(Exhortation quadragésimale) 

« Car de prétendus messies  et de prétendus prophètes surgiront ; ils feront de grands prodiges et des signes miraculeux au point de tromper, si c’était possible, même ceux qui ont été choisis. Voilà, je vous l’ai annoncé d’avance. Si donc on vous dit : “ le voici, il est dans le désert, n’y allez pas“, ou : “ le voilà, il est dans un lieu secret“, ne le croyez pas » (Mat. 24, 24-25).

Banamè était un petit village tranquille du Bénin, dans le diocèse d’Abomey. Depuis quelques années et plus précisément depuis 2009,  il est devenu le village dont on parle le plus. Deux principales vedettes tournent la tête à des foules. Il s’agit du Père Mathias VIGAN, (ordonné prêtre en 1999), et d’une jeune fille du nom de Vicencia TCHRANVOUKINNI qui se fait appeler Parfaite. Elle est née à Porto-Novo en 1990. Ses visions et ses révélations attirent beaucoup de foules. Ces deux personnages proclament que “ Banamè est la nouvelle Jérusalem, la terre sainte, la sainte cité de Dieu, le lieu du rayonnement ultime de la gloire de Dieu“. Hum !!!

 


Voici quelle fut l’origine du drame :«  Un jour, Vicencia a été conduite par sa tante (Jeanne) chez l’abbé Mathias, exorciste, parce qu’elle était malade et possédée. Dans la suite de l’histoire la possédée a pris le dessus, et l’exorciste l’appelle dorénavant « papa » et obéit à ses ordres. Les foules qu’elles drainent l’appellent Vierge Marie, Esprit Saint, Dieu (père)… Mathias serait le (vrai)Messie et les deux auraient 12 apôtres « ordonnés » ou « consacrés » (cf. La Croix du Bénin n° 1155, du 20 juillet 2012).  Aux dernières nouvelles, Parfaite a fait de Mathias un évêque et même un Pape, le Pape Christophe XVIII, un pape à la Melkisédek c’est-à-dire sans prédécesseurs. Quelle audace ! Parfaite, quant à elle, se considère à la fois comme l’incarnation du Père et du Saint Esprit.  Ouille ! Comme originalité c’est un peu trop. Même nos petits enfants de chœur se boucheraient les oreilles. En plus,  elle livre au public les noms des personnes bien connues qui seraient en enfer. Consternation, scandale, panique et révolte dans le royaume d’Abomey !


Tout cela pourrait faire sourire plus d’un. Car cette doctrine nouvelle est vraiment ridicule, absurde, grotesque et sans logique. Et pourtant nous assistons à un drame douloureux qui divise les chrétiens et les familles. Les victimes tombées dans ce piège sont nombreuses. Il  y a là comme un véritable délire collectif. Beaucoup de personnes de nos divers diocèses, bravant même les consignes claires de l’Ordinaire du lieu, se sont fidélisées à Banamè, à cause de la séduction des guérisons et phénomènes spectaculaires que Satan opérerait par ses deux adeptes, captifs de sa ruse. Ne nous cachons pas que notre peuple trop crédule vit souvent dans la peur de tout, et  raffole du merveilleux, de superstitions, divinations, révélations, voyances, phénomènes prodigieux etc. Satan peut les provoquer pour éloigner du vrai Dieu et affaiblir ainsi la foi des fragiles.

On n’a pas besoin d’être expert en démonologie, ni en psychopathologie, encore moins en droit canon pour y voir une hérésie inqualifiable, une apostasie grossière et un schisme sauvage et brutal. Les témoignages concordent pour dire qu’en dessous,  il y a une affaire de gros sous. Le couple Mathias-Parfaite serait des escrocs tourmentés. Car les puissances d’argent et des autorités influentes s’y sont mêlées. Ce sont elles qui  entretiennent, protègent et défendent « cette abomination de la désolation ». Mammon ou l’amour effréné de l’argent rime toujours  avec vernis trompeurs, succès facile, immoralité bestiale et popularité ambigüe.  Tout cela aboutit à des doctrines insensées et au mépris de Dieu et de son Eglise.

Qu’on se souvienne que le 21 octobre 2011, l’Evêque d’Abomey, Monseigneur Eugène HOUNDEKON, a émis un décret de suspense “a divinis“ contre le Père Mathias pour qu’il ne célèbre plus les sacrements. Non seulement ce dernier a taxé le décret de nul mais encore il a traité son évêque de serviteur de Béelzéboul. Le simple bon sens suffit donc pour voir dans la désobéissance grave, publique et obstinée du Père Mathias envers son Evêque, un acte inspiré par l’Ennemi de Dieu.  Navré de l’endurcissement du prêtre, et après avoir tout essayé pour qu’il revienne à la raison, l’Evêque vient de publier officiellement son exclusion de la communion avec l’Eglise Catholique (cf. La Croix du Bénin n°1180, du 25 janvier 2013).  C’est triste d’en arriver là. Mais n’en fut-il pas de  même pour  le premier roi Saül qui perdit son poste à cause de sa désobéissance à Yahvé ? « L’Eternel trouve-t-il autant de plaisir dans les holocaustes et les sacrifices que dans l’obéissance à sa voix ? Non. L’obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l’écoute attentive vaut mieux que la graisse des béliers » (Sam. 15, 22).

Et puis n’oublions pas que Satan est un grand séducteur. Il peut même se déguiser  en ange de lumière et éblouir ceux qui ne sont pas vigilants.  Le 29 juin 1972, le Pape Paul VI a surpris plus d’un par cette phrase : « La fumée de Satan est bel et bien entrée dans l’Eglise ». Ce même Monsieur hideux, après s’être revêtu du manteau d’expert en Bible, n’avait pas craint de se présenter au Fils de Dieu, pour le convaincre de négocier, à son propre avantage, du sort de l’humanité.  Le Malin est son nom ; il était prêt à faire des concessions apparemment généreuses, à la condition que Jésus se soumette à ses fantaisies. Vraiment, il n’épargne personne. Les exorcistes que l’évêque nomme  ne sont à l’abri  de ses griffes qu’à trois conditions : La vie permanente dans la grâce de Dieu, la vie de prière intense, et la soumission totale  à l’Eglise, ¨support et colonne de la vérité ¨ (1 Tim 3,15). Or dans le cas de Banamè  les deux possédés affichent une arrogance sans nom envers l’Eglise ; et ils  se sont habitués à narguer de façon ostentatoire et sans retenue tous ceux qui osent faire une allusion négative à leurs errements et turpitudes. Ils passent  leur temps à blasphémer, à insulter, à médire et à calomnier ! Ils sont d’une hargne tellement luciférienne qu’ils vont jusqu’à coller l’étiquette de sorciers à des prêtres et autres serviteurs de l’Eglise. Saint Paul leur rappelle ceci : “Si j’ai le don de prophétie, la compréhension de tous les mystères et toute la connaissance, si j’ai même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, mais si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien“ (1Co 13,2).Ils n’ont pas l’amour dans leur cœur. A la place, ils ont la haine. Ils ont besoin d’être exorcisés. Les forces du mal n’auront jamais le  dernier mot. Jésus est l’unique Seigneur de toutes choses. Avec lui, nous sommes invincibles. Satan, l’auteur du mal, n’est qu’¨une créature qui a mal tourné¨.

La cause est donc tranchée. Le discernement est clair. “L’Eglise Catholique privée de   Banamè-Sovidji“ est une secte diabolique. N’y allez plus ! Vous risquez de compromettre pour toujours votre vie et celle des membres de vos familles. Rejetez tout objet qui vient de cette secte dangereuse. Il faut plutôt multiplier les prières de délivrance et les offrandes de messes  pour nos frères et sœurs qui se sont laissé séduire. Pourvu qu’ils collaborent à l’entreprise de libération. Car Dieu respecte toujours la liberté de la brebis égarée.

Et si en ce temps de carême, on récitait pour eux et pour nous, à la fin de nos eucharisties, la prière d’exorcisme à Saint Michel, composée par le Pape Léon XIII ! Avec une foi inébranlable, sans mélange, sans syncrétisme on peut résister et vaincre Satan (1P 5,9). Souvent, ce triste personnage se sert des désordres créés par nos peurs, nos manques de foi, nos relâchements au niveau moral, nos mensonges hypocrites, nos soifs de posséder pour nous tourmenter. Le vrai combat spirituel se situe au niveau de nos cœurs. Il est dans notre ferme volonté d’appartenir totalement au Crucifié par une vie de sainteté ou d’union à lui.

St Paul nous rassure : ¨Le Dieu de la paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds¨ (Ro 16,20). Dans l’attente de ce jour triomphal du Christ, voici ce qu’il faut faire concrètement : “Portez sur vous toutes les armes de Dieu, de façon à repousser toutes les attaques du diable. Car nos ennemis ne sont pas de chair et de sang : ce sont ….les maîtres de ce monde obscur, les forces spirituelles mauvaises du monde supérieur…. Vous tiendrez bon si vous avez la vérité…, la droiture, le zèle pour annoncer l’Evangile de paix, le bouclier de la foi avec lequel vous pourrez éteindre toutes les flèches enflammées du mal,  et enfin la Parole de Dieu“ (Ep.6, 11…). Notre Seigneur lui-même nous a indiqué en abrégé deux armes à notre portée : le jeûne et la prière. L’Eglise ajoute la réconciliation ou le sacrement de pénitence. En effet là où le péché est constamment détruit, la vérité  resplendit. Et Satan qui a en horreur la lumière ne se sent plus à l’aise, il ne sait plus où se cacher pour continuer de nuire. Réconcilions-nous, réconcilions-nous avec Dieu maintenant.

Que la puissante intercession maternelle de la Vierge Marie nous rapproche de Dieu juste et bon, afin que nous soyons puissamment fortifiés par son Esprit de vérité et de sainteté,  pour vivre fondés et enracinés dans la foi et la charité véritable.


Mgr Pascal N’KOUE

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