l y a quelques mois nous avons reçu l’information sur la réduction ou la suppression des subsides par les OPM de Rome pour les Eglises d’Afrique.

Cette information qui a inquiété plus d’un pose une situation objective connue de tous : La crise sanitaire du coronavirus crée de véritables problèmes dans le monde entier. Même au niveau des recettes de nos communautés et institutions ecclésiales, les recettes baissent considérablement.

 Mais au-delà de la crise sanitaire, c’est un problème qui existait depuis plusieurs années parce qu’il y a longtemps que les institutions de Rome annonçaient la diminution progressive des aides pour nos séminaires et diocèses. L’une des raisons étaient que les Eglises des pays qui aident habituellement commençaient à se vider. Du coup, il n’y a plus beaucoup de chrétiens pour offrir des dons.

 En réalité, la question qui se pose là est véritablement existentielle et appelle à un sens d’organisation et de responsabilité. Car, quand un être (ou une communauté) naît et se fait aider pour sa croissance, à un moment donné, il est appelé à utiliser ses propres forces pour se prendre en charge ; en sorte que l’aide qu’on lui porte dans ses jeunes âges diminue progressivement et finit même par disparaître. L’événement Corona virus nous alerte qu’il est temps pour nous d’être vaccinés contre le virus de l’assistanat… Dans ce sens, l’Afrique doit penser désormais à ne dépendre que d’elle-même en ce qui concerne la prise en charge financière de ses Eglises locales.

 Et dans notre Diocèse de Parakou, nous en sommes tous conscients. Nous félicitons et soutenons d’ailleurs toutes les belles dispositions qui existent déjà et celles qui sont en train d’être prises.

La conviction qui sous-tend ces dispositions c’est que nous avons beaucoup de forces et beaucoup d’atouts dans notre Diocèse. On pourrait en citer quelques-uns :

- La richesse la plus grande que nous avons, c’est quelqu’un, c’est notre Dieu, il est Père et Providence. Cela devrait nous suffire.

Ce que nous avons de cher et en grande quantité, ce sont les jeunes. Ils sont nombreux. Notre Diocèse compte plus de 60.000 chrétiens catholiques de différentes localités, cultures, sexes, formations et expériences. Quand on s’imagine que tous ceux-là peuvent se mettre ensemble pour entreprendre et se livrer des biens de consommation et de service.

Ce qui enrichit cette famille diocésaine, c’est que nous y sommes comme des frères, donc appelés à partager ensemble. Etre solidaire est un devoir pour nous.

Nous avons aussi notre prestige : l’Eglise Catholique demeure encore une institution qui inspire confiance et considération…

Nous avons des communautés, associations et groupes de différentes tailles et compositions.

Nous avons des amis (de toutes races, religions, positionnements…)

Nous avons des terres fertiles, des réserves non encore cultivées.

Nous avons des unités de production (menuiserie, boulangerie, imprimerie, restaurant….).

Nous avons des institutions actives (Séminaires, Centre Pastoral, Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique, Centre agro-pastoral, les hôpitaux, Caritas, Economat…)

 Reconnaître ces forces, c’est savoir que nous avons des potentialités qui peuvent nous servir de tremplin. 

 Avec toutes ces forces, nous n’avons pas le droit de rester dans la misère. La misère risque de devenir notre péché, car ce à quoi Jésus s’est employé, c’est de nous sortir de la misère : il nous a enrichis des biens spirituels et matériels. Et désormais il nous lance le défi « donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9,13).Il serait bien que nous évitions de nous voir toujours trop limités, comme ceux qui ont besoin d’être assistés. Ceux qui vivent dans une telle mentalité ne s’en sortent presque jamais. Nous avons des richesses : nous sommes riches de Dieu, nous sommes forts de Dieu comme le dit saint Paul (cf 2 Co 12,10), nous sommes riches des hommes, nous sommes riches des atouts que Dieu nous a donnés, nous sommes riches de bons projets, de bonnes intentions et de bonne volonté…Alors nous sommes capables d’affronter nos difficultés. Comme le dit Nelson Mandela « La pauvreté n’est pas un accident. Comme l’esclavage et l’apartheid, elle a été faite par l’homme et peut être supprimée par des actions communes à l’humanité »

 Et donc, nous pouvons y arriver. Nous sommes capables de ne pas vivre de mendicité. Il est vrai que nous ne dirons pas non aux aides, ce serait de l’orgueil et de la suffisance ou même de l’ingratitude, mais nous ne devrons pas passer notre vie à attendre des aides que nous pouvons nous octroyer.

Il est possible de faire de tout un diocèse une coopérative. C’est pourquoi à Parakou, on parle de « Diocésanité » : Si la menuiserie saint Joseph pouvait compter sur la grande partie des chrétiens catholiques de Parakou. Si la librairie diocésaine était la cible des tous les apprenants et chercheurs du diocèse… Si le Centre Pastoral Guy Riobé peut être valorisé par chaque prêtre, chaque fidèle… Si nos fermes diocésains pouvaient voir converger vers elles aussi bien les énergies de production que les demandes d’approvisionnement… 

 Certaines actions sont aussi soit en projet ou déjà mises en place et ont besoin d’être soutenues :

Notre Caritas est entrée en partenariat avec nos deux séminaires diocésains qui sont conscients de leurs capacités. Ensemble, nous pourrons produire et gagner. 

Nos paroisses savent désormais qu’elles sont capables d’initier des activités génératrices de revenus (jardinage, élevage…). La Caritas diocésaine est prête à les accompagner.

Des terres sont reboisées pour produire du bois d’œuvre et des produits de consommation. A Ténonrou, plus de 20 hectares sont déjà reboisés et on pense aller jusqu’à 300 hectares.

Plusieurs institutions ont aussi reboisé des dizaines d’hectares et projettent d’en faire plus.

Des périmètres maraîchers sont installés et entretenus. Ici, il faut beaucoup d’eau.

Autour de chaque projet subventionné par des partenaires, des dispositions sont désormais prises pour la pérennisation et l’autofinancement définitif. Chaque investissement devient source de rentabilité et d’autonomisation.

Des magasins ou boutiques sont construites dans certaines paroisses pour location. Et ça marche.

Les jeunes sont sensibilisés à ne pas attendre de l’Etat les offres d’emploi et les recrutements officiels avant de s’investir eux-mêmes. Tous sont capables de se rendre utiles en mettant en jeu leur dynamisme et leur énergie à travers l’auto-emploi. Les possibilités sont immenses.

Tout cela est fait dans un esprit de générosité sans mercantilisme. Tous en tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à la charité et à la solidarité comme les premiers chrétiens. En comptant sur Dieu qui est Providence, nous nous éduquons au sens du service gratuit et du bien commun. Nous continuerons à prier cette Providence à travers la figure de Saint Joseph, son Econome. Les fidèles sont appelés à soutenir leur Eglise et ses pasteurs dans tout ce qui s’entreprend. Les responsables des paroisses et institutions sont invités à la bonne gestion des biens temporels. Il faut de la méthode et de la persévérance. En nous efforçant d’éviter le gaspillage, nous insistons aussi sur l’obligation du résultat. Et Dieu nous y aidera. 

 R. P. Maxime HENNOU 

Directeur de la Caritas -BDBD                   

                 

La clôture de l’année écologique ‘‘ LAUDATO SI ’’

 Le renversement quasi-total des valeurs naturelles et éthiques, de même que la perte progressive du sens de la conservation du patrimoine commun qu’est la nature, sont ostensiblement irréfutables à notre ère. Le désastre est manifeste ! La mégalomanie va galopante et tend même à se généraliser. La nature est sans cesse menacée et l’homme, premier acteur de ce bouleversement n’est même pas épargné. La question, assez judicieuse, qui taraude continuellement l’esprit face à cet état de chose se laisse deviner : Quelle terre allons-nous laisser aux générations à venir ? Quel type d’héritage envisageons-nous transmettre à nos successeurs ? Dans l’optique de la revalorisation de la nature et de l’être humain, l’année "Laudato si" fut ouverte le 16 Mai 2020 par le Pape François. La clôture de ladite année ne marque aucunement l’arrêt de la nécessité d’une prise de conscience dans le cadre de la reconsidération et de la valorisation de la création entière, mais bien au contraire, elle constitue un tremplin en vue d’un avenir marqué par la matérialisation des résolutions prises. C’est dans la même veine que s’inscrit la journée de la clôture de l’année "Laudato si" au séminaire propédeutique Mgr. Robert CHOPARD-LALLIER de Ténonrou. 

 L’atmosphère gracieuse et non encore ensoleillée de la matinée de ce jour offrait à tous un air faramineusement gai : tout portait à prédire une journée remplie d’émerveillement et d’enthousiasme. La messe qui fut la première activité communautaire de la journée venait à point nommé. Présidée en effet par le Révérend Père Norbert AGOSSOU, formateur dans ce séminaire, cette célébration eucharistique rivait notre attention sur notre Hôte intérieur, l’Esprit Saint, l’Esprit de Vérité qui nous fait grandir dans la grâce divine et nous rend capables d’annoncer sans peur la Bonne Nouvelle reçue. Il est en outre l’Eclaireur, l’Esprit qui fait abonder force et détermination. C’est donc éclairés, fortifiés et imbus de détermination que se poursuivit la journée qui était loin de s’étioler. Après l’arrivée à 8h 30mn du conférencier M. Clément YARGO, et de la délégation du centre UNIV composée de Sophie TAOUEMA, Adidjatou ALFA et Mathias DANSOU, l’entretien prit son envol en présence des séminaristes, des pères formateurs et de deux journalistes de la radio Immaculée Conception de Parakou. Pour sacrifier aux normes d’accueil, le Révérend Père Recteur Dieudonné AHYITE, après la prière introductive, gratifia l’assemblée de son mot de bienvenue. Toute la Famille Laudato Si de Ténonrou était honorée par leur présence. Remerciements, activités menées, perspectives d’avenir : tout concordait à rêver d’un jardin d’Eden au bénéfice de l’archidiocèse de Parakou pour les années à venir. Pour le Recteur, le Centre UNIV vient réconforter et encourager notre Maison à promouvoir la culture des plantes médicinales. Car, citant Monseigneur Pascal N’KOUE, dans Voyez juste et loin à la page 37: La terre est une vraie pharmacie : la plupart des chercheurs semblent l’avoir oublié. L’être humain fait partie de la nature. Pour préserver notre santé, il faut d’abord se tourner vers la nature. Ce que la médecine conventionnelle ou occidentale n’arrive pas à soigner, les médecines alternatives et naturelles peuvent faire la différence ».

 La conférence proprement dite s’articulait autour de deux axes : la présentation sommaire de l’encyclique "Laudato si" et un exposé sur l’expérience concrète du centre UNIV. Si l’encyclique du pape François eut droit à une présentation panoramique rapide dans ses six chapitres, l’exposé sur l’expérience et les perspectives du Centre UNIV constitueront le nœud même de la conférence car c’est la mise en œuvre des idées conçues qui donne force de valeur. Jean PLIYA affirmait à cet effet : « une seule bonne idée mise en pratique vaut plus que mille bonnes idées non concrétisées ». Des expressions puissantes et persuasives nous furent servies. Il fallait se rendre compte que l’homme, très impliqué dans la destruction progressive de la nature, oublie qu’il est un élément de la nature. Il se détruit en détruisant la nature. Comment parvenir à une conversion progressive pour entrer dans la spiritualité de l’écologie intégrale que recommande le pape François afin de jouir du grand enjeu qui en découle : le bonheur du genre humain voulu par Dieu. En ce qui concerne l’expérience du centre UNIV ayant pour fondement le cinquième chapitre de l’encyclique "Laudato si" ce fut avec bonheur et grand intérêt que l’on écouta ces trois points essentiels : l’écologie de la santé ou l’option de la santé naturelle, l’agroécologie dans le style de la permaculture qui consiste à guérir la terre et à nourrir les hommes et enfin l’écologie de la famille qui promeut la procréation naturelle et la transmission d’un bel exemple de revalorisation de tout être vivant aux générations futures. Manger sain, être positif et optimisme, donner des soins naturels au corps et opter pour une hygiène environnementale irréprochable sont autant de recommandations ayant meublé ces heures d’échanges. Une kyrielle d’interventions suivit une aussi belle présentation. On extériorisa les sentiments de satisfaction et des mots de félicitations à toute l’équipe. Ainsi prit fin cette séance après réponses aux diverses préoccupations des séminaristes. Puis ce fut le mot de remerciement du Père Recteur, la prière conclusive et une prise de vue d’ensemble. La matinée poursuivit son cours avec d’une part la visite générale du séminaire et d’autre part la preuve de notre attachement à la nature, car c’est par les actes que l’on juge de la valeur d’un homme. La visite s’étendit sur les ressources naturelles et les productions de cette Maison de formation : le jardin florissant et verdoyant, l’élevage pour notre alimentation, la visite des différents champs de moringa, igname, haricot, manioc, cadianus, acacia, césame, la visite du barrage et du Centre Africae Munus. En fin de matinée, à 11h 40mn, une délégation de la Caritas BDBD vint de Parakou-ville. Le reste de la matinée fut meublée ainsi : préparation de la tisane d’artémisia, mise en terre de divers plants (justicia secunda, épinard, artémisia) avec l’implication active de tous. Les liens ainsi noués, les souvenirs désormais ancrés au fond de chaque participant à cette journée de clôture, les institutions hôtes s’en allèrent dans une émotion emballante, dans une euphorie visible et dans une fierté légitime.

 Après le repas de midi, cette journée connut une légère altération en raison de la sieste des séminaristes. Un repos qui ne jouera qu’un rôle d’intermède entre deux moments d’activités manuelles intenses. En effet, dès leur réveil, les séminaristes renouèrent avec d’autres tâches, fiers de cette exhortation paulinienne : « qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné » (2 Th 3, 12b). La joie était donc à son comble au soir de cette journée remplie d’agréables moments désormais inoubliables. L’essentiel à prendre en compte pour nous séminaristes est d’œuvrer à la pérennisation de cet esprit d’amour de la nature et la mise en œuvre d’actions concrètes en vue d’une humanité saine et solidaire résolument tournée vers le Créateur.   

Les Séminaristes de la Propédeutique

 

Nouvelles de famille

- Le Nonce Apostolique, Représentant du Pape au Bénin et Togo, vient nous visiter. Quel bonheur ! Les Séminaires, les Monastères, les Sanctuaires, une paroisse de périphérie et quelques autres structures bénéficieront de son passage.

- Le mois de juin est dédié par l’Eglise Universelle au Cœur Sacré de Jésus. Le "Patris Corde" du Pape François sur saint Joseph peut nous aider à entrer dans le mystère d’amour du Cœur de Dieu.

- La 55è Journée Mondiale pour les Communications sociales a connu un bon retentissement. La Préfecture, la Mairie, la HAAC, les professionnels des médias etc. étaient présents à la Maison diocésaine. Le Saint-Père a été ovationné pour le thème : "Viens et vois" (Jn 1, 46). Communiquer en rencontrant les personnes où elles sont et comme elles sont.

- Nous félicitons le Centre UNIV pour sa détermination à promouvoir l’Encyclique Laudato Si’ dans notre diocèse et même en dehors. La présentation du projet "Diocèse sans palu" connaît un vibrant succès. 

- Que chaque Communauté ou paroisse fasse le point sur le "Mois de mai, mois de Marie et des séminaires" et s’adresse à l’économat.

- Prions pour le repos de l’âme de Marthe TOUMAHOUN, maman de la Sr Julie DJAGO, FCSCJ.

Quelques dates

2 juin  : Conseil pour les affaires économiques à 9h30 à l’archevêché.                 

5-6 juin  : Visite à Kabo-Ténonrou.

7-11 juin  : Présence de S.E.R. Mgr Mark G. MILES, Nonce Apostolique dans notre Diocèse. Une visite très importante pour toute la famille diocésaine.

11 juin  : Journée mondiale de prière pour la sainteté des prêtres. Sainte messe à 10h   au Monastère l’Etoile Notre Dame. Elle sera présidée par le Nonce Apostolique.

12 juin  : A 10h à Baka : Pose de la première pierre de la maison de formation des Sœurs Franciscaines de Marie Immaculée (Sœurs du Panama).

13 juin  : A 10h, Sacrement de Confirmations à Kika.

20 juin  : A 10h, Sacrement de Confirmations à Kpassa. 

25-27 juin   : Week-end de Cana pour 11 couples à la Maison diocésaine Stes Marthe et Marie. C’est une mini retraite pour reconsolider les cœurs. Elle se termine par  une saine récréation.

27 juin  : Sacrement de Confirmations à l’aumônerie des étudiants saint Augustin, à 9h.

29 juin- 4 juillet : Camp des séminaristes au Grand Séminaire Providentia Dei. Cela permet à nos séminaristes étudiant dans divers endroits de se retrouver, de se connaître et de cheminer ensemble.      

N. B : 4 juillet  : Collation des ministères au Grand Séminaire Providentia Dei. 

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