On peut, sans aucun risque de se tromper, dire que ces paroles que Dieu a dites à l’endroit de son Fils, et par deux fois : au baptême et à la Transfiguration, constituent une déclaration d’amour.

Au creux du Jourdain, André, Pierre et Jean, les premiers disciples de Jésus ont rencontré un amour heureux. C’était la première fois qu’ils le voyaient. Il avait trente ans (30ans) environ… Il avait le visage heureux d’un homme aimé. Une voix lui disait au cœur : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en Lui j’ai mis tout mon amour… Ecoutez-le ! »

Cet amour exprimé par le Père à l’endroit de son Fils que Lui-même qualifie de « bien-aimé » n’est pas l’expression vague d’un amour vaguement sentimental. Ces paroles du Père ont des implications concrètes d’une part dans la relation entre le Père et le Fils et d’autre part dans la relation entre le Fils et nous à qui le Père le révèle.

I-                   Le lien entre le Père et le Fils

Nous n’allons pas, ici, nous lancer dans de grandes considérations théologiques mais à partir des Ecritures, des lettres de saint Paul en particulier, voir comment dès le départ Jésus a été celui à qui le Père a tout confié. Tout montre que dès le commencement, le Fils est celui que le Père a établi pour être le Sauveur du Monde.

Le prologue : Au commencement était le Verbe. Et le Verbe était avec Dieu. Et le Verbe était. Les lettres de Saint Paul et l’Apocalypse manifestent d’une manière remarquable cette intimité entre le Père et le Fils et la part que le Père lui confie dans la rédemption du monde.

« Il nous a choisis dans le Christ, avant que le monde fut créé… pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du Ciel et celles de la Terre. » (Ep 1)

« Nous arrachant à la puissance des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé ; en lui nous avons le rachat, le pardon des péchés… »  (Co 1)

« Maintenant, voici le salut et le règne et la puissance de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ. » (Ap 11)

« Tu es digne Christ et Seigneur de prendre les livres et d’en ouvrir les sceaux. » (Ap 4)

Et le plus beau et le plus riche de tous ces textes, c’est le cantique tiré de Ph 2 : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu… C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse, au Ciel, sur Terre et aux Enfers et que toute langue proclame : Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. »

Le père, on le voit, a tout remis entre les mains du Fils. Dieu a donné tous ses attributs au Fils. L’Eglise a donc, bien eu raison, à travers l’encyclique Quas primas du Pape Pie XI, encyclique parue le 11 Décembre 1925, d’instituer la Fête du Christ Roi de l’Univers. Toute la charge de cette solennité se résume dans la préface chantée ce jour : « tu as consacré ¨Prêtre éternel et Roi de l’Univers ton Fils unique Jésus Christ notre Seigneur afin qu’il s’offre lui-même sur l’autel de la croix…..et qu’après avoir soumis à son pouvoir toutes les créatures, il remette aux mains de ta souveraine puissance un règne sans limite et sans fin : règne de vie et de vérité, règne de grâce er de sainteté, règne d’amour de justice et de paix. »

 

Établir un lien entre le Père et le Fils revient à faire ressortir Les Lettres Crédentiales: c'est-à-dire les Paroles du Père qui accréditent celui que Jean-Baptiste venait de baptiser. Et les Apôtres ont entendu ces paroles d'accréditation. Tout cela en fonction et en vue de la croix. Dieu a préparé les Apôtres au Baptême et à la Transfiguration au Mystère de la Croix, qui il est vrai allait déboucher sur la résurrection. Cela la Préface de la Transfiguration l'exprime très bien:

« Car il a montré sa gloire aux témoins qu'il avait choisis, le jour où son Corps semblable au nôtre fut revêtu d'une grande lumière. Il préparait ainsi le cœur de ses disciples à surmonter le scandale de la Croix. » Cette manifestation va se faire en présence des deux piliers de l'Ancien Testament: Moïse et Elie. Tout cela pour universaliser la foi. Selon un néologisme, pour '' pentecôtiser'' la foi.

Qu'est ce que tout cela peut impliquer concrètement pour nous ?

II- Les implications

Les Paroles Crédentiales du Père impliquent la nécessité de l'enfance spirituelle. Nous sommes fils dans le Fils. Si on se voit fils de Dieu, on imite Dieu Lui-même. Et on devient des frères universels. C’est ce que nous rappelle le Pape François dans le Lettre Encyclique FRATELLI TUTTI parue le 04 Octobre dernier : «  La bienveillance est une libération de la cruauté qui caractérise parfois les relations humaines, de l’anxiété qui nous empêche de penser aux autres, de l’empressement distrait qui ignore que les autres aussi ont le droit d’être heureux. Aujourd’hui, on n’a ni l’habitude ni assez de temps et d’énergie pour s’arrêter afin de bien traiter les autres, de dire « s’il te plait », « pardon » , « merci ». Mais de temps en temps le miracle d’une personne aimable apparait, qui laisse de coté ses anxiétés et ses urgences pour prêter attention, pour offrir un sourire, pour  dire une parole qui stimule pour rendre possible un espace d’écoute au milieu de tant d’indifférences.

Cet effort, vécu chaque jour, est capable de créer une cohabitation saine qui l’emporte sur les incompréhensions et qui prévient les conflits. Cultiver la bienveillance n’est pas un détail mineur ni une attitude superficielle ou bourgeoise. Puisqu’elle suppose valorisation et respect, elle transfigure profondément le mode de vie, les relations sociales et la façon de débattre et de confronter les idées, lorsqu’elle devient culture dans une société. Elle facilite la recherche du consensus et ouvre des chemins la ou l’exaspération détruit tout pont. » Fratelli Tutti Numéro 225  Dieu est-il vraiment notre Papa ? D'où l'importance de l'oraison qui est cette tension vers Dieu dans la quête de le connaître et de faire vraiment sa volonté. Et que veut ce Papa ? Devons-nous nous interroger.

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » C'est pour cela qu'il qualifie de Bien Aimé, ce Fils qu'il va charger de manifester, d'annoncer et de répandre cet amour.

Il appartiendra à ceux à qui le Fils va révéler cet amour de le répandre. D'où l'impératif catégorique de la mission. La mission a été le grand souci de Jésus. Être disciple, c'est déjà très bien. Mais en plus d'être disciple, il faut encore assumer d'être missionnaire. Il faut se sentir envoyé. Le Pape François parle d' « être disciple missionnaire ».

On le voit, cette désignation a été si importante qu'elle a été faites par la voix même du Père. On n'entend pas la voix du roi ou du chef à tout bout de champs. Quand le roi parle c'est qu'il y a nécessité et matière grave. Et tous ceux qui étaient là ont entendu cette voix. Pas seulement Jean-Baptiste, mais tous ceux qui étaient là.

Le Fils, on l'a vu durant toute sa mission terrestre, est toujours resté confiant et serein. On se rappelle les paroles du Fils: «  Père, Seigneur du  Ciel et de la terre, je proclame ta louange, car ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tous petits. » Tout n'allait pas comme dans le meilleur des mondes pour celui qui prononçait ces paroles. Il était confronté à des adversités. Il savait qu'il allait subir les affres de la passion. Mais il était confiant en Celui qui l'a désigné comme son Fils Bien Aimé. Et c'est au cœur de tout cela qu'il proclame la louange de son Père. La puissance de la louange. Jean PLIYA disait que: la louange débloque beaucoup de choses. Le mal nous atteint difficilement quand on est dans un enthousiasme sain, une sincérité réelle et qu'on n'est pas dans des demi-vérités. Et cet enthousiasme, doit être communiqué. Celui qui est... heureux est content de voir les autres heureux. Et il travaille à les rendre heureux. Nous sommes invités à une gestion sereine de nos émotions. En effet, elles influencent beaucoup notre santé physique, notre santé mentales et notre vie commune. Dans ce sens donc, les épreuves devront être accueillies comme cadre de vérification de notre vie fraternelle. Nos maladies comme l'hypertension, le diabète et les cancers viennent le plus souvent de nos émotions négatives, des mélancolies etc… En effet, et cela est prouvé scientifiquement, les émotions négatives nous détruisent. Elles contribuent à 75% à nous rendre malades. Il s’agit pour nous de ne pas nous habituer à voir sombre là où c’est clair. Là où c’est sombre, nous sommes invités à apporter la lumière du Christ.  Les épreuves sont certes inévitables mais il s’agit pour nous de voir comment nous les accueillons. Et c’est de cela que va dépendre notre capacité à les affronter.

On comprend donc Saint Thomas d’Aquin quand il dit : « Quidquid receptur ad modum recipientis recipitur. » On comprend aussi Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus quand elle affirme que : « Tout est grâce. » Dieu permet parfois le mal mais on peut en tirer le bien. On peut se référer ici à l’expérience de Job. Ne disons-nous pas parfois : « A quelque chose malheur est bon ? » Il peut même arriver que le mal ne soit pas permis par Dieu mais on pourrait aussi en tirer du bien.

La sérénité qui habitait le Christ lui a donné force devant l’adversité. On se rappelle ce qu’il a répondu quand on est venu lui dire : « Hérode cherche à te faire mourir ». « Allez dire à ce renard… » Sur la croix, il n’a rien dit au larron qui l’insultait. Or d’ordinaire, c’est lui qui provoque.

Quand on sait que c’est pour le Seigneur qu’on travaille, il faut avancer. Et c’est ce qui a caractérisé le Fils dans la mission que le Père lui a assignée.

On pourrait conclure avec ces belles paroles de Saint Paul :

« Soyez toujours dans la joie du Seigneur, je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Ne soyez inquiets de rien mais en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela prenez le en compte… Et le Dieu de la paix sera avec vous. » Ph 4, 4-9

 Abbé Fortuné GONSALLO

 

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