« L’Évangile de ce Dimanche (Lc 16, 1-13), nous présente une parabole qui a un côté particulièrement actuel ; celle de l’administrateur infidèle. Le personnage principal est le fermier d’un propriétaire terrien, figure très populaire également dans nos campagnes lorsque le système du métayage était en vigueur.

Comme les meilleures paraboles, celle-ci est comme un drame en miniature, plein de mouvement et de changements de scène. La première scène a pour acteurs l’administrateur et son patron et se termine par un licenciement sec : « …tu ne pourras plus gérer mes affaires ». Le fermier n’essaie même pas de se défendre. Il a mauvaise conscience et sait parfaitement que ce que le patron a découvert est vrai.

La deuxième scène est un monologue de l’administrateur qui vient tout juste de se retrouver seul. Il ne s’avoue pas vaincu ; il se demande immédiatement comment il peut remédier à cette situation pour se garantir un avenir.

La troisième scène (l’administrateur et les paysans) révèle l’escroquerie qu’il vient d’élaborer à cet effet : « ‘Et toi, combien dois-tu ? – Cent sacs de blé.’ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu, écris quatre-vingts’ ». Un cas classique de corruption et de faux bilan qui fait penser à des épisodes analogues fréquents dans notre société, souvent à une échelle bien plus grande.

La conclusion est déconcertante : « Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile ». 

Jésus approuve-t-il ou encourage-t-il la corruption ? 

Il faut rappeler la nature très spéciale de l’enseignement à travers les paraboles. La parabole ne doit pas être transférée en bloc et avec tous ses détails sur le plan de l’enseignement moral, mais uniquement pour ce qui concerne l’aspect que le narrateur souhaite valoriser. Et l’idée que Jésus a voulu inculquer avec cette parabole est claire : Le patron loue l’administrateur pour son habilité, c’est tout. Il n’est pas dit qu’il est revenu sur sa décision de licencier cet homme... En fait, étant donné sa rigueur initiale et la rapidité avec laquelle il a découvert la nouvelle escroquerie, il n’est pas difficile d’imaginer la suite, non racontée, de l’histoire. Après avoir loué l’administrateur pour sa ruse, le patron doit l’avoir sommé de restituer immédiatement le fruit de ses transactions malhonnêtes, ou d’expier sa faute par une peine de prison s’il n’était pas en mesure de payer sa dette. Ceci, c’est-à-dire la ruse, est aussi ce que Jésus loue, en dehors de la parabole. Il ajoute en effet, comme un commentaire des paroles de ce patron : « car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière ».

Face à une situation d’urgence, alors que tout son avenir était en jeu, cet homme a fait preuve de deux choses : d’une détermination extrême et d’une grande habileté. Il a agi rapidement et intelligemment (même si ce n’était pas de manière honnête) pour se mettre à l’abri. C’est ce que vous devez faire, vous aussi – affirme Jésus à ses disciples – pour mettre à l’abri, non pas l’avenir sur terre qui dure quelques années, mais l’avenir éternel. 

Un philosophe antique (Sénèque) affirmait qu’il n’est donné à personne de posséder la vie mais à tous de l’administrer. Nous sommes tous des « administrateurs » ; nous devons par conséquent faire comme l’homme de la parabole. Il n’a pas renvoyé le problème au lendemain, il n’a pas attendu de pouvoir y penser à tête reposée. Ce qui est en jeu est trop important pour le laisser au hasard.

L’Evangile lui-même propose diverses applications pratiques de cet enseignement du Christ. Celle sur laquelle Il insiste le plus concerne l’utilisation de la richesse et de l’argent : « Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles ». Ce qui revient à dire : faites comme cet administrateur ; faites des amis de ceux qui un jour, lorsque vous serez dans le besoin, pourrons vous accueillir. Ces amis puissants, nous le savons, sont les pauvres, étant donné que le Christ considère que ce que l’on donne au pauvre, c’est à lui en personne qu’on le donne. Les pauvres, disait saint Augustin, sont, si nous le souhaitons, nos transporteurs et nos porteurs : ils nous permettent de transférer, dès à présent, nos biens, dans la Maison que l’on est en train de construire pour nous dans l’au-delà.

Cardinal Raniero Cantalamessa 

Commentaire du 21 septembre 2007 

 

Né autour de 349 à Antioche de Syrie (aujourd'hui Antakya, au sud de la Turquie), Jean d'Antioche, appelé Chrysostome, c'est-à-dire "Bouche d'or" en raison de son éloquence, exerça son ministère pastoral à Antioche pendant environ onze ans, jusqu'en 397, puis, ayant été nommé Evêque de Constantinople, il exerça le ministère épiscopal dans la capitale de l'Empire avant ses deux exils, qui se suivirent à brève distance l'un de l'autre, entre 403 et 407.

 

Orphelin de père en bas âge, il vécut avec sa mère, Antusa, qui lui transmit une extrême sensibilité humaine et une profonde foi chrétienne. Après avoir terminé ses études élémentaires et supérieures, couronnées par des cours de philosophie et de rhétorique, il eut pour maître Libanios, un païen, le plus célèbre rhéteur de son temps. A son école, Jean devint le plus grand orateur de l'antiquité grecque tardive. Baptisé en 368 et formé à la vie ecclésiastique par l'Evêque Melezio, il fut institué lecteur par celui-ci en 371. Ce fait marqua l'entrée officielle de Chrysostome dans le cursus ecclésiastique. 

De 367 à 372, il fréquenta l'Asceterio, une sorte de séminaire d'Antioche, avec un groupe de jeunes, dont certains devinrent ensuite Evêques, sous la direction du célèbre exégète Diodore de Tarse, qui initia Jean à l'exégèse historico-littérale, caractéristique de la tradition antiochienne.

 

Il se retira ensuite pendant quatre ans parmi les ermites du proche mont Silpio. Il poursuivit cette retraite par deux autres années encore, vécues en totale solitude dans une grotte sous la direction d'un "ancien". Au cours de cette période, il se consacra totalement à méditer "les lois du Christ", les Evangiles et en particulier les Lettres de Paul. 

 

Etant tombé malade, il se trouva dans l'impossibilité de se soigner tout seul, et il dut donc revenir dans la communauté chrétienne d'Antioche (cf. Palladius, Vie 5). Le Seigneur - explique le biographe - intervint à un juste moment avec cette infirmité, pour permettre à Jean de suivre sa véritable vocation. En effet, il écrira lui-même que, placé dans l'alternative de choisir entre les vicissitudes du gouvernement de l'Eglise et la tranquillité de la vie monastique, il aurait préféré mille fois le service pastoral (cf. Sur le sacerdoce, 6, 7): c'est précisément à cela que Chrysostome se sentait appelé. Et ici s'accomplit le tournant décisif de l'histoire de sa vocation : pasteur d'âme à plein temps ! L'intimité avec la Parole de Dieu, cultivée au cours des années de son ermitage, avait fait mûrir en lui l'urgence irrésistible de prêcher l'Evangile, de donner aux autres ce qu'il avait reçu au cours des années de méditation. L'idéal missionnaire le lança ainsi, âme de feu, dans le service pastoral.

 

Entre 378 et 379 il revint en ville. Devenu diacre en 381 et prêtre en 386, il devint un célèbre prédicateur dans les églises de sa ville. Il prononça des homélies contre les ariens, suivies de celles pour commémorer les martyrs antiochiens, ainsi que d'autres sur les festivités liturgiques principales: il s'agit d'un grand enseignement de la foi dans le Christ, également à la lumière de ses saints. 387 fut l'"année héroïque" de Jean, celle de la "révolte des statues". Le peuple abattit les statues impériales, en signe de protestation contre l'augmentation des impôts. Au cours de ces journées de Carême et d'angoisse en raison des punitions dont l'empereur menaçait, il prononça ses 22 vibrantes Homélies sur les statues, finalisées à la pénitence et à la conversion. Suivit ensuite la période sereine du ministère pastoral (387-397).

 

Chrysostome s'inscrit parmi les Pères les plus prolifiques : de lui, nous sont parvenus 17 traités, plus de 700 homélies authentiques, les commentaires à Matthieu et à Paul (Lettres aux Romains, aux Corinthiens, aux Ephésiens et aux Hébreux), et 241 lettres. Ce ne fut pas un théologien spéculatif. Il transmit cependant la doctrine traditionnelle et sûre de l'Eglise, à une époque de controverses théologiques suscitées en particulier par l'arianisme, c'est-à-dire par la négation de la divinité du Christ. Il est donc un témoin digne de foi du développement dogmatique atteint par l'Eglise aux IV-V siècles. Sa théologie est typiquement pastorale, avec la constante préoccupation de la cohérence entre la pensée exprimée par la parole et le vécu existentiel. Tel est, en particulier, le fil conducteur des splendides catéchèses, avec lesquelles il préparait les catéchumènes à recevoir le Baptême. 

 

Proche de la mort, il écrivit que la valeur de l'homme se trouve dans la "connaissance exacte de la véritable doctrine et dans la rectitude de vie" (Lettre de l'exil). Les deux choses, connaissance de la vérité et rectitude de vie, vont de pair : la connaissance doit se traduire en vie. Chacune de ses interventions visa à développer chez les fidèles l'exercice de l'intelligence, pour comprendre et traduire en pratique les exigences morales et spirituelles de la foi.

 

Jean Chrysostome se soucia d'accompagner par ses écrits le développement intégral de la personne, dans les dimensions physique, intellectuelle et religieuse. Les diverses phases de la croissance sont comparées à tout autant de mers d'un immense océan! "La première de ces mers est l'enfance" (Homélie 81, 5 sur l'Evangile de Matthieu). En effet, "précisément au cours de ce premier âge se manifestent les inclinations au vice et à la vertu". C'est pourquoi la loi de Dieu doit être dès le début imprimée dans l'âme "comme sur une tablette de cire" (Homélie 3,1 sur l'Evangile de Jean): de fait, c'est l'âge le plus important. 

 

Nous devons nous rappeler qu'il est fondamental qu'en cette première phase de la vie, entrent réellement dans l'homme les grandes orientations qui donnent sa juste perspective à l'existence. Chrysostome recommande donc : "Dès l'âge le plus tendre fortifiez les enfants avec des armes spirituelles, et enseignez-leur à marquer le front avec la main" (Homélie 12, 7 sur la première Lettre aux Corinthiens). 

 

Viennent ensuite l'adolescence et la jeunesse : "A l'enfance suit la mer de l'adolescence, où les vents soufflent avec violence..., car en nous croît... la concupiscence" (Homélie 81, 5 sur l'Evangile de Matthieu). 

 

Arrivent enfin les fiançailles et le mariage : "A la jeunesse succède l'âge de la personne mûre, où se présentent les engagements de la famille : le temps est venu de chercher une femme" (ibid.). Il rappelle les objectifs du mariage, en les enrichissant - avec un rappel à la vertu de la tempérance - d'un riche tissu de relations personnalisées. Les époux bien préparés barrent ainsi la route au divorce : tout se déroule avec joie et l'on peut éduquer les enfants à la vertu. Lorsque naît ensuite le premier enfant, celui-ci est "comme un pont; les trois deviennent une seule chair, car l'enfant réunit les deux parties" (Homélie 12, 5 sur la Lettre aux Colossiens), et les trois constituent "une famille, petite Eglise" (Homélie 20, 6 sur la Lettre aux Ephésiens).

 

La prédication de Chrysostome se déroulait habituellement au cours de la liturgie, "lieu" où la communauté se construit à travers la parole et l'Eucharistie. L'assemblée réunie là exprime l'unique Eglise (Homélie 8, 7 sur la Lettre aux Romains), la même parole est adressée en tout lieu à tous (Homélie 24, 2 sur la première Lettre aux Corinthiens), et la communion eucharistique devient le signe efficace de l'unité (Homélie 32, 7 sur l'Evangile de Matthieu). 

 

Son projet pastoral était inséré dans la vie de l'Eglise, dans laquelle les fidèles laïcs assument avec le Baptême la charge sacerdotale, royale et prophétique. Il dit au fidèle laïc : "A toi aussi le Baptême fait de toi un roi, un prêtre et un prophète" (Homélie 3, 5 sur la deuxième Lettre aux Corinthiens). C'est de là que naît le devoir fondamental de la mission, car chacun est dans une certaine mesure responsable du salut des autres : "Tel est le principe de notre vie sociale... ne pas s'intéresser seulement à nous !" (Homélie 9, 2 sur la Genèse). Le tout se déroulait entre deux pôles : la grande Eglise et la "petite Eglise", la famille, en relation réciproque.

 

Chers frères et sœurs, comme vous pouvez le voir, cette leçon de Chrysostome sur la présence authentiquement chrétienne des fidèles laïcs dans la famille et dans la société, demeure encore aujourd'hui plus que jamais actuelle.

 

Après la période passée à Antioche, il fut nommé en 397, Evêque de Constantinople, la capitale de l'Empire romain d'Orient. Dès le début, Jean projeta la réforme de son Eglise: l'austérité du palais épiscopal devait constituer un exemple pour tous - clergé, veuves, moines, personnes de la cour et riches. Malheureusement, un grand nombre d'entre eux, concernés par ses jugements, s'éloignèrent de lui. Plein d'attention à l'égard des pauvres, Jean fut également appelé l'"Aumônier". En effet, en administrateur attentif, il avait réussi à créer des institutions caritatives très appréciées. comme un véritable pasteur, il traitait chacun de manière cordiale et paternelle. En particulier, il avait toujours des accents tendres pour la femme et des attentions spéciales pour le mariage et la famille. Il invitait les fidèles à participer à la vie liturgique, qu'il rendit splendide et attrayante grâce à une créativité de génie.

 

Malgré son bon cœur, il ne connut pas une vie tranquille. Pasteur de la capitale de l'Empire, il se trouva souvent concerné par des questions et des intrigues politiques, en raison de ses relations permanentes avec les autorités et les institutions civiles. De même, sur le plan ecclésiastique, ayant déposé en Asie en 401 six Evêques illégitimement élus, il fut accusé d'avoir franchi les limites de sa juridiction, et devint ainsi la cible d'accusations faciles. On arriva ainsi à sa déposition, lors du synode organisé par le Patriarche Théophile lui-même en 403, avec pour conséquence une condamnation à un premier bref exil. Après son retour, l'hostilité suscitée contre lui par la protestation contre les fêtes en l'honneur de l'impératrice - que l'Evêque considérait païennes, luxueuses -, et l'expulsion des prêtres chargés des Baptêmes lors de la Veillée pascale de 404 marquèrent le début de la persécution des fidèles de Chrysostome, qu'on appelait les "Johannites".

 

Jean dénonça alors les faits, par écrit, à l'Evêque de Rome, Innocent I. Mais il était désormais trop tard. En l'an 406, il dut à nouveau partir en exil, cette fois à Cucuse, en Arménie. Sa condamnation à l'exil fut une véritable condamnation à mort ! 

 

Les nombreuses lettres de son exil, dans lesquelles Jean manifeste ses préoccupations pastorales avec des accents de participation et de douleur pour les persécutions contre les siens, sont émouvantes. La marche vers la mort s'arrêta à Comana dans le Pont. C'est là que Jean, moribond, fut conduit dans la chapelle du martyre saint Basilisque, où il rendit son esprit à Dieu et fut enseveli, martyr à côté d'un martyr (Pallade, Vie 119). C'était le 14 septembre 407, fête de l'Exaltation de la sainte Croix. La réhabilitation eut lieu en 438 avec Théodose II. 

 

Les reliques du saint Evêque, déposées dans l'église des Apôtres, à Constantinople, furent ensuite transportées à Rome en 1204, dans la Basilique constantinienne primitive, et elles reposent à présent dans la chapelle du Chœur des Chanoines de la Basilique Saint-Pierre. 

 

 En méditant sur les huit œuvres accomplies par Dieu dans la séquence des six jours dans le commentaire de la Genèse, Chrysostome veut reconduire les fidèles de la création au Créateur: "C'est un grand bien", dit-il, "de connaître ce qu'est la créature et ce qu'est le Créateur". Il nous montre la beauté de la création et la transparence de Dieu dans sa création, qui devient ainsi presque comme une "échelle" pour monter vers Dieu, pour le connaître. Mais à ce premier passage s'en ajoute un deuxième: ce Dieu créateur est également le Dieu de la condescendance (synkatabasis). Nous sommes faibles dans notre démarche de "monter", nos yeux sont faibles. Et ainsi, Dieu devient le Dieu de la condescendance, qui envoie à l'homme déchu et étranger une lettre, l'Ecriture Sainte, si bien que la Création et l'Ecriture se complètent. 

 

Dans la lumière de l'Ecriture, de la Lettre que Dieu nous a donnée, nous pouvons déchiffrer la création. Dieu est appelé "père tendre", médecin des âmes, mère, et ami affectueux. Mais, à ce deuxième passage s'ajoute un troisième passage. Dieu ne nous transmet pas seulement une lettre: en définitive, il descend lui-même, il s'incarne, il devient réellement "Dieu avec nous", notre frère jusqu'à la mort sur la Croix. Et à ces trois passages - Dieu est visible dans la création, Dieu nous donne une lettre, Dieu descend et devient l'un de nous - s'ajoute à la fin un quatrième passage. A l'intérieur de la vie et de l'action du chrétien, le principe vital et dynamique de l'Esprit (Pneuma), qui transforme les réalités du monde. Dieu entre dans notre existence elle-même à travers l'Esprit Saint et il nous transforme de l'intérieur de notre cœur.

 

Au terme de sa vie, dans son exil aux frontières de l'Arménie, "le lieu le plus reculé du monde", Jean, se rapportant à sa première prédication de 386, reprit le thème qui lui était cher du dessein que Dieu poursuit à l'égard de l'humanité: c'est un dessein "indicible et incompréhensible", mais certainement guidé par Lui avec amour (cf. Sur la Providence 2, 6). Telle est notre certitude. Même si nous ne pouvons pas déchiffrer les détails de l'histoire personnelle et collective, nous savons que le dessein de Dieu est toujours inspiré par son amour. Ainsi, malgré ses souffrances, Chrysostome réaffirmait la découverte que Dieu aime chacun de nous avec un amour infini, et désire donc le salut de tous.

(Benoît XVI - extraits des Audiences générales des 19 et 26 septembre 2007.)

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit

Avec Jésus et sa Sainte Vierge Marie, soyons tous missionnaires

Monseigneur, le Nonce Apostolique,

Tous les évêques ici présents,

Toutes les autorités civiles, militaires et politiques,

Toutes les têtes couronnées et autres confessions religieuses,

Chers fidèles et chers tous.

C’est un grand jour aujourd’hui, non seulement pour Djougou, non seulement pour le Bénin, mais pour toute l’Afrique de l’Ouest. En effet, le président de la CERAO a envoyé un message de félicitation au Père Bernard, pour nous dire combien tous les évêques de l’Afrique de l’Ouest sont présents à cette célébration.

Notre frère Bernard va recevoir l’ordination épiscopale, c’est une institution divine. Notre Seigneur Jésus-Christ, envoyé par Dieu le Père Tout-Puissant pour sauver toute l’humanité a choisi douze apôtres. Une fois, ces apôtres remplis de l’Esprit-Saint, Jésus-Christ les a envoyés dans le monde entier pour proclamer la bonne nouvelle du salut à toutes les nations, pour les sanctifier et les gouverner, les rassemblant en un seul troupeau ; parce qu’il n’y a qu’un seul pasteur pour l’humanité. Mais pour que cette charge soit exercée jusqu’au retour glorieux du Christ, les apôtres se sont choisis des aides. Ces apôtres ont transmis à leurs aides le don de l’Esprit-Saint. Ce même don qu’ils avaient reçu du Père par Jésus-Christ.

Ainsi, par l’imposition des mains, les apôtres ont communiqué  à leurs successeurs la plénitude du sacrement de l’ordre. Cela signifie ceci : c’est notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, grand prêtre pour l’Eternité, qui est présent au milieu de nous dans la personne de l’évêque, entouré de ses prêtres.

Je voudrais rendre hommage à Monseigneur Paul VIEIRA, premier évêque de Djougou. Je voudrais souligner seulement trois traits qui le caractérisent :

D’abord sa sympathie communicative. Toutes les portes s’ouvraient devant lui grâce à cette sympathie.

Deuxième trait : sa paternité spirituelle. On voyait en lui le papa de la Donga. Sa générosité universelle ; c'est-à-dire qu’il n’était pas seulement bon avec les catholiques, mais envers toutes confessions religieuses, toutes ethnies. Et c’est bien cela le cœur de Jésus-Christ. On ne le dira jamais assez : le rôle de l’évêque, c’est de guider le peuple de Dieu jusqu’au bonheur éternel. Ce n’est pas un rôle tourné vers la terre et qui meurt sur la terre, ce rôle conduit au bonheur éternel.

Chère population de Djougou, accueillez avec gratitude notre Père Bernard que les évêques vont recevoir tout à l’heure dans le collège épiscopal par l’imposition des mains. Honorez-le, j’ai bien dit honorez-le comme le serviteur du Christ et le gérant des mystères de Dieu. Car, là où est l’évêque, là est l’église de Jésus-Christ. Notre Seigneur Jésus-Christ, s’adressant aux apôtres a dit ces paroles graves : « qui vous écoute m’écoute. Qui vous rejette me rejette… et celui qui me rejette, rejette Dieu le Père qui m’a envoyé. »

Et vous cher Père Bernard, oblat de Saint François de Sales. Nous vous avons arraché à votre institut. Le supérieur général de votre institut est présent, je le salue avec affection et déférence. Merci de nous l’avoir donné pour toujours. Le Père Bernard, de religieux qu’il est, avec toute sa formation de religieux devient le premier incardiné diocésain de ce Diocèse de Djougou. Il n’abandonne pas son institut, mais il n’est plus sous la coupole du Supérieur majeur. Il devient le Père du Diocèse et ses soucis seront d’abord ceux du territoire de Djougou.

Beaucoup voient dans l’épiscopat d’abord un honneur. Mais, c’est une erreur. L’épiscopat est d’abord un service, une tâche. Il faut que l’évêque serve plutôt qu’il domine. Celui qui est le plus grand dans l’enseignement de Jésus-Christ, doit prendre la place du plus petit. Et celui qui commande doit prendre la place de celui qui sert.

Dans votre devise, j’ai compris que vous voulez vous faire tout à tous pour en gagner le plus possible, ou, au moins quelques-uns. Vous allez vous faire Yowa avec les Yowas, Lokpa avec les Lokpas, Dendi avec les Dendis, Fon avec les Fons, Mina avec les Minas… cette détermination qui sort de votre cœur, nous rassure que vous êtes sur la bonne voie ; car, Jésus ouvrait ses bras à tout le monde ; pas seulement aux juifs mais aussi aux non juifs.

Prêchez à temps et à contre temps, exhortez, ne menacez pas. Exhortez avec une grande patience et avec le souci d’instruire. Souvenez-vous des qualités du bon pasteur. Et la plus grande qualité, c’est d’être prêt à donner sa vie pour que le troupeau vive. Offrez gracieusement votre beau sourire à tout le monde, et d’abord aux prêtres, les, collaborateurs les plus proches. Offrez ce même sourire aux consacrés, aux fidèles laïcs, aux pauvres, aux faibles, aux gens de passages, aux étrangers.

Un grand merci pour vous être arrêté en entrant à Djougou à Oasis d’Amour, là où sont nos frères qui souffrent de maladie psychique. En leur nom je vous dis merci. Dans l’évangile, les premiers sont les derniers. Les privilégiés de Dieu se sont les oubliés. Merci de vous être arrêté là pour les saluer. Vous avez vu l’accueil chaleureux qu’ils vous ont réservé. Ce sont des personnes humaines à part entière, créées à la ressemblance de Dieu, même s’ils ont quelques déficiences physiques ou psychiques.

Merci aussi dans les deux jours qui ont précédé l’ordination d’avoir eu le temps d’aller voir les petits du préséminaire de Tchoutchouhou. Il m’ont vu ce matin, ils ont couru vers moi et m’ont dit que c’est eux qui vont chanter les litanies des saints pour vous. Ils vont nous aider à implorer les saints du ciel pour vous. Merci de mettre les vocations sacerdotales dans votre cœur de pasteur de Djougou. C’était aussi un des grands soucis de Mgr Paul VIEIRA. Et là le préséminaire privilégie les petits qui viennent des périphéries et qui ont des difficultés à réussir aux tests d’entrée au séminaire de Natitingou. Ils auront là un relèvement de niveau intellectuel et moral et pourront continuer tranquillement leur séminaire sans difficultés.

Père Bernard, vous avez vu comment tout Djougou vous a accueilli le jour de votre arrivée. Tout Djougou est sorti… je voudrais remercier tous les organisateurs de cet accueil triomphal. Je remercie le maire, le préfet et toutes les autres autorités : le roi, l’imam de la mosquée centrale et tout le monde. Vous étiez vraiment attendu par tout Djougou qui est un endroit de paix et nous souhaitons que cette paix continue de rayonner dans les cœurs de toutes les confessions religieuses.

Que votre souci s’étende à tout le troupeau de Dieu car nous sommes tous créatures du bon Dieu et Dieu veut notre salut.

Le programme d’action gouvernemental de Jésus-Christ, (son PAG), c’est ce que nous avons entendu dans la première lecture : annoncer la bonne nouvelle du salut aux pauvres, aux prisonniers, à tous ceux qui s’enferment dans leur misère, dans leur pauvreté, dans leurs soucis et qui ne sont pas heureux de vivre. Se tourner vers les affamés, leur donner du pain, se tourner vers les malades, avoir le souci de leur santé.

A tous et pour tous, donnez la paix. 

Je termine par cette invocation de Saint Paul : « que la paix de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soit toujours avec vous. Amen. (Cf. 2 Co 13, 14)

 

Mémoire du saint Nom de Marie. Le Seigneur Dieu l'a bénie entre toutes les femmes et a exalté si haut son nom que sa louange ne s'effacera jamais de la bouche des fidèles. (Martyrologe romain)

La fête du saint Nom de Marie fut établie par le Pape Innocent XI, l’an 1683, en souvenir d’une mémorable victoire remportée par les chrétiens sur les Turcs, avec la protection visible de la Reine du Ciel. Cent cinquante mille Turcs s’étaient avancés jusque sous les murs de Vienne et menaçaient l’Europe entière. Sobieski, roi de Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de l’octave de la Nativité de la Sainte Vierge, et se disposa à livrer une bataille générale. Ce religieux prince commença par faire célébrer la Messe, qu’il voulut servir lui-même, ayant les bras en croix. Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du Sacrifice et s’écria : "Marchons avec confiance sous la protection du Ciel et avec l’assistance de la Très Sainte Vierge." Son espoir ne fut pas trompé : les Turcs, frappés d’une terreur panique, prirent la fuite en désordre. C’est depuis cette époque mémorable que la fête du saint Nom de Marie se célèbre dans l’octave de Sa Nativité.

 

Innocent XIII étendit la fête du Saint Nom de Marie à l’Eglise universelle en 1721. La fête du Saint Nom de Marie fut placée au 12 septembre par Pie X lors de la grande réforme du Bréviaire romain (Pie X : constitution apostolique « Divino afflatu », 1er novembre 1911.)

La fête du Saint Nom de Marie a disparu lors de la réforme du calendrier par Paul VI (1969), mais lui a laissé une messe votive ce qu’a ratifié Jean-Paul II dans Les messes en l’honneur de la Vierge Marie, publié à Rome le 15 août 1986, où la vingt-et-unième messe est en l’honneur du saint Nom de Marie.

 

Il était bien juste que le nom de Marie trouvât sa place, dans nos fêtes catholiques, à côté du nom de Jésus, le nom de Marie est un nom glorieux, un nom tout aimable, un nom salutaire. Les Saints se sont essayés à l’envi à retracer les merveilles du nom de Marie. La première gloire de ce nom béni, c’est qu’il fut inspiré par Dieu aux parents de la Vierge naissante et que l’archange Gabriel le prononça d’une voix pleine de respect ; et depuis, toutes les générations chrétiennes le redisent à chaque instant du jour ; le Ciel prononce à la terre ce nom si beau, et la terre en revoie au Ciel l’écho mélodieux : "Au nom de Marie, dit Pierre de Blois, l’Église fléchit le genou, les voeux et les prières des peuples retentissent de toutes parts."

 

"Que Votre nom est glorieux, ô sainte Mère de Dieu ! s’écrie saint Bonaventure ; qu’il est glorieux, ce nom qui a été la source de tant de merveilles !" – "O nom plein de suavité ! s’écrie le bienheureux Henri Suzo. O Marie ! Qui êtes-Vous donc Vous-même, si Votre nom seul est déjà si aimable et si rempli de charmes ?" – "Votre nom, ô Marie, dit saint Ambroise, est un baume délicieux qui répand l’odeur de la grâce !" – Mais surtout le nom de Marie est un nom de salut. Saint Éphrem l’appelle la Clef du Ciel. "Le nom seul de Marie, dit saint Bernard, met en fuite tous les démons..." Ce n’est là qu’un faible écho de l’apologie du nom de Marie faite par les Saints. (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.)

 

Benoît XVI a recommandé l’invocation du Nom de Marie pour la conversion des baptisés lors de l’angélus du 12 septembre 2010 : « A la Vierge Marie, dont le Très Saint Nom est célébré aujourd’hui dans l’Eglise, nous confions notre chemin de conversion à Dieu ».

 

Le 12 septembre 2007, lors de l’audience du mercredi, le pape a souligné le lien de cette fête avec celle de la Nativité de Marie (le 8 septembre) en s’adressant spécialement aux jeunes : « Samedi dernier, nous avons célébré la fête de la Nativité de la Vierge, et aujourd’hui nous commémorons son saint Nom. Que la Céleste Mère de Dieu, qui nous accompagne tout au long de l’année liturgique, vous guide, chers jeunes, sur le chemin d’une adhésion à l’Evangile toujours plus parfaite ; qu’elle vous encourage, chers malades, à accueillir avec sérénité la volonté de Dieu ; qu’elle vous soutienne, chers jeunes mariés, dans la construction quotidienne de la cohabitation familiale, qui s’inspire du style de la maison de Nazareth.

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