musulmans pour les mêmes communes est respectivement
de 58,6% et 55,2%.
Enfin, ce recensement indique que les jeunes de 15 à 29 ans forment 32,2% de la
population à Parakou et 25,3% à Tchaourou.
Les curés des paroisses confirment le grand nombre de jeunes. Cependant on peut
affirmer d'une façon sûre que d'une paroisse à l'autre ces proportions changent : selon
certains curés, on compte jusqu'à 70% ou 80% de moins de 25 ans dans certains villages.
Et dans la ville de Parakou, l'Université compte 16000 étudiants.
Quant aux statistiques du mariage chrétien elles montrent que les catholiques se marient
peu en périphérie : certaines paroisses n'ont enregistré aucun mariage depuis 5 ans

(ND Apôtres de Kika) ou un seul (St François d'Assise de Boko). Même en ville, on ne compte
que quelques unités annuelles dans certaines paroisses (St Laurent). Ce sont le plus
souvent des personnes âgées qui se marient à l'occasion de leur baptême.
A l'opposé, la cathédrale compte 87 mariages en 5 ans, avec un âge moyen de 41 ans
pour les hommes et 35 ans pour les femmes. Il faut noter dans cette paroisse que les
membres de la communauté anglophone se marient plus jeunes que les autres.


 Jeunes, Église et société


Les jeunes ont répondu à ces questions et les ont notées. C'est le bureau diocésain de la
jeunesse qui a réalisé cette synthèse. Les expressions des jeunes sont écrites en italique.


1. De quelle façon l’Église est à l'écoute de la réalité des jeunes ?


Dans la plupart des paroisses les jeunes ont confirmé que l’Église est à l'écoute des
jeunes : cela peut être par le biais du conseil paroissial qui prête attention aux attentes
des jeunes et propose des activités pour la jeunesse. Certaines paroisses soulignent que
l’Église écoute les jeunes à travers des rencontres, les mouvements catholiques, la
création d'écoles, de formations, et le règlements de certains conflits.
De même, par le bureau de coordination de la jeunesse, à travers l'aumônier diocésain
ou paroissial, l’Église est à l'écoute de la jeunesse.
D'autres jeunes ajoutent : les pasteurs accompagnent la jeunesse en les questionnant,
en les accompagnant et en les formant. L’Église aide les jeunes à discerner pour qu'ils
découvrent leur projet de vie et puissent le réaliser dans la joie.
Dans une paroisse il est question de certaines lourdeurs administratives qui freinent la
réalisation des activités voulues par les jeunes. Les jeunes d'une autre paroisse affirment
que parfois l’Église ne comprend pas la réalité de la jeunesse.


2. Quels sont les principaux défis et quelles sont les opportunités les plus significatives
pour vous les jeunes aujourd'hui au Bénin ?


Les jeunes ont donné beaucoup de réponses à cette question. D'abord ils ont listé les
défis suivants : l'épanouissement de la jeunesse, le brassage inter-mouvements, la
prière, l'engagement des jeunes dans l’Église, amener la jeunesse à discerner sa
vocation, le chômage, la sorcellerie, la paresse, le syncrétisme, l'amour du gain facile, la
cybercriminalité, la recherche de l'âme soeur, la santé, l'éducation, les études, les
partenariats avec des jeunes étrangers, redécouvrir Dieu, les valeurs morales, l'instabilité
économique et la corruption.
Des jeunes de périphérie ont exprimé les mêmes choses en ajoutant : l'exode rural et le
manque de disponibilité des terres à cultiver.
Quant aux opportunités, les jeunes ont mentionné les suivantes : les personnes
ressources comme les prêtres, l’Église, les bourses extérieures, les ONG, la formation à
entrepreneuriat, les écoles et structures ecclésiales qui peuvent employer les jeunes, les
formations, l'aide de Dieu et l'enseignement catholique.
Des villages de périphérie ont mentionné qu'il reste des vastes espaces de terre à
cultiver, et ont souligné le dynamisme paroissial.


3. Quels types et lieux d'associations de jeunes, institutionnels ou non, ont davantage
de succès dans vos communautés et paroisses ? Et pourquoi ?


Là encore les réponses ont été nombreuses. Les jeunes citent : la liturgie, les samuels, le
RCC et les groupes de prière, la légion de Marie, Feu Nouveau, l'animation du MADEB,
JEC, CEVB, le scoutisme, la chorale et les aspirants.. Ces groupes se rassemble toujours à
la paroisse ou l'aumônerie.
Certains groupes ont du succès à cause de l'ambiance, certains groupes attirent parce
qu'ils sont moins contraignants (une seule rencontre par semaine à la liturgie c'est moins
que la chorale qui se retrouve plus souvent). On va dans certains groupes pour se faire
voir, d'autres parce qu'elles organisent des voyages de découverte et des sorties. D'autres
jeunes soulignent que des mouvements les attirent car ils organisent des camps de
formation et des pèlerinages.


4. Quels types et lieux d'associations de jeunes, institutionnels ou non, connaissent le
plus de succès en-dehors des communautés paroissiales ? Et pourquoi ?


Les jeunes citent les groupes suivants : les associations politiques, le sport, les groupes
d'étudiants et d'élèves, les spectacles et les bars, les activités culturelles, les clubs
(Rotary, Lions), les cybercafés, les associations villageoises et les orchestres.
Les jeunes n'ont pas expliqué les raisons de ces choix.


5. Que demandez-vous concrètement à l’Église aujourd'hui ?


Dans beaucoup de paroisses les jeunes souhaitent que l’Église crée de l'emploi aux
jeunes. Et certains ajoutent : l’Église doit nous accompagner techniquement, moralement
et financièrement. Elle doit nous former, nous suivre plus rigoureusement après le
baptême. Beaucoup de jeunes croient que le rôle de l’Église est de donner des bourses,
d'aider à entrepreneuriat, et d'organiser un partage de compétences et de solidarité avec
les jeunes.
D'autres jeunes insistent davantage sur les échanges, comme le brassage entre diocèses
ou la formation spirituelle, et apprendre à prier.
Dans une paroisse il est demandé que l’Église rééduque certains pasteurs afin qu'ils
donnent un meilleur exemple, et que l’Église évolue avec son temps.
Des jeunes de périphérie ont demandé qu'il y ait plus de proximité avec les jeunes, que
les jeunes soient davantage éduqués par rapport au mariage et la création des écoles
catholiques dans les stations.


6. Dans votre pays, quels sont les espaces de participation des jeunes à la vie de la
communauté ecclésiale et paroissiale ?


Les jeunes ont cité : le sport, les concerts et les sorties, les kermesses de jeunes, les
groupes et mouvements et associations de jeunes, le sanctuaire ND Reine des Familles
de Komiguéa, les BCJ et les conseils paroissiaux.


7. Comment et où parvenez-vous à rencontrer les jeunes qui ne fréquentent pas
l’Église ?


Les jeunes ont cité pêle-mêle : dans les collèges et dans les formations supérieures, dans
les bars, les places publiques, au marché, au cours des kermesses organisées dans les
paroisses, au sport, pendant les cérémonies de mariages et de baptêmes, les
associations de jeunes, les bibliothèques, les spectacles et les conventions politiques.
D'autres ont ajouté : nous rencontrons ces jeunes aussi au travail pendant la pause.


8. Quelle est l'implication des familles et des communautés dans le discernement de
votre vocation à la vie religieuse ou maritale ?


Les jeunes affirment que de façon générale les familles n'aident pas à réfléchir à la
vocation. Certaines familles chrétiennes abordent le sujet. Sinon c'est dans la paroisse à
travers les groupes d'aspirants, des groupes de vocations. De façon générale, il n'y a pas
de dialogue entre parents et enfants concernant le mariage.
En périphérie, les jeunes écrivent clairement que la plupart des familles n'acceptent pas
que les jeunes puissent devenir prêtre ou religieux ni qu'ils puissent se marier
religieusement. Les parents disent « nous t'avons accouché et tu dois aussi accoucher ».
Malgré cela, en périphérie, quelques familles sont fières des vocations, elles aident
financièrement et matériellement les jeunes qui font ce choix.


9. Dans quelles mesure pensez-vous que vos pasteurs tiennent compte du
changement culturel qu’entraîne le développement du monde digital ?


Des jeunes affirment que les pasteurs n'en tiennent pas compte . D'autres trouvent qu'ils
en tiennent compte à travers des applications religieuses sur téléphonie mobile comme
les groupes d'évangélisation et les forums.
D'autres jeunes écrivent que les pasteurs nous mettent en garde contre les pièges et la
désinformation qui existent sur les réseaux sociaux. Ils nous aident à nous sensibiliser et
nous préviennent des dangers .


10.Dans vos paroisses de quelle façon vous sentez-vous impliqué et associé aux
événements nationaux ou internationaux d’Église comme les Journées Mondiales de
la Jeunesse et d'autres ?


Les enquêtes soulignent qu'en général leur paroisse est fortement impliquée et informée .
Les jeunes participent à ces événement, des représentants paroissiaux y vont (JMJ,Taizé).

Nos responsables pastoraux nous informent à ce sujet et le BCJ passe les informations aux jeunes.
A l'opposé, certains jeunes se sentent peu informés et impliqués.


11.Selon vous, quelle serait la meilleure pastorale des vocations qui réponde le mieux
aux besoins des jeunes de votre milieu ?


Avant tout, la famille être sensibilisée et doit aider les jeunes à bien discerner leur
vocation. De plus, la catéchèse doit davantage aborder cet aspect de la vocation, et
certains groupes vocationnels sont à revitaliser.
Certains ajoutent que les paroisses devraient plus permettre aux jeunes ayant une
vocation de participer aux JMJ ou à des rassemblements comme celui de Cotonou avec
Taizé. De même, des conférences-débats, des journées portes ouvertes pourraient être
organisées.
Certains jeunes recommandent des innovations, comme concilier la prière, les loisirs et la
vocation. Ils conseillent davantage d'écoute et d'accompagnement car ils sont déterminants .

Pour eux, il faut davantage discuter avec les jeunes sur les vocations (viereligieuse ou maritale)

et aborder ce point dans les homélies.


12.Quelles sont les structures d’Église qui vous permettent de comprendre que l’Église
a besoin de vous les jeunes pour bâtir son futur ?


Les enquêtes citent : les mouvements de jeunes, l'aumônerie universitaire, les écoles
catholiques, la catéchèse, le séminaire et les maisons religieuses, les BCJ et les lieux de
pèlerinages.


 Pour la commission des vocations


Comment est organisée la pastorale des vocations dans les paroisses du diocèse ?


   Dans chaque paroisse il existe une commission ou un groupe des vocations, qui est suivi
par un prêtre. Ces groupes se rencontrent une fois par mois pour aborder des thèmesclés
sur la formation humaine et spirituelle des aspirants, ils sont aidés au discernement
vocationnel.
La commission visite autant qu'elle le peut, les groupes des paroisses, organise chaque
année des journées de récollection (pendant l'Avent et le Carême), ainsi que des camps
(pour les aspirants, les aspirantes et les séminaristes).
Le 4e dimanche de Pâques, le dimanche des vocations la commission des vocations
organise une permutation des agents pastoraux dans chaque paroisse, pour apporter un
témoignage nouveau sur la vocation.


Selon vous, comment un jeune peut-il comprendre la « paternité spirituelle » alors qu'il a
grandi sans un exemple de figure paternelle dans sa famille ?


  Toutes les familles souhaitent pour leurs enfants la paternité biologique. Mais dans
certaines familles le cheminement dans la foi peut être assez fort pour que soit envisagée
une paternité spirituelle. Les familles sont alors prêtes à accompagner leurs enfants dans
ce choix.
Ce choix est à accueillir dans la foi. Dieu est le Père de tous, c'est lui qui donne les
enfants et qui leur donne la vocation qu'il veut. Quand les parents considèrent leurs
enfants comme leur propriété ils n'acceptent pas ce choix.
Cette notion de paternité spirituelle est bien comprise par certains jeunes qui, à la fin de
leurs études supérieures font le choix d'entrer au séminaire.


        Le Bureau de Coordination Diocésain de la Jeunesse tient à remercier les prêtres et les
jeunes qui ont pris part à la réalisation de cette enquête. Nous tenons en particulier à
souligner l'implication dans certaines paroisses des uns et des autres qui ont su faire
partager au plus grand nombre les questions de ce synode.

Le Bureau de Coordination Diocésain de la Jeunesse (BCJD)

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