Nous entrons en guerre. Le temps de carême c’est quarante jours de combat. Contre quoi ? Contre qui ? Contre le mal. Et ce mal est avant tout à l’intérieur de nous-mêmes. Dans cette Vie Diocésaine, je voudrais vous exhorter à prendre au sérieux trois conseils que je considère comme des capsules nécessaires pour la conversion du cœur, notre microbiote spirituel.

 

1-  Et tout d’abord, faire un pacte avec sa langue. Nous vivons dans un monde bruyant. A un certain seuil, le bruit altère le sommeil, la concentration et même la productivité. Il augmente la tension artérielle. Or, toute chose sérieuse s’opère dans le silence. Pour entrer en contact avec Dieu, il faut absolument le silence extérieur et surtout intérieur. "Adoration et silence sont frère et sœur" dit le Card. Robert SARAH dans son puissant livre "la Force du silence contre la dictature du bruit". Toute notre force est dans la prière, l’oraison silencieuse, ce cœur à cœur de notre âme avec Jésus. C’est le moyen le plus indiqué pour accéder à l’état d’amitié et d’union avec Dieu. 40 jours de silence, ce n’est pas trop. Avant nous, Jésus l’a fait au désert. Une grande partie de nos heures quotidiennes devrait être consacrée au silence. St François de Sales, docteur de l’amour, nous en donne l’exemple :

 

« Un jour, un voisin se querella avec l’évêque François. Au petit matin, avec ses valets et sa meute de chiens, il alla sous la fenêtre de l’évêque. Tranquille, silencieux, l’évêque sortit. Les valets et leur maître criaient des injures, les chiens aboyaient. Le monsieur alla même jusqu’à donner deux coups à l’évêque qui, maître de soi, ne dit rien. Devant une telle impassibilité, le monsieur se calma et s’en alla. Des voisins accoururent et demandèrent à l’évêque : "Pourquoi avez-vous gardé silence ? Pourquoi n’avez-vous pas répondu à ce fou ?". Il répondit : "C’est un pacte que nous avons fait, ma langue et moi. Nous nous sommes promis que, tant que mon cœur serait ému, ma langue demeurerait silencieuse" ».

 

     Et oui, si on faisait tous ce pacte avec notre langue, un effort pour apprendre à maîtriser chacun sa langue ! C’est un petit membre qui peut faire beaucoup de dégâts monstrueux mais aussi beaucoup de bien. Chacune des phrases qui sortent de notre bouche peut avoir un impact dans le monde spirituel. Dieu nous a fait don de la parole pour bénir, édifier, exhorter, redonner confiance, complimenter, encourager, aimer. Tant que c’est pour faire le bien, allons-y, à temps et à contre-temps. Je n’ai pas dit à tort et à travers. Mais, de grâce, ne nous servons pas de notre langue pour humilier, blesser, dévaloriser, aduler obséquieusement ou tout simplement semer la discorde. Si nous ne pouvons pas dire des paroles positives, alors taisons-nous. Silence ! "Qu’aucune mauvaise parole ne sorte de votre bouche" (Eph 4,29). Les blessures faites par nos paroles mettent souvent beaucoup plus de temps à se cicatriser que les blessures corporelles. Satan nous pousse à nous servir de notre langue pour montrer que nous sommes tout-puissants. Mais la sainte Bible réplique : « Si quelqu’un ne chute pas en parole, celui-là est un homme parfait, capable de refréner le corps tout entier » (Jacques 3, 2). Face aux provocations méchantes, aux disputes sauvages et autres situations où nos nerfs sont mis à rude épreuve, que faire ? Préférer garder le silence comme Jésus sur la Croix alors que le premier larron se moquait méchamment de lui (cf. Lc 23, 39-43). Au pire des cas, faisons comme saint Paul. Au lieu de se venger d’Alexandre le forgeron, il a préféré le confier à Dieu (2 Tim 4, 14). Que Dieu réponde aux malfaiteurs à notre place. Cela semble une faiblesse mais c’est une force. Saint Paul l’a appris à son corps défendant : "Lorsque je suis, faible c’est alors que je suis fort" (2 Co 12,10).

 

2-  Soigner ses relations avec Dieu et les hommes. J’ai entendu un médecin psychologue dire : "le plus grand échec de l’homme c’est le narcissisme". J’ai voulu en savoir plus. Et voici ce que j’ai trouvé. "Avant toute chose, la personne narcissique nourrit la conviction d’être d’une valeur hors du commun. De cette certitude découlent beaucoup d’autres symptômes : elle mérite plus d’attention que les autres ; elle est uniquement préoccupée par ses ambitions de succès… elle s’attend à des attentions qu’elle considère comme des dûs ; elle éprouve de la colère et même de la rage lorsqu’on ne lui accorde pas ces privilèges ; elle ne se remet pas en question… ayant très peu d’intériorité elle ne peut vivre qu’en vampirisant un autre" (Pascal IDE).

 

Le pervers narcissique est un demi-fou, un manipulateur qui se valorise en rabaissant les autres. Il use de nombreuses armes contre sa victime : phrases assassines, mensonge, moqueries, humiliations, critiques, dénigrements, etc. Alors qu’il est tout sourire en public, il peut se transformer en véritable tyran en privé. Il avance souvent masqué. Il a en réalité une basse estime de sa personne, une image dévalorisante de lui-même qu’il reporte sur les autres. Voilà pourquoi il cherche à détruire chez les autres le bonheur qu’il n’a pas. Car il ne supporte pas qu’on apprécie un autre que lui.

 

Que faire si nous faisons partie de ces personnes ? Prendre conscience que nous avons un sérieux handicap spirituel, moral et psychologique. Nous avons besoin d’être accompagnés pour une véritable conversion. Le premier remède ou chemin de la conversion, à en croire saint Jean Chrysostome, c’est la condamnation de nos fautes : "Celui qui condamne ses fautes craindra davantage d’y retomber". Arrêtons de charger à tort ou à raison les autres. Arrêtons d’interpréter négativement les paroles et gestes des autres. Le problème est en nous. Revenons à nous. Entrons en nous et faisons une bonne lessive spirituelle. Les jugements et accusations amères à l’encontre des autres "sont souvent un signe de l’incapacité à accueillir en nous notre propre faiblesse" (Patris corde n° 2). Evitons par exemple de garder rancune à ceux qui nous ont offensés. Essayons de dominer notre colère pour pardonner les offenses qui nous sont faites. "Si vous pardonnez à vos débiteurs, mon Père qui est aux cieux vous pardonnera… Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes" (Mt 6, 14-15). Cette consigne grave de notre Seigneur est donnée à la fin de la prière du "Pater Noster" : "mais délivre-nous du Mauvais". Pardonnons et demandons pardon. Celui qui ne pardonne pas est sous l’emprise du Mauvais. Moins il pardonne et plus il s’intoxique. Son anxiété augmente. Sa misère s’accroît. Il s’enferme dans une prison qu’il s’est construite lui-même et il finit par respirer mal. Il étouffe et aboie sur tout ce qui le dérange.

 

Le temps de carême est propice pour faire la maintenance du cœur. Il faut se retirer dans un lieu désert, un endroit tranquille, se ménager des moments de détente pour l’oraison intime avec Dieu. Soignons nos relations avec Dieu. Jeûner de nourriture c’est bien, mais jeûner de pensées négatives, de portables, de pornographie et d’images de violence c’est mieux. On peut diminuer ses soucis en se faisant plaisir : lire un bon livre, écouter une belle musique, faire du jardinage… et surtout prendre la vie du bon côté. "La joie du Seigneur est notre rempart". Profitons du carême pour revitaliser et redynamiser nos relations réciproques. Faisons des surprises agréables à nos proches. Reprenons contact avec le vieil ami qu’on a perdu de vue depuis un moment. Ce travail d’entretien de la vie humaine et spirituelle devrait être régulier. C’est un bon investissement. Les relations saines aident à avoir une excellente santé physique et mentale. L’altruisme est comme un médicament. L’Eglise en sortie missionnaire doit prendre soin de ceux qui ont besoin de nos attentions. Ça nous rend service. Car celui qui donne l’amour reçoit l’amour en retour... Le Pape François relève que "le bonheur de Joseph n’est pas dans la logique du sacrifice de soi, mais du don de soi" (Patris corde n° 7).

 

3-     Donner généreusement

 

L’aumône ou le partage a une puissance considérable et indicible dans notre vie. Il purifie même de toute faute (cf. Tob 12, 9). Le témoignage de Tertullien (IIe siècle) est inspirant. Nous sommes à Carthage, en Afrique : "il y a chez nous une caisse commune. Chacun verse une petite cotisation. On fixe un jour par mois. Les cotisations sont comme un trésor réuni par amour pour Dieu. On ne prend pas cet argent pour faire de repas (…). On le prend pour nourrir les pauvres, payer leurs funérailles, aider les jeunes qui n’ont pas de quoi vivre et qui n’ont plus de parents (…). Cette façon de vivre la charité nous fait remarquer. Beaucoup de païens disent en parlant des chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment les uns les autres » (Apolégétique n°39). Plus on aime un pauvre, plus on est heureux.

 

La foi implique toujours sacrifice et charité dans le profond désir d’imiter le Christ venu changer le monde. L’Eglise continue ce gigantesque projet de salut. Que chacun s’engage à avoir un cœur d’enfant de Dieu qui chante ses merveilles en tout temps. Bonne route vers Pâques.

 

+ Pascal N’KOUE

 

   Omnium servus

                                                                                 

 

JUMELAGE PARAKOU-NANTES

 

    Sur le jumelage Parakou-Nantes, où en sommes-nous ? Qu’en dit le nouvel Evêque de Nantes ? Beaucoup de questions me parviennent sur ce sujet depuis le départ de Mgr James pour Bordeaux. J’ai jugé bon de partager enfin avec vous la lettre de Mgr Laurent PERCEROU, qui répondait à mon mot de félicitations. Je l’en remercie vivement. On ne se connaît pas encore mais dans l’esprit les liens sont tissés. La seule chose qui nous freine aujourd’hui c’est le coronavirus qui nous impose les gestes barrières et la distanciation. Lisez plutôt.       

 

 

 

                                                                 Nantes, le 23 novembre 2020

 

                                                                   A

 

                                                               S. E. R. Mgr Pascal N’KOUE

 

     Excellence et cher frère,

 

    Avec bien du retard, je voudrais vous remercier pour votre message fraternel à l’occasion de ma nomination dans le diocèse de Nantes.

 

    J’ai eu l’occasion d’échanger avec Mgr JAMES sur le jumelage qui unit nos deux diocèses. Le père Benoît LUQUIAU, que vous connaissez bien, m’a longuement présenté l’expérience qu’il avait vécue à Parakou ainsi que les activités du jumelage. C’est donc avec joie que je m’inscrirai dans ce beau partenariat.

 

    Vous évoquez dans votre message l’anniversaire des 75 ans de votre évangélisation auquel devrait participer mon prédécesseur. En effet, j’envisage de venir vous visiter dès que nous aurons un peu de visibilité sur la situation sanitaire qui nous empêche, pour le moment, de faire des projets à moyen terme. Dès que cela sera possible, je reviendrai vers vous afin de prévoir une date et un programme de visite.

 

    Tout comme vous, c’est le cœur et les bras grands ouverts que je m’apprête à vous accueillir, avec le désir fort de renforcer les liens qui unissent nos deux diocèses.

 

    Je vous assure de ma prière fraternelle. Que ce temps de l’Avent qui débutera dimanche et les fêtes de Noël à venir apportent au monde l’espérance et la paix.

 

                                                                                                       +Laurent PERCEROU

 

                                                                                                         Evêque de Nantes

 

 

 

Nouvelles de famille

 

- C’est bientôt le Carême : Prière, Pénitence, Partage (les 3P) sont les trois pieds traditionnels qui nous aident à nous tourner vers le Seigneur. Lisons "Fratelli tutti" et "Patris corde" du Pape François. Echangeons sur ces deux grands textes.

 

- Le Pape François a décrété une année spéciale dédiée à saint Joseph avec "Patris corde". Que les églises et les écoles qui n’ont pas encore érigé la statue de saint Joseph s’empressent.  

 

- Bénissons le Seigneur pour les nombreux prêtres du Bénin (plus de 400) venus à Parakou pour la session nationale de l’Union du Clergé Béninois. Le discours du Préfet du Borgou à l’ouverture a été très apprécié. Merci aussi aux moniales bénédictines de Péporiyakou-Natitingou qui sont venues se faire connaître à cette occasion.

 

- Merci au Centre UNIV qui a été constamment présent au Centre pastoral pour donner gratuitement la tisane de l’Artemisia contre le paludisme. Merci aussi à toute la famille diocésaine.

 

- Bienvenue à Monsieur le Chanoine Rémi TEQUI, de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Il sera avec nous pour un an. Bénissons le Seigneur.

 

- Prions pour le repos de l’âme de Marie ADJAGBE, maman de Sr Flora de Kobrikonto.

 

- Avec le Conseil presbytéral, nous réfléchissons sur l’inculturation de l’évangile du Christ. Le point de départ ce n’est pas la culture mais l’accueil en nous de Jésus-Christ crucifié et ressuscité.

 

- J’exhorte toutes les familles chrétiennes et non chrétiennes à entrer dans le projet "diocèse sans palu". Plantons et entretenons les plantes médicinales dans nos maisons et dans nos jardins.

 

Quelques dates

 

5-7 Fév.            : Permanence pastorale à Djougou.                                                   

 

7 Fév.               : Grand rendez-vous des consacré(e)s à la paroisse saint Pierre d’Alafiarou.

 

                          Célébration eucharistique à 10h.

 

11 Fév.             : Journée mondiale des malades.

 

                          Rencontre avec les séminaristes de N. D. de Fatima à 19h 40.

 

13 Fév.             : Vœux des Sœurs de la Consolata à Banikanni.

 

16 Fév.             : Conseil presbytéral à l’Archevêché à 9h30.

 

17 Fév.             : Messe du Mercredi des Cendres au Séminaire N. D. de Fatima. "Tu es poussière

 

                           et tu retourneras en poussière" (Gn 3,19).

 

23 Fév.             : A 9h30 : Récollection pour tous les prêtres au Centre pastoral. Qu’ils viennent

 

       avec leurs ornements liturgiques et leur bréviaire.

 

23-24 Fév.       : Permanence pastorale à Djougou.

 

27-28 Fév.       : A Ténonrou. Visite à Africae Munus et au Séminaire Mgr Chopard-Lallier.

 

N. B. : Dans la Vie diocésaine n° 109 de novembre 2020, j’ai indiqué quelques gestes pieux pour notre hygiène spirituelle. Reprenons-les.

 

BON TEMPS DE CAREME – BONNE MONTEE VERS PAQUES

 

 

Bible

Liturgie

Agenda Diocésain

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
4
9
13
14
17
18
23
24
25
30
31

Pastorale des jeunes

Journal la croix du bénin

Archived Articles