Á travers le judaïsme d’Alexandrie et surtout chez Philon, la théorie élaborée par Platon va peser lourd dans la naissance du schème de l’inspiration biblique dans le christianisme. Philon a élaboré une doctrine de l’inspiration des Écritures juives : une vraie théorie construite par le moyen des représentations et des concepts bien mis en valeur avant lui par de grands philosophes grecs. L’essentiel de son enseignement se résume dans le texte suivant : « Ce sont les déchiffreurs de prodiges, les augures, les haruspices et tous les autres experts en divination dont les activités consistent, à franchement parler, en une science de malheur savamment concertée, contrefaçon de la possession et de la prophétie divines. Car le prophète ne publie absolument rien de son cru mais il est l’interprète d’un autre personnage, qui lui souffle toutes les paroles qu’il articule, au moment même où l’inspiration le saisit et où il perd la conscience de lui-même, du fait que la raison émigre et abandonne la citadelle de l’âme cependant que l’Esprit divin visite et habite celle-ci et qu’il fait retentir et résonner de l’intérieur toute l’instrumentation vocale pour manifester clairement ce qu’il prédit » (Les lois spécifiques IV, 48-49)

Philon distingue, après Platon et Cicéron, la divination naturelle et la divination artificielle. Celle-ci, conçue comme ‘art manuel’ est, selon Philon, un ‘art mauvais’ parce qu’elle met l’homme en concurrence déloyale et malfaisante avec la prescience dont Dieu seul a le monopole.

Cette prescience, identifiée à la prophétie, est la seule et authentique prédiction, obligatoirement inspirée par Dieu. La prophétie se trouve garantie par le fait que le locuteur divin se substitue au locuteur humain. Mais Philon se démarque de la conception grecque d’un Dieu qui utilise directement la voix du prophète. Pour cela il parle de ‘souffleur’ divin faisant ainsi écho aux mots de Dt 18,18 : « je mettrai mes paroles dans sa (de Moïse) bouche et il leur dira tout ce que je lui commanderai ».

 

Philon reprend de façon remarquable l’image de l’instrument dans un autre passage : « Le texte sacré atteste le caractère prophétique de tout homme vertueux : le prophète n’exprime aucune parole qui lui soit personnelle : tout est d’autrui, un autre parlant en lui. Au méchant, il n’est pas permis d’être l’interprète de Dieu, si bien qu’aucun homme mauvais n’est inspiré de Dieu au sens propre : cela convient seulement au sage, puisque, seul, il est l’instrument sonore de Dieu, dont Dieu frappe invisiblement les cordes avec son plectre ».

 

Philon a une bonne définition de la prophétie et du prophétisme. Selon lui, ce ne sont autre chose que le fait global de l’inspiration divine, c’est-à-dire la voix intérieure de l’âme que Dieu lui-même fait résonner. L’inspiration prophétique ou la prophétie inspirée est la dernière des trois catégories de la hiérarchie d’inspiration qui ressort de la distinction faite par Philon.

 

Le texte suivant l’explique de façon convaincante : « Certes, je n’ignore pas que tout ce qui se trouve consigné dans les Livres Saints est oracles rendus par lui (Moïse). Mais je rapporterai ceux qui lui sont propres, après avoir fait la remarque suivante : parmi les oracles, les uns viennent de la Personne de Dieu à travers l’interprétation donnée par son prophète, les autres sont rendus par demande et réponse, les autres viennent de la personne de Moïse. Dieu étant descendu en lui et l’ayant transporté hors de lui-même (…). Ceux de la deuxième catégorie, je vais essayer de les étudier tout de suite, en les entremêlant avec ceux de la troisième où se manifeste la possession divine de celui qui parle, possession qui lui vaut essentiellement et en stricte propriété des termes d’être considéré comme prophète. Philon fait donc une triple distinction :

 

L’herménéia, l’interprétation, par laquelle le prophète, simple porte-parole, ne fait que rapporter la volonté divine 

Le dialogue mystique avec échange de questions et de réponses

L’enthousia (l’enthousiasme), c’est-à-dire la possession et le délire d’origine divine, comme l’éprouve la race prophétique

  

L’inspiration et ses effets

Selon Philon, deux conséquences ressortent de l’inspiration divine du prophète : résonnance surhumaine du message communiqué et les marques divines du processus d’inspiration.

La résonnance surhumaine du message communiqué : Philon fait comprendre que le prophète est obligé de prononcer des paroles dont la portée dépasse les limites terrestres : « l’organe, bouche et langue et même intelligence, est humain mais la résonance en est surhumaine : « C’est moi, dit Dieu à Moïse, qui te souffle ce qu’il faut dire, sans l’intervention de ta voix, selon ce qui est juste et utile ; et c’est moi qui tiendrai les rênes de ta parole et ferai chaque révélation par ta bouche, sans que tu comprennes » (Vie de Moïse, I,274)

         Les empreintes divines du processus d’inspiration : Les conditions et les effets de l’inspiration sont marqués par les vertus et les qualités de l’ordre divin. Evidemment, il existe une hostilité naturelle entre conjecture et vérité, vanité et connaissance, divination dénuée d’inspiration authentique et sagesse vigilante. Dans une telle atmosphère, seul le sage est susceptible d’être inspiré. Le prophète, pour sa part, n’est qu’un interprète. Ses paroles sont intérieurement suggérées par Dieu.

 

 

Avantage de la théorie de l’inspiration chez Philon

 

 

          La théorie de l’inspiration de Philon a l’avantage de défendre l’autorité des Écritures. Pour lui, elles sont prophétiques c’est-à-dire venant de Dieu, par l’entremise du plus grand des prophètes, Moïse.

 Le développement que Philon fait de la théorie de l’inspiration est une reprise de l’enseignement juif sur la question à l’adresse d’une population de langue et de culture grecques. Ainsi s’explique le fait qu’il ait puisé dans leurs schèmes de pensées à travers les croyances, les représentations présentes chez les auteurs grecs, Platon en particulier.

Son plaidoyer pour les Écritures a certainement des empreintes trop hellénistiques mais il a suggéré une doctrine de l’inspiration que le christianisme a substantiellement adoptée, à quelques traits près.

Il faut noter, chez Philon, l’éclipse de la fonction humaine par la fonction divine dans l’inspiration biblique. Il pourrait être taxé d’excessif dans sa pensée. Mais son excès s’explique par le contexte culturel et antique où il se trouvait.

 

 

 

 

                                                                                                         

Abbé Éphrem Dannon

 

 

         Le fait des Livres inspirés est un « (…) phénomène universel lié à l’histoire des civilisations »[1]. De fait, plusieurs religions possèdent leurs livres inspirés. Le phénomène se justifie par le fait que les hommes ont voulu fixer et conserver sous forme écrite l’aspect de vie qui les préoccupait le plus, à savoir leur rapport avec Dieu. Les livres qui en ressortent sont gardés comme « (…) un dépôt vénérable » parce que les hommes croient qu’ils apportent des réponses à leurs interrogations et constituent une lumière pour la conduire de leur vie.

 

Le premier livre des Maccabées (12,9) affirme que la Révélation divine conservée dans la religion juive et ensuite chrétienne possède aussi ses saintes Écritures, ses livres saints. Ils ont une particularité par rapport aux autres, liée à la source de leur sainteté. Les livres saints chrétiens peuvent être dits particuliers à partir de l’attitude des croyants qui les abordent : ils les abordent avec foi.

 

Ils ont fait, en effet, la découverte de la religion authentique au cœur de l’expression diversifiée du sentiment religieux. Même s’ils ont un respect pour les livres sacrés des religions non-chrétiennes et y perçoivent l’effort de l’homme qui cherche Dieu, pour eux, la Bible demeure unique. Ici il ne s’agit plus seulement de l’homme qui s’adresse à Dieu en l’invoquant pour discerner sa réponse. Il s’agit surtout de Dieu qui, sur la base de sa propre initiative se met en dialogue avec l’homme. Par conséquent, la Bible est la Parole même de Dieu.

 

Quelquefois le texte présente un intérêt purement humain visiblement limité. Par exemple il offre des généalogies apparemment ennuyeuses, des histoires en anecdote de personnages qui édifient. Rien de cela ne pose problème. Un message est communiqué à travers tout cela.

 

De fait il est vrai qu’il y a en jeu la pensée, la mentalité, la culture, la conception de la vie des auteurs humains auxquels les livres sont attribués. Mais il faut surtout constater que le génie humain a été mis au service de l’Esprit de Dieu, la Ruahprésente chez les prophètes (Os 9,7), qui soutenait de façon surnaturelle les libérateurs d’Israël (Jg 13,25).

 

 

 

L’inspiration dans la Grèce antique

 

L’antiquité connaît aussi l’inspiration sous la forme d’un mouvement qui entraîne les poètes, les musiciens, les peintres et les chefs politiques. Le monde ancien, oriental ou grec, n’est pas étranger aux révélations divines transmises aux hommes par des personnages inspirés. Il y croyait.

 

Les saintes écritures de l’Égypte ancienne étaient attribuées au dieu écrivain Thot, le précurseur d’Hermès. Mais le fait de l’inspiration se situe beaucoup plus du côté de la Grèce.

 

Le début de l’Odyssée comporte une invocation qui en est empreinte : « Muse, dis-moi (…) déesse née de Zeus, conte ces aventures (…). L’Iliade débute ainsi : « Chante la colère, déesse, du fils de Pélée (…) ».

 

Chez Platon le concept d’inspiration est brillamment éclairé. Il s’entend dans les deux sens ‘possession’ et ‘souffle’ divins. Le critère de distinction des bons poètes et des mauvais poètes est non pas l’effet de l’art mais le fait qu’un dieu est en eux et qu’il les possède. Ils sont remplis de la divinité, dont la personnalité s’est réellement substituée à la leur : sans une telle opération, ils ne peuvent vraiment pas réaliser leur œuvre. La connaissance technique est insuffisante au vrai poète. Il faut qu’il soit inspiré en recevant un don divin.

 

Les hommes politiques aussi sont inspirés. D’ailleurs ils sont appelés divins à l’instar des diseurs d’oracles et les prophètes.

 

‘Inspirés par le souffle du dieu dont ils sont possédés’, ils sont capables de réussir bien des entreprises sans avoir la science requise pour cela. En Grèce, particulièrement chez Platon, la ‘possession’ divine est alors le critère unique d’authenticité des activités et des fonctions qui, dans la cité, se distinguent par leur créativité : l’art poétique, la science du gouvernement.

 

                                                                                                     

Abbé Éphrem Dannon

 



[1] A. Robert – A. Feuillet, Introduction à la Bible, Desclée – Cie, Editeurs, 3

 

Les manuscrits autographes de la Bible n’existent plus. Ils ont tous péri à l’épreuve du temps. Il n’en existe que des copies nombreuses. La Bible a connu, au cours des siècles différents supports.

 

La pierre

Dans l’ancien temps, l’écriture avait pour support la pierre. À l’époque, l’écriture était peu utilisée. Il faut penser aux fameuses tables de pierre que Moïse a dû tailler et réaliser (cf. Ex 31,18). Par la suite, en entrant dans la Terre promise, le peuple d’Israël a reçu l’ordre de « dresser de grandes pierres, de les enduire de chaux et d’y recopier les paroles de la Loi » (Dt 27,2-3)

  

Le cuir

Ultérieurement, les livres de la Bible ont été écrits sur du cuir. Il en est ainsi du rouleau d’Isaïe qui a été retrouvé dans les grottes du monastère de Qumran, au bord de la Mer Morte. Sa longueur est de 6 m 40. Il est le joyau du Musée du Livre à Jérusalem

  

Le papyrus

 

Dès le IIIème millénaire av. J.- C. la technique de fabrication a été mise au point par les Égyptiens. « Le papyrus est une sorte de roseau qui poussait autrefois dans le Nil. On découpait sa moelle fibreuse en étroites bandes qu’on  superposait en couches croisées, qu’on collait et séchait, de façon à obtenir des feuilles sur lesquelles on pouvait écrire à l’encre. Les dimensions de ces feuilles étaient variables, on pouvait les assembler en une longue bande qu’on roulait en ‘volumen’ (volume)

 

Le parchemin

Le ‘parchemin’ tire son nom de sa ville d’origine, Pergame. Il apparaît au IIème siècle après. Jésus Christ. Fabriqué à base de peaux de bêtes (vache, chèvre et surtout mouton, il n’était pas tanné comme le cuir. Son poil était raclé. Il était blanchi à la craie et poli. Résistant, son emploi était commode. L’écriture recto-verso et les ratures y étaient possibles. Il était relié en codices. Il a été très utilisé pour les livres bibliques et a été le support classique de l’écriture jusqu’à la fin du Moyen-Âge.

 

Le vélin 

Le vélin est une qualité plus haute de parchemin. Fait à partir de peaux de jeunes bêtes comme l’agneau, le chevreau, le veau, mort-nés préférentiellement. Il a été employé dès le XIIIème s. pour les manuscrits de luxe.

  

Le papier 

Le papier a été inventé en Chine au début de l’ère chrétienne et introduit en Europe au VIIIème s. Mais pour les textes sacrés, le parchemin a été préféré au papier jusqu’à la découverte de l’imprimerie[1].

 

  Abbé Éphrem Dannon

 



[1] « De la pierre au parchemin, en passant par le cuir et le papyrus (…), il a bien fallu que le scribe adapte ses ‘stylets’ », cf. J.-P. Bagot – J.-Cl. Dubs, Pour lire la Bible, Les Bergers et les Mages, Paris 1984, 30. Le burin (Jr 17,1 ; 19,24) ; le ‘porte-plume’ ; l’encre.

 

Ancien Testament 

Les formes poétiques

Bentzen cite comme formes poétiques élémentaires les chants d’ouvriers (Ne 4,4) qui tendent souvent vers l’incantation dans l’intention de faire avancer le travail (Nb 21,17s) ; les satires ; les chansons à boire (Is 22,13) ; les chants de funérailles (2 S 1,17 ; 3,33), les chants de guerre (1 S 17,7) qui peuvent devenir une incantation (2 R 13,17). Il faut noter également les ‘‘dits maternels’’ (Gn 4,1 ; 21,7) et les bénédictions paternelles (Gn 9,26-27 ; 27,28-29 et 39-40). 

La littérature de sagesse se compose des genres populaires et des genres savants qui sont apparentés. Elle a pour noyau initial le proverbe populaire lequel naît de l’observation d’une situation ou d’un caractère (1 S 10,12). 

Ce genre a eu des développements complexes : l’énigme (Jg 14,12-18), la parabole (2 S 12,1-4 ; Is 28,23-29), la fable (Jg 9,7-15), le dialogue traitant d’un problème de vie (Job), l’allégorie (Pr 9).

 

Les formes de la prose 

Il existe les formes peu élaborées littérairement mais stables : contrats    (Jr 32), convention et traités (1 M 8,22-32), listes généalogiques, listes de fonctionnaires (1 R 4), lettres (Nb 20,14-19), inventaires et plans architecturaux (1 R 6-7). Des formes plus structurées et proches du rythme poétique existent aussi : les prières en prose (1 R 8) et les discours politiques ou religieux (chez les prophètes notamment et dans le Deutéronome) ou sapientiels (Pr 5 ; Tb 4). 

Les lois se répartissent en plusieurs genres à cause de la rédaction différente de leurs articles. À côté de la Torah, il faut voir aussi la coutume qui est le principe fondamental des jugements (mishpât), le commandement (miswab), les paroles (dâbar) comprenant des sentences divines, des cas juridiques ou des exhortations sapientielles. 

Il existe les narrations. Bentzen pense que le classement des différents récits est difficile. Parmi les récits qui racontent des traditions anciennes, il faut distinguer ceux étiologiques (étiologie = recherche des origines et de la signification des choses). Ils ont toujours un lien avec la géographie, l’histoire ou la sociologie. Ils sont en lien avec les lieux, les coutumes, les modes de vie dont ils veulent expliquer l’origine, la valeur ou le caractère sacré. Ils le font par exemple pour les anciens sanctuaires en rappelant la fondation (Gn 12,8) ou en expliquant le nom (Gn 28,11-19). D’autres mettent en jeu un personnage ancien, par exemple l’ancêtre d’une tribu (l’éponyme) ou un héros dont le souvenir est gardé. 

Les récits étiologiques sont une mine de renseignements, mais leur interprétation est généralement délicate et il faut en peser tous les éléments pour en saisir exactement la portée.  

 

Évolution des genres

Les œuvres, à l’époque du classicisme israélite (époque royale), se regroupent en courants différenciés : le courant législatif, les œuvres historiques, les recueils prophétiques, le lyrisme religieux, les livres de sagesse. Mais les courants s’interpénétraient pratiquement. Un récit incorporé à un livre historique vise à justifier une coutume ou un rite (Ex 12,21-28), un autre donne une interprétation théologique des faits qui l’avoisine à la littérature prophétique  (Jg 2). 

Par la suite, dans le cours du temps, les genres se modifient et d’autres apparaissent. Le midrash apparaît. Il est une réflexion religieuse sur les traditions anciennes et les Écritures. Le midrash a par moments la finalité de tirer de l’Écriture, témoin des volontés divines, des règles de conduite.

 Le judaïsme nomme cela la halakha[1]. Par moments la finalité est simplement d’édifier le lecteur. Le judaïsme parle de la haggada[2]. Lorsque le midrash s’applique à des oracles prophétiques pour chercher quelque lumière sur le sens des événements contemporains ou leur issue future, il donne lieu au pesher(ainsi en est-il de Dn 9 réinterprétant Jr 25,11-12). Un genre nouveau est apparu lorsque l’oracle eschatologique a donné naissance à l’apocalypse. Il est un genre où la révélation des secrets divins s’exprime en songes et en visions énigmatiques. 

Le judaïsme de basse époque a fréquemment recouru à la pseudépigraphie pour mettre des œuvres récentes sous le couvert d’auteurs anciens morts depuis longtemps. Plus d’une œuvre sapientielle sont placés, par exemple, sous le patronage de Salomon, initiateur de la littérature de sagesse : Proverbes, Ecclésisate, Cantique et Sagesse.

           De même, le genre des ‘Testaments’ apocryphes, haggadas d’envergure sapientielle, a fleuri dans La Bible. Par exemple les Testaments des XII patriarches et, dans la Bible elle-même, Tobie.

           En somme, l’histoire des genres littéraires dans l’Ancien Testament est complexe. La connaissance du sens et de la portée des livres en dépend. Les connaître relève donc d’une nécessité.

  

Nouveau Testament  

Les genres littéraires, dans le Nouveau Testament, ont une expression diversifiée. Il faut y distinguer entre les genres élémentaires (paroles du Christ, actes typiques du Christ ou des apôtres, résumés de catéchèse, hymnes, etc.) et les synthèses (les Évangiles et les Actes des Apôtres).

             Les genres élémentaires ont leur racine dans la tradition orale chrétienne. Par contre, les synthèses ont pour sous-bassement une réflexion d’ensemble. Elles sont en fin de compte des œuvres raisonnées qui ont été composées par des auteurs et qui obéissent aux lois des compositions écrites. En dehors de cela, il existe les Épîtres. Elles sont des lettres à contenu doctrinal. Leurs formes varient d’un auteur à l’autre. Jacques se rapproche des genres de sagesse juifs. Paul a recours souvent à la diatribe hellénistique. Il existe aussi l’Apocalypse. 

 

Le genre épistolaire en milieu hellénistique 

Le bloc principal de la littérature épistolaire du Nouveau Testament, bien varié, est constitué par les Épitres de Paul. Il faudrait comparer Paul à la littérature antique. 

Dans la littérature antique, une lettre privée était écrite par l’auteur lui-même. Ainsi en est-il de la littérature secrète des grands personnages comme Pompée et César. Mais comme il n’était pas toujours facile à une personne occupée de consacrer du temps à écrire des lettres, des secrétaires étaient alors employés pour la circonstance. Les lettres leur était dictées. Le risque d’erreur était évité par la dictée syllabe par syllabe et non phrase par phrase ou mot à mot. La dictée, dans de telles conditions, était insupportable pour qui n’avait pas d’autres occupations. La dictée se faisait en mangeant ou en marchant. Les personnages importants qui avaient beaucoup à écrire procédaient autrement. Ils faisaient connaître oralement ou par écrit les grandes lignes de leur pensée. Le secrétaire les développe par la suite. La procédure comportait le risque de la non-conformité dans la pensée. Les savants se demandent si la procédure n’a pas été la même pour quelques Epîtres du Nouveau Testament. 

Des lettres de l’Antiquité qui ont été conservées, autour de 4500 selon Roller, ont un préambule complet, à structure immuable, avec trois éléments : l’intitulatio ou superscriptio. Il mentionne le nom du destinateur (envoyeur), l’adscriptio ou adresse intérieure. Elle désigne le nom du destinataire, la salutatio ou formule de salutation.

  

Les Épîtres dans le Nouveau Testament

Deux lettres du Nouveau Testament dénommables antérieures à celles de Paul ont le préambule classique avec les trois éléments. Il s’agit de Ac 15,23ss et de la lettre de Jacques. Paul l’a maintenu aussi avec des modifications notables. Il amplifie plus l’intitulatio parce qu’il veut mettre l’accent sur l’autorité issue de sa dignité apostolique. Paul modifie aussi l’adscriptio : puisqu’il s’adresse à des chrétiens faisant partie du monde nouveau inauguré par le Christ, il décline leur vrai titre de noblesse, leur caractère chrétien.

La salutatio est aussi transformée. Il ne s’agit plus du simple χαίρε(réjouis-toi) grec qui correspond au ‘bonjour’ mais plutôt deχάρις (grâce),et ‘paix’ avec à l’appui la précision sur la source des biens messianiques énumérés. 

La différence entre lettre et épître a été établie par Deissmann. Il oppose la lettre, écrit occasionnel, sans traits littéraires et sans intention de publication à l’épître qui traite de sujets généraux avec des prétentions littéraires et adressée à un groupe plus ou moins nombreux de particuliers. Mais en fait, l’opposition entre lettre et épître n’est pas absolue. La lettre se rapproche de temps en temps de l’épître. En assimilant les écrits pauliniens aux lettres privées et populaires conservées par les papyrus, Deissmann exagère. Elles sont certes de vraies lettres. Mais elles se démarquent des lettres ordinaires avec leur élévation spirituelle et intellectuelle et leur caractère didactique prédominant. 

Les autres épîtres du Nouveau Testament ont diverses formes. L’épître aux hébreux est un vrai traité théologique proche d’une exhortation d’allure homilétique. Les deux épîtres de Pierre et celle de Jude font penser à des homélies et à des encycliques. La première épître de Jean commence sans nom d’auteur et sans salutation personnelle. Elle n’est pourtant pas dépourvue de traits personnels. Elle semble représenter un genre mixte : lettre et traité doctrinal. Les deux autres épîtres de Jean sont de véritables lettres courtes. Les ‘lettres aux sept Eglises’ font la jonction entre le genre épistolaire et le genre apocalyptique.

 

Le genre apocalyptique

Il est présent dans le ‘discours apocalyptique’, les Actes (vision d’Etienne, vision de Pierre avant la visite à Corneille, Ac 10,1ss), des passages occasionnels des épîtres de Paul (notamment dans 1 et 2 Th et 1Co). Il est à l’état pur dans l’Apocalypse qui en utilise tous les procédés littéraires très développés dans la littérature non-canonique, juive et chrétienne.

 

Abbé Éphrem Dannon



[1-]  hébreu, voie, chemin = ensemble des normes et des préceptes contenus dans la Torah et la tradition orale. Codifiée dans les ouvrages de la littérature rabbinique, elle est considérée comme la seule voie permettant de parvenir à l’image et à la ressemblance divine en se conformant à la volonté de Dieu

[2-] Ou Aggadah. En hébreu, ‘narration, récit’. Le terme se réfère en particulier aux aspects ou aux genres littéraires rabbiniques de caractère non perceptif : paraboles, épisodes relatifs aux maîtres, histoire des martyrs, interprétation sapientielles, etc. Dans une autre acception, on appelle Haggadah ou Haggadah de Pesah, le récit spirituel de l’exode récité ou chanté pendant la cène pascale

 

La Bible a été écrite pas d’un seul trait et en dehors de l’espace et du temps. Elle est l’histoire d’un peuple qui apprend à découvrir dans sa vie le visage de Dieu. Elle est par conséquent liée à un pays. Ecrite par des personnes concrètes, elle a donc des empreintes humaines. Chaque page de la Bible peut offrir la possibilité de percevoir ‘‘le terreau’’ où elle a pris naissance »[1]. Il est évident que toute littérature se rattache à son époque[2]. Cela vaut aussi pour la Bible.

La Bible a été aussi marquée par le climat et la végétation de la Palestine et des peuples environnants. Ses langues et ses symboles en ont été influencés. Le désert, l’eau, les arbres (le cèdre), la vigne, l’olivier, le figuier sont des exemples.

 

Influences de la géographie du Moyen-Orient sur le peuple d’Israël

 

La géographie du Moyen-Orient présente des mers et des déserts, raison pour laquelle des civilisations vont naître et se développer en 3 régions principales.

 

Les grandes civilisations 

 

L’Égypte

Au Sud du Moyen-Orient et à partir de 3000 ans avant J.-C. l’Égypte est devenu un peuple important. Les rois qui le gouvernent sont appelés pharaons. Ils résident soit au nord (Memphis), soit au sud (Thèbes). L’histoire de l’Égypte est généralement divisée en dynasties. L’exode a eu lieu vraisemblablement sous la 19è (autour de 1250).

 

Les Hittites

Au Nord du Moyen-Orient, sur les plateaux de l’Asie Mineure, les hittites prospèrent puissamment pendant 1500 ans et disparaissent à l’époque biblique.

 

Mésopotamie

En grec mesos (entre ) potamos (fleuve), la Mésopotamie est aussi appelée le Croissant fertile. Beaucoup de civilisations se côtoient et se succèdent dans la région, disparaissent et reviennent des siècles plus tard. Elle a, au Sud, Sumer, Akkad et la Babylone. Au nord, l’Assyrie (l’Irak actuel). Plus à l’est (l’Iran actuel), sont apparus les Mèdes puis les perses.

 

 

Les grecs et les romains

D’autres peuples venus de l’ouest, (l’Europe actuelle) envahissent le Moyen-Orient : les grecs (3 siècles avant J.-C.) et les romains (1 siècle avant J.-C.)

Le voisinage entre deux peuples entraîne souvent des guerres. Les rencontres belliqueuses nécessitent naturellement le déplacement de l’un vers l’autre. Pour le cas présent, le contact entre les peuples est facilité par le couloir entre la Méditerranée et le désert d’Arabie. Malheureusement Israël habite dans le couloir. Il est un genre d’état-tampon entre les grandes puissances. Sa vie dépend alors des autres peuples.

 

L’Égypte domine sur Canaan avant l’installation d’Israël. Elle a connu son apogée sous les Ramsès (XIXè dynastie), et son déclin progressif entraîne encore quelques ennuis à Israël. Les Lagides (ou Ptolémées, descendants d’un général d’Alexandrie) vont y régner jusqu’en 63 av. J.-C.). De 320 à 198 ils dominent la Palestine.

 

Les dominations

L’Assyrie a eu son expansion pendant le 9è s. Elle prend la Samarie en 721. Elle décline rapidement, défaite en Egypte en 660. Babylone prend Ninive en 612.

Babylone prend Jérusalem en 597 et la détruit en 587. Les perses détruisent Babylone en 538

Perse : puissance énorme dès 550-529. Fait la conquête du Moyen-Orient et a été conquise par Alexandre en 330

Grèce : Alexandre le Macédonien a conquis la Palestine en 333. Ses généraux après lui la dominent tour à tour : Les Lagides d’Egypte (320-198) et les Séleucides d’Antioche (198-63)

Rome : Pompée triomphe des Séleucides en 63 av. J.-C. La Palestine est désormais sous domination romaine. Titus prend Jérusalem en 70 après J.-C.

 

Canaan et Damas

Le nom Canaan se rattache, dans la Bible ou dans la littérature extrabiblique, à un pays ou à une population. De façon générale le pays recouvre la Palestine actuelle. Plusieurs régions la composent. Il est fait, au centre, de plateaux (Galilée) et de collines (Samarie, Juda) et à l’ouest le la vallée du Jourdain. Ici, au XIIè s. avant J.-C., des tribus s’établissent et deviennent vers l’an 1000 le royaume de David-Salomon. Plus tard, à la mort de Salomon, le royaume qui était uni est divisé en deux : le royaume de Juda au sud (capitale Jérusalem) et le royaume d’Israël au nord (capitale Samarie). Les Philistins viennent dans la même période (XIIè s.) sur la côte méditerranéenne, au sud.

Quelques siècles avant J.-C., le pays reçoit son nom des grecs : Palestine ou Pays des Philistins. Damas, un petit royaume, a joué lui aussi un rôle important dans l’histoire d’Israël.

Avec tout cela, se comprend la dépendance d’Israël des autres peuples. Son histoire en est marquée. Sa pensée et sa civilisation le sont aussi

 

Impacts de la mentalité du Moyen-Orient sur le peuple d’Israël

L’histoire d’Israël montre son contact avec les peuples voisins et sa connaissance de sa littérature.

 

Héritage de la civilisation égyptienne : le soleil et l’optimise

 

L’Egypte est une région lumineuse. Même lorsqu’il est peiné de voir le soleil disparaître le soir, l’égyptien sait, de par l’expérience, que le matin il réapparaît en vainqueur des puissances nocturnes. Le soleil est divinisé et a plusieurs noms. Il est le premier des dieux, celui qui engendre les autres dieux et les hommes. La littérature égyptienne a un hymne au dieu Soleil

 

 

Hymne égyptien au dieu-Soleil Aton[3]

 

Tu apparais, parfait, à l’horizon du ciel

Disque vivant qui est à l’origine de la vie.

Quand tu te lèves à l’horizon oriental,

Tu resplendis tout le pays de tes perfections.

Quand tu te couches dans l’horizon occidental,

la terre est dans les ténèbres, comme dans la mort.

La terre gît dans le silence,

car celui qui l’a crée se repose en son horizon.

Puis la terre s’éclaire quand tu t’es levé

et que, Disque solaire, tu luis durant le jour.

Les hommes s’éveillent et se dressent sur leurs pieds.

Les arbres et les herbes verdissent.

Les oiseaux voient hors de leurs nids,

les ailes en adoration pour toi.

Les bateaux descendent ou remontent le fleuve.

Les poissons bondissent devant ta face.

Tu fais se développer le germe dans les femmes

et crées la semence chez les hommes.

Comme elles sont nombreuses tes créations !

Elles sont cachées au visage des hommes,

ô dieu unique à qui nul autre n’est semblable.

Tu as créé les humains pour toi,

toi leur seigneur à tous, tant qu’ils sont,

qui te donnes de la peine pour eux,

seigneur de la terre qui brilles pour eux.

Tu es dans mon cœur…

(Traduction A. Barucq)

 

Les crues du Nil surviennent à des dates fixes. Elles apportent même du limon fertilisant et de l’eau aux populations. Par ailleurs, l’égyptien est, par nature, de tempérament optimiste. En vertu de leur bonté, les dieux, en Egypte, veillent sur les humains. Le fidèle rentre, après la mort, dans une vie de splendeur et de nouveauté.

 

La civilisation mésopotamienne : pessimisme

Contrairement à la mentalité égyptienne, celle mésopotamienne est, au fond, pessimiste. La vie des habitants dans une vallée est souvent marquée par des crues improvisées qui s’originent dans des déluges fréquents. Par ailleurs des nomades provenant du désert d’Arabie ou des plateaux de l’Iran les envahissent fréquemment. Les dieux des mésopotamiens s’affrontent entre eux, continuellement. L’homme en pâtit : il est vu comme le mortel devant se mettre à l’abri de leur colère. Il est dit que les dieux ont donné la mort à l’homme et l’ont pétri de mensonge[4]. La vie après la mort est triste parce que les défunts n’étant pas destinés à la joie. La mentalité mésopotamienne est marquée par de grands mythes

 

L’épopée d’Atra-Hasis (le très intelligent)

Une copie de l’épopée (retrouvée à Babylone et date de 1600 avant J.-C.) a permis de la connaître. Elle est un long poème de 1645 lignes.

Elle rapporte l’histoire des dieux qui ont décidé de créer l’homme pour qu’ils les relayent dans leur fatigue par rapport aux corvées qui leur incombait. Ils modèlent donc l’homme avec de l’argile qu’ils ont mélangée avec du sang d’un dieu égorgé.

L’humanité s’accroît et sa prolifération entraîne du bruit. Les dieux en sont agacés et fatigués.

Ils la punissent par des fléaux et enfin le déluge. L’un des dieux, Éa, avertit un homme pour qu’il construise un bateau pour y faire monter sa famille et un couple de tous les animaux.

 

 

Le poème Énouma Elish

Elle est probablement la plus célèbre des œuvres de la Mésopotamie antique. Elle a vu le jour à Sumer et s’est développée durant plus de 1000 ans en Assyrie, en Babylonie. Elle a été connue et recopiée en Palestine, chez les Hittites. Sa forme actuelle présente 12 chants. Gilgamesh est un héros de Sumer. Son orgueil était gênant et insupportable pour les dieux. Ils lui opposent un rival, un monstre vivant parmi les bêtes, du nom de Enkidu. Une femme l’humanise et il devient ami de Gilgamesh avec qui il fait des prodiges. Enkidu meurt un jour. Gilgamesh voit l’atrocité de la mort et va rechercher l’immortalité. Le héros du déluge lui indique le secret la plante de vie. Gilgamesh la recherche et s’en est emparé. Malheureusement un serpent la lui vole et Gilgamesh est résigné à mourir.

 

L’épopée de Gilgamesh

Il est un très ancien poème. Sa forme actuelle daterait de 1100 avant J.-C. Il parle de deux principes sexués à l’origine (au début de tout) : Apsou, les eaux douces, et Tiâmat (dont le nom se retrouve dans le ~Ah+t., tehôm – l’abîme de Gn 1,2) les eaux salées de la mer. Tous les dieux sortent de là. Tiâmat cherche à les tuer parce qu’ils sont devenus gênants pour elle. Mais Marduk est vainqueur de Tiâmat et la divise en deux à la manière d’une huître[5]. Il en fait la voûte céleste. Marduk crée l’homme à l’aide du sang d’un dieu révolté…

 

La pensée cananéenne

La découverte en 1929 de la bibliothèque de la cité d’Ugarit (l’actuelle Rash Shamra en Syrie) a fait mieux connaître la pensée cananéenne. La civilisation d’Ugarit a eu son sommet autour de l’époque des patriarches, vers 1500 avant J.-C. Leur dieu principal, El est souvent symbolisé par un taureau[6]. Dans la région, les forces de la nature, divinisées, constituent des cadres de culte : Baal, dieu de l’orage et de la pluie est quelquefois nommé le ‘‘chevaucheur des nuées’’ (ainsi que Dieu en Ps 68,5). Anat est sa sœur (appelée plus tard Astarté) est la déesse de la guerre, de l’amour et de la fécondité. La région cananéenne attire Israël (surtout le royaume de Samarie) avec ses rites pour obtenir la fécondité du sol et des troupeaux

 

La mentalité biblique

L’un de ses traits fondamentaux la différencie des autres mentalités :

dx'(a, hw"ïhy> WnyheÞl{a/ hw"ïhy> lae_r"f.yI [m;Þv. (Deut 6,4). Il renferme l’expression essentielle de la foi d’Israël. La différence est nette entre la pensée mythique et la pensée biblique. Pour la pensée mythique, une divinité est projetée dans l’au-delà par l’homme. Il s’emploie, à travers le rite, à avoir la mainmise sur elle et à le mettre à son service.

Dans la Bible, par contre, Dieu interpelle l’homme qui lui répond. Le rite sert à exprimer la réponse de l’homme interpellé par Dieu.

 

 

Conclusion : Influences de la condition de vie des auteurs

 

Les conditions de vie de chaque auteur a eu des impact sur son écrit. Ainsi Isaïe l’aristocrate est un poète de grand talent qui est doté d’un sens politique aigu. Amos est un berger. Son style est rude et est plein d’images du désert. Ezéchiel est un prêtre. Pour cela il se préoccupe plus du culte et du temple. Ayant vécu à Babylone avec les exilés, il a pu voir les grands animaux ailés sculptés aux portes du roi et s’en est inspiré dans ses visions dans l’expression de la grandeur de Dieu. Ezéchiel place les ‘Chérubins’ autour du trône de Dieu.

« Avant l’exil déjà, les ‘intellectuels’ d’Israël avaient été influencés par la culture des peuples environnants. Ainsi quand les ‘théologiens’ voudront expliquer que le Dieu d’Israël est le créateur du monde, ils se serviront (en les modifiant bien sûr) des récits babyloniens des créations. Les temples à étage (les ziggourats) de Mésopotamie serviront de modèle à la Tour de Babel, symbole de l’orgueil des hommes. Les fréquentes inondations de l’Euphrate sont sans doute à l’origine du symbole du déluge… Quant à la littérature égyptienne, elle a eu une grande influence sur le livre de la Sagesse »[7]. Enfin, le style et la langue du 2è livre des Maccabées ressemble est le même que celui que ceux des historiens de la Grèce, la grande nation de son temps.

De tout cela, il faut conclure que les livres de la Bible sont rattachés à des personnes qui ont leurs qualités et leurs défauts, une origine, une éducation. Ils sont également rattachés à l’histoire et à la culture du Moyen-Orient. Il s’agit bien de livres variés mais ils ne forment qu’un seul, tous étant des étapes d’une unique histoire : la révélation du plan d’amour de Dieu pour les hommes.

 

Abbé Ephrem Dannon

Professeur d’Écriture Sainte

                                                                 

 



[1] F. Brossier, in La Bible, 21

[2] Les ‘Mémoires’ de Charles de Gaulle sont différents des écrits des ‘chroniqueurs’ du Moyen-âge. La langue de Corneille est différente celle de Giraudoux.

[3] Quelques extraits de l’hymne composé vers 1350 par le pharaon Akhénaton

[4] Cf. épopée de Gilgamesh. 

[5] Le poème Enouma Elish est une explication de l’organisation du cosmos à Babylone : à partir d’Apsou, principe mâle, et de Tiamât, principe féminin, naissent les dieux. Tiamât veut détruire les jeunes dieux qui l’agacent. Les dieux délèguent leur pouvoir à Mardouk (le dieu de Babylone). Il tue Tiamât et les dieux qui l’aident. Il constitue le monde avec son corps. Mardouk assura son emprise sur les dieux enchaînés  et revient vers Tiamât qu’il avait vaincue. De sa masse inexorable, il lui fend le crâne. Apaisé, le Seigneur contemple le cadavre : il veut diviser le monstre et en faire un chef-d’œuvre. Il le fend en deux comme un poisson séché. D’une moitié il fait la voûte des cieux, trace la limite, installe des gardes et leur donne pour mission d’empêcher ses eaux de sortir.

[6] Dans la bible, Elohim  est l’un des noms de Dieu. Il est le pluriel de majesté de El

[7] F. Brossier, in La Bible, 21

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