Aucun peuple de l’antiquité n’a conservé son patrimoine littéraire comme Israël l’a fait de la Bible. Tout ce qui est su des civilisations antiques (Égypte, hittite, assyrien, babylonien) vient en bonne partie des archéologues qui l’ont résumé. De la Grèce classique et romaine existe un patrimoine, en plusieurs parties, lacunaire. Seul Israël s’est soucié de transmettre ses livres, de les commenter, d’en faire l’aliment de sa foi et de son espérance. 

La formation de la Bible a eu une histoire longue et sa reconstitution est plutôt compliquée. L’homme antique, à part les scribes de cour, ne sait pas écrire, et donc pour communiquer avec les autres, il parle, conserve dans la mémoire, raconte et répète dans le culte et dans les récits vespéraux les événements qui ont caractérisé la vie des ancêtres. De génération en génération les événements concernant les ancêtres sont racontés et transformés.

Lentement, du stade oral, on passe aux premières compositions partielles écrites, et donc à des unités toujours plus amples. Même après avoir été mis par écrit, les textes continuent à être actualisés, approfondis et corrigés. Ils sont devenus immuables et intouchables seulement au Ier siècle après Jésus-Christ. Ainsi est née la Bible, un édifice qui a requis un millénaire avant de hisser sur sa propre hampe le mot ‘fin’. 

 Du temps de David jusqu’à l’auteur de l’Apocalypse, du Xème s. à la fin du Ier siècle après J.C.

 

 

Ancien Testament

Les traditions orales

L’histoire du peuple d’Israël commence plus directement avec Abraham (XIX-XVIIIè s. avant Jésus-Christ) qui, en réponse à l’appel de Dieu, de la Mésopotamie va dans la côte de la Méditerranée, en terre de Canaan.

 Les événements relatifs à Abraham, Isaac et Jacob prennent corps en forme de traditions orales

Les fils écoutent de la bouche des pères les histoires des ancêtres. Les récits se fondent sur des concepts simples : Dieu est présent dans l’histoire humaine et a un rapport personnel avec les patriarches.

     Les descendants de Abraham, poussés par la famine, s’établirent pendant longtemps en Égypte : pour près de quatre siècles leurs traces sont perdues.   L’histoire des descendants de Abraham reprend avec l’exode (fin du XIIIè s. avant Jésus-Christ). Sous le guide de Moïse, les israélites traversent le désert jusqu'au Sinaï et, là, le Dieu qui était révélé à Moïse comme hw"hy> établit avec eux une alliance. De la période qui va de l’entrée en Canaan à l’avènement de la monarchie (XII-XI s. avant Jésus-Christ), peu d’informations existent. Dans les sanctuaires, les prêtres transmettent des récits relatifs aux guerres, avec les populations cananéennes et philistines et à la progressive émergence du pouvoir des israélites. Lentement les tribus israélites s’organisent sous le guide d’un roi : Saül. Mais David (1010-950 avant Jésus-Christ) sera le roi qui va conduire Israël à la pleine indépendance et à la souveraineté de Canaan. 

 

 

Les premières compositions

Avec la naissance de la monarchie (Xe s. avant Jésus-Christ), Israël a ses annalistes et les premières compositions littéraires commencent. Les premiers textes de prière, qui vont donner vie aux Psaumes, sont écrits. La partie centrale du livre des Proverbes (Pr 10-29) est aussi de la même époque.

En Judée, autour du IXè s. avant Jésus-Christ, sur la base d’antiques traditions orales, une histoire sacrée qui part de la création et arrive jusqu’à la mort de Moïse se met par écrit.  

Les savants indiquent une telle tradition avec le terme Jahwiste (J), parce que Dieu y est toujours désigné  avec le terme hw"h' (JHWH). L’œuvre est aujourd’hui répandue dans les livres de la Genèse, Exode et Nombres[1]. 

Un siècle plus tard (VIIIè s. avant Jésus Christ), grâce à des auteurs eux-aussi inconnus, surgit une autre tradition, appelée par les savants, Elohiste (E) parce qu’elle désigne Dieu come le terme ~yhi_l{a/ (Elohim). L’œuvre recueille les traditions sur les patriarches et sur l’exode ainsi comme elles ont été formées entre les tribus du Nord[2]. Le récit est, également, identifiable dans les livres de Genèse, Exode et Nombres.

  

La parole et l’action des prophètes

La période monarchique est caractérisée par les prophètes, messagers de Dieu et défenseurs de l’homme opprimé par les injustices croissantes d’une société  en plein développement social et économique. Elie et Elisée (IXè siècle avant Jésus Christ) exercent leur mission prophétique dans le royaume du nord en l’accompagnant avec des actions prodigieuses. Les paroles et les actions des deux prophètes se lisent entre le premier  et le second livre des Rois                   (1 R 17-2 R 13). À  partir du VIIIè siècle, la prédication des prophètes est recueillie dans un livre (prophètes écrivains). Au nord : Amos et Osée. Dans le royaume de Juda : Isaïe (Is 1-39), Jérémie, Baruc, Michée, Sophonie, Naum et Abacuc. Les actuels livres des prophètes sont l’œuvre de disciples qui rassemblèrent successivement les oracles du maître. 

Dans le cours du VIIè siècle, est rédigée la partie centrale du Deutéronome (Dt 12-26, Code Deutéronomique), qui représente la hr'AT (Torah) sur  la base du message des prophètes. Au centre d’une telle œuvre est le concept d’alliance : don de Dieu et engagement à appliquer quotidiennement dans la vie.  

La fidélité à l’alliance comporte la sagesse, l’infidélité la ruine. 

Les anciennes traditions historiques sont repensées à la lumière du message prophétique et naît l’œuvre historique du deutéronomiste, une histoire du peuple d’Israël de l’entrée en Canann à la chute de Jérusalem. L’œuvre  comprend le livre de Josué, des Juges, 1-2  Sam, 1-2 R

En 587 avant Jésus Christ, Jérusalem est détruite. Le royaume de Juda est annexé à l’empire babylonien et une bonne part de la population est déportée en Babylone.

 

 

L’activité littéraire à l’époque exilique

Durant  l’exil babylonien (IVe s. avant Jésus Christ), l’œuvre historique du Deutéronome atteint sa rédaction définitive. Les cercles sacerdotaux élaborent une nouvelle réflexion sur le passé  et réécrivent l’histoire de la création jusqu’à la mort de Moïse (la tradition sacerdotale P), en l’insérant dans le cadre de trois alliance (Noé, Abraham et Moïse). L’œuvre œuvre converge aussi en Genèse, Exode et Nombres

Les cercles sacerdotaux recueillent également les lois culturelles en donnant vie au livre du Lévitique. Durant l’exil, Ezéchiel et le Deutéro-Isaïe (auteur des chapitres 40-55 du livre d’Isaïe) exécutent leur mission prophétique. Grâce  à eux, l’espérance du retour en patrie renaît dans le peuple. Toujours de l’époque exilique sont les Lamentations, qui pleurent la ruine de Jérusalem.

 

 

L’activité littéraire de l’après exil 

Dans l’après exil, l’œuvre de reconstruction est soutenue par les prophètes Aggée, Zacharie, Abdias, et par le Trito-Isaïe (chapitres 56-66 de Isaïe). 

Dans le cours du Vè siècle avant Jésus Christ, un rédacteur ou un groupe de rédacteurs fondent ensemble les quatre traditions déjà existantes (yahviste, élohistes, deutéronomique, sacerdotal) et l’actuel Pentateuque prend vie (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome). 

À  la fin du Vè siècle, avant Jésus Christ commence la rédaction de l’œuvre historique du Chromiste (Chroniques, Esdras et Néhémie), qui embrasse la période allant de la création à la reconstruction de l’après exil. Le thème central de cette œuvre historique est la sanctification du peuple grâce au culte. Dans la période post-exilique se développe aussi la littérature sapientielle. Les recueils  des Proverbes, et des Psaumes sont achevées. Les livres de Job, une réflexion sur le mystère du mal et de la souffrance, et le Cantique des Cantiques, qui chante l’amour de hw"hy> pour son peuple est composé. Un nouveau genre littéraire : le récit historique parabolique surgit, qui utilise librement l’histoire avec l’intention d’instruire et d’aider à vivre en temps difficile. Les livres de Ruth, Tobie, Judith, Ester et Jonas s’en inspirent. 

L’annonce prophétique se fait encore entendre au Vè s. avant Jésus Christ avec Malachie et Joël e puis au IVè siècle avec un prophète inconnu, dont le message est contenu dans les chapitres 9-14 du livre de Zacharie, le Deutero-Zacharie. À partir du même moment se tait la voie de la prophétie.

Au IIè siècle avant Jésus Christ, le roi de la Syrie, Antiochus IV Epiphane déchaîne une violente persécution religieuse à laquelle s’opposent les Maccabées (167-135 avant Jésus Christ). Les événements de la période sont narrés en 1-2 Maccabées. À la même époque, naît la littérature apocalyptique. Le livre de Daniel annonce à travers des visions le triomphe de Dieu sur les ennemis du peuple  (cf. Dn 7-12). En époque hellénistique, entre le IIIè et le Ier siècle avant Jésus Christ, sont composés Qohélet (ou Ecclésiate), le Siracide (ou Ecclésiatique) et le livre de la Sagesse, l’ultime livre de l’Ancien Testament. 


[1] Il s’agit d’une œuvre de synthèse  et d’invention. Autour des points d’appui (fondements, pierre angulaires) de la libération de l’Égypte et de du don de la terre, les traditions relatives aux patriarches conservées au Sud (Juda) sont recueillies. À ladite synthèse le Yahviste fait précéder comme introduction générale l’histoire des origines (Gn 1-11), fruit de sa personnelle réflexion, mais qui sert à donner sens à toute l’histoire d’Israël et du monde. Si avec Adam, symbole de l’humanité des origines, le péché et la malédiction sont entrés dans le monde, avec Abraham commence l’ère de la bénédiction, reversée sur Israël et, à travers Israël, sur toutes les nations de la terre (Gn 12,3). Le Yahviste est fondamentalement un optimiste. Dans le règne de Salomon il voit que le dessein de Dieu a atteint son but : sur Israël et les peuples qui dépendent de lui, règne la bénédiction

 

[2] L’intérêt de la tradition élohiste  est centré sur la nation hébraïque et sur sa caractéristique fondamentale de peuple allié avec Dieu, à la fidélité de laquelle il est toujours appelé.

 

Bible

Liturgie

Agenda Diocésain

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Pastorale des jeunes

Journal la croix du bénin

Archived Articles