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                                                                                                               Nous voici réunis ce matin, mercredi saint, en cette belle Cathédrale, pour la messe chrismale. Je voudrais avant tout remercier le Seigneur, Maître souverain du ciel et de la terre. Il nous a donné Parakou en héritage, une terre bénie où ruissellent le lait et le miel. Nous allons renouveler la provision des saintes huiles. L’évêque entouré de ses prêtres consacrera le saint-chrême et bénira les autres huiles : l’huile des malades pour réconforter les souffrants et même guérir toutes faiblesses ; l’huile des catéchumènes, symbole de vigueur, pour donner à ceux qui veulent suivre le Christ de s’engager sans crainte dans les luttes de la vie chrétienne. Quant à la consécration du saint-chrême, huile parfumée, elle servira à oindre les baptisés, les confirmés, les prêtres, les évêques etc. 

La messe chrismale c’est aussi l’occasion de célébrer solennellement le sacerdoce de Jésus-Christ qui se subdivise en deux : le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel des prêtres. Le premier repose sur le sacrement de baptême, le second sur le sacrement de l’ordre. L’un a besoin de l’autre. Les prêtres ont besoin des fidèles laïcs et vice versa. Aujourd’hui les prêtres de Jésus-Christ feront le renouvellement de leurs promesses sacerdotales, tandis que les autres fidèles feront leurs promesses baptismales la nuit de pâques.

Je profite de cette solennité pour remercier aussi le peuple de Dieu qui m’est confié. Je suis plein de gratitudes pour votre zèle apostolique en ville et dans les villages. Que le Seigneur vous le rende au centuple. C’est aussi pour moi l’occasion de faire un petit bilan de la vie de notre famille diocésaine et rappeler certaines orientations pastorales qu’on aurait tendance à oublier.

Et tout d’abord, bénissons ensemble le Seigneur pour les divers mouvements et associations de fidèles laïcs qui évangélisent. Remercions le Seigneur pour les chrétiens Baribas qui augmentent et relèvent la tête, fiers d’appartenir à Jésus-Christ, le Sauveur du monde. Pour ce que le Seigneur me donne de lire, l’Eglise de Dieu qui est à Parakou est un peuple privilégié. Sans vouloir établir la liste des nombreux bienfaits de Dieu pour nous, ce qui est impossible, je voudrais retenir seulement trois grâces : La consécration du Séminaire Propédeutique de Ténonrou : beaucoup de fidèles de la ville se sont organisés pour parcourir cette piste de 60 km en mauvais état. Permettez-moi de saluer spécialement la bravoure du couple Thomas Maurice et son épouse que nous avons tous été agréablement surpris de voir là-bas. Pour leur âge c’est un exploit. C’est un grand encouragement pour les séminaristes et pour tous… Le tabernacle de cette chapelle du Séminaire est en pierres de chez nous, l’autel est aussi en pierre de chez nous. Le grand crucifix sur l’autel, la Vierge Marie et St Joseph ont été sculptés par des artistes de chez nous avec du bois de chez nous. Il est temps que nous cessions d’importer ce que les Africains peuvent produire. 

Je voudrais aussi bénir le Seigneur pour le digne fils de Parakou que Dieu a choisi pour être l’évêque de Djougou, en la personne de Mgr Bernard de Clairvaux TOHA. Rome, après avoir fouillé dans tout le Bénin, a préféré se tourner vers le diocèse de Parakou. Bénissons l’Esprit Saint qui ne se trompe pas et qui a merveilleusement inspiré Rome. Prions pour lui et pour le repos de l’âme de l’abbé Simon, décédé le lendemain de l’ordination épiscopale. C’était le premier prêtre que Mgr Paul VIEIRA, paix à son âme, a ordonné à Djougou. L’abbé Simon était un prêtre toujours gai, plein d’humour, heureux de rendre les autres heureux. Je n’hésite pas à dire que c’est son débordement de joie qui a pesé sur son cœur. En effet, pour qu’il participe à son sacre, Mgr Bernard l’a sorti d’un monastère où il purgeait une peine depuis plus de trois ans. Tout est grâce.

La troisième action c’est le joyau de la Maison diocésaine, la beauté physique de cette auberge est appréciable. Mais c’est surtout qu’elle me donne l’occasion de voir passer des groupes de toutes sortes pour des réunions et autres activités. Certaines personnes se joignent à la petite famille de l’évêché au moment de nos prières. Quel trésor ! Que tout le monde se sente invité à prier avec nous les matins et les soirs…

A présent, je voudrais développer trois points qui me sont chers : La santé à la pharmacie du Bon Dieu, la pensée positive qui s’épanouit dans l’oraison d’intimité et enfin l’humilité, vêtement distinctif des disciples du Christ.

Dieu nous veut en bonne santé. Dans la Vie Diocésaine de ce mois d’avril, je me suis appuyé sur notre automédication pendant la crise du Coronavirus. Et je me suis permis d’écrire ceci : ‶la surenchère de la peur a fait fonctionner à outrance notre instinct de conservation. Et nous nous sommes occupés directement de notre santé, sans aucune prescription médicale des docteurs. Qu’est-ce qu’on a pu boire, croquer, mâcher, ingurgiter, avaler ! On s’est tourné résolument vers la pharmacie du Bon Dieu : les plantes, les feuilles, les écorces, les racines, les recettes de grand-mère, les infusions et les décoctions… Les prophètes de malheur avaient prédit que les cadavres joncheraient nos rues. La mort de l’Afrique n’a pas eu lieu. Il est vrai que quelques-uns des nôtres nous ont quittés prématurément pendant la période de panique générale. Mais sont-ils vraiment morts de la covid 19 ? Quant à nous, nous voici encore vivants et en bonne santé. Tirons la conclusion : Dieu nous a protégés et nous protège encore. Remercions-le vivement. Nous pouvons exister sans l’industrie pharmaceutique ; prenons désormais notre santé en main, au moins jusqu’à un certain niveau.

De l’usage des plantes, je passe au rappel du thème de l’année pastorale : diversité de dons mais c’est le même Esprit. Le don des dons c’est l’amour. Où en sommes-nous ? Paul, l’apôtre des Nations dit : "N’attristez pas le Saint Esprit… : Amertume, irritation, colère, éclats de voix, injures, tout cela doit disparaître de chez vous, comme toute espèce de méchanceté". Les pensées négatives, les angoisses, les anxiétés etc. produisent des paroles blessantes et des actions méchantes. Quand l’esprit de l’homme est encombré et intoxiqué par l’orgueil de l’avoir, du savoir et du pouvoir, il voit tout le temps le mal chez les autres. Les pervers narcissiques, par exemple, ne se sentent jamais coupables. Ils se sentent plutôt victimes des autres qui souvent ne leur font aucun mal. Ces malades psychiques souffrent des blessures d’enfance, des frustrations du passé ou tout simplement elles sont jalouses du succès des autres. Le grand médicament c’est l’oraison d’intimité. Si le cœur de l’homme n’est pas connecté à Jésus-Christ, immensément bon et aimable, il se remplit de malveillance et de moisissure. Il respire mal, suffoque et devient agressif. Mais quand nous mettons Dieu au centre de nos vies, nous crions notre fidélité d’appartenir au Christ comme St Paul : ‶Qui nous séparera de l’amour du Christ ?ʺ…

Saint Augustin a cherché vainement Dieu sur les places publiques, dans la nature, dans les plaisirs de ce monde. C’est au-dedans de lui-même qu’il l’a trouvé. Notre cœur est sans repos s’il ne se réfugie pas en Dieu. L’oraison mentale ou d’intimité, comme l’explique si bien Ste Thérèse d’Avila, est un regard de l’âme, regard fixé non sur Dieu abstrait mais sur le Christ présent en l’âme, présent en nous. Ce regard intérieur n’est pas une contemplation du rêveur distrait ni une contemplation platonique, mais c’est un effort de tout l’être pour introduire notre vie dans l’amour du Christ qui nous dit : "Demeurez dans mon amour car c’est moi qui vous ai choisis"…

Chers amis prêtres, premiers collaborateurs de l’évêque, mes co-responsables dans l’Eglise famille de Dieu, souffrez que je vous dise, en ce jour béni, ma joie d’être pasteur avec vous dans ce beau diocèse… Allons joyeusement à la rencontre du Peuple de Dieu. Cultivons toujours la pastorale de la diocésanité, la pastorale de la solidarité et de l’amitié en Jésus-Christ. Je rappelle que je reçois les matins dans mon bureau, tous ceux qui le désirent, sans rendez-vous. Toutes les couches sociales viennent me rencontrer. Je me sens très honoré par Dieu quand ce sont les laissés-pour-compte, les pauvres, les malades mentaux etc. Ce sont les privilégiés du Bon Dieu. Et quand ce sont les prêtres, je suis doublement content… 

Notre bonheur est en Dieu. Pour être heureux à la suite du Christ, il faut cultiver le dépouillement de notre "ego" et s’habiller d’humilité. C’est le vêtement des chrétiens heureux. L’exemple nous vient de Jésus. Il s’est dépouillé de sa gloire divine pour s’incarner. Et il s’est laissé traiter en homme vulgaire. Permettez-moi d’insister sur le Christ qui lave les pieds à ses apôtres (Jn 13). C’était impensable et cela l’est encore aujourd’hui ; lui le maître, le chef, ‶le patron″ lave les pieds à ses apôtres, aux subalternes, aux inférieurs. C’était le rôle de l’esclave non juif. Et pourtant Dieu l’a fait à ses créatures. Quelle leçon en tirer ? Le plus grand doit être un humble serviteur. La vie de Jésus, du début à la fin, fut un lavement des pieds. ‶Celui qui veut être le premier parmi vous sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude″ (Mc 10, 44-45). Imitons-le : Ah, si les prêtres lavaient les pieds de leurs fidèles ! Et vice versa. Si les époux lavaient les pieds de leurs épouses. Et vice versa. Si les parents lavaient les pieds de leurs enfants et vice versa. Si l’évêque lavait les pieds de ses prêtres et vice versa ! Rien n’est impossible avec la force de l’amour de Dieu.

Avec la bonne santé physique et spirituelle, avec l’oraison d’intimité et les cœurs revêtus d’humilité, les fruits de notre évangélisation seront surabondants. N’est-ce pas ce que le Pape François souhaite dans le document préparatoire au Synode sur la synodalité : ‶Faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations, ressusciter une aube d’espérance, apprendre l’un de l’autre, créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces aux mains″ (n. 32). Voilà ce que le Seigneur attend de nous. Rien d’autre qu’une nouvelle pentecôte à Parakou. Que la Vierge Marie, N. D. de Komiguea, intercède pour notre famille diocésaine.

Nouvelles de famille

- Le mois de mai c’est le mois de Marie. C’est aussi, au Bénin, le mois des Séminaires : décision des évêques. Soutenons individuellement et collectivement ces maisons de formation.

- En ce mois de Marie, réveillons notre dévotion envers la Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère. Dans toutes les familles, toutes les écoles, tous les mouvements, récitons le chapelet.

- Nous accueillons en famille diocésaine, S.E.R. Mgr Bernard de Clervaux TOHA, évêque de Djougou et fils de Parakou, le 1er mai au Sanctuaire. Merci à tous ceux qui bousculeront leur agenda pour ce grand rendez-vous au pied de la Vierge Marie, N.D. de Komiguea.

- Priez pour les évêques de l’Afrique de l’Ouest qui se retrouvent au début de ce mois à Abuja (Nigéria) autour du thème : "Fratelli tutti, chemin de fraternité et de paix durable chez nous".

- Les plants de papayers sont prêts pour être mis en terre. Voyez l’économat diocésain. Comme on l’a fait pour l’artémisia, j’exhorte tout le monde à répandre partout le papayer et le moringa. Ce sont des plantes-pharmacies.

- Prions pour le repos éternel de l’âme de Philomène, maman du Père Luc AMETODOU, ofs.

Quelques dates

1er mai  : Messe d’action de grâce au Sanctuaire marial de Komiguéa présidée par S.E. Mgr Bernard TOHA, évêque de Djougou. Messe à 10h.

2 mai  : Journée de détente des prêtres au Séminaire Propédeutique Mgr Chopard-Lallier de  Ténonrou. Détente ouverte aux consacré (e)s.

2-10 mai  : A Abuja (Nigéria) pour l’Assemblée plénière des évêques de l’Afrique de l’ouest.

8 mai  : 4ème dimanche de Pâques. Journée mondiale de prière pour les vocations. Quête impérée pour les O.P.M. Messe d’action de grâce dans toutes les églises pour le centenaire de naissance du Cardinal Bernardin GANTIN.

14-15 mai : A Cotonou pour la célébration nationale du centenaire de naissance du Cardinal Bernardin GANTIN.

17-19 mai : Assises de la Conférence Episcopale au Grand Séminaire de Ouidah.

20-22 mai : Week-end de Cana à la Maison diocésaine.

22 mai  : Béatification de Pauline Jaricot, à l’origine des Œuvres Pontificales Missionnaires.

                  -Confirmations à la paroisse Marie Auxiliatrice à 9h30.

24 mai  : Conseil presbytéral à la Maison diocésaine à 9h30.

26 mai  : Ascension. Fête d’obligation : A Ténonrou avec les séminaristes propédeutes.

28 mai  : A Kpari, célébration des 25 ans de présence à Parakou des Sœurs Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus. Messe à 10h.

29 mai  : Confirmations à Okédama. Quête impérée pour les Séminaires du Bénin.

                  Journées mondiales des Communications sociales.