Bénissons le Seigneur pour ce beau diocèse en pleine croissance. Les écoles poussent, les chapelles se construisent, les nouveaux presbytères s’érigent, les séminaristes augmentent, les sanctuairestrès fréquentés. Tout bouge, mais tout peut s’écrouler si nous oublions l’essentiel : notre vie d’intimité avec le Seigneur. Le thème pastoral de cette année sera "Prière intérieure et engagement". Disons d’emblée que le premier engagement pour tout chrétien c’est la prière.Elle est à distinguer de la récitation inconsciente des formules. Tout s’apprend. On apprend à devenir forgeron en forgeant. On apprend à prier en priant.

    La prière est une expérience d’amour. Elle est un don de Dieu qui s’accueille dans la foi. Quand on prie on se dit : Dieu est présent, de façon invisible.Il est présent hors de moi et au-dedans de moi. Je me rends disponible pour l’écouter, lui parler et agir. Mais d’abord l’écouter. Car c’est lui la Parole qui sauve. Chacun prie comme il vit, avec ses défauts et ses préoccupations, ses misères et ses atouts, selon son âge, ses échecs et ses espérances. Prier,croyez-moi, c’est le travail le plus difficile. Le bréviaire, on l’appelle encore "office", du mot latin "officium" qui signifie service obligatoire. C’est un travail pénible, surtout quand on doit prier souvent et lentement. Mais c’est le travail le plus nécessaire. Car prier c’est aimer. Et sans amour on vit malheureux. Quand on est avec un ami,quelle joie, quel bonheur !Le temps ne compte plus. En effet, "on consacre un temps gratuit et sans hâte uniquement aux choses et aux personnes qu’on aime ; et ici, il s’agit d’aimer Dieu qui a voulu nous parler. A partir de cet amour, on peut consacrer tout le temps nécessaire, avec l’attitude du disciple : "Parle Seigneur, ton serviteur écoute", Pape François, La joie de l’évangile n° 146.

Pourtant la prière ne va pas de soi. Ce n’est pas automatique comme un coup de foudre. Ça vient lentement comme le murissement d’une noix de coco. C’est d’abord une question de besoin de l’homme, puis de volonté et de relation entre père et fils. Dieu est notre papa. Sans lui ou loin de lui on s’étiole et on meurt. Quoique généreux, ce papa nous exauce quand il veut et comme il veut. Et c’est toujours pour notre bien. La prière chrétienne présuppose la foi. Sans elle, il est impossible de prier et surtout de persévérer. Car "la prière est un combat. Contre qui ? Contre nous-mêmes et contre les ruses du Tentateur qui fait tout pour détourner l’homme de la prière (CEC 2725).On comprend le conseil de saint Paul : « Puisez votre énergie dans le Seigneur…Revêtez l’équipement de combat que Dieu vous donne, afin de tenir bon contre les manœuvres du diable, car nous ne nous battons pas contre les hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances de ténèbres qui dominent le monde, les esprits mauvais qui sont au-dessus de nous"(Eph. 6, 14). Cet équipement dont il s’agit c’est la vérité, la justice, la paix, la foi etc. C’est exigeant.

Eh oui, la vie chrétienne n’est pas un fauteuil mousseux bien rembourré, de tout repos, fait pour les invertébrés. C’est réellement un combat. Ne faisons pas les malins. La prière intérieure ne peut pas être un somnifère, un opium, qui nous endort. Un chrétien flagada et flageolant c’est-à-dire douillet est un contresens. Non, la prière intérieure est une force ; c’est le secret des grands hommes et descommunautéschrétiennes dynamiques. C’est le  secret des moines, des saints, des martyrs, le secret de l’efficacité de tout apostolat.Elle est puissance divine qui vainc les forces maléfiques visibles et invisibles.Il y a des démons qui ne s’expulsent qu’à force de prière et de jeûne nous dit Jésus (Marc 9, 29).

Dès la première heure de notre journée, tournons-nous, corps et esprit, vers le Seigneur. Trente minutes de silenceintérieur, de méditation, d’oraison, de cœur à cœur avec le Seul capable de transformer nos consciences souillées, nos cœurs de pierre en cœur de chair. Trente minutes de louange et non de plaintes, trente minutes de gratitude avant de formuler nos demandes.Alors la paix, l’unité, l’amour reviendront dans nos maisons. Les premiers instants du silence nous déstabilisent. Il faut tenir bon. Pourquoi ? Parce que
- La prière semble une perte de temps. Or le temps c’est de l’argent. Pour la bonne gestion du temps l’homme exclut la prière. C’est une grosse erreur. L’action, le travail rémunéré, le commerce, le marché : ça produit quelque chose. Mais la prière ? On est là et on ne fait rien d’autre. Pas vrai.

- Dès qu’on se met à prier on est assailli par de multiples distractions : on se gratte, on ouvre tel livre, on est insatisfait, on prend son téléphone portable. On rêve. On gesticule. On n’arrive pas à être stable.

- La paresse de prier peutnous envahir. Prier à la même heure demande une certaine discipline. Et puis souvent on ne sent rien pour Dieu, et on se dit : à quoi bon ? On s’installe dans la négligence du cœur : c’est la sécheresse, l’acédie, le démon de midi.

- Le découragementnous guette parce que nos prières de demandes ne sont pas exaucées. Les islamistes tuent les chrétiens, les pauvres plongent dans la misère. Pire, les misères, les injustices, les problèmes de nos familles, de nos communautés et de ce monde ne sont pas résolus. A quoi bon continuer ?

- Enfin, Dieu invisible est silencieux. C’est le comble ! Les grands saints expérimentent le silence terrible de Dieu : la nuit obscure. Même Jésus a eu desérieux ennuis  à ce niveau lors de son agonie : "Que ce calice s’éloigne de moi". Dieu s’est tu. Notre volonté humaineinquiète et impatientene coïncide pas toujours avec la volonté divine. D’où ce cri sur la croix :"Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné" ? La grande tentation c’est de penser que Dieu est indifférent à nos souffrances. Le doute peut s’installer en nous et même nous pousser à chercher des solutionsrapidespartout, sauf là où Dieu est présent : notre cœur. Or il est impossible de rencontrer le Seigneur en dehors du silence, vrai remède à tous nos bruits.

    Pour bien prier on a besoin de silence extérieur, mais surtout intérieur. Ce silence nous dispose à être attentifs à Dieu de façon amoureuse. La découverte du Dieu intérieur, c’est le trésor des trésors. Dieu n’est pas dans les uniformes des fêtes, dans les décors extérieurs, dans les fleurs artificielles, les guirlandes en tissus, dans les voix fantaisistes, dans le bruit des tam-tams, dans les danses frénétiques mais dans le sanctuaire de l’âme. Là est cachée la croissance de notre vie surnaturelle. Dieu est silence. Satan est bruit, faux bruit, tonneau vide.Le goût de l’oraison et de la prière silencieuse ne s’acquiert pas à coup de raisonnement,mais en apprenant à couler le mouvement intérieur de notre âme dans celui de l’Eglise. "Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra" (Mt 6,6).

    Se retirer au fond de sa maison n’est rien d’autre que de chercher Dieu avec le cœur. On s’adresse à notre papa ou plus exactement on se sent dans les bras de notre Papa du ciel. Il nous regarde avec tendresse. Il attend qu’on lui ouvre nos cœurs. La prière individuelle est complétée par la prière liturgie, ouprière communautaire. Une liturgie bien célébrée nous rapproche de Dieu :"Nos chants n’ajoutent rien à ce que Tu es, mais ils nous rapprochent de Toi" (Préface d’action de grâce). "Tout ce lyrisme dans la liturgie, toutes ces prières, toutes ces cérémonies, tous ces chants et cantiques aux mélodies si variées, l’Eglise les a choisis et les a mis en place pour nous hausser au niveau divin, pour nous suggérer la grandeur de Dieu, pour nous donner comme un avant-goût de la joie du ciel".
   
    Cette année,nousparticiperons activement à la prière liturgiqueou communautaire pour irriguer et enrichir la prière personnelle : célébration de la parole, adoration eucharistique, chapelet, neuvaine, bréviaire, pèlerinage etc. Nous éviterons d’en faire des occasions de défoulement collectif.

-Nous apprendrons à prier avec la Bible. Les exemples d’hommes de prière y sont nombreux. Abraham, Moïse, Samuel, Elie, Ester, Judith, Jésus, les apôtres, les saints etc. On peut distinguer dans la Bible la prière de louange, d’action de grâce, de supplication, prière dans les épreuves. Ce sont des modèles pour nous.

- Nous prierons lentement et posément. Nous prononcerons les mots en fixant notre attention au sens de la phrase. Quand tu lis posément, tu goûtes ce que tu lis. Dieu entre en toi.

- Nous essayerons de promouvoir l’art africain et certains gestes africainspour enrichir la piété ou la religiosité populaire. La danse sacrée doit être toujours majestueuse. Elle se traduit en attitudes, en acclamations contenues et en légers balancements du corps. Une chose est la joie des cœurs, autre chose est la vocifération, la frénésie et le défoulement. Le rythme du tam-tam ne doit pas être endiablé. La joie liturgique n’éclate jamais. Nulle part, la Sainte Bible nous présente un Jésus agité et excité. La passion du Christ n’est ni du théâtre ni de la comédie. Nourrissons-nous des exemples de dignité du Christ quand on célèbre. C’est lui le Médiateur universel entre la divinité et l’humanité. Ne soyons pas victimes des sectes qui évacuent le silence pour baigner dans la mondanité, les spectacles, les superficialités, des improvisations continuelles. Le saint sacrifice du Christn’est pas un fait divers. Il est unique au monde. Il nous conduit à la Présence réelle qui nous pousse à l’évangélisation. L’année de prière intérieure nous aidera à découvrir le Dieu qui n’a qu’un souci : le bonheur de l’Homme à travers la perfection : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait".

    Selon saint François de Sales, il y en a qui placent la perfection dans les austérités (sacrifices dures), d’autres dans l’oraison, d’autres encore dans la fréquente réception des sacrements, d’autres enfin dans l’aumône… « Ils se trompent. La perfection consiste dans un grand amour pour Dieu ». Mais on n’y parvient pas sans renoncement et sans détachement. Voyez le publicain Matthieu. Il a fait un repas d’adieu en invitant tous ses amis à découvrir le Messie, son nouveau guide. Il abandonnera à jamais ses sécurités financières, son poste juteux et le puissant réseau des collecteurs d’impôts pour suivre un pauvre homme du village de Nazareth qui n’avait même pas d’endroit où reposer sa tête. Jésus était comme un "sans domicile fixe". L’amour c’est fou.

Qu’est-ce qu’on abandonnera cette année pour le Christ ? Entre autres choses la messe face à facepour mieux goûter Dieu dans le silence.Les chorales élimineront progressivement les batteries qui font trop de bruit, "car chanter bien c’est prier deux fois". On visitera les monastères.On fera revenir  certains gestes : au Confiteor, à l’Angélus, au Credo, au Gloria. On fera une révérence quand on passera devant un lieu saint, un calvaire, une statue de la Vierge ou de saint Joseph. On fera une génuflexion avant de communier,sauf ceux qui sont malades. Les prêtres apprendront à célébrer aussi avec le canon romain. On continuera de dire laprière pour les vocations. Mais le grand signe qui nous accompagnera toute l’année sera "la messe orientée", vraie rupture pour un nouveau départ spirituel, et cela à partir du premier dimanche de l’Avent, dans les communautés prêtes.C’est une belle proposition du Card. R. SARAH (Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements).Son appel s’adresse à tous mais spécialement aux prêtres :

    « Je veux lancer un appel à tous les prêtres. Peut-être avez-vous lu mon article dans L’Osservatore Romanoil y a un an (12 juin 2015), ou mon entretien donné au journal Famille chrétienne au mois de mai de cette année. A chaque fois, j’ai dit qu’il est de première importance de retourner aussi vite que possible à une orientation commune des prêtres et des fidèles, tournés ensemble dans la même direction - vers l’est ou du moins vers l’abside - vers le Seigneur qui vient, dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur. Cette pratique est permise par les règles liturgiques actuelles. Cela est parfaitement légitime dans le nouveau rite (de Paul VI). En effet, je pense qu’une étape cruciale est de faire en sorte que le Seigneur soit au centre des célébrations.

    Aussi, chers frères dans le sacerdoce, je vous demande humblement et fraternellement de mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible, avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec l’assurance, en tant que prêtres, que c’est une bonne chose pour l’Eglise et pour les fidèles. Votre appréciation pastorale déterminera comment et quand cela sera possible, mais pourquoi éventuellement ne pas commencer le premier dimanche de l’Avent de cette année, quand nous attendons le « Seigneur [qui] va venir sans tarder » ?(Londres, 5 juillet 2016). Voilà le tournant irréversible. Voilà "l’étape cruciale". Tournons-nous vers le Christ, soleil levant, et nous serons sauvés. La Vierge Marie, Notre-Dame de Komiguéa, nous aidera.

Bon Temps de l’Avent à chacun et à tous !
+Pascal N’KOUE
Omnium Servus

 


Nouvelles de famille
- Le mois de novembre est dédié à la commémoration des défunts. Prions pour eux. La sainte Bible dit :"Déposer sur les tombes des offrandes de nourriture c’est présenter de bonnes choses à une bouche fermée ; de même l’offrande faite à une idole : à quoi bon, puisqu’elle ne mange ni ne sent rien" (Si 30,18). Alors j’encourage plutôt lesdemandes de messes pour les défunts. Ils n’ont besoin que de nos prières. C’est là un acte de foi, d’affection et de devoir de charité envers eux dans la communion des saints.
- Pour ré-enraciner la liturgie du Concile Vatican dans l’héritage traditionnel, à partir du temps de l’Avent les prêtes pourront célébrer les messes "ad orientem" ou "versus Dominum" pour les communautés bien préparées.
- Nous bénissons le Seigneur pour l’érection du nouveau noviciat le 14 octobre 2016 dans notre diocèse, par la Supérieure Générale Mère Eliane DUQUÊNE, des Sœurs Salésiennes de la Visitation de Belgique.
- Notre bon missionnaire Père Maurice RIGUET, osfs, après avoir célébré ses 50 ans de sacerdoce avec nous est reparti pour la France. Avec lui et pour lui nous rendons grâce à Dieu. Merci pour tous les services rendus.
- Le Père Don Diègue GUEDOU BADE a été nommé Curé d’Okédama le 15 octobre 2016.
- Le Père Laurent GUIMON, prêtre fideidonum de Versailles, est bien arrivé à Parakou le 18 octobre. Il est Aumônier des Sœurs Contemplatives de Jésus Eucharistie et professeur de liturgie avec moi au Grand Séminaire diocésain "Providentia Dei".
- Nous remercions vivement le Secours Catholique de Paris, le Groupe Missionnaire de Merano (Italie), ManosUnidas (Espagne)et la Fondation Hubi et Vinciane (Belgique) qui nous ont visités le mois dernier. Nos bonnes relations avec ces organismes nous encouragent à nous engager davantage au service des petits et des pauvres.
- Notre Grand séminaire diocésain a désormais une communauté de religieuses de la Providence de saint Paul de Kara (Togo). Nous remercions tout l’Institut. C’est l’Evêque de Natitingou, chargé des vocationsau Bénin, qui a béni leur maison le 9 octobre dernier. La rentrée s’est effectuée avec onze nouveaux séminaristes.
- Nous avons apprécié la visite de la Supérieure Générale des Sœurs de la Médaille Miraculeuse, Mère Irma MAKSÊ,venue de Slovénie. Heureusement qu’il y avait une traductrice pour nos échanges !
- Les Pères Romuald GNANGNON et Gilles KIMBA sont désormais à Ténonrou : ils apprécieront nos visites.
- Le Père Fulgence MEHOUENOU est de retour de France avec un doctorat en Droit Canonique. Il est Directeur du Centre Pastoral Guy Riobéet s’occupe en même temps de la formation catéchétique et biblique.
- Le Père Edmond VIEYRA est de retour de Rome avec un doctorat en exégèse. Il est nommé Collaborateur paroissial à Tchatchou en vue de créer une paroisse à KinnouKpannou. Sa nomination prend effet le 27 novembre 2016. Il donnera aussi des cours de Bible au Grand Séminaire"Providentia Dei".
-Nous confions au Seigneur le repos de l’âme de Stella, maman du Père Jacques KOTOKO.
-Mon bref séjour dans le diocèse de Nantes dans le cadre du partenariat s’est très bien passé. L’accueil a été fraternel et chaleureux. Nous attendons à Noël leur V. Général et deux Vicaires épiscopaux. D’autres groupes s’annoncent.

 


Quelques dates


1ernov.    :Fête de la Toussaint : Messe au monastère de Kokoubou, à 9h.
2 nov.        : Journée de prière pour tous les défunts. Demandons beaucoup de messes.
3 nov.        : Conseil d’Administration des hôpitaux de Boko et de papanè avec Hubi& Vinciane, à 9h30.
9-10nov.    :Présence des amis de l’AFR de Vittorio Veneto. Qu’ils soient vivement remerciés pour tout.
11-13 nov.    :Visite pastorale à la Paroisse saint Joseph.
15-23nov.    :A Venasque (France) pour la béatification du Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, Fondateur de   l’Institut Notre Dame de Vie. Nous remercions cet Institut pour son soutien à "Providentia Dei".
19 nov.    : La paroisse de Tchatchou célèbre ses 10 ans de création. Accompagnons-les et prions pour cette  belle paroisse en effervescence.
26nov.    :A 9h30, à la Cathédrale : Ordination presbytérale de Norbert AGOSSOU. La messe sera orientée.Préparons-nous à cette nouvelle "étape cruciale" qui sera bénéfique pour tous.
27 nov.    : 1er Dimanche de l’Avent. Récollection des consacré(e)s au Monastère de l’Etoile Notre-Dame.
30nov.    :Conseil pour les Affaires économiques à 9h30, à l’Archevêché.

       

 Le premier Synode sur l’Afrique a considéré "l’inculturation comme une priorité et une urgence dans la vie des Eglises particulières pour un enracinement réel de l’Evangile en Afrique" (Ecclesia in Africa n° 59). Il faut revenir constamment sur cette préoccupation.

    Qu’il faille inculturer l’Evangile en terre d’Afrique, personne n’en doute. Mais en quoi consiste ce processus, là divergent les points de vue. Trois de nos Anciens ont parlé de la question : Mgr Robert SASTRE, premier évêque de Lokossa ; Mgr Lucien Agboka, premier évêque d’Abomey ; et Mgr Lucien Chambény, premier prêtre du diocèse de Natitingou. A ces trois témoignages j’ajouterai celui, plus récent, du cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements. Ce sont tous des Africains, hommes de foi et fiers de leur identité africaine.
1. Ce que l’inculturation n’est pas     
    A la question : quel est le contenu réel du mot inculturation ? Voici ce que répond Monseigneur Lucien CHAMBENY : "C’est difficile à dire, chacun le comprend comme il peut. En tout cas, il ne s’agit pas de transporter nos gros tam-tams dans les églises et d’y danser de toutes nos forces comme on le fait aujourd’hui. Le vacarme assourdissant des tam-tams n’est pas l’inculturation, c’est plutôt de la distraction. Les fidèles se lèvent pour admirer les danseurs, les danseuses, les joueurs de flûtes…
 
    Monseigneur SASTRE, grand Africaniste, s’est opposé à toute protestantisation de la liturgie catholique romaine, qui fait appel à la contemplation : « Quelque paradoxal que cela puisse paraître, la liturgie, même en tant que célébration, ne doit être qu’un chemin vers la contemplation. Pour que la célébration africaine en arrive là, il lui faut un sérieux effort d’intériorisation : il faut que le rôle du corps s’amenuise au profit de celui de l’esprit. L’appétit des rites, des symboles et des rythmes doit lentement se transmuer en vie intérieure. Les transes corporelles doivent disparaître pour faire place au rythme de l’âme portée par l’amour dans la paix de la contemplation.
2. Le processus de l’inculturation
    L’évangile à l’état pur n’existe pas. Il nous est parvenu déjà inculturé. Il s’est répandu pétri du langage, de l’histoire, des mentalités de milieux et d’époques précis. Aujourd’hui l’on parle de plus en plus d’inter-culturalité (Benoit XVI). Mais il faut affirmer tout de suite et fortement que le contenu de l’Evangile est différent des constructions culturelles. Il les transcende. Sinon les Juifs auraient cru spontanément en Jésus, le Roi de l’univers sans palais.

    Le processus d’inculturation s’effectue en deux mouvements : il y a d’abord la réception de l’Evangile ou évangélisation, puis l’incarnation de cet évangile ou inculturation. L’effort d’inculturation part donc de l’accueil total et humble de la Parole de Dieu. Cet effort concerne toute l’évangélisation et non pas seulement la liturgie. Toute la vie du disciple du Christ est concernée et donc tous les domaines de la vie humaine, sociale et chrétienne de l’Africain. Quand on pourra dire comme saint Paul : "pour moi vivre c’est le Christ. Ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi" alors oui, on sera des chrétiens inculturés. L’inculturation est lumière de Dieu dans nos ténèbres, dans nos traditions et nos coutumes, "jusque sous nos lits". Il s’agit d’une transformation du dedans de nous. Or c’est la foi en Jésus qui purifie nos cœurs et nos coutumes. L’inculturation ne peut donc pas être laissée à l’initiative individuelle ni se faire sans discernement, à la légère, à la va-vite. "Discerner quels éléments culturels et quelles traditions sont contraires à l’Evangile permettra de pouvoir séparer le bon grain de l’ivraie" (cf. Mt 13, 26).
3. L’inculturation chez le peuple Hébreu
    Jésus lui-même, dans ses paraboles et dans ses discussions avec les pharisiens, les sadducéens, les scribes etc., a eu à purifier les mentalités juives, les coutumes, les lois et traditions sur le sabbat, sur les enfants, sur les lépreux, sur les pauvres et les pécheurs, la croix, la résurrection des morts… "Vos anciens vous ont dit mais moi je vous dis…" "Qui aime son père et sa mère plus que moi n’est pas digne de moi…" "Ma chair est une vraie nourriture, mon sang est une vraie boisson". Manger le corps de Dieu, boire son sang ce n’est inscrit dans aucune culture. La première fois que Jésus en a parlé, presque tous ses auditeurs l’ont abandonné, tellement ce discours choquait la culture juive (Jn 6, 66). Consommer le sang des animaux était interdit, à plus forte raison boire le sang d’un homme ! Le mystère de Dieu ne peut pas s’accommoder des considérations culturelles horizontales et donc passagères. "Mon Royaume n’est pas de monde", dit Jésus à Pilate. Toutes les cultures humaines ont des scories et des pesanteurs, et ont besoin de la Sagesse de Dieu qui vient d’en haut.
4. Le syncrétisme
    Mgr Lucien AGBOKA s’en plaint. Son constat est vraiment déplorable : "On peut bien faire partie de la confrérie des sorciers et animer les groupes de prière et d’adoration les plus dévots de sa paroisse, le curé détectera difficilement le double jeu. Personne ne viendra lui dénoncer le chrétien caméléon". C’est du syncrétisme tout simplement, c’est-à-dire un mélange de croyances disparates, de doctrines opposées et même contradictoires dans le seul but de réussir coûte que coûte ou de se sentir protégés par toutes les divinités. Jésus est rabaissé au rang d’un quelconque esprit sauveur parmi tant d’autres. Or pour celui qui croit vraiment, Jésus  est « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu  né du vrai Dieu ». Il est l’unique Sauveur et Rédempteur, le Seigneur des seigneurs. Devant lui tout genou fléchira. Nul ne va au Père sans passer par Lui.
5. L’Eucharistie et la culture
    La véritable question est de savoir ce qu’on célèbre ou plutôt qui on célèbre ? Dieu, ou l’homme ? Certaines célébrations ressemblent davantage à des autocélébrations desquelles le Mystère est absent : « Le cœur du mystère eucharistique est la célébration de la Passion, de la mort tragique du Christ et de sa résurrection ; si ce mystère est noyé dans de longues cérémonies bruyantes et chamarrées, le pire est à craindre. Certaines messes sont tellement agitées qu’elles ne sont pas différentes d’une kermesse populaire » Card. Robert SARAH, Dieu ou rien, pp. 150-151. Protégeons la Présence réelle. "Ce don de l’Eucharistie est trop grand pour pouvoir supporter des ambiguïtés et des réductions" Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia n°10.
6. La religiosité ou spiritualité populaire
    Au lieu de chercher tout le temps à encombrer le saint-sacrifice de la messe, on pourrait se tourner abondamment vers la religiosité populaire. Le Pape François en rappelle l’importance (Evangelii Gaudium 123-126): "Dans la piété populaire, puisqu’elle est fruit de l’Évangile inculturé, se trouve une force activement évangélisatrice que nous ne pouvons pas sous-estimer : ce serait comme méconnaître l’œuvre de l’Esprit Saint. Nous sommes plutôt appelés à l’encourager et à la fortifier pour approfondir le processus d’inculturation qui est une réalité jamais achevée". Les expressions de la piété populaire ont beaucoup à nous apprendre. C’est la "spiritualité incarnée dans la culture des simples". L’Exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia du Pape François est un bel exemple d’inculturation et d’exhortation à l’inculturation.

    L’Eglise donne de larges possibilités d’expressions à cette mystique populaire, si proche de la vie des gens : c’est le rituel des bénédictions qui sanctifie tous les domaines de l’existence humaine (maison, ateliers, outils, champs…), les différentes étapes de notre vie (bénédiction des enfants, des mères enceintes…) ; les pèlerinages, les longues processions si appréciées des fidèles qui peuvent y exprimer leur foi, en puisant abondamment dans la culture locale. Toutes ces dévotions, avec ces innombrables gestes et signes, nourrissent la foi du peuple et sont comme des satellites qui le conduisent à l’Eucharistie qui  est le cœur de la liturgie. Reconnaissons que nos communautés ne sont pas toujours prêtes à célébrer les saints mystères avec la foi pure de l’Eglise.

    La religiosité populaire, c’est encore les sacramentaux, le rosaire, la dévotion mariale qui ne connaît pas de frontières de langues, de races ou même de religions. Voyez combien la Mère du Christ est inculturée quand elle se présente sous le visage d’une Africaine à Kibeho, d’une Amérindienne au Mexique…, quand elle parle la langue propre de la voyante (le patois) à Lourdes ! Pourquoi dans nos sanctuaires marials, dans nos grottes mariales, vouloir la représenter toujours sous les traits d’une femme européenne ? Aucune norme ne l’impose ! Cultivons les expressions de piété populaire sous l’inspiration de l’Esprit aux dons multiples et variés.
7. Je suis Africain. Lisons attentivement ce que dit le Card. Robert SARAH sur l’inculturation.
    « Je suis Africain… la liturgie n’est pas le lieu pour promouvoir ma culture. Bien plutôt, c’est le lieu où ma culture est baptisée, où ma culture s’élève à la hauteur du divin … Certes, les cultures et les nouveaux chrétiens apportent des richesses dans l’Eglise… Mais ils apportent ces richesses avec humilité, et l’Eglise, dans sa sagesse maternelle, les utilise si elle le juge approprié… L’inculturation n’est pas à présenter comme une quête ou une revendication pour la légitimité d’une africanisation ou d’une latino-américanisation ou asianisation à la place d’une occidentalisation du christianisme…

    « L’inculturation est une irruption et une épiphanie du Seigneur au plus intime de notre être. Et l’irruption du Seigneur dans une vie provoque en l’homme une déstabilisation, un arrachement en vue d’un cheminement selon les références nouvelles qui sont créatrices d’une culture nouvelle porteuse d’une Bonne Nouvelle pour l’homme et sa dignité d’enfant de Dieu… Quand l’Evangile entre dans une vie, il la déstabilise, il la transforme… Quand Jésus entre dans une vie, il la transfigure, il la divinise par la lumière fulgurante de Son Visage… L’inculturation de la foi est donc un défi de sainteté… L’inculturation n’est pas un folklore religieux. Elle ne se réalise pas essentiellement dans l’utilisation des langues locales, des instruments et de la musique latino-américaine, des danses africaines ou des rites et symboles africains ou asiatiques, dans la liturgie et les sacrements. L’inculturation, c’est Dieu qui descend et entre dans la vie, les comportements moraux, les cultures et coutumes des hommes pour les libérer du péché et les introduire dans la Vie Trinitaire », Allocution du Card. Robert SARAH à Londres, 05 juillet 2016, sur une authentique mise en œuvre de Sacrosanctum Concilium.

    En un mot, il faut souvent se demander ce qui est premier : Dieu ou l’homme ? L’Evangile ou ma culture africaine ? L’Eglise universelle ou les goûts de ma communauté ? Arrêtons toute ambiguïté et même cette para-liturgie dite inculturée que nous servons pendant la messe à la place de l’anamnèse. Nous introduisons la dissipation en plein recueillement. Jusqu’à la doxologie (par Lui, avec Lui et en Lui) tous les non concélébrants devraient rester à genoux. La Prière Eucharistique n’est pas encore achevée à l’anamnèse. Et puis, le mystère ne se crie pas. Il se vit dans l’émerveillement du silence intérieur. Célébrons la messe en regardant le Christ crucifié, et il y aura moins d’agitation et plus de foi et d’engagement.                                                                                                             

+Pascal N’KOUE
 Omnium Servus

 


Nouvelles de famille
- Merci au R.P. Bruno LECOIN, osfs, Supérieur Provincial, venu d’Annecy le mois dernier pour les ordinations presbytérales et diaconales.

- Merci de tout cœur au diocèse de Nantes qui a organisé un beau programme pour mon séjour.

- Merci au R. P. Benoît LUQUIAU qui a conduit nos jeunes aux J.M.J. en Pologne. Les témoignages positifs sont très nombreux. Espérons que nos jeunes deviennent plus missionnaires.

- Le centenaire de naissance d’Hubert C. MAGA est lancé. C’est le premier Président de notre République, originaire de Parakou. De musulman, il s’est converti en chrétien catholique et est resté fidèle à l’Eglise jusqu’à sa mort. Sa vie et celle de son épouse sont éloquentes. Il faut que les générations présentes et futures les connaissent pour s’en inspirer.
- Bienvenue aux RR. PP. Ditime Christian K. et Bamidélé Rogatien K., tous deux SVD, destinés aux paroisses de Guéma et de Sirarou.

- Bénissons le Seigneur pour l’élection de la nouvelle Supérieure Générale des Sœurs ocpsp, Mère Julie Chantal ALAKPA. Prions pour elle et pour son Conseil.

- Je remercie le nouvel Archevêque de Cotonou, nommé, Mgr R. HOUNGBEDJI venu le mois dernier nous donner sa bénédiction.

- Trois paroisses ouvriront des écoles catholiques en 2016 : Banikanni (maternelle et primaire), Nima (primaire) et Boko (primaire). Rapprochez-vous des curés pour les inscriptions.

- Le R.P. David AHOSSINOU est nommé Responsable de la Commission Diocésaine des communications sociales.

- Le R. P. Bienvenu BORO MASSO, du diocèse de Natitingou, est nommé Professeur au Grand Séminaire "Providentia Dei". Un grand merci à son Evêque Mgr Antoine SABI BIO.

- N.B. : 26 nov. 2016 : A 9h30 à la Cathédrale, ordination presbytérale de Norbert AGOSSOU.

 


Quelques dates


- 5 sept.    : Retour de Nantes à Parakou.

- 12-18 sept.    : Semaine nationale pour la vie et la famille au centre don Bosco organisée par le centre UNIV.

- 23-24 sept.    : A Cotonou pour l’ordination épiscopale de Mgr Roger HOUNGBEDJI, nouvel Archevêque

- 26 sept.    : Retour à Parakou.

- 28-29 sept.    : Au Grand Séminaire "Providentia Dei" : session de formation aux Prêtres formateurs.

- 30 sept.    : Conseil Permanent de la Conférence Episcopale du Bénin à Cotonou.

- 15 oct.    : Noces de diamant du R. P. Maurice RIGUET à Okédama.

- 18 oct.    : A 9h30 : Conseil Presbytéral à l’Archevêché.
        - A 16h00 : Presbyterium au Centre Pastoral.

- 19 oct.    : A 9h : Assemblée Générale. Ouverture de l’année pastorale dont le thème est : "Prière intérieure et engagement". (Venez avec vos bréviaires et vêtements liturgiques).
   
23 oct.        : Dimanche des missions. Quête impérée pour les O.P.M.

23-26 oct.    : A Lokossa. Assemblée Générale de la Conférence Episcopale du Bénin.

27 oct.        : Retour à Parakou.

30 oct.        : Installation du Curé de Papanè, le Père Fortuné GONSALLO, à 9h30.


     

 "Je tiens à vous rappeler que la célébration "versus orientem" est autorisée par les rubriques du Missel (de Paul VI), qui précisent les moments où le célébrant doit se retourner vers le peuple. Il n’est donc pas besoin d’autorisation particulière pour célébrer face au Seigneur" Card. Robert SARAH. Et voilà le vieux débat relancé. Le prêtre à l’autel doit-il faire face au peuple, ou se tourner avec les fidèles, vers l’Orient, le Soleil levant ? L’auteur du grand livre "Dieu ou rien" tranche dans le vif : "Le Concile n’a jamais demandé de célébrer face au peuple".
    La première fois où j’ai eu le privilège de concélébrer avec le Pape Jean-Paul II, dans sa chapelle privée au Vatican, l’autel était collé au mur. Nous tous (les célébrants et le peuple) étions tous tournés vers la même direction, vers l’autel pour la célébration du Saint Sacrifice. Quel recueillement ! J’en ai été marqué pour la vie. Depuis ce jour, j’ai toujours été insatisfait de la position des autels qu’on met entre le prêtre et le peuple, où on se fait face à face. On m’avait toujours dit que c’était le Concile Vatican II qui l’avait décrété. Un autre argument qu’on donne souvent c’est que, ce n’est pas poli de célébrer la messe "dos au peuple". Mais là, en 1989, j’étais dans la chapelle du Pape Jean-Paul II, qui lui aussi a participé au Concile. Et le Pape, ce "roc inébranlable", ne pouvait pas cultiver ce qui est indécent et manquer de courtoisie au Peuple de Dieu. Alors que penser ?
    J’en étais là quand un jour, j’ai découvert un livre d’une grande valeur. Voici ce que j’y ai lu : ‘‘Après le Concile (qui lui-même ne mentionne pas de se tourner vers le peuple), on disposa partout de nouveaux autels tant et si bien que l’orientation de la célébration ‘‘versus populum’’ (face au peuple) paraît aujourd’hui la conséquence du renouveau liturgique voulu par le Concile Vatican II’’’. Ceci est un extrait de L’esprit de la liturgie, du Cardinal Joseph Ratzinger, devenu le Pape Benoît XVI. Plus loin, il écrit ceci : ‘‘En revanche, l’orientation commune vers l’est pendant le Canon (ou Prière Eucharistique) demeure essentielle. Il ne s’agit pas d’un élément accidentel de la liturgie. L’important n’est pas de regarder le prêtre mais de tourner un regard commun vers le Seigneur. Il n’est plus question ici de dialogue mais d’une commune adoration’’. Et l’ancien Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi conclut son plaidoyer par cette nuance : "il n’est justement pas question de fuir dans un passé romantique et lointain, mais de redécouvrir l’essence de la liturgie chrétienne".
    Effectivement le Concile Vatican II ne donne aucune directive sur la position du prêtre à l’autel. C’est donc sur la base d’une erreur d’interprétation de la position de la basilique saint Pierre, que des liturgistes, après le Concile, ont exhorté abondamment à l’habitude de célébrer face au peuple: « Pour des motifs purement topographiques, dont nous ne donnerons pas les détails, il se trouve que l’abside de la basilique Saint-Pierre de Rome fait face à l’Ouest. Si le prêtre  célébrant en conformité avec la tradition de prière chrétienne voulait faire face à l’est, il devait logiquement se tourner vers le peuple. Sous cette influence, certains architectes reprirent cette disposition dans plusieurs églises, ce qui donna valeur de référence à cet usage. Au XXe siècle, le renouveau liturgique s’empara de ce modèle hypothétique pour élaborer un nouveau concept : la célébration de l’Eucharistie "versus populum" (vers le peuple) ; de ce fait l’autel, selon la "norme" de saint Pierre, devait être exposé de telle sorte que prêtre et peuple se regardent l’un l’autre pour former ensemble le cercle des célébrants. Cela seul, pensa-t-on alors, pouvait correspondre à l’esprit de la liturgie chrétienne et à la consigne de la participation active, et rendre ainsi la célébration liturgique moderne fidèle au prototype de la sainte Cène»  (L’esprit de la liturgie p.65). Or, la prière liturgique vers l’Orient tient compte non seulement de la tradition depuis l’origine du christianisme mais aussi du cosmos. Cette position tient compte du passé et nous dispose à marcher vers le règne du monde à venir. Certes, cette position n’est plus obligatoire depuis le XVI siècle, mais on a intérêt à la redécouvrir : "L’orientation des églises a cessé d’être obligatoire au XVIe siècle ; mais à moins de raisons particulières, il est préférable de suivre la tradition à ce sujet. Cette orientation rappelle que nos cœurs doivent se tourner vers Jésus-Christ, le divin Soleil de justice, le vrai Soleil venu du ciel pour nous visiter" Collection Encyclopédie de la foi, La Liturgie, Clovis 2004, p.40.
La liturgie orientée est commune à plusieurs religions
    Entre nous, quand nous regardons les musulmans, l’imam et ses fidèles, tous se tournent vers l’est, vers la Mecque, pour prier. Quand nous regardons du côté de la Religion Traditionnelle Africaine, c’est la même chose : le sacrificateur et ses adeptes se tournent tous vers ce qui représente la divinité (une montagne, une source, un arbre etc.) pour offrir leur sacrifice à Dieu. Personne ne pense que le sacrificateur tourne le dos aux autres.  Dans l’Ancien Testament, toutes les synagogues étaient orientées vers le Temple de Jérusalem. Toutes les grandes religions se tournent vers quelque chose de sacré ou vers quelque divinité. L’homme qui n’est pas un pur esprit  a besoin de cette orientation, même si Dieu est partout. Je me demande si l’inculturation liturgique en Afrique ne devrait pas commencer par l’orientation et la position du prêtre sacrificateur à l’autel ?
    Un dernier témoignage, et non des moindres, puisqu’il vient de celui à qui le Pape François a confié la liturgie dans l’Eglise, j’ai nommé le Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la discipline des Sacrements. Il appelle à une conversion intérieure pour remettre Dieu au centre de la liturgie : « Se convertir, c’est se tourner vers Dieu. Je suis profondément convaincu que nos corps doivent participer à cette conversion. Le meilleur moyen est certainement de célébrer - prêtres et fidèles - tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient. Il ne s’agit pas, comme on l’entend parfois, de célébrer le dos tourné aux fidèles ou face à eux. Le problème n’est pas là. Il s’agit de se tourner ensemble vers l’abside qui symbolise l’Orient où trône la croix du Seigneur ressuscité. Par cette manière de célébrer, nous expérimentons, jusque dans nos corps, la primauté de Dieu et de l’adoration. » Et le Cardinal de proposer concrètement cette orientation commune « au moins pendant le rite de la pénitence, pendant le chant du Gloria, les oraisons et la prière eucharistique » (Entretien donné à l’hebdomadaire Famille Chrétienne n° 2002, du 28 mai 2016). J’ajouterais aussi pendant la prière universelle.
    Nous avons droit à la vérité. Car très souvent l’ignorance, les idéologies de courte vue, et le manque d’information objective créent et  entretiennent un climat de suspicion et même de mépris envers les gestes et les symboles à promouvoir. Et cela est préjudiciable au silence sacré, à la vie intérieure et à l’unité des cœurs.
    Parfois, l’orientation commune vers l’Orient n’est pas possible. Que faire ? Le Cardinal Ratzinger, dans ce cas, nous recommande de regarder tous vers la Croix placée au milieu de l’autel. Elle rappelle le calvaire. Il faut qu’elle soit grande et visible de loin. Elle doit avoir de la "personnalité" sur l’autel et même s’imposer. Le Seigneur est le point de référence pour le prêtre et les fidèles. Tournons-nous vers Lui. Il est le Soleil levant de l’histoire, la lumière sans déclin, le Soleil éternel qui oriente nos vies. Il reviendra. Et nous marchons vers lui à sa rencontre.

 +Pascal N’KOUE
  Omnium Servus

 


LES AFFECTATIONS DE JUIN 2016
1- R.P. René DOGNON est nommé Curé de la paroisse saint Laurent de Wansirou.
2- R.P. René VIEYRA va à Rome pour des études en Lettres chrétiennes et classiques, à l’Université salésienne.
3- R.P. Arnaud CHOGOLOU est nommé Econome diocésain.
4- R.P. Fulgence MEHOUENOU est nommé Directeur du Centre Pastoral et Responsable de la formation des catéchistes avec R. P. Tiburce APOVO comme Adjoint pour la formation des catéchistes.
5- R.P. Roland OKRY est nommé Professeur au Séminaire Notre-Dame de Fatima.
6- R.P. Augustin TOSSOU est nommé Vicaire  à la paroisse saint Joseph d’Alaga.
7- R.P. Joseph AGANI est nommé Vicaire à la paroisse saint Joseph MUKASA de Bétérou.
8- R.P. Angelo CODJIA est nommé Vicaire à la paroisse sainte Rita de Tchatchou.
9- R.P. Adolphe AGANI est nommé Professeur au Séminaire saint Pierre de Natitingou.
10- R.P. Jacques KOTOKO est envoyé à San Sebastian (Pays Basque) comme prêtre fidei donum.
11- R.P. Fortuné GONSALLO est nommé Curé de la paroisse saint Martin de Papané.
12- R.P. Gildas TONOUKOUIN est nommé Recteur du séminaire pré propédeutique.
13- R.P. Maxime HENNOU est nommé Vicaire à la paroisse Notre-Dame de Lourdes d’Albarika.
14- R.P. Romuald GNANGNON est nommé Directeur de "Africæ Munus" à Ténonrou  et R.P. Gilles KIMBA, Adjoint.
15- R.P. Patient SEKO est nommé Recteur du Sanctuaire marial Notre-Dame de Komiguéa et Responsable des messes dominicales en bariba à Guèma.
16- R.P. Edgar VIGAN est nommé Responsable de la Commission diocésaine de la Famille et des laïcs, ayant comme adjoint le Couple Clément YARGO et son épouse.
17- R.P. Albert DAKIN est nommé Collaborateur paroissial à Titirou.
18- R.P. Moïse DEGODO est nommé Vicaire à la paroisse saint Dominique Savio de Nima.
19- R.P. Kisito VODOUNON est nommé Responsable diocésain de la Communauté anglophone. Résidence à la DDEC.
20- R.P. Laurent GUIMON (de Versailles) est nommé Aumônier des Contemplatives de Jésus Eucharistie.
21- Rde Sœur Rose ATIWASSONOU, FCSCJ, est nommée Adjointe à la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique.
22- R.P. Dieudonné AHYITE est nommé Professeur à au Grand Séminaire "Providentia Dei".
23- R.P. Fulgence MEHOUENOU est nommé Responsable de la Communauté chrétienne de Bah-Mora.
24- R.P. Yaceinth KOCHONI est nommé Responsable de la Communauté chrétienne de Sanson (Paroisse de Bétérou).
25- Diacre Norbert AGOSSOU fera son stage diaconal à la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Tchaourou.
26- Jules AKPO et Yves Enagnon AÏDOMONHAN seront ordonnés diacres le 6 août 2016 à la Cathédrale, à 9h30.
N.B. Toutes les nominations prennent effet le 1er septembre 2016.
 
Nouvelles de famille

- Le mois de juillet est celui du Précieux sang de notre Seigneur. Il prolonge le mois du Sacré-Cœur.

- Ce 26 juillet, j’aurai 30 ans de vie sacerdotale. Je remercie la sainte Trinité, la Vierge Marie et tous les saints. Je remercie tous ceux et celles qui m’ont porté dans l’affection et la prière. Mon cœur est plein de gratitude. Continuez de porter avec moi la belle mission que Dieu m’a confiée dans ce diocèse.

- Je recommande vivement l’interview du Card. Robert SARAH sur l’Eucharistie, publiée dans "Famille Chrétienne" n°2002. Son grand souci est de remettre Dieu au centre de la liturgie.

- Les vacances sont un moment privilégié pour se ressourcer. Les lectures des saintes Ecritures, des livres qui vous transforment, de longs moments de prière, le travail manuel, le champ, le sport, le temps avec la famille ou avec des amis : tout cela est nécessaire pour résister aux nombreuses pollutions morales et spirituelles.

- Nous accompagnons de nos prières et bénédictions les nombreux jeunes de notre diocèse qui partent pour les JMJ en Pologne. Merci au diocèse de Nantes qui les accueillera pendant quelques jours. Vive le partenariat entre Nantes et Parakou. Moi-même je m’y rendrai à la fin du mois d’août.

-Bénissons le Seigneur pour l’Archevêque nommé de Cotonou, en la personne du Frère Roger HOUNGBEDJI, dominicain. Prions pour qu’il soit le pasteur de tous !

- Quatre séminaristes, en fin de cycle de philosophie, iront en stage canonique d’un an. Il s’agit de : Wilfrid YAÏ à Providentia Dei ; Innocent ADJAGBA au Centre Notre-Dame du Refuge (Komiguéa) ; Sanson MEHOU au séminaire Notre-Dame de Fatima ; Martin BALEMINAM à la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique.

- Le 19 octobre 2016 : Assemblée Générale de l’année pastorale. Le thème sera : "Prière et engagement".

- Mère Abbesse de l’Etoile Notre-Dame remercie tous les prêtres qui se sont organisés pour remplacer leur aumônier pendant ses vacances. Les prêtres aussi remercient les moniales.
Quelques dates
2 juillet    : Au Grand Séminaire  "Providentia Dei" : Rencontre avec tous les séminaristes du diocèse.

3 juillet    : Célébration dominicale avec les séminaristes à Gaah-Baka.

5-7 juillet    : Formation au Centre UNIV pour les accompagnateurs conjugaux. La session concerne toute  personne qui ressent un appel à œuvrer pour la paix en faveur des couples et familles. Pour plus   d’information, appeler le 95 21 93 04.
          
10 juillet    : Confirmations à l’Université de Parakou à 9h30.

11-31 juillet    : Au Grand Séminaire  "Providentia Dei" : permanence !

15-19 juillet    : Arrivée des amis Allemands pour un tournage au profit de l’hôpital ophtalmologique de Tinré.

17 juillet    : Rencontre avec les marguillers au Centre Pastoral Guy Riobé. Messe à 9h.

25 juillet    : A Bohicon pour les 40 ans d’épiscopat de Monseigneur Nestor ASSOGBA. Prions pour lui.

26 juillet    : Ouverture du chapitre général des Sœurs ocpsp à Calavi. Prions pour elles.

30 juillet    : A 9h30 : Vœux perpétuels de la Sœur Elfried ADJINAKOU et des noces d’argent des Sœurs   Elisabeth ZOSSOUNGBO et Pauline DOSSEH, à la paroisse Marie Auxiliatrice.
N.B. : Le 6 août 2016, à 9h30 à la Cathédrale nous aurons trois ordinations presbytérales et deux ordinations     diaconales.
    - Le pèlerinage national de Dassa aura lieu du 19 au 21 août 2016. L’invité sera le Cardinal Philippe  OUEDRAOGO, Archevêque de Ouagadougou.


      

    Voici une conversation que j’ai tenue avec plusieurs jeunes.

 Que feras-tu après tes études ? Je ne sais pas. Quel travail voudras-tu faire ? Celui que je trouverai. Qu’est-ce qui t’intéresse dans la vie ? Tout. Les jeunes sont désorientés. C’est grave. Ils n’ont plus de boussole. Ils n’ont plus de repères. Ils n’ont plus de modèles. Ils ne savent plus ce qu’ils veulent. Ils sont saoulés par les publicités, les images de violences, les feuilletons, la pornographie, les mensonges et illusions de ce monde à travers les divers réseaux sociaux : portables, smart phone, internet, pollutions sonores etc. Beaucoup ne peuvent plus s’en passer. Le zapping les empêche de fixer leur attention longtemps sur une image. Ils ne savent plus distinguer leur droite de leur gauche. Le subjectivisme relativiste bat son plein. Et on ne sait plus où on va.

    La crise est réelle. Ce n’est pas seulement une crise d’hommes politiques. Le gouvernement actuel dit de la rupture pour un nouveau départ, face aux pesanteurs de la société, ne pourra pas faire grand-chose contre cette crise. Si nos mentalités du laisser-aller, de la paresse, du profit malhonnête continuent d’être entretenues, on va s’enliser dans la boue de l’histoire. C’est une crise de l’homme face aux valeurs humaines, et pas seulement une crise d’ordre économique et financière, une crise des autorités civiles et religieuses, des députés, des douaniers et des policiers. L’homme tout entier est en danger, parce qu’il se croit ou bien le maître absolu de la création ou alors parce qu’il a fait de l’argent son dieu. Ne nous laissons pas distraire par les islamistes, les djihadistes, les coupeurs de route. Les causes de nos misères sont ailleurs, elles sont d’abord en nous-mêmes. Elles sont en nos cœurs, elles sont endogènes, culturelles, avant même d’être structurelle au niveau national et international. Les inégalités sociales, les injustices criardes, les poches de misère ahurissante, les frustrations humiliantes dans les concours organisés par l’Etat, la dictature de l’argent, voilà les vrais terroristes qui nous empêchent de vivre en paix. Nous avons des tares qui freinent notre progrès : pas d’archives de nos ancêtres pour consulter le passé, mauvaise gestion du temps présent, pas d’agenda pour organiser l’année. Du coup, pas de vision à moyen long terme. La politique politicienne brise l’élan des hommes compétents. On se dit : il suffit d’avoir beaucoup d’argent, d’en peu de temps et sans faire grand-chose. C’est impossible. C’est comme vouloir sortir de l’esclavage en Egypte pour aller à la Terre promise où coulent le lait et le miel sans passer par le désert, sans affronter les épreuves du froid, la morsure des serpents, de la faim, de la soif etc. Les obstacles, les sacrifices ça aide à se forger un caractère, une personnalité. Les difficultés fouettent notre imagination créatrice et nous révèlent ce que nous valons. Et sans elles, il n’y a pas de héros, pas de progrès. "Nul ne se connait tant qu’il n’a pas souffert".

    On ne peut pas se former sans sacrifice. On ne devient pas compétent sans un effort constant et persévérant "Le génie c’est 99% de transpiration et 1% d’inspiration". "Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent" (Victor HUGO). "L’effort sans le succès ne laisse point de honte". "Ce qui fait la différence entre le désert et un verger c’est l’homme, ce n’est pas l’eau". "On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs". Jeune, que veux-tu faire de ta vie ? Vouloir est un verbe proche de voler, s’élever dans les airs. Si tu veux, tu peux monter haut, très haut dans le firmament. Deux ailes à ta portée la raison et la foi. Car sans Dieu nous ne pouvons rien faire.

    Pour une existence humaine ordinaire bien choisir son travail est fondamental. "La chose la plus importante à toute la vie est le choix du métier : le hasard en dispose. La coutume fait les maçons, soldats, couvreurs…" (Pensées, Blaise Pascal) Oui au hasard, oui à la chance mais cela n’empêche pas d’éclairer le plus possible ce choix.


    L’éducation n’est ni un bagage complet, ni un simple outil, si prestigieux soit-il. C’est plutôt une semence qui doit être adaptée à chaque terroir particulier. C’est fort de cela qu’il faut repenser notre système éducatif qui a plein de prothèses dans ses articulations. Il n’est pas adapté à nos réalités. Où sont les savoirs et les techniques endogènes dans ce système ? Il ne fonctionne pas pour l’Afrique. L’école n’est pas intégrée dans le village. Les travailleurs manuels sont méprisés. Le système actuel pousse les jeunes à fuir les hameaux, à détester la campagne et à avoir honte du travail de la terre. A mon humble avis, l’idéal serait d’arriver à faire de l’école une entreprise de développement et faire du développement une entreprise d’éducation.

    L’école, telle qu’elle est, risque de nous conduire au chaos social, économique, politique et peut-être même d’abord culturel. Elle fait des jeunes des inadaptés sociaux rêvant d’aller en Occident. Là-bas la vie est rose. Là-bas tout marche correctement. Là-bas, ça ira mieux. Et les médias encouragent à rêver, à rêver, à rêver…

    La population augmente. Les nombreux diplômés sans emploi et donc oisifs et peut-être en vagabondage nous poussent à penser sérieusement à l’avenir des jeunes. C’est une bombe à retardement. Car l’école est réellement en panne. On parle tout le temps de la croissance économique en Afrique mais très peu de l’éducation. L’un ne devrait pas aller sans l’autre.

    Il faut une nouvelle école pour former les parents et les éducateurs. Les chiennes ne mettront jamais bas des chats. "Tel père, tel fils". On ne donne que ce que l’on a. Un proverbe fon l’exprime mieux : "Quand quelqu’un porte sur la tête quelque chose de penché, il faut plutôt regarder sa jambe". Le mal vient souvent de loin. L’Etat doit prendre sa part de responsabilité. Et d’abord les parents et les enseignants. L’Eglise aussi. Elle est éducatrice. Les secteurs privés qui s’intéressent à l’éducation scolaire doivent être favorisés et rigoureusement suivis. Je ne crois pas à la multiplicité des TD, des cours et examens organisés les dimanches et les jours fériés. Les répétiteurs sont-ils vraiment efficaces ? L’horizon est bouché. Il faut des réformes. Les diplômes ont montré leurs limites. Il faut autre chose.

    Je propose la praxis d’observation. Qu’elle commence au primaire et se fasse plus incisive au premier cycle du collège. Ce sera une œuvre continue menée à la fois par les parents, les enseignants et l’élève lui-même dont on réclame la collaboration active. On poussera l’enfant à se révéler dans la sincérité, d’où la création d’un climat sain à favoriser aussi bien en famille qu’à l’école. Cela suppose la confiance. Mais "sans affection il n’y a pas de confiance, et sans confiance, pas d’éducation" Don Bosco. Ce grand éducateur insistait sur l’affection et non sur l’économique.

    Il ne s’agira pas d’orienter "manu militari" l’enfant avec la complicité des parents ou contre leur gré. Il faudra plutôt reconnaître aux parents la primauté dans les conseils à donner aux enfants, les décisions à envisager pour le présent et pour l’avenir de leurs enfants. Leur proximité affectueuse est requise à plus d’un litre. Car beaucoup d’enfants ne sont pas aimés.

    Etre un bon observateur, cela ne s’improvise pas. Cela requiert un jugement équilibré, sûr, juste, de la finesse psychologique, le respect de l’âme humaine, la connaissance et le respect des crises de l’adolescent. C’est un art délicat. L’observateur doit avoir une expérience réelle de la vie, être habité par une sympathie naturelle, une confiance spontanée, un don spécial, celui de l’accompagnateur avisé. En un mot, il doit être perspicace et savoir lire les signes de Dieu. Une erreur en ce domaine peut conduire à des dégâts terribles.

    Comme un jardinier s’occupe d’une plante, en cherchant de la bonne terre, en y ajoutant du fumier, en arrosant, émondant, mettant un tuteur au bon moment, ainsi fera le bon observateur pour aider à orienter les élèves. Toutes les plantes ne s’épanouissent pas sur le même terreau. Les manguiers, les papayers, les bananiers ont besoin de sols et de soins différents. La compétence du jardinier ne suffit pas. La part de Dieu est requise : le soleil, la chaleur, le vent, la pluie. Un bon jardinier doit avoir l’œil du maître. Il en sera de même pour l’observateur à l’école. Il ne s’agira pas d’épier l’enfant comme un inquisiteur qui juge et condamne, mais d’entrer en relation avec lui. La qualité du regard d’autrui a un pouvoir sur notre identité. Il n’est pas neutre. Il est doté d’une charge active et presque radio active. Il peut être séducteur, corrupteur, réducteur, propulseur, méprisant, complice, aliénateur. Il peut être foudroyant, terroriste, assassin. Une personnalité faible peut perdre son âme sous l’emprise d’un regard malveillant. Par exemple, ceux qui sont mal dans leur peau sont capables de dépenser des sommes folles pour agresser leur peau à la recherche d’une peau claire, proche du modèle blanc. Comment redonner la fierté à l’Africain pour qu’il prenne son destin en main ?  Et tout cela, dans le but de valoriser les dons du jeune, son potentiel, ses talents. Car éduquer quelqu’un c’est l’aider à croître, à se développer, à s’épanouir, à faire fructifier ses talents.

    On pourrait responsabiliser le professeur principal de chaque classe. Qui aura un rôle prépondérant dans cette orientation. Il rassemblera les différentes informations sur la conduite de l’enfant, sur sa famille, sur sa santé qui feront partie de son dossier scolaire. Jean-Baptiste de la Salle, saint patron des enseignants, exigeait des maîtres une parfaite connaissance des élèves, à travers un "catalogue", qui décrivait l’enfant, son univers familial et ses progrès. Et chez lui, le progrès était impensable sans discipline. Cette discipline reposait sur la ponctualité et le silence. En effet la "ponctualité c’est la politesse des rois et le silence c’est l’engrais de la force intérieure chez l’homme. Savoir gérer son temps avec profit et maîtriser sa langue sont deux grandes qualités communes aux génies et aux saints.

    La bonne éducation vient du bon éducateur. Il décèlera, à travers les résultats scolaires et le comportement, les aptitudes réelles de l’esprit de l’enfant. Pour faciliter le discernement, on ne négligera pas les loisirs, les réalités culturelles africaines, la musique, les arts, les métiers manuels, les jeux, le sport et la gymnastique : Tout cela aide à épanouir l’enfant, à déployer son attention et ses capacités. Les loisirs favorisent l’éveil des esprits, forgent les caractères et créent facilement des relations entre personnes de couches sociales différentes. L’esprit sportif permet de savoir perdre et de mieux s’organiser pour gagner les fois prochaines. Evidemment, il faut de la mesure en toute chose. Tout sera resitué dans l’ensemble du comportement connecté aux valeurs africaines. "On ne développe pas, on se développe" Joseph KI-ZERBO.

    L’éducateur ne peut pas se contenter de ne voir que le négatif chez le jeune. Je dirais même plus, à partir du négatif ce serait bien de percevoir le positif qui peut en être tiré. Comme on le dit, nous avons souvent les défauts de nos qualités. Les enfants capricieux, tyrans, têtus utilisent souvent de grands dons mais à l’envers. Certains cas sociaux ont un don de débrouillardise prononcée, d’ingéniosité peu commune. Ils sont capables de grandes actions : don de leaders, de meneur de groupes, don extraordinaire pour haranguer les foules et les motiver. Leurs défauts, ce sont des qualités détournées. Ils ont besoin d’un regard positif, bienveillant, confiant, prudent et stimulant pour les faire croître harmonieusement.

    Enfin et pour tout  dire, ce qui manque à notre école : des semeurs d’élites.

    Un éducateur ne devra jamais étiqueter ou épingler un élève dans son action mauvaise. "Il ne changera jamais", "on ne peut rien faire avec lui" : ces phrases sont comme des plantes vénéneuses. Ce n’est pas parce qu’un élève a menti sur un sujet qu’il est un menteur crucifié. Ce n’est pas parce qu’il a triché à un examen qu’il ne peut plus changer. Ne condamner pas et vous ne serez pas condamnés. N’oublions pas que nous avons les défauts de nos qualités.

    Si les dictateurs, les criminels, les divorcés sociaux avaient eu de bons éducateurs, ils seraient certainement devenus de grands saints. Voyez saint Augustin, il a eu une sainte maman et un saint évêque, et il s’en est sorti. Tant qu’on n’a pas pactisé avec Satan, il y a espoir. Souvenez-vous de  Zachée, la femme adultère, l’enfant prodigue, la Samaritaine, Marie Madeleine, tous étaient des parias, ils ont bénéficié du regard bienveillant du Christ, et leurs vies ont été restaurées. Jésus les a orientés sur le chemin qui conduit à la vraie liberté. Des parents qui ont la foi en ce Dieu-Amour, vrai Père de chacun et de tous, réussissent mieux dans l’éducation que quiconque. Car l’amour est le bulldozer le plus efficace pour broyer tous les obstacles. L’amour peut tout, croit tout, excuse tout, espère tout, endure tout. Il n’exclut pas la sanction. Cet amour ne disparaîtra jamais.


   +Pascal N’KOUE
    Omnium Servus

 


Nouvelles de famille
   
- Nous bénissons le Seigneur pour les ordinations presbytérales (David AHOSSINOU et Albert Taiwo AFFOLABI, osfs), (Brice Stanislas ACCALOGOUN, C.S.Sp) et les ordinations diaconales (Jules AKPO et Yves AÏDOMONHAN).

- Vous trouverez une boutique de vêtements liturgiques et d’autres articles intéressants chez les Sœurs Albertines d’Okédama (Tél. 64 52 64 18).

- Merci à l’Evêque de Porto-Novo qui nous envoie Herman SEGNINOU, un séminariste pour le stage canonique d’un an. Son lieu de stage sera le Centre Pastoral. Il arrive en septembre.

- Nous sommes tous vivement exhortés à faire le pèlerinage national de Dassa. La Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère, "Mater misericordiæ", nous y attend.

- La fête de l’Assomption est une fête d’obligation. Tout le monde à la messe pour remercier la Mère de Dieu pour son humilité et sa collaboration effective à notre rédemption.
- Un merci infini à tous ceux qui ont aidé nos jeunes à participer aux JMJ en Pologne avec le Pape François. Merci encore au diocèse de Nantes.

- Les résultats aux examens officiels de fin d’année ont été catastrophiques. Chaque protagoniste doit jouer son rôle : l’Etat, les parents, les éducateurs, les jeunes eux-mêmes. Les médias mal utilisés causent beaucoup de frein à la saine éducation.
- Nous remercions Madre Josefina, Supérieure Provinciale des Sœurs Franciscaines de Marie Immaculée venue du Panama pour nous visiter.

- Continuons de prier pour les vocations. De dix, les aspirants au séminaire sont passés à quatre-vingt-dix au camp qui a eu lieu le mois dernier à "Providentia Dei". Les aspirantes à la vie consacrée se réveillent aussi. Bénissons le Seigneur.

- Un merci infini à l’Econome diocésain, l’Abbé René VIEYRA pour ses précieux services. Il nous manquera.

- Un grand merci à l’équipe venue de l’Allemagne pour un tournage au profit de notre hôpital ophtalmologique.

 


Quelques dates


1er août    : 56e anniversaire de notre indépendance nationale. Prions pour que ceux qui nous gouvernent  aient le souci de la justice sociale et de la solidarité envers les oubliés.

6 août        : A 9h30, ordinations presbytérales et diaconales à la Cathédrale.

7 août        : Messe dominicale à Kabo (Paroisse de Kika).

12-14 août    : A Porto-Novo pour participer à la consécration de l’église sainte Anne d’Attakè.

15 août    : Eucharistie à la paroisse Notre-Dame de l’Assomption de Komiguéa, à 10h.

19-21 août    : Pèlerinage national à Dassa. Thème : Maria, Mater misericordiæ.

24-3 sept    : Voyage à Nantes.   

28-4 sept    : A Cotonou il y aura la 4e rencontre internationale des jeunes d’Afrique.





      

    « La mission du Christ Rédempteur confiée à l’Eglise est encore bien loin de son achèvement (…). Un regard d'ensemble porté sur l'humanité montre que cette mission en est encore à ses débuts et que nous devons nous engager de toutes nos forces à son service », écrivait saint Jean-Paul II dans son encyclique Redemptoris Missio. La moisson est encore abondante et les ouvriers sont toujours peu nombreux. Cette année sainte extraordinaire a coïncidé avec celle des vocations  dans notre famille diocésaine. Notre Evêque, comme on le sait, désire fortement que ce diocèse devienne un grenier débordant de saintes vocations missionnaires.

    Pour marquer cette année, le Seigneur nous a fait un clin d’œil. Une nécessité s’est imposée : la création d’une maison de formation pour accueillir les vocations tardives. Ainsi, le 26 octobre 2015 a vu l’ouverture de la Pré-propédeutique Saint Dominique, tout près du Centre Pastoral. Huit (8) jeunes candidats au sacerdoce presbytéral s’y sont inscrits. Depuis plusieurs années, ces étudiants du niveau BAC et même universitaire se faisaient accompagner sur leurs paroisses par des curés. Comme des frères, ils marchent ensemble vers l’autel du Seigneur. Ils sont ouverts et réceptifs, joyeux et pieux, dociles et courtois, courageux et énergiques. Ils donnent vraiment l’impression de savoir ce qu’ils veulent.

    Voici les noms des premiers formateurs. Il s’agit des Abbés Fabrice GLITO pour le cours de latin, Olivier GANGBAZO pour le cours de français-syntaxe, Don Diègue GUEDOU pour le cours de philosophie, Joseph AGANI pour la catéchèse et Gratien HOUNLODJI pour le cours de musique. Un laïc du nom de Hyppolyte YAOU donne les cours de composition française.

    La lecture spirituelle est assurée par le Frère Olivier SELOSSE. Les Abbés Cosme ADJOMALE, Joseph AGANI et Sosthène ALAPINI sont les directeurs spirituels.

    Pour leur formation, nous mettons l’accent sur la sainteté de vie. Car "sans la logique de la sainteté, le ministère de prêtre n’est qu’une simple fonction sociale" (Benoît XVI au séminaire de Ouidah, novembre 2011). La vie communautaire, la prière, le travail intellectuel et le travail manuel sont des atouts qui les aideront à être de bons pasteurs. Toutes ces réalités s’imbriquent de manière syntonique pour meubler le rythme de leurs journées. Le silence extérieur et surtout intérieur est considéré comme une valeur indispensable à leur formation. Les temps de récréation ne manquent pas. Ils sont même très appréciés. Tout se passe dans une ambiance familiale, conviviale et chaleureuse. En effet, on perçoit aisément que l’Esprit de Dieu est avec nous à travers ses nombreux fruits : paix, joie, amour, service etc.

    Ce séminaire bénéficie du précieux appui pratique de ses deux "frères aînés" présents à Parakou : le séminaire moyen Notre-Dame de Fatima et le grand séminaire diocésain Providentia Dei de Gah Baka. Leur soutien nous rassure. L’expérience est vraiment belle. Nul doute que cette initiative portera beaucoup de fruits dans l’avenir.

    Nous prenons les vacances à la fin de ce mois de juin. En octobre prochain, nos jeunes iront à Gah-Baka, au Séminaire "Providentia Dei" pour la Propédeutique que nous appelons "Année de spiritualité". Suivront deux années de philosophie toujours à Providentia Dei. Puis, ce sera quatre ans de théologie hors du diocèse. Nous leur souhaitons de tenir bon dans les épreuves qu’ils rencontreront. La Vierge Marie, Mère des séminaristes, protégera leur vocation.

    Nous terminons en bénissant la divine Providence qui nous a merveilleusement portés dans ses bras au cours de cette première année. Nous remercions vivement tous les généreux bienfaiteurs qui se sont manifestés. De notre côté, nous les avons inclus dans nos prières quotidiennes, au cours du saint Sacrifice de la messe. Que Dieu les comble de tous ses bienfaits. Et que vive à jamais la Pré-propédeutique saint Dominique pour la gloire de Dieu et le salut de l’humanité.

  Abbé Albert DAKIN
  Responsable de la Pré-propédeutique



LE SEMINAIRE "PROVIDENTIA DEI" JUBILE ET REMERCIE
                                                    
    "L’Evêque diocésain encouragera le plus possible les vocations aux divers ministères et à la vie consacrée, avec un souci spécial pour les vocations sacerdotales et missionnaires" (Can. 355). Effectivement le souci de notre Evêque c’est de former des prêtres missionnaires.

    Avec la rentrée d’octobre 2015, le Séminaire "Providentia Dei" a inauguré le cycle biennal de philosophie. Conformément au projet initial, il a fallu associer ce cycle à l’année de spiritualité.

    Le corps professoral comporte six prêtres résidents. Un séminariste stagiaire canonique est venu en aide au secrétariat et à l’économat.

    Ainsi nous terminons l’année avec 12 séminaristes. Ils sont répartis de la manière suivante : 9 pour l’archidiocèse de Parakou, 2 pour le diocèse de Natitingou, 1 pour celui de Djougou.

Les formateurs
    La formation est un devoir permanent. Plusieurs occasions ont été offertes aux formateurs :
Durant les trois journées de la pré-rentrée, Mgr Aristide Gonsallo, alors curé de Papané, est venu nous entretenir au sujet des critères du discernement.

    Les formateurs se sont partagés entre deux sessions organisées par les pères Sulpiciens, l’une pour les nouveaux formateurs qui a eu lieu la première semaine du mois d’octobre, l’autre pour tous, donnée en février sur les questions du management et de l’usage des NTIC.

    Notre séminaire est placé sous le patronage spirituel de l’Institut Notre-Dame de Vie (NDV). C’est une chance pour nous. Le P. Pierre de Cointet a passé un mois avec nous, non seulement pour dispenser des cours de philosophie, mais aussi pour nous faire partager sa riche expérience de formateur et de recteur. Il a eu plusieurs entretiens avec nous, tant au sujet des études que sur la question de l’accompagnement spirituel.

    Et nous n’oublions pas la visite régulière de notre archevêque qui vient donner des cours de liturgie et ne manque pas de s’entretenir également avec l’équipe des prêtres résidents.
Infrastructures et investissements


Les infrastructures
    Au cours de cette année, la Providence a permis que nous édifiions la maison des religieuses. Nous avons trouvé des compléments (Association ND de l’Atacora, paroisses de Giens et de Strasbourg en France) au subside extraordinaire de l’OPSPA qui nous permettront d’aller au bout du chantier et de pouvoir accueillir nos Sœurs, de la Providence Saint Paul de Kara, en septembre 2016.
L’AED nous a envoyé également un subside pour édifier la salle de réunion au-dessus de la bibliothèque. Nous commencerons les travaux en octobre prochain, après la saison des pluies.

    Chaque bâtiment demande une extension de la production d’électricité solaire. Nous sommes en mesure de le faire grâce au diocèse de San Sebastian (Espagne) qui nous a financés également les ordinateurs et le Wifi pour la salle informatique. Un grand merci à leur Evêque et à tout le diocèse.

La bibliothèque
    Après la chapelle, la bibliothèque est le lieu le plus important pour la formation d’un séminariste. Il nous est difficile de mentionner tous ceux, ils sont nombreux, qui nous ont envoyés des livres. Mais il nous plait de signaler une aide financière des Sulpiciens de la Province de France pour pouvoir acheter des livres nécessaires, surtout en philosophie ; et le don de l’importante bibliothèque personnelle de feu M. Guy Pognon. Que son épouse et ses enfants soient ici vivement remerciés.

Les investissements
    Comme investissement notable, notons la construction de la bergerie qui devrait être fonctionnelle à la prochaine rentrée d’octobre, quelques ruches pour le miel, l’achat d’un congélateur adapté au solaire.
    La mairie de Tchaourou nous a octroyé deux lampadaires solaires. Nous espérons qu’il en viendra d’autres !

Les Desiderata
    Nos séminaristes ont besoin de la prière de tous, de notre soutien et de notre générosité. Concrètement, pour l'année à venir, nous avons encore besoin:
Au niveau du corps professoral: d’un deuxième professeur de philosophie et d’un professeur de spiritualité. Ils sont attendus en octobre prochain. Notre Evêque nous a rassurés. Plus tard, il faudra prévoir un troisième professeur de philosophie, selon le Décret de Réforme des études ecclésiastiques de Philosophie (Art. 52 bis).

    L’urgence au niveau des infrastructures maintenant est de construire le deuxième bâtiment de cabines des séminaristes. Le logement sera étroit l’an prochain et nous obligera à mettre plusieurs séminaristes en dortoir. Ce n’est pas l’idéal pour un grand séminaire. En effet, nous attendons 12 nouveaux séminaristes. Dieu soit béni pour ce grand nombre !

    Il serait bon également de mettre en œuvre un projet de restaurant au bord de la route nationale pour l'autofinancement de "Providentia Dei" en vue de la transformation des produits du jardin et de l’élevage du Séminaire. Je rappelle que nous avons un domaine de 39 ha, et c’est de la bonne terre.

Conclusion
    Nous rendons grâce au Seigneur pour tous ses bienfaits et pour nous avoir conduit jusqu’au terme de cette année sans problème majeur. Et nous remercions tous les acteurs qui se sont fait les instruments de sa Providence. Qu’Il nous garde fidèles dans la confiance envers lui !



P. Denis le PIVAIN
Recteur de "Providentia Dei"

 


Nouvelles de famille

- Le mois de juin est encore appelé mois du Sacré-Cœur. Priez spécialement pour les prêtres de notre diocèse qui célèbrent leur jubilé le 3 juin au monastère l’Etoile Notre-Dame.

- L’année sainte extraordinaire de la miséricorde n’est pas encore achevée. Nous a-t’elle aidés à devenir miséricordieux comme le Père Céleste est miséricordieux ? Nous le remercions pour le don des vocations sacerdotales et missionnaires.

- Merci aux bienfaiteurs qui soutiennent nos diverses maisons de formation. Que Dieu le leur rende au centuple.

- Nous encourageons les séances de prière et les demandes de saintes messes pour les candidats qui vont aux divers examens. Confions-les aux saints Cœurs de Jésus et de Marie.

- Le Père Servais AYENI s’est incardiné à Florence (Italie) avec la complicité de quelque clerc de Florence malgré mon refus clairement exprimé à lui. Tout est grâce.

- L’Assemblée Générale de la prochaine année pastorale s’ouvrira le 19 octobre 2016, à 9h au Centre Pastoral. Le thème sera : Prière et engagement. On reviendra sur l’exhortation post-synodale "Africæ munus".

- Prions pour le repos de l’âme de Dominique YOVO, papa de Sœur Julie FONGNIKIN, ocpsp.

- L’hôpital ophtalmologique de Tinré fonctionne très bien. Il devient de plus en plus une référence dans la sous-région. Félicitations à son personnel et spécialement au Directeur, le Docteur Paul AYEMONNA.

- Les Sœurs Franciscaines de Marie Immaculée, communément appelée Sœurs du Panama, habitent désormais l’ex Maison des Œuvres. Elles souffriront moins des coupures d’eau. Dieu en soit loué.

- Nous lançons un appel aux divers bienfaiteurs pour équiper en énergie solaire le monastère en chantier des Contemplatives de Jésus Eucharistie. Elles rendent service à tout le monde. Aidons-les.

- Monsieur Frédéric HOUANNOU est le nouveau directeur de la menuiserie saint Joseph. Veuillez le contacter au n° 95 28 80 10 pour toutes vos commandes. Il a des idées innovantes.

 


Quelques dates
1er juin        : Conseil diocésain pour les Affaires économiques, à 9h 30, à l’Archevêché.

2 juin        : Au Séminaire Providentia Dei.

3 juin        : Fête du Sacré-Cœur au monastère l’Etoile Notre-Dame avec tous les prêtres (Arrivée à 9h). Merci aux moniales cisterciennes pour leur accueil et attention maternels.

5 juin        : Confirmations à la paroisse Notre-Dame du Sacré-Cœur de Banikanni, à 9h30.

11 juin        : 25 ans de présence des Frères de l’Instruction Chrétienne (FIC) à Parakou, messe à 9h30, à Thian (Noviciat).

12 juin        : Confirmations à la paroisse de Wansirou à 9h30. Bénédiction du nouveau presbytère.

19 juin        : Confirmations à la paroisse Notre-Dame de l’Assomption de Komiguéa à 10h.


26 juin        : Confirmations à la quasi paroisse de Ganon à 9h30.

29 juin        : Fête des saints Pierre et Paul. Jubilé des catéchistes et animateurs de la Parole de Dieu à la Cathédrale.

N.B. 3 juillet    : Collation des ministères de lectorat et d’acolytat au grand séminaire "Providentia Dei".


BONNES VACANCES A CHACUN ET A TOUS !

    N’oubliez pas qu’il n’y a pas de vacances pour la vie spirituelle. Emportez dans vos bagages au moins une Bible et un bon livre spirituel.
 




Bible

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