Une nouvelle année ! On l’attendait. Elle est là ! On la veut belle, pleine de soleil et de fraicheur, de musique et d’harmonie, d’enthousiasme et de bonheur ! Tout cela est humain et normal. Mais disons d’abord merci à Dieu pour l’année qui vient de s’achever. Car beaucoup ont désiré voir ce que nous voyons et ne l’ont pas vu ! Mettons-nous en présence de Dieu tout de suite et prions un peu.

    "Merci Seigneur, tu es grand. Tu es miséricordieux. Merci pour ton attention envers moi. Merci pour tout ce que j’ai reçu de toi. Merci pour ma famille. Merci pour les amis, pour les bienfaiteurs. Merci aussi pour ceux qui m’ont énervé  et mal jugé. Moi-même je n’ai pas toujours été sage ni exemplaire, alors je te demande pardon.  Merci d’avance pour ce que tu feras de moi en cette nouvelle année. Je te remets le guidon de ma vie. Je te confie sans peur tous mes projets. Car tout ce qui est dans tes mains grandit et s’affermit. Aide-moi seulement à marcher sous ton regard, dans la confiance, pour ta plus grande gloire, maintenant, chaque jour et pour toujours. Amen".

    Et maintenant voici trois petits conseils pour vivre heureux.  Comme pour une bonne moto, il nous faut un démarreur automatique, une batterie bien chargée et un réservoir d’essence qu’on remplit continuellement.

    D’abord bien démarrer la journée. Tout le monde le sait, quand ça démarre mal,  ça gaze mal. Le démarreur c’est la joie. Elle augmente nos amis et même nos années de vie sur terre. Efforcez-vous de louer le Seigneur au sortir du lit. Bénissez-le pour la vie qu’il vous donne, pour la nuit qu’il vous a donné, pour le nouveau jour qui se lève, pour ceux qu’il mettra sur votre route dans la journée. Réveillez-vous optimistes. Chantez les louanges de Dieu dans la douche. Bénissez-le quand vous vous regardez dans le miroir, quand vous vous faites la barbe, quand vous vous maquillez, quand vous vous habillez ! Bénissez-le à longueur de journée. Ne murmurez contre personne. Si l’O.N.U. faisait de la joie un droit de l’homme, il y aurait moins de violence en famille et dans la société…

    Puis, vérifiez si la batterie est bien chargée. La batterie à plat c’est le repli sur soi. On est anxieux, angoissé, déprimé, chiffonné, agressif, soucieux, découragé et dégoûté de tout. Quand on s’en rend compte, il faut vite se secouer et se réveiller une deuxième fois en pensant aux autres, en augmentant son attention envers les proches et les oubliés. Le service désintéressé, la philanthropie, la générosité, l’ouverture aux pauvres est un remède très efficace. Faire gratuitement du bien est une thérapie sans faille. La Bible dit que l’aumône couvre un grand nombre de péchés. Le repli sur soi est un cancer dangereux aux métastases tentaculaires. Servir les autres au nom du Seigneur nous recharge. Essayez donc !

    Saint Paul recommandait aux chrétiens d’Ephèse de travailler pour le Seigneur : "Soyez consciencieux dans votre service ; vous travaillez pour le Seigneur, non pour les hommes, et vous savez que le Seigneur rendra à chacun le bien qu’il a fait, qu’il soit esclave ou homme libre…" (Eph 5, 7-9). Et  aux Colossiens, il insistait sur la bonne humeur dans les rencontres : "Que votre conversation soit toujours agréable et que le sel n’y manque pas. Ayez le savoir-faire pour répondre à chacun ce qui convient" (Col 4, 6)…

    Enfin, si le démarreur (joie) est bon, si la batterie (l’attention aux autres) est bien chargée, il faut encore vérifier si vous avez suffisamment de carburant dans le réservoir : l’humilité. Elle nous rapproche de Dieu. Jésus Sauveur, Dieu-bébé, a dormi dans une mangeoire d’animaux. Quelle belle leçon d’humilité. Il faut s’agenouiller pour que Dieu nous élève. Là où on cultive l’humilité qui donne à Dieu toute la place dans nos cœurs, on vit déjà le paradis sur terre. La panne sèche, on l’appelle encore panne bête. Satan nous fait croire qu’on peut vivre sans Dieu, sans prendre le temps de prier. C’est vraiment bête de céder à cette tentation. Estimer plutôt les autres supérieurs à soi, être capable d’accueillir les humiliations et les confier à Dieu, pardonner sans cesse, reconnaître facilement ses torts et demander pardon aussitôt, c’est une bonne vidange de l’esprit, c’est chercher d’abord le Royaume de Dieu...

    Pour passer l’année 2017 comme il faut, prenons le temps de bien faire ce que nous avons à faire pour Dieu, et non pour être applaudis des hommes. Prends le temps pour louer et remercier Dieu, ta famille, tes éducateurs, tes amis, tes ennemis et tous tes bienfaiteurs. Voici un texte phare qui pourrait nous stimuler. Il est intitulé : " prends le temps…"
"Prends le temps pour travailler, c’est le prix du succès.
Prends le temps pour penser, c’est la source de la puissance.
Prends le temps pour la détente, c’est le secret de la jeunesse.
Prends le temps pour vivre, c’est le fondement de la sagesse.
Prends le temps pour rire, c’est la musique de l’âme.
Prends le temps pour être aimable, c’est le chemin du bonheur.
Prends le temps pour regarder, c’est le remède de l’égoïsme.
Prends le temps pour prier, c’est la route directe vers Dieu".

    Prends le temps tous les jours pour entrer en silence, et tu trouveras Dieu. Car Dieu est silence. Plus on prie dans le silence intérieur, plus le cœur est épanoui et radieux. "Dieu n’agit que si nous sommes silencieux et paisibles" (Bienheureux Marie-Eugène). Ne te préoccupes donc pas de savoir qui est pour toi, ou contre toi. Fais ton devoir avec enthousiasme, fais le nécessaire pour que Dieu demeure en toi, et soit avec toi en tout ce que tu fais. Exerce-toi à l’oraison, sois constant, persévère et tes relations avec Dieu te procureront le bonheur. L’oraison, c’est le passeport pour le ciel.    "Si une âme persévère dans l’oraison, malgré les péchés, malgré les tentations, malgré les chutes de toutes sortes où le démon l’entraîne, Dieu, j’en suis convaincue, finira par la conduire au port du salut" (sainte Thérèse d’Avila, Vie chap. 19).

    Après avoir révélé le secret pour une bonne année, j’emprunte la plume du Recteur de notre séminaire diocésain pour remercier tous nos bienfaiteurs connus et inconnus. Que le Seigneur vous rende au centuple le fruit de vos peines et sacrifices pour nous.
 
SAINTE ANNEE A TOUTES ET A TOUS.
                                                      

+Pascal N’KOUE                                                       

Omnium Servus

 


PROVIDENTIA DEI CHANTE SON "TE DEUM"
    Au 1er octobre 2016, le séminaire Providentia Dei a rouvert ses portes. Nous avons accueilli cette année 11 nouveaux candidats, ce qui porte à 22 l’effectif complet. Cela nous a posé un problème de logement et nous avons dû en mettre plusieurs provisoirement en dortoir, dans les bâtiments de la ferme agricole.

    Au terme des six jours de la retraite spirituelle, nous avons accueilli également les deux premières religieuses, accompagnées de leur Supérieure Générale, Mère Marie Cécile KUTOLBENA. Elles font partie des sœurs de la Providence de Saint Paul (PSP), congrégation fondée dans le diocèse de Kara au Togo. Le 9 octobre 2016, après la messe présidée par Mgr Antoine Sabi Bio, évêque de Natitingou et chargé des séminaires au Bénin, nous avons procédé à la bénédiction de la maison des religieuses, maison placée sous le patronage de saint François-Xavier, grand missionnaire. Nous remercions l’Œuvre de saint Pierre Apôtre de Rome, les paroisses de Giens et st Louis de Strasbourg, l’Association Notre-Dame de l’Atacora de Versailles, et d’autres bienfaiteurs individuels, qui nous ont permis de mener au terme cette maison. Les Sœurs ont pris en charge la cuisine et le secrétariat. On en avait grand besoin. Que leur Institut soit béni.

    Mgr Antoine SABI BIO a eu la riche idée de nous apporter une belle cloche, elle remplacera avantageusement le son de la jante de poids-lourd ! Il nous reste à édifier un petit clocher près de la chapelle. On commencera les travaux incessamment.

    Après le départ du P. Fortuné GONSALLO, nommé curé de la paroisse de Papané, deux pères sont venus s’ajouter à l’équipe des formateurs, le P. Dieudonné AHYITE qui a fini sa licence de théologie spirituelle à Venasque en France, et le P. Bienvenue Masso, licencié en philosophie de la faculté de Lyon.
    Nos amis italiens de l’Associazione delle famiglie rurali (AFR) nous ont visités. Ils le font chaque année avec un enthousiasme contagieux. Grâce à eux, notre tracteur a pu reprendre son travail avec une nouvelle pompe à gasoil. Ils ont pu apprécier l’avancée de nos projets en agriculture experts en la matière, et nous ont beaucoup encouragés.

    Le 8 décembre 2016, notre archevêque Mgr Pascal N’KOUE est venu rehausser par sa présence la fête du séminaire, 2ème anniversaire de la dédicace de la chapelle. Il nous a parlé de son voyage dans le diocèse d’Avignon en France où il a pu participer à la béatification du P. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie qui parraine efficacement notre séminaire sur le plan spirituel. Le P. Marie-Eugène a eu l’intuition de donner au clergé diocésain une spiritualité fondée sur l’oraison carmélitaine. Notre Archevêque en est mordu. Nous la pratiquons tous les jours dans notre maison de formation. A notre époque très agitée par toutes sortes de bruits et de médias toujours plus nombreux et envahissants, il urge qu’on se forme au silence intérieur. Le cadre dans lequel le séminaire est implanté s’y prête.

    La prière intérieure et la formation intellectuelle n’empêchent pas le travail des mains. Cette année, nous avons développé un peu plus l’élevage. Aux lapins, volailles et cochons s’ajoutent désormais les moutons et même un pigeonnier. Les abeilles sont venues habiter les ruches et nous avons pu faire notre première récolte de miel ; elle a été donnée à notre Archevêque. L’acquisition d’une clôture électrique solaire a permis de mieux maîtriser nos bœufs qui nous aident beaucoup pour les labours.

    Les constructions vont bon train avec l’ouverture de trois chantiers : d’abord la grande salle polyvalente au-dessus de la bibliothèque, ensuite un bâtiment de 30 chambres avec 6 logements de professeurs répartis sur trois niveaux, et enfin un module de trois salles de classe. Merci à l’AED (Aide à l’Eglise en Détresse), à la Conférence épiscopale italienne, à Missio en Allemagne. La Divine Providence suscite beaucoup de générosité autour de nous. Elle nous rassure que ce combat que nous menons pour former des prêtres missionnaires ouverts et solides n’est pas le nôtre mais le sien.

    A tous, partenaires, bienfaiteurs particuliers du Bénin et d’Europe (France, Italie, San Sebastian), amis qui venez nous visiter et nous encourager, nous souhaitons un joyeux Noël et une sainte Année 2017, vous assurant d’implorer l’Enfant divin de la crèche pour chacune de vos familles.
                                            R.P. Denis Le PIVAIN
                                            Recteur de "Providentia Dei"


Nouvelles de famille
- Le Père Léonard GORAGUI est revenu de Nantes, après un peu plus d’un an de séjour là-bas. Nous remercions l’Evêque et le diocèse de Nantes qui se sont bien occupés de sa santé.

- Le Vicaire Général (Père Benoit Bertrand) et les Vicaires  épiscopaux de Nantes (Père François Renaud et Regis) sont venus célébrer les fêtes de Noël avec nous dans le cadre de notre partenariat. Nous apprécions au plus haut point cette preuve d’amitié. "Aimer c’est voyager". Ils sont allés jusqu’à Ténonrou, vrai Bénin profond. Quel mérite !

- Le Père Don Diègue, GUEDOU BADE, osfs, vient d’être déclaré Docteur en philosophie par la faculté de philosophie de l’Université Catholique de Lyon. Il interviendra au Grand séminaire diocésain "Providentia Dei". Merci à lui et à ses Supérieurs majeurs.

- Nous remercions le Père Bruno LECOIN, Provincial des Oblats de saint François de Sales, venu nous visiter.
 
- Merci à notre Caritas diocésaine qui s’intéresse de plus en plus au Bénin profond. Que tous les bienfaiteurs comme le GMM (Groupe Missionnaire de Merano) soient vivement remerciés, surtout pour l’eau dans les écoles et les hameaux.

- Enfin les Communautés chrétiennes bariba bougent. Rendons grâce à Dieu. Aidons-les à construire des églises plus spacieuses, car celles qui existent sont devenues trop petites.

- La "gani" des chrétiens sera désormais célébrée chaque année en la solennité du Christ-Roi de l’univers, au sanctuaire marial. Nous voulons inculturer cette fête païenne de la "gani".

- Nous avons vivement apprécié la visite de Sœur Chantal Julie ALAKPA, nouvelle Supérieure Générale des Sœurs ocpsp.

- Le livre "Catéchèses prophétiques d’un évêque africain" est disponible à la Librairie catholique au prix provisoire de 5.000f. Dans quelques semaines ce sera plus cher.

N.B. Le 10 janvier, c’est la fête de toutes les familles. Grand rendez-vous toute la journée à Komiguéa. Notre Mère du ciel et notre protectrice nous attend tous sur son sanctuaire. La nouvelle statue en béton sera bénie le 9 janvier à 16h. On recevra beaucoup de grâces.

 


Quelques dates
2 janv.        : Les bureaux de la Curie diocésaine sont fermés.

8 janv.        : Fête de l’Epiphanie, sainte messe à 9h au Monastère l’Etoile Notre-Dame.
        - Quête impérée pour l’Enfance Missionnaire.

9-10 janv.    : Fête de Notre-Dame de Komiguéa. Messe à 10h00 au sanctuaire marial, précédée  d’une conférence à 8h sur "la prière en famille et dans les groupes de prière".

11-15 janv.    : A Cotonou pour la session ordinaire de la Conférence Episcopale du Bénin.

16-22 janv.    : Retraite spirituelle des Novices PSP à "Providentia Dei". Elles viendront du Togo.

23-27 janv.    : Session de l’UCB à Ouidah (Union du Clergé du Bénin).

23 j-2 fév.    : A Rome, rencontre des Evêques amis de la Communauté de Sant’ Egidio.

N.B. : 4 fév     : Tous à Ténonrou (Africæ Munus) pour la fête des consacré(e)s. Messe à 10h. Les deux   pasteurs Romuald GNANGNON et Gilles KIMBA s’y adaptent très bien et nous attendent.
BONNE ANNEE. SAINTE ANNEE 2017

                               

 Rien n’est plus grand que la messe. Elle a une valeur infinie. Padre Pio disait : "Si les hommes comprenaient la valeur de la sainte messe, à chaque célébration, il faudrait des gendarmes pour maintenir l’ordre parmi les foules qui se bousculeraient pour entrer dans les églises".
    Saint Thomas d’Aquin, prêtre, après avoir célébré sa messe du matin, servait une autre messe en action de grâce. Et que dire du petit Jean-Berchmans. Il expliqua un jour à sa  grand-mère pourquoi il sortait le matin très tôt de la maison : "c’est pour attirer les bénédictions de Dieu. J’ai obtenu de servir trois messes avant de me rendre à l’école". Avis à ceux qui arrivent en retard en traînant les pieds, après avoir fait une bonne grasse matinée. Le saint Curé d’Ars ira jusqu’à dire que "le martyre (sanglant) n’est rien comparé à une sainte messe, parce que la messe est le sacrifice de Dieu pour l’homme". Or le martyre c’est le sacrifice de l’homme pour Dieu. Au ciel et sur terre, il n’y a rien de plus grand, parce que c’est l’expression la plus éloquente de l’Amour de Dieu pour le salut de l’humanité : "Qui mange de ce pain vivra éternellement" (Jn 6, 51).
    Ceux qui avancent des arguments trop humains pour ne pas aller à la sainte messe tous les matins ne savent pas ce qu’ils perdent. Même la rénovation de nos familles et de la vie sociale dépendent de la sainte messe. Chose extraordinaire : Jésus-Christ, l’unique et vrai prêtre, souverain et éternel, vrai Dieu et vrai Homme a voulu que son saint sacrifice soit célébré par des hommes fragiles, pécheurs, indignes comme nous. On comprend alors l’émerveillement de saint Paul : "Ce trésor (le Christ crucifié) nous le portons dans des poteries en argiles" que sont nos personnes fragiles (2Co 4, 7). Jésus-Christ à la fois prêtre et victime s’offre lui-même chaque jour à son Père par les mains des prêtres. Chers amis, chers séminaristes, chers prêtres, c’est beau, c’est inouï d’être prêtres quand on est prêtre pour les autres ! C’est une question de qualité de relation avec Dieu, pour le salut de l’humanité. C’est donc une question de foi, d’amour, de sainteté et de bonheur. D’abord, ilfaut se savoir aimé de Dieu : tout est là. Nos plaintes puériles et grincements de  dents stériles viennent de ce que nous cherchons notre bonheur en dehors de Celui qui a tout créé pour le bonheur de l’homme. Ah ! Si on apprenait à remercier le Seigneur pour tout ce que nous recevons de Lui à travers nos divers bienfaiteurs.
    Chers prêtres, vivez votre sacerdoce presbytéral dans l’harmonie, la cohérence, la joie et les chants. Vivez votre sacerdoce dans l’enthousiasme et la passion d’imiter le Christ, tout donné au Père et à l’humanité.En paroisse.Aimez les enfants, les jeunes, les vieillards, les biens portants, les malades. Soyez simples avec tout le monde dans la sincérité.Aimez les laissés pour compte, les rejetés de la société, visitez ceux qui sont dans les périphéries. Intéressez-vous aux couples, aux familles, aux vocations sacerdotales et à la vie consacrée. Mais où puiser cette force ? Dans l’Eucharistie bien célébrée.
    Remettons la croix de Jésus au centre de l’autel et exhortons le peuple de Dieu à fixer les yeux sur Jésus crucifié. Il nous a dit : "Lorsque je serai élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes" (Jn 12, 30). Saint Cyrille de Jérusalem dans sa catéchèse baptismale insiste sur la gloire qui nous vient de la croix du Christ.Dans la Vie Diocésaine du mois dernier, j’ai demandé à tous de faire une demi-heure d’oraison ou de méditation par jour. Trouver trente minutes pour Dieu, pour contempler la croix, pour se taire, écouter le crucifié et lui parler dans le cœur à cœur, dans le silence, dans l’amitié et l’intimité. Trente minutes à tous. Mais à vous prêtres je demande une heure d’oraison. Vous ne serez pas seuls, je vous accompagnerai. C’est à ce prix que nos relations avec notre Père des cieux s’amélioreront et que notre apostolat deviendra plus fructueux. C’est à ce prix que l’évangélisation dans notre diocèse atteindra sa vitesse de croisière. Une heure d’oraison dans la journée. Ce n’est pas impossible. Les séminaristes de Providentia Dei le font. Ils nous ont devancés.Cette fois-ci, l’exemple vient des petits. Et ce que le petit fait de bien, le grand devrait pouvoir faire davantage.
    Je reviens de Venasque (France) où j’ai participé à la béatification du Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus. D’ordinaire ce sont les prêtres diocésains qui fondent des congrégations religieuses. Là c’est un prêtre religieux, un Carme, qui a fondé un Institut séculier, c’est-à-dire de prêtres diocésains, avec une spiritualité, celle de l’oraisonsilencieuse. En tant qu’apôtre de la vie intérieure, le bienheureux Marie Eugène pourrait être le guide et maître spirituel de notre clergé diocésain et même de tout le diocèse ; en cette époque de dissipation, des médias sans censure, des nouvelles technologies de l’information, des réseaux sociaux experts en mensonges etc. ce Bienheureuxnous éduquera. Car il ne cesse d’enseigner le chemin de la prière intérieure et la disponibilité totale aux appels de l’Esprit Saint. Les prêtres de l’Institut Notre-Dame de Vie font deux heures de méditation par jour. Je rappelle que ce sont des diocésains. Cet Institut de droit pontifical, aujourd’hui répandu dans le monde entier, comprend aussi des laïcs, la branche féminine et la branche masculine, des membres associés et des foyers. Plus on trouvera du temps pour Dieu, moins nos cœurs s’alourdiront à cause des soucis des biens matériels et financiers. Cherchons d’abord le Royaume de Dieu et sa justice. Dieu s’occupera de nous combler. C’est une question de foi et de confiance en la Divine Providence. Nous devons faire un effort pour rechercher le silence. Les téléphones portables en famille, dans les presbytères, dans les communautés religieuses, dans les églises encombrent et asphyxient notre vie spirituelle et nous sortent de la pensée de Dieu. Les réseaux sociaux mal utilisés nous volent le temps qu’on devrait donner à Dieu et au prochain, et finissent par nous étouffer.
    Imitons Jésus : "Le matin, bien avant le jour, Jésus se leva, sortit, et s’en alla dans un lieu désert, et là il priait" (Mc1, 35). Voilà ce que nous devrions faire tous les jours. Un lieu désert équivaut à un lieu de silence. Dieu éduque nos âmes dans le silence. L’oraison a besoin de solitude. Plus on est occupé, plus on devrait trouver du temps pour nous plonger en Dieu dans le silence. "Le silence assure à l’action de Dieu toute son efficacité". C’est dans le silence que nous vénérons Dieu comme le Souverain maître de toutes choses ; c’est sous sa puissance que nous existons avec tout ce que nous possédons. Tout vient de Lui.
    L’oraison de recueillement est un remède préventif et curatif contre trois maladies tenaces : l’"ego", le monde et le diable. Elle nous fait chercher Dieu au centre de notre âme… Ce Dieu présent et agissant en nous est véritablement Père de tous et il m’engendre sans cesse pour la diffusion de "ses merveilles". Le paradis céleste est déjà dans mon âme, puisque Dieu veut y faire sa demeure.Mais l’oraison ça s’apprend. Et voici comment : se mettre en présence de Dieu, se recueillir, louer le Créateur des cieux dans le silence… Regarder la croix, ou le Saint Sacrement ou la Vierge Marie ; faire une courte lecture, lire l’évangile ou un ouvrage spirituel, réciter de temps en temps une prière vocale…, réciter le Notre Père très lentement, c’est la prière que Jésus a composée pour nous. "Le Notre Père est la prière parfaite. C’est la prière des petits…, la prière des saints" (Bienheureux Marie Eugène). Dans le Notre Père se trouve tout l’art de la science de la prière : "Si vous vous attachez au Pater, dit sainte Thérèse d’Avila, vous n’avez plus besoin d’autre chose". Il suffit d’aimer Dieu comme un fils. Car lui nous aime comme un Père pleinde bonté et de miséricorde. Dans l’oraison, après la louange, il faut s’arrêter longuement sur l’action de grâce. Savoir remercier c’est le propre des cœurs pleins de gratitude. Dans la partie des demandes, plions nos cœurs à la contrition, au regret de nos péchés, demandons la grâce de la douceur et de l’humilité. Puis on s’offre en toute confiance à la miséricorde divine, en disant plusieurs fois, "Père, non pas ma volonté mais la tienne"…
    Et maintenant je voudrais m’adresser de façon particulière à Norbert.
    Cher fils, vous allez être ordonné prêtre de Jésus-Christ. Vous recevrez le pouvoir de célébrer le Saint Sacrifice du Christ "in persona Christi". Soyez humble. Les fruits de ce sacrifice s’étendent aux péchés, aux peines, aux satisfactions et autres besoins des fidèles vivants, et même défunts qui n’ont pas encore pleinement expié leurs fautes. Vous vous ferez dispensateur de l’Eucharistie après vous en être vous-même abondamment nourri. Soyez un amoureux de Dieu. Ainsi votre âme plongera chaque jour ses racines dans la sainte messe pour en tirer la sève surnaturelle de la vie et de la force intérieure. Sans cette vie intérieure, vos activités pastorales se dévalueront très vite et le diable s’en servira contre vous. Le bréviaire, le chapelet, l’oraison et le Saint Sacrifice de la messe seront vos fidèles et meilleurs compagnons. Car un prêtre qui prie peu aide Satan à le déstabiliser.
    Soyez donc un bon vicaire paroissial comme le fut Jean Marie Vianney, le futur saint Curé d’Ars. Il avait eu la chance de vivre auprès d’un bon Curé, le Père Balley. Jean Marie avait été chez lui comme domestique, jardinier, séminariste, vicaire paroissial. Le Père Balley était un Curé-formateur. Il était soucieux de transmettre le meilleur de la vie du prêtre à son fils spirituel devenu prêtre.
    Jean Marie Vianney restera deux ans comme vicaire auprès de ce bon prêtre. Tous les matins, ils faisaient tous les deux leur méditation ou oraison devant le tabernacle avant la Sainte messe. Tous les deux s’adonnaient à des pénitences et sacrifices hors du commun pour le salut des âmes. Tous les deux avaient soif du ciel, tous les deux aimaient Dieuetjeunaient beaucoup. Ils se dénonçaient à tour de rôle auprès du Vicaire Général que l’autre jeûnait un peu trop. Et qu’il fallait le gronder pour qu’il diminue.Quand l’Evêque autorisa le jeune vicaire à entendre les confessions dans le Sacrement de pénitence, le Curé fut le premier à s’agenouiller devant son vicaire pour se confesser.
    Comme vous le voyez, il y avait une saine émulation entre Curé et Vicaire pour se soutenir dans la vie de sainteté sacerdotale. Chez ces deux prêtres la primauté de la vie spirituelle et fraternelle l’emportait sur la recherche des biens de ce monde, des commodités matérielles et des salaires mensuels. Tout le jour et à tout instant le salut des âmes était leur grande préoccupation. Jean Marie, quand il sera nommé Curé d’Ars, s’inspirera de l’expérience accumulée auprès de son ancien maître. Seigneur, donne-nous de saints curés formateurs et des vicaires humbles et dociles.
    Un Evêque au cours d’une de ses visites amicales à ses prêtres a découvert sur le bureau d’un Vicaire de paroisse quelques phrases intéressantes placées sous verre. Ce Vicaire pensait aux jeunes de sa paroisse dont il avait la charge. Il voulait être en éveil pour Dieu face aux pouvoirs menaçants du mal. Il était conscient que le prêtre était l’homme de Dieu spécialement chargé de conduire les âmes au ciel. Et voici les phrases :
        - Si tu ralentis                ils s’arrêtent
        - Si tu faiblis                ils flanchent (ils abandonnent)
        - Si tu t’assois            ils se couchent
        - Si tu doutes                ils désespèrent
        - Si tu marches devant        ils te dépassent
        - Si tu donnes ta main        ils donneront leur peau
        - Si tu pries,                alors ils seront des saints.
    A tous, je rappelle que c’est l’année de la prière intérieure qui s’obtient par le silence de qualité et la méditation de la Parole de Dieu. Chercher Dieu dans le silence raffiné,c’est la plus grande difficulté pour l’homme. C’est par là que nous retrouverons la priorité de l’amitié avec Jésus-Christ. Cherchons à fonder et à refonder notre vie de chrétiens, de consacrés, de prêtres sur le Christ, le rocher stable et imprenable. "Dans sa main tout grandit et s’affermit". Hors de lui, il n’y a que bruit, apparences de bonheur, revendications égocentriques et suicides. Vive l’ascèse du silence plein de Dieu.
    Que Notre-Dame de Komiguéa, Mère du silence (Lc2, 19), sainte protectrice de notre diocèse, fasse de vous, cher Norbert, un saint prêtre selon le cœur de son Fils souverain prêtre, Jésus-Christ, qui règne pour les siècles des siècles.
 +Pascal N’KOUE
  Omnium Servus

 


Nouvelles de famille


- Prions pour le repos de l’âme de Léocadie TCHOKPOHOUE, mère du Père Richard HENNOU.
- Bénissons le Seigneur pour le soutien spirituel de l’Institut de droit pontifical Notre-Dame de Vie dont le fondateur Marie Eugène vient d’être béatifié.
- Merci à Monsieur D’OLIVEIRA Félix pour le livre "Catéchèses prophétiques d’un Evêque africain",  publié à l’occasion de mes 30 ans d’ordination presbytérale. Dieu en soit loué.
- La messe orientée a été effectivement lancée le 27 novembre dernier en l’église Cathédrale, à l’occasion de l’ordination de l’abbé Norbert AGOSSOU. Le clergé diocésain en est très heureux.
- Avent ! Ce mot signifie avènement, arrivée. Bientôt ce sera Noël, Jésus le Fils de Dieu va naître. C’est l’Emmanuel, Dieu avec nous. Mystère ! Il est temps de se préparer. Au Crédo on s’inclinera profondément à "Et homo factus est". Mais aux messes de Noël, on fera carrément la génuflexion pour vénérer ce grand mystère de notre salut. Pour la communion, faire une génuflexion ou alors une inclination profonde avant de recevoir le Corps du Christ.
- Du 19 au 28 décembre, nous aurons l’immense joie d’accueillir le Vicaire Général et les deux Vicaires Episcopaux de Nantes, diocèse avec lequel nous sommes en partenariat. Ce sont de bons frères. Qu’ils soient les bienvenus.
- Noël ! Quoi offrir ? Ce dont l’autre pourrait avoir besoin. Un objet de piété, les Saintes Ecritures, une belle image de Notre-Dame de Komiguéa. Mais n’oublions pas d’accueillir l’Emmanuel dans nos cœurs, Dieu nous offre son Fils.
- Nous remercions la Mère Alda STROPPIANA, Supérieure Générale des Sœurs Albertines pour sa visite le mois dernier.
- Depuis le premier dimanche de l’Avent la petite modification "Et ne nous laisse pas entrer en tentation" introduite dans le Pater en français est en vigueur dans tout le Bénin.
- En cette année pastorale de la prière intérieure, il est demandé à tous de faire au moins trente minutes d’oraison chaque jour, mais aux prêtres un peu plus :une heure d’oraison par jour. Les Séminaristes de Providentia Dei nous ont devancés dans cette ascèse du silence pour mieux goûter Dieu. Je recommande vivement "La force du silence", livre écrit par le Card. Robert SARAH.
- Nous remercions vivement l’Association des Familles Rurales de Vittorio Veneto venue nous rassurer de leur fidélité dans nos projets de développement.
N.B. Le 10 janvier, fête de Notre-Dame de Komiguéa. Notre Mère et protectrice nous attend sur son Sanctuaire.
-L’Abbé Norbert AGOSSOU est nommé Vicaire paroissial à Tchaourou.

 


Quelques dates
1erdéc.        : A 8h à la Cathédrale : Messe des funérailles deLéocadie.
3 déc.        : A 9h30 : Lancement du livre "Catéchèses prophétiques d’un Evêque africain", au Centre Pastoral.
        - A 16h : Mariage de ASSANKPON Léonide et de Rita, à la Cathédrale.
4 déc.        : Messe dominicale à Guéma.
5 déc.        : Visite de pasteur au Camp militaire.       .
6 déc.         : Conseil Permanent de la Conférence Episcopale à l’Archevêché à 9h30.
        - Conseil d’Administration extraordinaire des hôpitaux diocésains (Boko et Papanè)
8 déc.        : A Providentia Dei. Fête de l’Immaculée Conception. Rencontre avec les séminaristes et professeurs.
9 déc.        : A 9h30 : Réunion à l’Archevêché avec la Commission d’orientation éducative scolaire.
11 déc.         : Dimanche du "Gaudete", Messe dominicale à Sirarou. Ornements roses pour ceux qui le peuvent.
13 déc.         : Conseil presbytéral à l’Archevêché, à 9h30.
18 déc.        : Messe dominicale à Bétérou.
20 déc.        : Visite à Ténonrou "AfricæMunus". Cette immense terre est un don de Dieu et doit devenir un jardin de Dieu  pour le bien de l’homme. Nous avons besoin de la solidarité de tous pour le bien-être de nos frères et sœurs         qui vivent là-bas.
23 déc.         : Messe anticipée de Noël à Papané (Hôpital).
24 déc.         : A 22h : Messe de nuit de Noël à la Cathédrale.
25 déc.        : Messe du jour de Noël au Monastère l’Etoile Notre-Dame.
27 déc.         : Jubilé d’or sacerdotal de Monseigneur Barthélémy ADOUKONOU à Abomey.
31 déc.        : Messe d’action de grâce de fin d’année à l’hôpital de Boko à 10h.
        - A 24h : Au Sanctuaire eucharistique : Solennité de la maternité divine de Marie. Messe pour la  paix.


BON TEMPS DE L’AVENT ET BONNE FETE DE NOËL.

     

 Le premier Synode sur l’Afrique a considéré "l’inculturation comme une priorité et une urgence dans la vie des Eglises particulières pour un enracinement réel de l’Evangile en Afrique" (Ecclesia in Africa n° 59). Il faut revenir constamment sur cette préoccupation.

    Qu’il faille inculturer l’Evangile en terre d’Afrique, personne n’en doute. Mais en quoi consiste ce processus, là divergent les points de vue. Trois de nos Anciens ont parlé de la question : Mgr Robert SASTRE, premier évêque de Lokossa ; Mgr Lucien Agboka, premier évêque d’Abomey ; et Mgr Lucien Chambény, premier prêtre du diocèse de Natitingou. A ces trois témoignages j’ajouterai celui, plus récent, du cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements. Ce sont tous des Africains, hommes de foi et fiers de leur identité africaine.
1. Ce que l’inculturation n’est pas     
    A la question : quel est le contenu réel du mot inculturation ? Voici ce que répond Monseigneur Lucien CHAMBENY : "C’est difficile à dire, chacun le comprend comme il peut. En tout cas, il ne s’agit pas de transporter nos gros tam-tams dans les églises et d’y danser de toutes nos forces comme on le fait aujourd’hui. Le vacarme assourdissant des tam-tams n’est pas l’inculturation, c’est plutôt de la distraction. Les fidèles se lèvent pour admirer les danseurs, les danseuses, les joueurs de flûtes…
 
    Monseigneur SASTRE, grand Africaniste, s’est opposé à toute protestantisation de la liturgie catholique romaine, qui fait appel à la contemplation : « Quelque paradoxal que cela puisse paraître, la liturgie, même en tant que célébration, ne doit être qu’un chemin vers la contemplation. Pour que la célébration africaine en arrive là, il lui faut un sérieux effort d’intériorisation : il faut que le rôle du corps s’amenuise au profit de celui de l’esprit. L’appétit des rites, des symboles et des rythmes doit lentement se transmuer en vie intérieure. Les transes corporelles doivent disparaître pour faire place au rythme de l’âme portée par l’amour dans la paix de la contemplation.
2. Le processus de l’inculturation
    L’évangile à l’état pur n’existe pas. Il nous est parvenu déjà inculturé. Il s’est répandu pétri du langage, de l’histoire, des mentalités de milieux et d’époques précis. Aujourd’hui l’on parle de plus en plus d’inter-culturalité (Benoit XVI). Mais il faut affirmer tout de suite et fortement que le contenu de l’Evangile est différent des constructions culturelles. Il les transcende. Sinon les Juifs auraient cru spontanément en Jésus, le Roi de l’univers sans palais.

    Le processus d’inculturation s’effectue en deux mouvements : il y a d’abord la réception de l’Evangile ou évangélisation, puis l’incarnation de cet évangile ou inculturation. L’effort d’inculturation part donc de l’accueil total et humble de la Parole de Dieu. Cet effort concerne toute l’évangélisation et non pas seulement la liturgie. Toute la vie du disciple du Christ est concernée et donc tous les domaines de la vie humaine, sociale et chrétienne de l’Africain. Quand on pourra dire comme saint Paul : "pour moi vivre c’est le Christ. Ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi" alors oui, on sera des chrétiens inculturés. L’inculturation est lumière de Dieu dans nos ténèbres, dans nos traditions et nos coutumes, "jusque sous nos lits". Il s’agit d’une transformation du dedans de nous. Or c’est la foi en Jésus qui purifie nos cœurs et nos coutumes. L’inculturation ne peut donc pas être laissée à l’initiative individuelle ni se faire sans discernement, à la légère, à la va-vite. "Discerner quels éléments culturels et quelles traditions sont contraires à l’Evangile permettra de pouvoir séparer le bon grain de l’ivraie" (cf. Mt 13, 26).
3. L’inculturation chez le peuple Hébreu
    Jésus lui-même, dans ses paraboles et dans ses discussions avec les pharisiens, les sadducéens, les scribes etc., a eu à purifier les mentalités juives, les coutumes, les lois et traditions sur le sabbat, sur les enfants, sur les lépreux, sur les pauvres et les pécheurs, la croix, la résurrection des morts… "Vos anciens vous ont dit mais moi je vous dis…" "Qui aime son père et sa mère plus que moi n’est pas digne de moi…" "Ma chair est une vraie nourriture, mon sang est une vraie boisson". Manger le corps de Dieu, boire son sang ce n’est inscrit dans aucune culture. La première fois que Jésus en a parlé, presque tous ses auditeurs l’ont abandonné, tellement ce discours choquait la culture juive (Jn 6, 66). Consommer le sang des animaux était interdit, à plus forte raison boire le sang d’un homme ! Le mystère de Dieu ne peut pas s’accommoder des considérations culturelles horizontales et donc passagères. "Mon Royaume n’est pas de monde", dit Jésus à Pilate. Toutes les cultures humaines ont des scories et des pesanteurs, et ont besoin de la Sagesse de Dieu qui vient d’en haut.
4. Le syncrétisme
    Mgr Lucien AGBOKA s’en plaint. Son constat est vraiment déplorable : "On peut bien faire partie de la confrérie des sorciers et animer les groupes de prière et d’adoration les plus dévots de sa paroisse, le curé détectera difficilement le double jeu. Personne ne viendra lui dénoncer le chrétien caméléon". C’est du syncrétisme tout simplement, c’est-à-dire un mélange de croyances disparates, de doctrines opposées et même contradictoires dans le seul but de réussir coûte que coûte ou de se sentir protégés par toutes les divinités. Jésus est rabaissé au rang d’un quelconque esprit sauveur parmi tant d’autres. Or pour celui qui croit vraiment, Jésus  est « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu  né du vrai Dieu ». Il est l’unique Sauveur et Rédempteur, le Seigneur des seigneurs. Devant lui tout genou fléchira. Nul ne va au Père sans passer par Lui.
5. L’Eucharistie et la culture
    La véritable question est de savoir ce qu’on célèbre ou plutôt qui on célèbre ? Dieu, ou l’homme ? Certaines célébrations ressemblent davantage à des autocélébrations desquelles le Mystère est absent : « Le cœur du mystère eucharistique est la célébration de la Passion, de la mort tragique du Christ et de sa résurrection ; si ce mystère est noyé dans de longues cérémonies bruyantes et chamarrées, le pire est à craindre. Certaines messes sont tellement agitées qu’elles ne sont pas différentes d’une kermesse populaire » Card. Robert SARAH, Dieu ou rien, pp. 150-151. Protégeons la Présence réelle. "Ce don de l’Eucharistie est trop grand pour pouvoir supporter des ambiguïtés et des réductions" Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia n°10.
6. La religiosité ou spiritualité populaire
    Au lieu de chercher tout le temps à encombrer le saint-sacrifice de la messe, on pourrait se tourner abondamment vers la religiosité populaire. Le Pape François en rappelle l’importance (Evangelii Gaudium 123-126): "Dans la piété populaire, puisqu’elle est fruit de l’Évangile inculturé, se trouve une force activement évangélisatrice que nous ne pouvons pas sous-estimer : ce serait comme méconnaître l’œuvre de l’Esprit Saint. Nous sommes plutôt appelés à l’encourager et à la fortifier pour approfondir le processus d’inculturation qui est une réalité jamais achevée". Les expressions de la piété populaire ont beaucoup à nous apprendre. C’est la "spiritualité incarnée dans la culture des simples". L’Exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia du Pape François est un bel exemple d’inculturation et d’exhortation à l’inculturation.

    L’Eglise donne de larges possibilités d’expressions à cette mystique populaire, si proche de la vie des gens : c’est le rituel des bénédictions qui sanctifie tous les domaines de l’existence humaine (maison, ateliers, outils, champs…), les différentes étapes de notre vie (bénédiction des enfants, des mères enceintes…) ; les pèlerinages, les longues processions si appréciées des fidèles qui peuvent y exprimer leur foi, en puisant abondamment dans la culture locale. Toutes ces dévotions, avec ces innombrables gestes et signes, nourrissent la foi du peuple et sont comme des satellites qui le conduisent à l’Eucharistie qui  est le cœur de la liturgie. Reconnaissons que nos communautés ne sont pas toujours prêtes à célébrer les saints mystères avec la foi pure de l’Eglise.

    La religiosité populaire, c’est encore les sacramentaux, le rosaire, la dévotion mariale qui ne connaît pas de frontières de langues, de races ou même de religions. Voyez combien la Mère du Christ est inculturée quand elle se présente sous le visage d’une Africaine à Kibeho, d’une Amérindienne au Mexique…, quand elle parle la langue propre de la voyante (le patois) à Lourdes ! Pourquoi dans nos sanctuaires marials, dans nos grottes mariales, vouloir la représenter toujours sous les traits d’une femme européenne ? Aucune norme ne l’impose ! Cultivons les expressions de piété populaire sous l’inspiration de l’Esprit aux dons multiples et variés.
7. Je suis Africain. Lisons attentivement ce que dit le Card. Robert SARAH sur l’inculturation.
    « Je suis Africain… la liturgie n’est pas le lieu pour promouvoir ma culture. Bien plutôt, c’est le lieu où ma culture est baptisée, où ma culture s’élève à la hauteur du divin … Certes, les cultures et les nouveaux chrétiens apportent des richesses dans l’Eglise… Mais ils apportent ces richesses avec humilité, et l’Eglise, dans sa sagesse maternelle, les utilise si elle le juge approprié… L’inculturation n’est pas à présenter comme une quête ou une revendication pour la légitimité d’une africanisation ou d’une latino-américanisation ou asianisation à la place d’une occidentalisation du christianisme…

    « L’inculturation est une irruption et une épiphanie du Seigneur au plus intime de notre être. Et l’irruption du Seigneur dans une vie provoque en l’homme une déstabilisation, un arrachement en vue d’un cheminement selon les références nouvelles qui sont créatrices d’une culture nouvelle porteuse d’une Bonne Nouvelle pour l’homme et sa dignité d’enfant de Dieu… Quand l’Evangile entre dans une vie, il la déstabilise, il la transforme… Quand Jésus entre dans une vie, il la transfigure, il la divinise par la lumière fulgurante de Son Visage… L’inculturation de la foi est donc un défi de sainteté… L’inculturation n’est pas un folklore religieux. Elle ne se réalise pas essentiellement dans l’utilisation des langues locales, des instruments et de la musique latino-américaine, des danses africaines ou des rites et symboles africains ou asiatiques, dans la liturgie et les sacrements. L’inculturation, c’est Dieu qui descend et entre dans la vie, les comportements moraux, les cultures et coutumes des hommes pour les libérer du péché et les introduire dans la Vie Trinitaire », Allocution du Card. Robert SARAH à Londres, 05 juillet 2016, sur une authentique mise en œuvre de Sacrosanctum Concilium.

    En un mot, il faut souvent se demander ce qui est premier : Dieu ou l’homme ? L’Evangile ou ma culture africaine ? L’Eglise universelle ou les goûts de ma communauté ? Arrêtons toute ambiguïté et même cette para-liturgie dite inculturée que nous servons pendant la messe à la place de l’anamnèse. Nous introduisons la dissipation en plein recueillement. Jusqu’à la doxologie (par Lui, avec Lui et en Lui) tous les non concélébrants devraient rester à genoux. La Prière Eucharistique n’est pas encore achevée à l’anamnèse. Et puis, le mystère ne se crie pas. Il se vit dans l’émerveillement du silence intérieur. Célébrons la messe en regardant le Christ crucifié, et il y aura moins d’agitation et plus de foi et d’engagement.                                                                                                             

+Pascal N’KOUE
 Omnium Servus

 


Nouvelles de famille
- Merci au R.P. Bruno LECOIN, osfs, Supérieur Provincial, venu d’Annecy le mois dernier pour les ordinations presbytérales et diaconales.

- Merci de tout cœur au diocèse de Nantes qui a organisé un beau programme pour mon séjour.

- Merci au R. P. Benoît LUQUIAU qui a conduit nos jeunes aux J.M.J. en Pologne. Les témoignages positifs sont très nombreux. Espérons que nos jeunes deviennent plus missionnaires.

- Le centenaire de naissance d’Hubert C. MAGA est lancé. C’est le premier Président de notre République, originaire de Parakou. De musulman, il s’est converti en chrétien catholique et est resté fidèle à l’Eglise jusqu’à sa mort. Sa vie et celle de son épouse sont éloquentes. Il faut que les générations présentes et futures les connaissent pour s’en inspirer.
- Bienvenue aux RR. PP. Ditime Christian K. et Bamidélé Rogatien K., tous deux SVD, destinés aux paroisses de Guéma et de Sirarou.

- Bénissons le Seigneur pour l’élection de la nouvelle Supérieure Générale des Sœurs ocpsp, Mère Julie Chantal ALAKPA. Prions pour elle et pour son Conseil.

- Je remercie le nouvel Archevêque de Cotonou, nommé, Mgr R. HOUNGBEDJI venu le mois dernier nous donner sa bénédiction.

- Trois paroisses ouvriront des écoles catholiques en 2016 : Banikanni (maternelle et primaire), Nima (primaire) et Boko (primaire). Rapprochez-vous des curés pour les inscriptions.

- Le R.P. David AHOSSINOU est nommé Responsable de la Commission Diocésaine des communications sociales.

- Le R. P. Bienvenu BORO MASSO, du diocèse de Natitingou, est nommé Professeur au Grand Séminaire "Providentia Dei". Un grand merci à son Evêque Mgr Antoine SABI BIO.

- N.B. : 26 nov. 2016 : A 9h30 à la Cathédrale, ordination presbytérale de Norbert AGOSSOU.

 


Quelques dates


- 5 sept.    : Retour de Nantes à Parakou.

- 12-18 sept.    : Semaine nationale pour la vie et la famille au centre don Bosco organisée par le centre UNIV.

- 23-24 sept.    : A Cotonou pour l’ordination épiscopale de Mgr Roger HOUNGBEDJI, nouvel Archevêque

- 26 sept.    : Retour à Parakou.

- 28-29 sept.    : Au Grand Séminaire "Providentia Dei" : session de formation aux Prêtres formateurs.

- 30 sept.    : Conseil Permanent de la Conférence Episcopale du Bénin à Cotonou.

- 15 oct.    : Noces de diamant du R. P. Maurice RIGUET à Okédama.

- 18 oct.    : A 9h30 : Conseil Presbytéral à l’Archevêché.
        - A 16h00 : Presbyterium au Centre Pastoral.

- 19 oct.    : A 9h : Assemblée Générale. Ouverture de l’année pastorale dont le thème est : "Prière intérieure et engagement". (Venez avec vos bréviaires et vêtements liturgiques).
   
23 oct.        : Dimanche des missions. Quête impérée pour les O.P.M.

23-26 oct.    : A Lokossa. Assemblée Générale de la Conférence Episcopale du Bénin.

27 oct.        : Retour à Parakou.

30 oct.        : Installation du Curé de Papanè, le Père Fortuné GONSALLO, à 9h30.


     


   Bénissons le Seigneur pour ce beau diocèse en pleine croissance. Les écoles poussent, les chapelles se construisent, les nouveaux presbytères s’érigent, les séminaristes augmentent, les sanctuairestrès fréquentés. Tout bouge, mais tout peut s’écrouler si nous oublions l’essentiel : notre vie d’intimité avec le Seigneur. Le thème pastoral de cette année sera "Prière intérieure et engagement". Disons d’emblée que le premier engagement pour tout chrétien c’est la prière.Elle est à distinguer de la récitation inconsciente des formules. Tout s’apprend. On apprend à devenir forgeron en forgeant. On apprend à prier en priant.

    La prière est une expérience d’amour. Elle est un don de Dieu qui s’accueille dans la foi. Quand on prie on se dit : Dieu est présent, de façon invisible.Il est présent hors de moi et au-dedans de moi. Je me rends disponible pour l’écouter, lui parler et agir. Mais d’abord l’écouter. Car c’est lui la Parole qui sauve. Chacun prie comme il vit, avec ses défauts et ses préoccupations, ses misères et ses atouts, selon son âge, ses échecs et ses espérances. Prier,croyez-moi, c’est le travail le plus difficile. Le bréviaire, on l’appelle encore "office", du mot latin "officium" qui signifie service obligatoire. C’est un travail pénible, surtout quand on doit prier souvent et lentement. Mais c’est le travail le plus nécessaire. Car prier c’est aimer. Et sans amour on vit malheureux. Quand on est avec un ami,quelle joie, quel bonheur !Le temps ne compte plus. En effet, "on consacre un temps gratuit et sans hâte uniquement aux choses et aux personnes qu’on aime ; et ici, il s’agit d’aimer Dieu qui a voulu nous parler. A partir de cet amour, on peut consacrer tout le temps nécessaire, avec l’attitude du disciple : "Parle Seigneur, ton serviteur écoute", Pape François, La joie de l’évangile n° 146.

Pourtant la prière ne va pas de soi. Ce n’est pas automatique comme un coup de foudre. Ça vient lentement comme le murissement d’une noix de coco. C’est d’abord une question de besoin de l’homme, puis de volonté et de relation entre père et fils. Dieu est notre papa. Sans lui ou loin de lui on s’étiole et on meurt. Quoique généreux, ce papa nous exauce quand il veut et comme il veut. Et c’est toujours pour notre bien. La prière chrétienne présuppose la foi. Sans elle, il est impossible de prier et surtout de persévérer. Car "la prière est un combat. Contre qui ? Contre nous-mêmes et contre les ruses du Tentateur qui fait tout pour détourner l’homme de la prière (CEC 2725).On comprend le conseil de saint Paul : « Puisez votre énergie dans le Seigneur…Revêtez l’équipement de combat que Dieu vous donne, afin de tenir bon contre les manœuvres du diable, car nous ne nous battons pas contre les hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances de ténèbres qui dominent le monde, les esprits mauvais qui sont au-dessus de nous"(Eph. 6, 14). Cet équipement dont il s’agit c’est la vérité, la justice, la paix, la foi etc. C’est exigeant.

Eh oui, la vie chrétienne n’est pas un fauteuil mousseux bien rembourré, de tout repos, fait pour les invertébrés. C’est réellement un combat. Ne faisons pas les malins. La prière intérieure ne peut pas être un somnifère, un opium, qui nous endort. Un chrétien flagada et flageolant c’est-à-dire douillet est un contresens. Non, la prière intérieure est une force ; c’est le secret des grands hommes et descommunautéschrétiennes dynamiques. C’est le  secret des moines, des saints, des martyrs, le secret de l’efficacité de tout apostolat.Elle est puissance divine qui vainc les forces maléfiques visibles et invisibles.Il y a des démons qui ne s’expulsent qu’à force de prière et de jeûne nous dit Jésus (Marc 9, 29).

Dès la première heure de notre journée, tournons-nous, corps et esprit, vers le Seigneur. Trente minutes de silenceintérieur, de méditation, d’oraison, de cœur à cœur avec le Seul capable de transformer nos consciences souillées, nos cœurs de pierre en cœur de chair. Trente minutes de louange et non de plaintes, trente minutes de gratitude avant de formuler nos demandes.Alors la paix, l’unité, l’amour reviendront dans nos maisons. Les premiers instants du silence nous déstabilisent. Il faut tenir bon. Pourquoi ? Parce que
- La prière semble une perte de temps. Or le temps c’est de l’argent. Pour la bonne gestion du temps l’homme exclut la prière. C’est une grosse erreur. L’action, le travail rémunéré, le commerce, le marché : ça produit quelque chose. Mais la prière ? On est là et on ne fait rien d’autre. Pas vrai.

- Dès qu’on se met à prier on est assailli par de multiples distractions : on se gratte, on ouvre tel livre, on est insatisfait, on prend son téléphone portable. On rêve. On gesticule. On n’arrive pas à être stable.

- La paresse de prier peutnous envahir. Prier à la même heure demande une certaine discipline. Et puis souvent on ne sent rien pour Dieu, et on se dit : à quoi bon ? On s’installe dans la négligence du cœur : c’est la sécheresse, l’acédie, le démon de midi.

- Le découragementnous guette parce que nos prières de demandes ne sont pas exaucées. Les islamistes tuent les chrétiens, les pauvres plongent dans la misère. Pire, les misères, les injustices, les problèmes de nos familles, de nos communautés et de ce monde ne sont pas résolus. A quoi bon continuer ?

- Enfin, Dieu invisible est silencieux. C’est le comble ! Les grands saints expérimentent le silence terrible de Dieu : la nuit obscure. Même Jésus a eu desérieux ennuis  à ce niveau lors de son agonie : "Que ce calice s’éloigne de moi". Dieu s’est tu. Notre volonté humaineinquiète et impatientene coïncide pas toujours avec la volonté divine. D’où ce cri sur la croix :"Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné" ? La grande tentation c’est de penser que Dieu est indifférent à nos souffrances. Le doute peut s’installer en nous et même nous pousser à chercher des solutionsrapidespartout, sauf là où Dieu est présent : notre cœur. Or il est impossible de rencontrer le Seigneur en dehors du silence, vrai remède à tous nos bruits.

    Pour bien prier on a besoin de silence extérieur, mais surtout intérieur. Ce silence nous dispose à être attentifs à Dieu de façon amoureuse. La découverte du Dieu intérieur, c’est le trésor des trésors. Dieu n’est pas dans les uniformes des fêtes, dans les décors extérieurs, dans les fleurs artificielles, les guirlandes en tissus, dans les voix fantaisistes, dans le bruit des tam-tams, dans les danses frénétiques mais dans le sanctuaire de l’âme. Là est cachée la croissance de notre vie surnaturelle. Dieu est silence. Satan est bruit, faux bruit, tonneau vide.Le goût de l’oraison et de la prière silencieuse ne s’acquiert pas à coup de raisonnement,mais en apprenant à couler le mouvement intérieur de notre âme dans celui de l’Eglise. "Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra" (Mt 6,6).

    Se retirer au fond de sa maison n’est rien d’autre que de chercher Dieu avec le cœur. On s’adresse à notre papa ou plus exactement on se sent dans les bras de notre Papa du ciel. Il nous regarde avec tendresse. Il attend qu’on lui ouvre nos cœurs. La prière individuelle est complétée par la prière liturgie, ouprière communautaire. Une liturgie bien célébrée nous rapproche de Dieu :"Nos chants n’ajoutent rien à ce que Tu es, mais ils nous rapprochent de Toi" (Préface d’action de grâce). "Tout ce lyrisme dans la liturgie, toutes ces prières, toutes ces cérémonies, tous ces chants et cantiques aux mélodies si variées, l’Eglise les a choisis et les a mis en place pour nous hausser au niveau divin, pour nous suggérer la grandeur de Dieu, pour nous donner comme un avant-goût de la joie du ciel".
   
    Cette année,nousparticiperons activement à la prière liturgiqueou communautaire pour irriguer et enrichir la prière personnelle : célébration de la parole, adoration eucharistique, chapelet, neuvaine, bréviaire, pèlerinage etc. Nous éviterons d’en faire des occasions de défoulement collectif.

-Nous apprendrons à prier avec la Bible. Les exemples d’hommes de prière y sont nombreux. Abraham, Moïse, Samuel, Elie, Ester, Judith, Jésus, les apôtres, les saints etc. On peut distinguer dans la Bible la prière de louange, d’action de grâce, de supplication, prière dans les épreuves. Ce sont des modèles pour nous.

- Nous prierons lentement et posément. Nous prononcerons les mots en fixant notre attention au sens de la phrase. Quand tu lis posément, tu goûtes ce que tu lis. Dieu entre en toi.

- Nous essayerons de promouvoir l’art africain et certains gestes africainspour enrichir la piété ou la religiosité populaire. La danse sacrée doit être toujours majestueuse. Elle se traduit en attitudes, en acclamations contenues et en légers balancements du corps. Une chose est la joie des cœurs, autre chose est la vocifération, la frénésie et le défoulement. Le rythme du tam-tam ne doit pas être endiablé. La joie liturgique n’éclate jamais. Nulle part, la Sainte Bible nous présente un Jésus agité et excité. La passion du Christ n’est ni du théâtre ni de la comédie. Nourrissons-nous des exemples de dignité du Christ quand on célèbre. C’est lui le Médiateur universel entre la divinité et l’humanité. Ne soyons pas victimes des sectes qui évacuent le silence pour baigner dans la mondanité, les spectacles, les superficialités, des improvisations continuelles. Le saint sacrifice du Christn’est pas un fait divers. Il est unique au monde. Il nous conduit à la Présence réelle qui nous pousse à l’évangélisation. L’année de prière intérieure nous aidera à découvrir le Dieu qui n’a qu’un souci : le bonheur de l’Homme à travers la perfection : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait".

    Selon saint François de Sales, il y en a qui placent la perfection dans les austérités (sacrifices dures), d’autres dans l’oraison, d’autres encore dans la fréquente réception des sacrements, d’autres enfin dans l’aumône… « Ils se trompent. La perfection consiste dans un grand amour pour Dieu ». Mais on n’y parvient pas sans renoncement et sans détachement. Voyez le publicain Matthieu. Il a fait un repas d’adieu en invitant tous ses amis à découvrir le Messie, son nouveau guide. Il abandonnera à jamais ses sécurités financières, son poste juteux et le puissant réseau des collecteurs d’impôts pour suivre un pauvre homme du village de Nazareth qui n’avait même pas d’endroit où reposer sa tête. Jésus était comme un "sans domicile fixe". L’amour c’est fou.

Qu’est-ce qu’on abandonnera cette année pour le Christ ? Entre autres choses la messe face à facepour mieux goûter Dieu dans le silence.Les chorales élimineront progressivement les batteries qui font trop de bruit, "car chanter bien c’est prier deux fois". On visitera les monastères.On fera revenir  certains gestes : au Confiteor, à l’Angélus, au Credo, au Gloria. On fera une révérence quand on passera devant un lieu saint, un calvaire, une statue de la Vierge ou de saint Joseph. On fera une génuflexion avant de communier,sauf ceux qui sont malades. Les prêtres apprendront à célébrer aussi avec le canon romain. On continuera de dire laprière pour les vocations. Mais le grand signe qui nous accompagnera toute l’année sera "la messe orientée", vraie rupture pour un nouveau départ spirituel, et cela à partir du premier dimanche de l’Avent, dans les communautés prêtes.C’est une belle proposition du Card. R. SARAH (Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements).Son appel s’adresse à tous mais spécialement aux prêtres :

    « Je veux lancer un appel à tous les prêtres. Peut-être avez-vous lu mon article dans L’Osservatore Romanoil y a un an (12 juin 2015), ou mon entretien donné au journal Famille chrétienne au mois de mai de cette année. A chaque fois, j’ai dit qu’il est de première importance de retourner aussi vite que possible à une orientation commune des prêtres et des fidèles, tournés ensemble dans la même direction - vers l’est ou du moins vers l’abside - vers le Seigneur qui vient, dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur. Cette pratique est permise par les règles liturgiques actuelles. Cela est parfaitement légitime dans le nouveau rite (de Paul VI). En effet, je pense qu’une étape cruciale est de faire en sorte que le Seigneur soit au centre des célébrations.

    Aussi, chers frères dans le sacerdoce, je vous demande humblement et fraternellement de mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible, avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec l’assurance, en tant que prêtres, que c’est une bonne chose pour l’Eglise et pour les fidèles. Votre appréciation pastorale déterminera comment et quand cela sera possible, mais pourquoi éventuellement ne pas commencer le premier dimanche de l’Avent de cette année, quand nous attendons le « Seigneur [qui] va venir sans tarder » ?(Londres, 5 juillet 2016). Voilà le tournant irréversible. Voilà "l’étape cruciale". Tournons-nous vers le Christ, soleil levant, et nous serons sauvés. La Vierge Marie, Notre-Dame de Komiguéa, nous aidera.

Bon Temps de l’Avent à chacun et à tous !
+Pascal N’KOUE
Omnium Servus

 


Nouvelles de famille
- Le mois de novembre est dédié à la commémoration des défunts. Prions pour eux. La sainte Bible dit :"Déposer sur les tombes des offrandes de nourriture c’est présenter de bonnes choses à une bouche fermée ; de même l’offrande faite à une idole : à quoi bon, puisqu’elle ne mange ni ne sent rien" (Si 30,18). Alors j’encourage plutôt lesdemandes de messes pour les défunts. Ils n’ont besoin que de nos prières. C’est là un acte de foi, d’affection et de devoir de charité envers eux dans la communion des saints.
- Pour ré-enraciner la liturgie du Concile Vatican dans l’héritage traditionnel, à partir du temps de l’Avent les prêtes pourront célébrer les messes "ad orientem" ou "versus Dominum" pour les communautés bien préparées.
- Nous bénissons le Seigneur pour l’érection du nouveau noviciat le 14 octobre 2016 dans notre diocèse, par la Supérieure Générale Mère Eliane DUQUÊNE, des Sœurs Salésiennes de la Visitation de Belgique.
- Notre bon missionnaire Père Maurice RIGUET, osfs, après avoir célébré ses 50 ans de sacerdoce avec nous est reparti pour la France. Avec lui et pour lui nous rendons grâce à Dieu. Merci pour tous les services rendus.
- Le Père Don Diègue GUEDOU BADE a été nommé Curé d’Okédama le 15 octobre 2016.
- Le Père Laurent GUIMON, prêtre fideidonum de Versailles, est bien arrivé à Parakou le 18 octobre. Il est Aumônier des Sœurs Contemplatives de Jésus Eucharistie et professeur de liturgie avec moi au Grand Séminaire diocésain "Providentia Dei".
- Nous remercions vivement le Secours Catholique de Paris, le Groupe Missionnaire de Merano (Italie), ManosUnidas (Espagne)et la Fondation Hubi et Vinciane (Belgique) qui nous ont visités le mois dernier. Nos bonnes relations avec ces organismes nous encouragent à nous engager davantage au service des petits et des pauvres.
- Notre Grand séminaire diocésain a désormais une communauté de religieuses de la Providence de saint Paul de Kara (Togo). Nous remercions tout l’Institut. C’est l’Evêque de Natitingou, chargé des vocationsau Bénin, qui a béni leur maison le 9 octobre dernier. La rentrée s’est effectuée avec onze nouveaux séminaristes.
- Nous avons apprécié la visite de la Supérieure Générale des Sœurs de la Médaille Miraculeuse, Mère Irma MAKSÊ,venue de Slovénie. Heureusement qu’il y avait une traductrice pour nos échanges !
- Les Pères Romuald GNANGNON et Gilles KIMBA sont désormais à Ténonrou : ils apprécieront nos visites.
- Le Père Fulgence MEHOUENOU est de retour de France avec un doctorat en Droit Canonique. Il est Directeur du Centre Pastoral Guy Riobéet s’occupe en même temps de la formation catéchétique et biblique.
- Le Père Edmond VIEYRA est de retour de Rome avec un doctorat en exégèse. Il est nommé Collaborateur paroissial à Tchatchou en vue de créer une paroisse à KinnouKpannou. Sa nomination prend effet le 27 novembre 2016. Il donnera aussi des cours de Bible au Grand Séminaire"Providentia Dei".
-Nous confions au Seigneur le repos de l’âme de Stella, maman du Père Jacques KOTOKO.
-Mon bref séjour dans le diocèse de Nantes dans le cadre du partenariat s’est très bien passé. L’accueil a été fraternel et chaleureux. Nous attendons à Noël leur V. Général et deux Vicaires épiscopaux. D’autres groupes s’annoncent.

 


Quelques dates


1ernov.    :Fête de la Toussaint : Messe au monastère de Kokoubou, à 9h.
2 nov.        : Journée de prière pour tous les défunts. Demandons beaucoup de messes.
3 nov.        : Conseil d’Administration des hôpitaux de Boko et de papanè avec Hubi& Vinciane, à 9h30.
9-10nov.    :Présence des amis de l’AFR de Vittorio Veneto. Qu’ils soient vivement remerciés pour tout.
11-13 nov.    :Visite pastorale à la Paroisse saint Joseph.
15-23nov.    :A Venasque (France) pour la béatification du Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, Fondateur de   l’Institut Notre Dame de Vie. Nous remercions cet Institut pour son soutien à "Providentia Dei".
19 nov.    : La paroisse de Tchatchou célèbre ses 10 ans de création. Accompagnons-les et prions pour cette  belle paroisse en effervescence.
26nov.    :A 9h30, à la Cathédrale : Ordination presbytérale de Norbert AGOSSOU. La messe sera orientée.Préparons-nous à cette nouvelle "étape cruciale" qui sera bénéfique pour tous.
27 nov.    : 1er Dimanche de l’Avent. Récollection des consacré(e)s au Monastère de l’Etoile Notre-Dame.
30nov.    :Conseil pour les Affaires économiques à 9h30, à l’Archevêché.

       

    Voici une conversation que j’ai tenue avec plusieurs jeunes.

 Que feras-tu après tes études ? Je ne sais pas. Quel travail voudras-tu faire ? Celui que je trouverai. Qu’est-ce qui t’intéresse dans la vie ? Tout. Les jeunes sont désorientés. C’est grave. Ils n’ont plus de boussole. Ils n’ont plus de repères. Ils n’ont plus de modèles. Ils ne savent plus ce qu’ils veulent. Ils sont saoulés par les publicités, les images de violences, les feuilletons, la pornographie, les mensonges et illusions de ce monde à travers les divers réseaux sociaux : portables, smart phone, internet, pollutions sonores etc. Beaucoup ne peuvent plus s’en passer. Le zapping les empêche de fixer leur attention longtemps sur une image. Ils ne savent plus distinguer leur droite de leur gauche. Le subjectivisme relativiste bat son plein. Et on ne sait plus où on va.

    La crise est réelle. Ce n’est pas seulement une crise d’hommes politiques. Le gouvernement actuel dit de la rupture pour un nouveau départ, face aux pesanteurs de la société, ne pourra pas faire grand-chose contre cette crise. Si nos mentalités du laisser-aller, de la paresse, du profit malhonnête continuent d’être entretenues, on va s’enliser dans la boue de l’histoire. C’est une crise de l’homme face aux valeurs humaines, et pas seulement une crise d’ordre économique et financière, une crise des autorités civiles et religieuses, des députés, des douaniers et des policiers. L’homme tout entier est en danger, parce qu’il se croit ou bien le maître absolu de la création ou alors parce qu’il a fait de l’argent son dieu. Ne nous laissons pas distraire par les islamistes, les djihadistes, les coupeurs de route. Les causes de nos misères sont ailleurs, elles sont d’abord en nous-mêmes. Elles sont en nos cœurs, elles sont endogènes, culturelles, avant même d’être structurelle au niveau national et international. Les inégalités sociales, les injustices criardes, les poches de misère ahurissante, les frustrations humiliantes dans les concours organisés par l’Etat, la dictature de l’argent, voilà les vrais terroristes qui nous empêchent de vivre en paix. Nous avons des tares qui freinent notre progrès : pas d’archives de nos ancêtres pour consulter le passé, mauvaise gestion du temps présent, pas d’agenda pour organiser l’année. Du coup, pas de vision à moyen long terme. La politique politicienne brise l’élan des hommes compétents. On se dit : il suffit d’avoir beaucoup d’argent, d’en peu de temps et sans faire grand-chose. C’est impossible. C’est comme vouloir sortir de l’esclavage en Egypte pour aller à la Terre promise où coulent le lait et le miel sans passer par le désert, sans affronter les épreuves du froid, la morsure des serpents, de la faim, de la soif etc. Les obstacles, les sacrifices ça aide à se forger un caractère, une personnalité. Les difficultés fouettent notre imagination créatrice et nous révèlent ce que nous valons. Et sans elles, il n’y a pas de héros, pas de progrès. "Nul ne se connait tant qu’il n’a pas souffert".

    On ne peut pas se former sans sacrifice. On ne devient pas compétent sans un effort constant et persévérant "Le génie c’est 99% de transpiration et 1% d’inspiration". "Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent" (Victor HUGO). "L’effort sans le succès ne laisse point de honte". "Ce qui fait la différence entre le désert et un verger c’est l’homme, ce n’est pas l’eau". "On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs". Jeune, que veux-tu faire de ta vie ? Vouloir est un verbe proche de voler, s’élever dans les airs. Si tu veux, tu peux monter haut, très haut dans le firmament. Deux ailes à ta portée la raison et la foi. Car sans Dieu nous ne pouvons rien faire.

    Pour une existence humaine ordinaire bien choisir son travail est fondamental. "La chose la plus importante à toute la vie est le choix du métier : le hasard en dispose. La coutume fait les maçons, soldats, couvreurs…" (Pensées, Blaise Pascal) Oui au hasard, oui à la chance mais cela n’empêche pas d’éclairer le plus possible ce choix.


    L’éducation n’est ni un bagage complet, ni un simple outil, si prestigieux soit-il. C’est plutôt une semence qui doit être adaptée à chaque terroir particulier. C’est fort de cela qu’il faut repenser notre système éducatif qui a plein de prothèses dans ses articulations. Il n’est pas adapté à nos réalités. Où sont les savoirs et les techniques endogènes dans ce système ? Il ne fonctionne pas pour l’Afrique. L’école n’est pas intégrée dans le village. Les travailleurs manuels sont méprisés. Le système actuel pousse les jeunes à fuir les hameaux, à détester la campagne et à avoir honte du travail de la terre. A mon humble avis, l’idéal serait d’arriver à faire de l’école une entreprise de développement et faire du développement une entreprise d’éducation.

    L’école, telle qu’elle est, risque de nous conduire au chaos social, économique, politique et peut-être même d’abord culturel. Elle fait des jeunes des inadaptés sociaux rêvant d’aller en Occident. Là-bas la vie est rose. Là-bas tout marche correctement. Là-bas, ça ira mieux. Et les médias encouragent à rêver, à rêver, à rêver…

    La population augmente. Les nombreux diplômés sans emploi et donc oisifs et peut-être en vagabondage nous poussent à penser sérieusement à l’avenir des jeunes. C’est une bombe à retardement. Car l’école est réellement en panne. On parle tout le temps de la croissance économique en Afrique mais très peu de l’éducation. L’un ne devrait pas aller sans l’autre.

    Il faut une nouvelle école pour former les parents et les éducateurs. Les chiennes ne mettront jamais bas des chats. "Tel père, tel fils". On ne donne que ce que l’on a. Un proverbe fon l’exprime mieux : "Quand quelqu’un porte sur la tête quelque chose de penché, il faut plutôt regarder sa jambe". Le mal vient souvent de loin. L’Etat doit prendre sa part de responsabilité. Et d’abord les parents et les enseignants. L’Eglise aussi. Elle est éducatrice. Les secteurs privés qui s’intéressent à l’éducation scolaire doivent être favorisés et rigoureusement suivis. Je ne crois pas à la multiplicité des TD, des cours et examens organisés les dimanches et les jours fériés. Les répétiteurs sont-ils vraiment efficaces ? L’horizon est bouché. Il faut des réformes. Les diplômes ont montré leurs limites. Il faut autre chose.

    Je propose la praxis d’observation. Qu’elle commence au primaire et se fasse plus incisive au premier cycle du collège. Ce sera une œuvre continue menée à la fois par les parents, les enseignants et l’élève lui-même dont on réclame la collaboration active. On poussera l’enfant à se révéler dans la sincérité, d’où la création d’un climat sain à favoriser aussi bien en famille qu’à l’école. Cela suppose la confiance. Mais "sans affection il n’y a pas de confiance, et sans confiance, pas d’éducation" Don Bosco. Ce grand éducateur insistait sur l’affection et non sur l’économique.

    Il ne s’agira pas d’orienter "manu militari" l’enfant avec la complicité des parents ou contre leur gré. Il faudra plutôt reconnaître aux parents la primauté dans les conseils à donner aux enfants, les décisions à envisager pour le présent et pour l’avenir de leurs enfants. Leur proximité affectueuse est requise à plus d’un litre. Car beaucoup d’enfants ne sont pas aimés.

    Etre un bon observateur, cela ne s’improvise pas. Cela requiert un jugement équilibré, sûr, juste, de la finesse psychologique, le respect de l’âme humaine, la connaissance et le respect des crises de l’adolescent. C’est un art délicat. L’observateur doit avoir une expérience réelle de la vie, être habité par une sympathie naturelle, une confiance spontanée, un don spécial, celui de l’accompagnateur avisé. En un mot, il doit être perspicace et savoir lire les signes de Dieu. Une erreur en ce domaine peut conduire à des dégâts terribles.

    Comme un jardinier s’occupe d’une plante, en cherchant de la bonne terre, en y ajoutant du fumier, en arrosant, émondant, mettant un tuteur au bon moment, ainsi fera le bon observateur pour aider à orienter les élèves. Toutes les plantes ne s’épanouissent pas sur le même terreau. Les manguiers, les papayers, les bananiers ont besoin de sols et de soins différents. La compétence du jardinier ne suffit pas. La part de Dieu est requise : le soleil, la chaleur, le vent, la pluie. Un bon jardinier doit avoir l’œil du maître. Il en sera de même pour l’observateur à l’école. Il ne s’agira pas d’épier l’enfant comme un inquisiteur qui juge et condamne, mais d’entrer en relation avec lui. La qualité du regard d’autrui a un pouvoir sur notre identité. Il n’est pas neutre. Il est doté d’une charge active et presque radio active. Il peut être séducteur, corrupteur, réducteur, propulseur, méprisant, complice, aliénateur. Il peut être foudroyant, terroriste, assassin. Une personnalité faible peut perdre son âme sous l’emprise d’un regard malveillant. Par exemple, ceux qui sont mal dans leur peau sont capables de dépenser des sommes folles pour agresser leur peau à la recherche d’une peau claire, proche du modèle blanc. Comment redonner la fierté à l’Africain pour qu’il prenne son destin en main ?  Et tout cela, dans le but de valoriser les dons du jeune, son potentiel, ses talents. Car éduquer quelqu’un c’est l’aider à croître, à se développer, à s’épanouir, à faire fructifier ses talents.

    On pourrait responsabiliser le professeur principal de chaque classe. Qui aura un rôle prépondérant dans cette orientation. Il rassemblera les différentes informations sur la conduite de l’enfant, sur sa famille, sur sa santé qui feront partie de son dossier scolaire. Jean-Baptiste de la Salle, saint patron des enseignants, exigeait des maîtres une parfaite connaissance des élèves, à travers un "catalogue", qui décrivait l’enfant, son univers familial et ses progrès. Et chez lui, le progrès était impensable sans discipline. Cette discipline reposait sur la ponctualité et le silence. En effet la "ponctualité c’est la politesse des rois et le silence c’est l’engrais de la force intérieure chez l’homme. Savoir gérer son temps avec profit et maîtriser sa langue sont deux grandes qualités communes aux génies et aux saints.

    La bonne éducation vient du bon éducateur. Il décèlera, à travers les résultats scolaires et le comportement, les aptitudes réelles de l’esprit de l’enfant. Pour faciliter le discernement, on ne négligera pas les loisirs, les réalités culturelles africaines, la musique, les arts, les métiers manuels, les jeux, le sport et la gymnastique : Tout cela aide à épanouir l’enfant, à déployer son attention et ses capacités. Les loisirs favorisent l’éveil des esprits, forgent les caractères et créent facilement des relations entre personnes de couches sociales différentes. L’esprit sportif permet de savoir perdre et de mieux s’organiser pour gagner les fois prochaines. Evidemment, il faut de la mesure en toute chose. Tout sera resitué dans l’ensemble du comportement connecté aux valeurs africaines. "On ne développe pas, on se développe" Joseph KI-ZERBO.

    L’éducateur ne peut pas se contenter de ne voir que le négatif chez le jeune. Je dirais même plus, à partir du négatif ce serait bien de percevoir le positif qui peut en être tiré. Comme on le dit, nous avons souvent les défauts de nos qualités. Les enfants capricieux, tyrans, têtus utilisent souvent de grands dons mais à l’envers. Certains cas sociaux ont un don de débrouillardise prononcée, d’ingéniosité peu commune. Ils sont capables de grandes actions : don de leaders, de meneur de groupes, don extraordinaire pour haranguer les foules et les motiver. Leurs défauts, ce sont des qualités détournées. Ils ont besoin d’un regard positif, bienveillant, confiant, prudent et stimulant pour les faire croître harmonieusement.

    Enfin et pour tout  dire, ce qui manque à notre école : des semeurs d’élites.

    Un éducateur ne devra jamais étiqueter ou épingler un élève dans son action mauvaise. "Il ne changera jamais", "on ne peut rien faire avec lui" : ces phrases sont comme des plantes vénéneuses. Ce n’est pas parce qu’un élève a menti sur un sujet qu’il est un menteur crucifié. Ce n’est pas parce qu’il a triché à un examen qu’il ne peut plus changer. Ne condamner pas et vous ne serez pas condamnés. N’oublions pas que nous avons les défauts de nos qualités.

    Si les dictateurs, les criminels, les divorcés sociaux avaient eu de bons éducateurs, ils seraient certainement devenus de grands saints. Voyez saint Augustin, il a eu une sainte maman et un saint évêque, et il s’en est sorti. Tant qu’on n’a pas pactisé avec Satan, il y a espoir. Souvenez-vous de  Zachée, la femme adultère, l’enfant prodigue, la Samaritaine, Marie Madeleine, tous étaient des parias, ils ont bénéficié du regard bienveillant du Christ, et leurs vies ont été restaurées. Jésus les a orientés sur le chemin qui conduit à la vraie liberté. Des parents qui ont la foi en ce Dieu-Amour, vrai Père de chacun et de tous, réussissent mieux dans l’éducation que quiconque. Car l’amour est le bulldozer le plus efficace pour broyer tous les obstacles. L’amour peut tout, croit tout, excuse tout, espère tout, endure tout. Il n’exclut pas la sanction. Cet amour ne disparaîtra jamais.


   +Pascal N’KOUE
    Omnium Servus

 


Nouvelles de famille
   
- Nous bénissons le Seigneur pour les ordinations presbytérales (David AHOSSINOU et Albert Taiwo AFFOLABI, osfs), (Brice Stanislas ACCALOGOUN, C.S.Sp) et les ordinations diaconales (Jules AKPO et Yves AÏDOMONHAN).

- Vous trouverez une boutique de vêtements liturgiques et d’autres articles intéressants chez les Sœurs Albertines d’Okédama (Tél. 64 52 64 18).

- Merci à l’Evêque de Porto-Novo qui nous envoie Herman SEGNINOU, un séminariste pour le stage canonique d’un an. Son lieu de stage sera le Centre Pastoral. Il arrive en septembre.

- Nous sommes tous vivement exhortés à faire le pèlerinage national de Dassa. La Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère, "Mater misericordiæ", nous y attend.

- La fête de l’Assomption est une fête d’obligation. Tout le monde à la messe pour remercier la Mère de Dieu pour son humilité et sa collaboration effective à notre rédemption.
- Un merci infini à tous ceux qui ont aidé nos jeunes à participer aux JMJ en Pologne avec le Pape François. Merci encore au diocèse de Nantes.

- Les résultats aux examens officiels de fin d’année ont été catastrophiques. Chaque protagoniste doit jouer son rôle : l’Etat, les parents, les éducateurs, les jeunes eux-mêmes. Les médias mal utilisés causent beaucoup de frein à la saine éducation.
- Nous remercions Madre Josefina, Supérieure Provinciale des Sœurs Franciscaines de Marie Immaculée venue du Panama pour nous visiter.

- Continuons de prier pour les vocations. De dix, les aspirants au séminaire sont passés à quatre-vingt-dix au camp qui a eu lieu le mois dernier à "Providentia Dei". Les aspirantes à la vie consacrée se réveillent aussi. Bénissons le Seigneur.

- Un merci infini à l’Econome diocésain, l’Abbé René VIEYRA pour ses précieux services. Il nous manquera.

- Un grand merci à l’équipe venue de l’Allemagne pour un tournage au profit de notre hôpital ophtalmologique.

 


Quelques dates


1er août    : 56e anniversaire de notre indépendance nationale. Prions pour que ceux qui nous gouvernent  aient le souci de la justice sociale et de la solidarité envers les oubliés.

6 août        : A 9h30, ordinations presbytérales et diaconales à la Cathédrale.

7 août        : Messe dominicale à Kabo (Paroisse de Kika).

12-14 août    : A Porto-Novo pour participer à la consécration de l’église sainte Anne d’Attakè.

15 août    : Eucharistie à la paroisse Notre-Dame de l’Assomption de Komiguéa, à 10h.

19-21 août    : Pèlerinage national à Dassa. Thème : Maria, Mater misericordiæ.

24-3 sept    : Voyage à Nantes.   

28-4 sept    : A Cotonou il y aura la 4e rencontre internationale des jeunes d’Afrique.





      

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