En ce temps de carême, encourageons-nous réciproquement à plus de douceur et de gentillesse. "L’homme doux, c’est l’homme calme, gentil, simple, obéissant et pacifique, qui traite bien les gens et ne se dispute avec personne…" (Pape François). Ces traits le rendent aimable, car il vit avec tout le monde en paix, et quoi de plus beau que la paix quand les frères vivent ensemble. Ciblons la langue dans ce message de carême. Saint Paul nous recommande la maîtrise de notre langue en ces termes : "Aucune parole mauvaise ne doit sortir de votre bouche ; mais s’il en est besoin, dites une parole bonne, constructive, capable d’apporter la paix à ceux qui l’entendent… Amertume, irritation, éclat de voix, injures, tout cela doit disparaître de chez vous, comme toute espèce de méchanceté. Soyez bons les uns envers les autres" (Ep. 4, 29-32). Cela s’appelle imiter le Christ doux et humble de cœur.

Les péchés de la langue : les jugements hâtifs, les critiques intempestives, les racontars pimentés, les accusations infondées, les attaques brutales, les soupçons sournois etc. sont des injustices terribles qu’il faut arrêter. On porte atteinte à la bonne renommée de l’autre, je dirais même plus à son honneur et à sa dignité. Ceux qui sont devenus experts dans ce sport ignorent peut-être que Satan exploite leurs frustrations, leurs jalousies, leur anxiété, leurs déceptions pour les rendre hideux etc.

Or Dieu nous a donné la langue pour le louer, le bénir, chanter ses merveilles. Que toute langue proclame que Jésus est Seigneur. Utilisons notre langue pour le bien. L’épître de saint Jacques nous laisse un enseignement étincelant sur la puissance de la langue : "la langue est un petit membre et se vante de grands effets. Voyez comme il faut peu de feu pour faire flamber une vaste forêt. La langue aussi est un feu, le monde du mal…La langue, nul homme ne peut la dompter : fléau fluctuant, plein d’un poison mortel ! Avec elle nous bénissons le Seigneur et Père ; avec elle aussi nous maudissons les hommes, qui sont à l’image de Dieu ; de la même bouche sortent bénédictions et malédictions" (Jacques 3, 5…10).  

Mais comme nous le savons, la langue n’agit pas de façon indépendante. Elle est gouvernée par notre esprit et notre intelligence. "L’usage de la langue tombe exactement sous ce registre où notre liberté est entière et où notre responsabilité est pleine". Cela signifie qu’on n’est pas méchant par accident, ni par hasard. Le méchant est méchant exprès. Quand il nous poursuit de ses médisances et calomnies que faire ? Répondre par la douceur et si c’est possible s’éloigner aimablement et discrètement de lui, c’est-à-dire réduire les fréquentations mais sans violence. Le véritable méchant ne le fait pas une fois en passant. Il a du plaisir à remuer le couteau dans la plaie, il a de la joie à affûter sa langue, sa plume, ses gestes, ses expressions pour mordre. Il est pleinement conscient qu’il veut discréditer, humilier et même démolir quelqu’un ; et il persiste allègrement dans son désir diabolique. Croyez-moi, c’est un homme blessé dans son orgueil, donc malade. Il faut l’aider à en guérir sinon son mal s’aggrave. Un cœur blessé tend à blesser les autres. Une âme triste et aigrie manque souvent de détachement. Elle reste attachée à ses déceptions et frustrations. Elle a du mal à prier et à aimer. Evagre dit :"Si tu désires prier comme il faut, n’attriste aucune âme, sinon tu perds ton temps". Par contre la joie est un remède efficace pour la bonne hygiène spirituelle. Rien ne vaut un sourire pacifique. "Heureux les artisans de paix ils seront appelés fils de Dieu". C’est l’homme pacifique qui mérite d’être appelé réellement fils de Dieu. "Il faut être l’enfant d’un Dieu parfait pour parvenir à aimer quelqu’un qui, pour le moment, nous injurie, nous crache au visage, diffame notre nom, médite de nous faire du mal par jalousie…".

C’est le carême, soyons gentils. La gentillesse est comme l’huile lubrifiante des relations humaines. Elle rend souple ce qui est raide ; elle adoucit ce qui est amer. Celui qui répand la gentillesse sème partout la sympathie, l’harmonie, la sérénité. Dans nos relations, employons à temps et à contre temps ces expressions : merci, pardon, bravo, excuse-moi, gloire à Dieu, Alléluia, Amen, Dieu est bon…

Si quelqu’un nous a offensés, soyons les premiers à le saluer avec sourire à l’appui. Une salutation courtoise est comme un doux massage sur l’esprit encombré de soucis. Ne répondons pas à une insulte par une insulte. Ça désarme l’adversaire et même le déstabilise. Et si nous lui faisons un beau cadeau, ce sera le comble. Avec les bonnes manières, les petits gestes d’affection, on fait reverdir les déserts intoxiqués d’inimitié et refleurir les liens minés, devenus secs, arides et même empoisonnés.

Mais le pire méchant est celui qui vous poignarde dans le dos en continuant de vous sourire hypocritement. Il emploie la ruse, les pièges, la mauvaise foi pour parvenir à ses fins. Il joue au courtois, au gentil en face de vous. Et si vous êtes une autorité, il devient obséquieux envers vous avec un langage mielleux pour vous endormir. En un mot son cœur est double, son visage est double, sa pensée est double. C’est du machiavélisme raffiné. Il peut faire semblant d’être naïf et bon envers tout le monde et surtout envers sa victime. Je ne parle pas de petites méchancetés passagères. Publilius Syrus (1er siècle avant Jésus-Christ) disait : "il faut craindre la méchanceté surtout quand elle prend les dehors de la bonté". Curieusement, beaucoup de méchants vivent et prospèrent dans le mal, le cœur totalement anesthésié, jusqu’à leur mort. Avec des sourires déguisés ils multiplient les victimes.

Utiliser la méchanceté pour répondre à la méchanceté c’est indigne du chrétien. Le bon sens nous dit qu’on n’éteint pas le feu avec le feu. "Œil pour œil, dent pour dent" est un signe de faiblesse, un manque de maîtrise de soi qui entretient le feu de la rancune et de la vengeance.

La réponse des réponses au méchant c’est l’imitation de notre Seigneur Jésus-Christ (Cf. Ph 2,6-11). Le Christ humilié sur la Croix ne répond pas à ses accusateurs ni même au larron qui se moque de lui. C’est le bon larron qui prend sa défense et rappelle à son collègue qu’ils sont tous deux des vauriens, pas le Christ qui se tait. Le silence du Calvaire est un mystère. Quand enfin Jésus s’exprime c’est pour promettre le paradis : "tu seras avec moi, aujourd’hui même, dans le paradis". Ce qui intéresse vraiment le Christ c’est de sauver les pécheurs, donner sa vie, donner le bonheur éternel et non blesser ceux qui le blessent.

Pour ce temps de carême, je n’ai pas trouvé mieux à vous proposer qu’un texte du Pape François tiré de son exhortation apostolique, "Gaudete et exsultate" sur la troisième béatitude : "Heureux les doux…". Exhortons-nous à plus de douceur dans nos rapports. Habituons-nous à dire : "Soyons gentils, c’est le carême ; tout doux, c’est le carême ; patience, c’est le carême ; parlez bien de l’autre, c’est le carême ; ne criez pas sur… c’est le carême. Voilà des expressions qui pourront nous accompagner tout au long de ce carême. Répétons inlassablement "Jésus doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre". Bonne route vers Pâques.

+Pascal N’KOUE.         

Omnium servus

 

« Heureux les doux, car ils possèderont la terre ».

71. C’est une expression forte, dans ce monde qui depuis le commencement est un lieu d’inimitié, où l’on se dispute partout, où, de tous côtés, il y a de la haine, où constamment nous classons les autres en fonction de leurs idées, de leurs mœurs, voire de leur manière de parler ou de s’habiller. En définitive, c’est le règne de l’orgueil et de la vanité, où chacun croit avoir le droit de s’élever au-dessus des autres. Néanmoins, bien que cela semble impossible, Jésus propose un autre style : la douceur. C’est ce qu’il pratiquait avec ses propres disciples et c’est ce que nous voyons au moment de son entrée à Jérusalem : « Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse » (Mt 21, 5 ; cf. Zc 9, 9).

72. Jésus a dit : « Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes » (Mt 11, 29). Si nous vivons tendus, prétentieux face aux autres, nous finissons par être fatigués et épuisés. Mais si nous regardons leurs limites et leurs défauts avec tendresse et douceur, sans nous sentir meilleurs qu’eux, nous pouvons les aider et nous évitons d’user nos énergies en lamentations inutiles. Pour sainte Thérèse de Lisieux, « la charité parfaite consiste à supporter les défauts des autres, à ne point s’étonner de leurs faiblesses ».

73. Paul mentionne la douceur comme un fruit de l’Esprit Saint (cf. Ga 5, 23). Il propose que, si nous sommes parfois préoccupés par les mauvaises actions du frère, nous nous approchions pour le corriger, mais « avec un esprit de douceur » (Ga 6, 1), et il rappelle : « Tu pourrais bien toi aussi être tenté » (ibid.). Même lorsque l’on défend sa foi et ses convictions, il faut le faire « avec douceur » (1 P 3, 16), y compris avec les adversaires qui doivent être traités « avec douceur » (2 Tm 2, 25). Dans l’Église, bien des fois nous nous sommes trompés pour ne pas avoir accueilli cette requête de la Parole de Dieu.

74. La douceur est une autre expression de la pauvreté intérieure de celui qui place sa confiance seulement en Dieu. En effet, dans la Bible on utilise habituellement le même mot anawin pour désigner les pauvres et les doux. Quelqu’un pourrait objecter : “Si je suis trop doux, on pensera que je suis stupide, que je suis idiot ou faible”. C’est peut-être le cas, mais laissons les autres penser cela. Il vaut mieux toujours être doux, et nos plus grands désirs s’accompliront : les doux « possèderont la terre », autrement dit, ils verront accomplies, dans leurs vies, les promesses de Dieu. En effet, les doux, indépendamment des circonstances, espèrent dans le Seigneur, et les humbles possèderont la terre et jouiront d’une grande paix (cf. Ps 37, 9.11). En même temps, le Seigneur leur fait confiance : « Celui sur qui je porte les yeux, c’est le pauvre et l’humilié, celui qui tremble à ma parole » (Is 66, 2).

Réagir avec une humble douceur, c’est cela la sainteté ! 

Pape François                             

 

 

 

Nouvelles de famille

- "Laissons-nous réconcilier avec Dieu" (cf. 2 Co 5, 20) : c’est le thème du message de carême du Pape François. Les questions d’injustices et de frustrations mais aussi la hargne, les préjugés négatifs sur l’autre, les critiques méchantes empoisonnent nos relations. Un peu d’hygiène spirituelle !

-  Le mois de mars, dans l’Eglise universelle, est dédié à saint Joseph. Incluons une prière à saint Joseph avant ou après le chapelet ou la sainte eucharistie. Il nous aidera à exalter la figure du Dieu-Père, en cette année pastorale dédiée au Père, qui nous envoie en mission.

-  L’opuscule "Tel père telle famille" vient de paraître. Vous le trouverez sur toutes les paroisses. J’y ai proposé quelques solutions aux nombreux problèmes que subissent les familles. Vous y trouverez aussi des prières utiles.

-  Avec le Conseil Presbytéral, nous avons ciblé trois points à faire cette année: ériger ou remettre la statue de saint Joseph dans les églises et surtout les écoles, célébrer le saint sacrifice de la messe "ad orientem" là où c’est possible, et revenir à l’Oraison d’intimité. Je recommande vivement l’opuscule "Messe orientée, messe désorientée".

-  L’aviation de Tourou est fonctionnelle depuis quelque temps. Il y a trois vols réguliers par semaine entre Cotonou et Parakou. Au lieu de 6h de route, en 1h désormais le trajet est fait.

-  Je remercie vivement le Renouveau charismatique diocésain qui m’a apporté une enveloppe consistante pour les Petits-Clercs, futurs séminaristes.

-  Prions pour le repos de l’âme de Melle Jean-Grâce, postulante des Sœurs Albertines, décédée le mois dernier par suite d’une opération chirurgicale.

Quelques dates

3 mars        : Journée de Récollection pour tous les prêtres au Centre Pastoral à 9h30.

5-7 mars     : Rencontre des prêtres Focolarini au Centre Pastoral.

6-8 mars     : Permanence pastorale à Djougou.

10-12 mars : Au Séminaire Propédeutique  Mgr R. Chopard-Lallier de Ténonrou.

15 mars      : Journée de rencontre avec les marguillers et marguillères du diocèse au

                    Centre Pastoral. Messe à 9h30.                         

16 mars      : Rencontre avec Mr Fabrizio, du Groupe Missionnaire de Merano (GMM).

19 mars      : A 9h : Messe à Providentia Dei. Journée de rencontre avec les séminaristes.

                    Fête patronale. Journée de culture générale.

                  : Rencontre avec les séminaristes de N. D. de Fatima à 19h10.

20-21 mars : Permanence pastorale à Djougou.

22 mars      : Rencontre avec l’Association des jeunes chrétiens Bariba au Sanctuaire

                    Marial de Komiguea à 10h.

26-29 mars : Assises du Conseil national du (MCCPP) au Centre Pastoral Guy Riobé.

BON TEMPS DE CAREME, BONNE MONTEE VERS PAQUES

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Pastorale des jeunes

Journal la croix du bénin