Le fait des Livres inspirés est un « (…) phénomène universel lié à l’histoire des civilisations »[1]. De fait, plusieurs religions possèdent leurs livres inspirés. Le phénomène se justifie par le fait que les hommes ont voulu fixer et conserver sous forme écrite l’aspect de vie qui les préoccupait le plus, à savoir leur rapport avec Dieu. Les livres qui en ressortent sont gardés comme « (…) un dépôt vénérable » parce que les hommes croient qu’ils apportent des réponses à leurs interrogations et constituent une lumière pour la conduire de leur vie.

 

Le premier livre des Maccabées (12,9) affirme que la Révélation divine conservée dans la religion juive et ensuite chrétienne possède aussi ses saintes Écritures, ses livres saints. Ils ont une particularité par rapport aux autres, liée à la source de leur sainteté. Les livres saints chrétiens peuvent être dits particuliers à partir de l’attitude des croyants qui les abordent : ils les abordent avec foi.

 

Ils ont fait, en effet, la découverte de la religion authentique au cœur de l’expression diversifiée du sentiment religieux. Même s’ils ont un respect pour les livres sacrés des religions non-chrétiennes et y perçoivent l’effort de l’homme qui cherche Dieu, pour eux, la Bible demeure unique. Ici il ne s’agit plus seulement de l’homme qui s’adresse à Dieu en l’invoquant pour discerner sa réponse. Il s’agit surtout de Dieu qui, sur la base de sa propre initiative se met en dialogue avec l’homme. Par conséquent, la Bible est la Parole même de Dieu.

 

Quelquefois le texte présente un intérêt purement humain visiblement limité. Par exemple il offre des généalogies apparemment ennuyeuses, des histoires en anecdote de personnages qui édifient. Rien de cela ne pose problème. Un message est communiqué à travers tout cela.

 

De fait il est vrai qu’il y a en jeu la pensée, la mentalité, la culture, la conception de la vie des auteurs humains auxquels les livres sont attribués. Mais il faut surtout constater que le génie humain a été mis au service de l’Esprit de Dieu, la Ruahprésente chez les prophètes (Os 9,7), qui soutenait de façon surnaturelle les libérateurs d’Israël (Jg 13,25).

 

 

 

L’inspiration dans la Grèce antique

 

L’antiquité connaît aussi l’inspiration sous la forme d’un mouvement qui entraîne les poètes, les musiciens, les peintres et les chefs politiques. Le monde ancien, oriental ou grec, n’est pas étranger aux révélations divines transmises aux hommes par des personnages inspirés. Il y croyait.

 

Les saintes écritures de l’Égypte ancienne étaient attribuées au dieu écrivain Thot, le précurseur d’Hermès. Mais le fait de l’inspiration se situe beaucoup plus du côté de la Grèce.

 

Le début de l’Odyssée comporte une invocation qui en est empreinte : « Muse, dis-moi (…) déesse née de Zeus, conte ces aventures (…). L’Iliade débute ainsi : « Chante la colère, déesse, du fils de Pélée (…) ».

 

Chez Platon le concept d’inspiration est brillamment éclairé. Il s’entend dans les deux sens ‘possession’ et ‘souffle’ divins. Le critère de distinction des bons poètes et des mauvais poètes est non pas l’effet de l’art mais le fait qu’un dieu est en eux et qu’il les possède. Ils sont remplis de la divinité, dont la personnalité s’est réellement substituée à la leur : sans une telle opération, ils ne peuvent vraiment pas réaliser leur œuvre. La connaissance technique est insuffisante au vrai poète. Il faut qu’il soit inspiré en recevant un don divin.

 

Les hommes politiques aussi sont inspirés. D’ailleurs ils sont appelés divins à l’instar des diseurs d’oracles et les prophètes.

 

‘Inspirés par le souffle du dieu dont ils sont possédés’, ils sont capables de réussir bien des entreprises sans avoir la science requise pour cela. En Grèce, particulièrement chez Platon, la ‘possession’ divine est alors le critère unique d’authenticité des activités et des fonctions qui, dans la cité, se distinguent par leur créativité : l’art poétique, la science du gouvernement.

 

                                                                                                     

Abbé Éphrem Dannon

 



[1] A. Robert – A. Feuillet, Introduction à la Bible, Desclée – Cie, Editeurs, 3

 

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