Après avoir célébré le Père et le Fils, célébrons en cette année pastorale le Saint Esprit. Il est descendu sur les Apôtres le 50è jour après Pâques. Et la prédication a été libérée. La fête de la Pentecôte n’est pas un fait du passé. C’est un fait toujours actuel dans l’Eglise. A Parakou, c’est cette année qu’elle s’accomplit. Des charismes en abondance, dons gratuits de l’Esprit Saint, vont se déployer. On entendra proclamer les merveilles de Dieu dans toutes nos langues. Ce sera l’atmosphère des premières Communautés, si nous imitons leur disponibilité à accueillir les dons pour les mettre au service des frères. Mais il nous faut nous réunir d’abord dans le Cénacle pour la retraite de l’attente chaleureuse et pieuse. Les douze apôtres sont investis par l’Esprit d’une autorité et d’une puissance qui les constituent prédicateurs et dispensateurs des richesses du Christ ressuscité. Mais n’oublions pas qu’il y avait aussi des femmes et certainement d’autres disciples.La Pentecôte, c’est la diversité des dons gérés par l’unique Esprit. C’est la fraternité avec Jésus, la famille de Dieu le Père, la communion avec la trinité. Il s’agit de la Mission de l’Esprit créateur et sanctificateur (Veni Creator Spiritus. C’est lui qui poursuit dans le monde l’œuvre du Rédempteur et achève toute sanctification). L’objet de sa mission c’est de faire de la Communauté de Jésus le nouveau "Qahal" qui va dans le monde entier pour rassembler au pied de la Croix les enfants de Dieu dispersés. C’est extraordinaire. Avec l’Esprit Saint, sans l’Esprit Saint, les choses ne sont pas pareilles. L’Esprit Saint, c’est le protagoniste principal de la mission. Lisons attentivement :

- Sans l’Esprit Saint, Dieu est loin,

Le Christ reste dans le passé,

L’Evangile reste une lettre morte,

L’Eglise une simple organisation,

L’autorité une domination,

La mission une propagande,

Le culte une évocation (du passé),

Et l’agir chrétien une morale d’esclaves.

- Mais dans l’Esprit Saint, 

Le cosmos est soulevé et gémit dans l’enfantement du Royaume,

Le Christ ressuscité est là,

L’Evangile est puissance de vie,

L’Eglise signifie la communion trinitaire,

L’autorité est un service libérateur,

La mission est une Pentecôte,

La liturgie est mémorial et anticipation,

L’agir humain est déifié.

Patriarche ATHENAGORAS de Constantinople (1886-1972). On vraiment a besoin de vivre 

plus la collégialité et la synodalité. C’est possible.

Extraordinaire Esprit Saint ! Il unit les cœurs disparates et fait de l’Eglise une Communauté dynamique, solidaire et généreuse : "La Communauté de ceux qui avaient adhéré à la foi n’avait qu’un cœur et qu’une âme. Nul n’appelait sien ce qu’il possédait et entre eux tout était commun". Voilà le visage de la première Eglise, communauté de frères et sœurs, communauté d’amour. Les apôtres symbolisaient l’unité visible de la Communauté avec Pierre à la tête. Ils ont eu un rôle irremplaçable. Mais le Christ avait promis sa présence jusqu’à la consommation des siècles. Il est encore avec nous. Car de juive, l’Eglise s’ouvrira aux nations païennes (cf. Le Concile de Jérusalem,Ac 15).

L’Eglise à Parakou, pour sa vitalité et sa santé apostolique quotidienne, doit être en "sortie missionnaire". Quand on n’évangélise pas on s’éteint. Chaque communauté, chaque association, chaque mouvement, chaque famille doit sortir des sentiers battus en prenant des initiatives nouvelles pour mieux vivre l’évangile et le diffuser. Ne soyons plus indifférents aux misères des autres. Impliquons-nous davantage dans les services bénévoles pour le bien des autres. Sans crainte, allons à la rencontre des autres, allons à la croisée des chemins, aux carrefours, aux périphéries géographiques et existentielles, "là où réside le mystère du péché, de la douleur, de l’injustice…là où sont toutes les misères". Sortons avec la foi des apôtres, leur charité et l’humilité pour dire que c’est aujourd’hui notre Pentecôte. Mais attention, regardons aussi et peut-être d’abord dans nos maisons et surtout dans nos cœurs ; nous avons aussi à nous évangéliser. Heureux les doux, ils possèderont la terre promise, c'est-à-dire la vie éternelle. La douceur évangélique est puissance redoutable, une bombe atomique qui fait du bien. N’en faisons pas une tisane douceâtre. Convertissons-nous et entrons dans le plan de Dieu.

A en croire saint Jean Chrysostome, le premier pas vers la conversion ou vers la sainteté c’est la condamnation de nos fautes. "Celui qui condamne ses fautes, en effet, craindra davantage d’y retomber". Le deuxième pas c’est de ne pas garder rancune à nos ennemis, de dominer notre colère pour pardonner les offenses de nos compagnons : "Si vous pardonnez à vos débiteurs, dit notre Seigneur, mon Père qui est aux cieux vous pardonnera aussi" (Mt 6, 14). Le troisième pas c’est la prière fervente et attentive que tu feras du fond du cœur. Le quatrième c’est l’aumône ; elle a une puissance considérable et indicible sur le péché… Enfin la modestie et l’humilité ne sont pas des moyens inférieurs pour détruire les péchés à la racine (cf. le pharisien et le publicain dans Luc 18, 9 sq).

Le Pape François, dans un style qui le caractérise, voit trois ennemis qui nous empêchent de recevoir l’Esprit Saint, le Don par excellence : c’est le narcissisme, le fait de se poser en victime et le pessimisme. Et un chrétien qui ne vit pas dans l’Esprit Saint ne donne rien aux autres. 

Expliquons :

Le narcissisme est une mégalomanie cruelle. On veut être idolâtré; on s’idolâtre soi-même. L’idole narcissique du miroir s’affiche dans les rapports. Elle ne donne rien sans retour. Elle a du plaisir à humilier, à discréditer et à écraser les autres pour être bien vu.

Le second ennemi c’est la victimisation, le fait de se poser en victime. On se plaint tout le temps des autres. On remue sans cesse le couteau dans ses blessures du passé. "Personne ne me considère, je n’ai pas d’amis, personne ne me respecte, tous sont contre moi". Ce genre de lamentations appauvrit notre personnalité et nous rend aigris et amers. On est demandeur intempestif de l’estime des autres envers nous. Et on vit déjà son enfer sur terre. L’enfer, ce n’est pas les autres mais soi-moi.

Enfin, il y a le pessimisme. "Rien ne va, ni en famille, ni dans la société, ni dans la politique, ni dans l’Eglise". Le pessimiste broie le noir en se disant : Tout le monde fonctionne faux sauf lui. Il s’en prend à tout le monde et il reste inerte. Il rêve d’un retour du passé où tout était beau. Ainsi il perd la vertu théologale de l’espérance et il respire mal comme un asthmatique, il s’étouffe. Si on appréciait plus le don de la vie qui est combat, le don que je suis pour les autres le don qu’est l’autre pour moi ! Appelons au secours l’Esprit Saint. Il est Seigneur et donneur de vie, il est Don qui guérit du narcissisme, de la victimisation et du pessimisme. Qu’il vienne nous guérir de nos blessures intérieures et nous découvrirons que nous sommes enfants bien-aimés du Père.

Que conclure ? Accueillons la paix de Jésus en nous pour la partager. Donnons le meilleur de nous-mêmes dans nos différents apostolats. Décoinçons-nous ! Rendons-nous disponibles ! Plus on donne, plus Dieu donne. Plus on se donne… Rappelons-nous que la sagesse divine n’entre jamais dans une âme renfermée, tiède, encombrée et intoxiquée. Alors recherchons des moments de silence, des lieux paisibles pour nous connecter par l’oraison à la Force de Dieu, l’Amour de Dieu, le Don gratuit de Dieu qu’est l’Esprit Saint pour plus d’enthousiasme et de zèle apostolique.

DIX ORIENTATIONS PASTORALES

(Revenir sur les orientations de l’an dernier voir Vie Diocésaine n° 109, novembre 2020)

1- L’Esprit Saint c’est la Force d’amour et d’unité qui vient nous transformer, et faire de nous destémoins ardents de la charité du Christ. Que chacun devienne CARITAS dans sa famille, dans sa CEVB, dans sa communauté, dans sa paroisse etc. Insistons sur le silence intérieur et la louange du Seigneur afin d’attirer l’Esprit Saint, hôte très doux de nos cœurs.

2- Que chacun ravive en lui le don de l’Esprit reçu le jour de son baptême et spécialement le jour de sa Confirmation. Que chacun cherche à découvrir son charisme spécifique pour l’exercer gratuitement. La Communauté aidera au discernement et à l’éclosion des charismes.

3- Redynamisons les Caritas paroissiales et créons des Comités de bonne gestion tenus par les laïcs sur toutes les paroisses. Il faut un changement de gouvernance des choses matérielles et financières. Le Directeur de la Caritas et l’Econome seront vivement sollicités pour vous aider.

4- Que les mouvements et associations ne se contentent pas de multiplier les prières de dévotions mais encore qu’ils soient soucieux du Kérygme, de l’annonce de la Bonne Nouvelle dans les périphéries existentielles et géographiques: Faire connaître et faire aimer Jésus-Christ, le Sauveur de l’humanité. Vive la nouvelle évangélisation avec plus d’ardeur et plus de sainteté!

5- Tous les jours, au cours des messes, avant l’alléluia, nous prierons ou nous chanterons la séquence du jour de la Pentecôte : Viens Esprit Saint.

6- Le chant du Veni Creator sera exécuté à toutes nos rencontres importantes.

7- Le charisme des charismes c’est l’amour : donnons gratuitement, servons gratuitement. Un opuscule est disponible pour les conseils pratiques.

8- Pensons aussi aux projets d’investissements de développement à faire dans nos lieux d’évangélisation. Prenons des initiatives et faisons la politique des petits moyens.

9- Soyons toujours joyeux et répétons à longueur de journée "Esprit Saint, éclairez-nous".

10- Faisons l’effort de promouvoir toutes les vocations dont l’Eglise a besoin.

- Tout le mois de novembre est dédié aux fidèles défunts. Demandons beaucoup de saintes messes pour leur dernière purification : "Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu".

- C’est l’année pastorale dédiée au Saint Esprit. L’image à promouvoir sera la colombe, symbole de paix et de source d’amour en vue de l’unité de l’Eglise. Comme de vraies colombes, faisons à notre tour régner la joie, l’amour et le pardon… Le style familial est à promouvoir.

- Reprenons la prière de l’Angelus, trois fois par jour, dans l’intention de freiner les avortements. 

- Faisons revenir dans nos eucharisties le baiser de paix : on peut joindre les mains et faire un petit signe de tête à ceux qui sont proches de nous.

- Redonnons le Corps du Christ sur la langue, au cours des Saintes Messes.

 

Nouvelles de famille

 

- Les JMJ n’auront plus lieu en ce mois de novembre mais plutôt les 11 et 12 décembre 2021.

- Le P. Serge DANNON, décédé le 25 septembre 2021, n’est pas mort du coronavirus. Malheureusement, pour des raisons inavouées et peut-être inavouables, les autorités covidistiques de l’hôpital HC nous ont obligées à l’enterrer les heures qui ont suivi, en pleine nuit. Ne les maudissons pas. Confions-les plutôt à la "CRIET" de Dieu, juste Juge et miséricordieux. Merci à tous ceux qui m’ont envoyé leur message de condoléances. Prions toujours pour le repos éternel de son âme. Que chaque prêtre célèbre trois messes pour notre confrère.

- Le Pré-Séminaire (Petits-clercs) est désormais localisée à la Maison St Dominique. Le Père Joseph 

AGANI est leur Recteur. Aidons ces enfants à mûrir leur vocation sacerdotale.

- Prions pour le repos de l’âme de la Sr Aleth BEZILLE, de l’Abbaye l’Etoile Notre Dame.

- Prions pour le repos de l’âme de madame Claire, mère de l’abbé Edgard VIGAN.

- La prière de cette année pastorale sera la séquence de la messe de Pentecôte. Elle sera dite au moins à toutes les messes du dimanche. Et si c’était tous les jours avant l’alléluia, ce serait encore mieux ! Nous remercions le P. Frédéric VIADENOU qui a composé pour nous une mélodie simple et belle. Demandez-la à mon secrétariat.

Quelques dates

1er nov. : Messe de la Toussaint au Séminaire N. D. de Fatima à 8h.

5-7 nov. : Visite pastorale à la paroisse Ste Marie Reine de BAH-MORA.

9 nov. : A Dassa pour l’ouverture de l’Assemblée Générale des Supérieur(e)s Majeur(e)s.

11 nov. : Rencontre avec les séminaristes de N. D. de Fatima à 19h10.

13 nov . : Messe de requiem du P. Serge DANNON au Séminaire Providentia Dei à 9h30.

16 nov. : Conseil presbytéral à 9h30 à l’Archevêché.

16-17 nov. : Permanence pastorale à Djougou.

21 nov. : Fête du Christ Roi au Sanctuaire N. D. de Komiguea.

23-24 nov. : Permanence pastorale à Djougou.

27 nov. : Ordinations presbytérales des abbés Samson Elie MEHOU, Wilfrid YAÏ et Modeste

 ABO, à la Cathédrale, à 9h30. Prions pour eux.

28 nov. : Célébration dominicale à Tchatchou.

30 nov.-1er déc. : A Ténonrou pour visiter Africae Munus et le Séminaire Mgr Chopard-Lallier.

Bible

Liturgie

Agenda Diocésain

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Pastorale des jeunes

Journal la croix du bénin

Archived Articles