Cardinal Robert Sarah, émérite et citoyen. - Madina Men Magazine

 

 

 

 

Card. Robert SARAH

 

Je voudrais partager avec vous ce riche enseignement du Cardinal Robert SARAH, paru dans "L’Homme Nouveau", le 8 mai 2020. Ce fils spirituel du cardinal Bernardin GANTIN saisit l’opportunité de la pandémie Covid-19 pour nous livrer une profonde méditation sur le mystère de l’Eglise, le prêtre, la liturgie du saint sacrifice de la messe, etc. C’est un cri de douleur qui va jusqu’aux défunts. Lisons et méditons ce texte individuellement, en famille, en CEVB, en paroisse etc.

 

 

+Pascal N’KOUE.        Omnium servus

 

Dans de nombreux pays, l’exercice du culte chrétien est perturbé par la pandémie de covid-19. Les fidèles ne peuvent se réunir dans les églises, ils ne peuvent participer sacramentellement au sacrifice eucharistique. Cette situation est source d’une grande souffrance. Elle est aussi une occasion que Dieu nous donne pour mieux comprendre la nécessité et la valeur du culte liturgique. Comme Cardinal Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, mais surtout en profonde communion dans l’humble service de Dieu et de son Eglise, je désire offrir cette méditation à mes frères dans l’épiscopat et le sacerdoce et au peuple de Dieu pour essayer de tirer quelques enseignements de cette situation.

 

On a parfois dit que, à cause de l’épidémie et du confinement décrété par les autorités civiles, le culte public était suspendu. Ce n’est pas exact… Chaque fois qu’un prêtre célèbre la messe ou la liturgie des heures, même s’il est seul, il offre le culte public et officiel de l’Église en union avec son Chef, le Christ et au nom du Corps tout entier. Il est nécessaire de rappeler cette vérité pour commencer. Elle nous permettra de mieux dissiper certaines erreurs.

 

Bien entendu, pour trouver son expression pleine et manifeste, il est heureux que ce culte puisse être célébré avec la participation d’une communauté de fidèles du peuple de Dieu. Mais il peut arriver que cela ne soit pas possible. L’absence physique de la communauté n’empêche pas la réalisation du culte public même si elle l’ampute d’une partie de sa réalisation. Ainsi, il serait erroné de prétendre qu’un prêtre doit s’abstenir de la célébration de la messe en l’absence de fidèles. Au contraire, dans les circonstances actuelles où le peuple de Dieu se trouve empêché de s’unir sacramentellement à ce culte, le prêtre est davantage tenu à la célébration quotidienne. En effet, dans la liturgie, le prêtre agit in personna Ecclesiae, au nom de toute l’Église et in personna Christi, au nom du Christ, Tête du corps pour rendre un culte au Père très bon, il est l’ambassadeur, le délégué de tous ceux qui ne peuvent être là. On comprend dès lors qu’aucune autorité séculière ne saurait suspendre le culte public de l’Église. Ce culte est une réalité spirituelle sur laquelle l’autorité temporelle n’a aucune prise.

 

Il est en revanche inacceptable que les autorités en charge du bien politique se permettent de juger du caractère urgent ou non urgent du culte religieux et interdisent l’ouverture des églises, ce qui permettrait aux fidèles de prier et de se confesser et de communier, du moment que les règles sanitaires sont respectées. Comme « promoteurs et gardiens de toute la vie liturgique », il revient aux évêques de réclamer fermement et sans retard le droit à des rassemblements dès qu’ils deviennent raisonnablement possibles. En cette matière, l’exemple de Saint Charles Borromée peut nous éclairer. Lors de la peste de Milan, il appliquait dans les processions les strictes mesures sanitaires préconisées par l’autorité civile de son temps qui ressemblaient aux mesures-barrières de notre époque. Les fidèles chrétiens ont aussi le droit et le devoir de défendre fermement et sans compromission leur liberté de culte. Une mentalité sécularisée considère les actes religieux comme des activités secondaires au service du bien-être des personnes, à l’instar des loisirs et des activités culturelles. Cette perspective est radicalement fausse.

 

« Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l'homme individuellement et socialement » (Catéchisme de l’Église catholique, 2105).

 

« Ses prêtres ont violé ma loi et profané mes sanctuaires ; entre le sacré et le profane, ils n’ont pas fait de différence et ils n’ont pas enseigné à distinguer l’impur et le pur, … et j’ai été déshonoré parmi eux » (Ez 22, 26). Alors la gloire de Dieu a déserté temple de Jérusalem (Ez 10, 18).

 

Je crois que nous pouvons appliquer ces paroles d’Ézéchiel à notre temps. Nous non plus nous n’avons pas fait la différence entre le sacré et le profane.

 

Nous avons bien souvent méprisé le caractère sacré de nos églises. Nous les avons transformées en salles de concert, en restaurants ou dortoirs pour les pauvres, les réfugiés ou les sans-papiers. La Basilique Saint-Pierre et presque toutes nos cathédrales, expressions vivantes de la foi de nos ancêtres, sont devenues de grands musées, foulées aux pieds et profanées, devant nos yeux, par un lamentable défilé de touristes souvent incroyants et irrespectueux des lieux saints et du Temple saint du Dieu vivant. Aujourd’hui, à travers une maladie qu’il n’a pas positivement voulue, Dieu nous offre la grâce de sentir combien nos églises nous manquent. Dieu nous offre la grâce d’expérimenter que nous avons besoin de cette maison où il réside au milieu de nos villes et nos villages. Nous avons besoin d’un lieu, d’un édifice sacré, c’est-à-dire réservé exclusivement à Dieu. Nous avons besoin d’un lieu qui soit bien plus qu’un simple espace fonctionnel de rassemblement et de divertissement culturel. Une église est un lieu où tout est orienté vers la gloire de Dieu, le culte de sa majesté. N’est-il pas temps, en relisant le livre d’Ézéchiel, de retrouver le sens de la sacralité ? D’interdire les manifestations profanes dans nos églises ? De réserver l’accès à l’autel aux seuls ministres du culte ? De bannir les cris, les applaudissements, les conversations mondaines, la frénésie des photographies de ce lieu où Dieu vient habiter ?

 

Beaucoup de prêtres ont découvert la célébration sans présence du peuple. Ils ont ainsi expérimenté que la liturgie est principalement et avant tout « le culte de la divine majesté ».

 

En célébrant seuls, les prêtres n’avaient plus sous les yeux le peuple chrétien, ils ont alors pris conscience que la célébration de la messe s’adresse toujours au Dieu Trinité. Ils ont tourné leur regard vers l’Orient. Car « c’est de l’Orient que vient la propitiation. C’est de là que vient l’homme dont le nom est Orient, qui est devenu médiateur entre Dieu et les hommes. Par là, vous êtes donc invités à toujours regarder vers l’Orient, où se lève pour vous le Soleil de Justice, où la lumière apparaît toujours pour vous », nous dit Origène dans une homélie sur le Lévitique. La messe n’est pas un long discours adressé au peuple mais une louange et une supplication adressées à Dieu.

 

La mentalité occidentale contemporaine, façonnée par la technique et fascinée par les médias, a parfois voulu faire de la liturgie une œuvre de pédagogie efficace et rentable. Dans cet esprit, on a cherché à rendre les célébrations conviviales et attractives. Les acteurs liturgiques, animés par des motivations pastorales, ont parfois voulu faire œuvre didactique en introduisant dans les célébrations des éléments profanes ou spectaculaires. N’a-t-on pas vu fleurir témoignages, mises en scènes et autres applaudissements ? On croit ainsi favoriser la participation des fidèles, on réduit en fait la liturgie à un jeu humain. Le risque est réel de ne laisser aucune place à Dieu dans nos célébrations. Nous courons la tentation des Hébreux dans le désert. Ils cherchèrent à se créer un culte à leur mesure et à leur hauteur humaine, n'oublions pas qu'ils finirent prosternés devant l'idole du veau d'or qu’ils avaient eux-mêmes fabriqué !

 

C’est pourquoi au moment où le prêtre, dans une véritable identification au Christ et avec humilité, célèbre la sainte Messe, il doit pouvoir dire : « Je suis crucifié avec le christ. Je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 19-20). Il doit disparaître derrière Jésus Christ et laisser le Christ être en contact direct avec le peuple chrétien. Le prêtre doit donc devenir un instrument qui laisse transparaître le Christ. Il n'a pas à rechercher la sympathie de l'assemblée en se posant face à elle comme son interlocuteur principal. Entrer dans l'esprit du Concile suppose au contraire de s'effacer, de renoncer à être le point focal. L’attention de tous doit se tourner vers le Christ, vers la croix, véritable centre de tout culte chrétien. Il s’agit de laisser le Christ nous prendre et nous associer à son sacrifice.

 

La liturgie nous met réellement en présence de la Transcendance divine. Y participer en vérité suppose de renouveler en nous cette « stupor » que Saint Jean-Paul II tenait en haute estime (Ecclesia de Eucharistia, 6). Cette stupeur sacrée, cette crainte joyeuse, requiert notre silence devant la majesté divine. On oublie souvent que le silence sacré est un des moyens que le Concile indique pour favoriser la participation. La participatio actuosa à l’œuvre du Christ suppose donc de quitter le monde profane pour entrer dans « l’action sacrée par excellence » (SC 7)… Tant de fois nous avons communié par habitude et routine, sans préparation ni action de grâces.

 

Quant à nous, les prêtres, avons-nous toujours été conscient d’être mis à part, consacrés pour être les serviteurs, les ministres du culte du Dieu Très-Haut ? Comme l’affirme le prophète Ezéchiel, vivons-nous sans avoir sur cette terre aucun autre patrimoine que Dieu lui-même ? Au contraire, bien souvent nous avons été mondains. Nous avons quémandé la popularité, le succès selon les critères du monde.

 

Il serait heureux, là où cela est possible, que les processions de supplications comprenant les litanies des Saints soient remises à l’honneur. Je voudrais insister enfin sur la prière pour les défunts. En de nombreux pays, les défunts ont dû être mis en terre sans que des obsèques convenables aient été célébrées. Il nous faut réparer cette injustice. Par piété filiale, nous devons entourer tous les défunts d’une ardente prière d’intercession pour le salut de leur âme. Il est heureux en ces cas que, selon les coutumes de chaque lieu, la messe soit suivie d’une absoute célébrée en présence d’une représentation symbolique des défunts (Tumulum, catafalque), et d’une procession vers le cimetière avec bénédiction des tombeaux. Ainsi l’Église, telle une vraie mère, prendra soin de tous ses enfants vivants et défunts et présentera à Dieu au nom de tous un culte d’adoration, d’action de grâce, de propitiation et d’intercession.

 

 

Extrait de la Lettre du Cardinal Robert SARAH,

Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements                                                   8 mai 2020

 

Je redis à tous ma profonde compassion dans ces temps d’épreuves. Je renouvelle mes fraternelles encouragement aux prêtres qui se dévouent corps et âmes et souffrent de ne pouvoir faire davantage pour leurs troupeau. Ensemble nous mesurons que la communion des saints n’est pas un vain mot. Ensemble, bientôt, nous rendrons à nouveau aux yeux de tous, le culte qui revient à Dieu et qui fait de nous son peuple.

 

 

Nouvelles de famille

 

-  Prions pour le repos de l’âme de Pierre, papa de l’abbé Denis Le Pivain.

 

-  Après la célébration des 75 ans de notre évangélisation, que les prêtres diocésains s’attendent à des affectations tous azimuts le mois prochain en vue de préparer les 80 ans avec foi et audace. C’est un appel à l’invention, à la créativité et à l’abandon de soi à l’Esprit.

 

-  L’Economat diocésain dispose de beaucoup de plants pour le reboisement. Cette année encore ce sera gratuit pour ceux qui sont sûrs de planter et de les entretenir.

 

-  Juin est le mois du Sacré-Cœur. La dévotion au Sacré-Cœur comme symbole de l’amour de Dieu se répand surtout au XVIIè siècle avec saint Jean Eudes et Marguerite-Marie Alacoque.

 

-  Nous félicitons la Caritas-BDBD qui a su bien organiser la semaine Laudato Si’ en lien avec la paroisse de Kabo, le Séminaire Mgr Chopard-Lallier et le Centre diocésain "Africae Munus". Après la semaine Laudato Si’ vive l’année Laudato Si’ !

 

-  Bénissons Dieu qui nous a épargnés du coronavirus.

 

-  Alors que les marchés populeux s’animent partout dans les villages et villes du Bénin sans  les gestes barrières et mesures de distanciation, on continue de nous les imposer dans les lieux de culte : c’est du "kaléta". On ne se moque pas de Dieu impunément.

 

-   La Maison de l’Artemisia distribue les produits de qualité qui ont une traçabilité depuis la production écologique en passant par la transformation jusqu’à la distribution. Or nul ne connaît le contenu des emballages du couple Irlande et Amédée KANHONOU qui sème la confusion en se faisant appelé « Maison Africaine de l’Artémisia » (Clément YARGO, Président de l’Association La Maison de l’Artémisia-Bénin).

 

Quelques dates

 

1er juin           : Au Séminaire Providentia Dei pour le reboisement avec séminaristes

 

                        et prêtres formateurs.

 

3 juin             : Conseil presbytéral à 9h30 à l’Archevêché.   

 

                        Messe de requiem pour Louise, maman de l’abbé Augustin TOSSOU à 19h.  

 

4 juin             : Rencontre avec les séminaristes de N. D. de Fatima à 19h15.

 

5-6 juin          : A Djougou pour les obsèques de Bio Jacques, papa de l’abbé Pierre.                

 

7 juin             : Confirmations à la paroisse saint Joseph d’Alaga à 9h30.

 

9-11 juin        : Assises de la Conférence Episcopale au Séminaire Saint Gall de Ouidah.                      

 

14 juin           : Messe du Saint Sacrement au Séminaire N. D. de Fatima à 8h.

 

16-17 juin      : Permanence pastorale à Djougou.

 

19 juin           : Fête du Sacré-Cœur. Journée mondiale de prière pour la sanctification

 

                        des prêtres.

 

                        Messe chrismale à 9h30 à la Cathédrale.

 

21 juin           : Confirmations à l’Université à 9h30.

 

23-24 juin      : Visite au Séminaire propédeutique de Ténonrou.

 

28 juin-1er juillet : Permanence pastorale à Djougou.

 

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