"Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun" (Ac 2, 47). C’est en raison de nos liens de parenté avec le Christ depuis notre baptême que nous sommes tenus de cultiver les liens de famille en paroisse et dans le diocèse.
« La multitude des croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme, et personne ne se disait propriétaire de ce qu’il possédait, mais on mettait tout en commun… Aucun d’entre eux n’était dans la misère… » (Ac 4, 32-35). L’instinct propriétaire et donc égocentrique nous complique la vie et même nous appauvrit. La solution à nos misères c’est de vivre la solidarité. N’est ce pas le plus grand souci du Christ pour son Eglise ? "Qu’ils soient UN comme nous sommes UN afin que le monde croie" (cf. Jn 17). Quelle responsabilité ?
Nous avons un destin commun. Malheureusement on n'y pense pas souvent. Chacun est plutôt tenté de se prendre pour le nombril du monde. Or c'est l'union qui fait la force. Ne soyons pas naïfs. Les financements pour notre apostolat ne tomberont jamais du Ciel. C’est le travail méthodique, constant et persévérant qui crée la richesse. Faire confiance à la divine Providence ne nous autorise pas à vivre les bras croisés. Nous sommes appelés à être  solidaires. En exhortant les fidèles laïcs à être généreux, nous les consacrés et les prêtres diocésains nous nous imposerons l’esprit de détachement et du don de soi. Le Pape Jean-Paul II nous dit qu'il est temps de financer nous-mêmes notre pastorale.
"L’Evangélisation requiert, outre les moyens humains, des moyens matériels et financiers substantiels, dont bien souvent les diocèses sont loin de disposer dans des proportions suffisantes. Il est donc urgent que les Eglises particulières d’Afrique se fixent pour objectif d’arriver au plus tôt à pourvoir elles-mêmes à leurs besoins et à assurer leur autofinancement" (Ecclesia in Africa n°104). Le Pape nous pousse à avoir confiance en nous-mêmes. L’autofinancement de l’évangélisation dans nos diocèses est une urgence. Nous  pouvons y arriver. Le bénévolat est à promouvoir. Mais cela n'exclut pas qu'on  pense aux projets d’investissement à court, à moyen et à long terme. "Vouloir c'est pouvoir", dit-on.
Notre diocèse est un réservoir important d’enfants et de jeunes, quelle richesse ! On dispose de plusieurs réserves de terres cultivables. Nous devons nous engager à les rentabiliser en optant pour les produits agricoles de qualité et leur transformation sur place : ce n’est pas une idée saugrenue. Parmi les fidèles laïcs, il y a des bras valides, des fermiers, des maçons, des menuisiers, des charpentiers, des électriciens, des plombiers, des comptables, des ingénieurs agronomes, des médecins, des éleveurs pleins d'expérience. On peut compter sur leur dévouement. Parmi les consacrés, il y a des manuels comme les Salésiens, les Frères Missionnaires des Campagnes etc. On peut compter aussi sur leurs diverses compétences. De plus en plus il y a des gens à la retraite. La solution c’est de créer de petites et moyennes entreprises, de constituer de petites coopératives sur les paroisses en respectant les normes sanitaires et phytosanitaires. En un mot, une alliance est à créer à l’intérieur du diocèse pour organiser le bénévolat et lancer ce qu’on pourrait appeler "l’agro-business". Pourquoi pas ? Mais nous le ferons pas à pas. J'attends de vous des propositions concrètes et suggestions réalistes pour enrichir cette  logique (cf. Gn 2, 15). Tous les talents viennent de Dieu, il faut les harmoniser pour la gloire de Dieu et le bien-être de son peuple.
Quant aux unités de production (menuiserie, librairie, imprimerie, boulangerie, centres d’accueil, soudure etc.), les œuvres d’éducation et de miséricorde (écoles, maternités, centres de santé) et les lieux de formation pastorale, elles seront administrées avec plus de rigueur, sous le regard de Dieu et dans l’intérêt de tous. Par amour pour notre diocèse, nous serons les premiers clients de nos structures. C'est cela la "diocésanité", c'est-à-dire transformer nos égoïsmes en générosités. Au lieu de dire "que fait le diocèse pour moi" ? Se demander ce qu’on peut faire pour le diocèse.
Prenons conscience que nous sommes un marché important. Ce nouveau mot de diocésanité est pour signifier l’effort que nous devons tous faire pour renforcer l’esprit d’unité de notre famille diocésaine autour du Christ et de sa sainte Mère. Un seul troupeau, un seul Pasteur. La "diocésanité", c'est-à-dire le souci de penser au bien commun et d’apporter à notre famille diocésaine ce qu’on peut lui apporter sera de plus en plus notre force. La Doctrine Sociale de l'Eglise nous exhorte fortement à être une Eglise joyeuse, solidaire et missionnaire. Pour mieux vivre cette "diocésanité", nous aurons intérêt à rendre opérationnelles toutes nos Caritas paroissiales (cf. Ac 4, 32-37). Que l'amour fraternel nous lie d'une affection réciproque (cf. Ro 12,10). En un mot, la "diocésanité" c'est la mutualisation de tous nos avoirs et savoir-faire, nos forces et capacités pour mieux servir Dieu et son Eglise.
Cette diocésanité ne concerne pas seulement les adultes. Eduquons très tôt nos enfants à faire non pas un signe de croix quand passe le panier de la quête mais à donner quelque chose si minime soit-il, de bon cœur et généreusement, en pensant que Dieu leur donne et leur donnera davantage. Cette éducation au partage est une grande école. Car "Dieu aime celui qui donne avec joie" (2 Co 9,7).
Beaucoup de personnes pensent que le Vatican paie les évêques et les prêtres : erreur grossière. Ni l’Etat Béninois, ni l’Etat du Vatican n’interviennent pour financer le clergé. Les prêtres vivent de l’attention quotidienne de la Divine Providence. C’est vrai que par le système de solidarité ecclésiale universelle, chaque diocèse au Bénin reçoit de Rome une petite aide pour faire tourner l’évêché pendant un trimestre environ. Le reste de l’année, notre Seigneur qui pourvoit à la nourriture des oiseaux et habille l’herbe des champs nous ravitaille généreusement à travers nos divers bienfaiteurs (cf. Mt 6, 25-34) que sont les fidèles chrétiens.
Cependant, régler les tâches matérielles de la paroisse et du diocèse n’est pas toujours chose aisée, c’est même un véritable casse tête pour nous. C’est lourd, c’est usant et parfois déprimant avec la tentation de faire passer les questions matérielles avant celles d’ordre spirituel. Même chez de bons gestionnaires, il faut une gymnastique d’acrobates volontaristes, fortement soutenue par la confiance au Père riche en tout pour pouvoir joindre les deux bouts.
Comme vous l’avez saisi, notre Eglise-Famille de Dieu vit de la générosité de ses membres. Les besoins sont nombreux. Les sessions de formation, entre autres la formation des séminaristes et des novices, ont un coût. Chaque baptisé, en dehors des quêtes de dimanches devrait trouver la formule qui lui convient pour venir régulièrement en aide à son diocèse. Il y a le système de la dîme à verser par mois, qui peut être remis en valeur. Il y a bien sûr le denier du culte chaque année. Les dons, les legs seront toujours les bienvenus. Nous avons besoin des Priscille et Aquilas pour nous permettre de diffuser allègrement l’Evangile à temps et à contre temps (cf. Rm 16, 3-5). En outre, nous avons le devoir d'aider les pauvres, les laissés pour compte, les malades sans recours, les enfants sans soutien.
Comment relever un tel défi avec des moyens très limités ? Unir nos forces. C’est cela la diocésanité. Il faut se mettre en réseau comme on dit aujourd’hui et chercher à bénéficier de l’expérience des autres. Chaque paroisse, chaque entité, chaque personne avant de dire : " nous n’avons rien" ou avant de mendier doit répertorier ses atouts, ses forces, ses chances et chercher à les faire fructifier. Au lieu de se complaire dans des plaintes inutiles, chaque paroisse doit être désormais fière d’apporter quelque chose aux autres. Peser négativement dans la balance sera une honte. Il faut rompre avec cette mentalité paresseuse qui fait de l’assistanat un droit. Elle tue l’esprit d’initiatives et favorise une culture de dépendance et de jouissance insouciante. Halte au parasitisme. C’est le contraire de la diocésanité. Ça doit bouger.
Enfin, il faut penser aux chantiers en cours : le grand séminaire de philosophie à Gah-Baka, le sanctuaire marial à Komigéa, la ferme de développement intégral de Ténourou, les diverses écoles et collèges etc. L’Evangélisation doit poursuivre sa route à travers tout cela. Sans les dons des fidèles, on risque d'être paralysé. Vouloir c’est pouvoir. Il faut prendre des initiatives et pratiquer la politique des petits moyens. Mais sans Dieu, nous ne pouvons rien faire. Car tout vient de lui, tout est en lui, tout est pour lui. D’où la dévotion non seulement à la Sainte Vierge Marie mais aussi à Saint Joseph, l'Econome du Bon Dieu, le saint Patron de l'Eglise Universelle.
En effet, dès la première année de mon ministère à Parakou, j’ai demandé que tous les mercredis, on célèbre à l’intention des bienfaiteurs, avec si possible la messe votive de Saint Joseph. Où en sommes-nous ? Ce n'est pas pour rien que son nom est désormais cité dans toutes les Prières Eucharistiques au cours de la messe. Saint Joseph, bénis notre diocèse, bénis notre diocésanité, bénis-nous.


+Pascal N’KOUE
Archevêque de Parakou



Nouvelles de famille
- C’est le mois de Marie. Armons-nous de chapelets pour mitrailler et même pilonner l’Auteur de nos malheurs. Dans les familles, les écoles, les CEVB, prions le chapelet tous les jours pour notre pays.
- Prions pour le repos de l’âme de Mr Philippe, père de l’abbé Benoit LUQUIAU, décédé le mois dernier.
- Deux nouvelles plaquettes que je vous prie de prendre en considération : Tous missionnaires ! pour exhorter tous les fidèles et tous les mouvements à la mission ; et Un Trousseau de clés pour réussir pour exhorter spécialement les jeunes chrétiens à explorer avec l’Esprit Saint les zones d’espoir pour mieux vivre la foi.
- Nous accueillons bien volontiers "Gaudete et Exultate" du Pape François, cette exhortation est un appel à vivre la sainteté dans la joie et l’enthousiasme.
    Vous trouverez tous ces livres sur les paroisses, la librairie catholique Saint Paul et à l’Economat diocésain.
- Merci au bon accueil que vous avez fait à mon opuscule "O femmes, un peu de pudeur", publié le mois dernier.
- Rome nous demande de célébrer lundi de Pentecôte la mémoire de la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, dont voici les textes : Gen 3,9-15.20 ; Ac 1,12-14 ; Ps 86 (87) 1-2.3.5-7 ; Jn 19,25-34.
- Nous remercions le Président de la Cour Suprême Mr BATOKO Ousmane (musulman) qui nous a fait la surprise de sa présence à la messe de Vigile de Pâques à la Cathédrale. Il était accompagné de son épouse.
- Le 1er Forum des consacrés sur l’enseignement-éducation au Bénin s’est terminé sur une note très positive. Le Nonce Apostolique Mgr Brian UDAIGWE et le Préfet du Borgou étaient présents.
- Souvenez-vous du Festival des familles qui aura lieu du 4 au 6 mai 2018 à Cotonou. Pour plus de renseignement, téléphoner au n° 62 40 00 00.
- Nous remercions Mgr Antoine SABI BIO, Evêque de Natitingou, qui nous a visités le mois dernier ainsi que Mgr Victor AGBANOU, évêque de Lokossa, Mgr Eugène HOUNDEKON évêque d’Abomey et Mgr Barthelémy ADOUKONOU, évêque émérite à Cotonou.
- Mille mercis à Mme Annick BURGAUD de Nantes qui a fait une belle composition musicale de l’hymne à N. D. de Komiguea dont les paroles ont été écrites par Mgr Aristide GONSALLO. Quel beau trait d’union entre Parakou-Nantes-Porto-Novo.



Quelques dates


1er mai      : Fête du travail. Journée de détente du clergé au Grand Séminaire Providentia Dei.


3 mai        : Cours à Providentia Dei.
             Soir : Rencontre avec le Séminaire Notre Dame de Fatima.


5 mai        : Visite à Kabo-Ténonrou (Africae munus).


6 mai        : Confirmations à Papanè à 9h 30.


8 mai        : Journée de désert dans un monastère.


10 mai      : Ascension. Messe à Providentia Dei à 9h.


12 mai      : Rencontre avec les professionnels des médias au Centre Pastoral à 9h 30.


13 mai      : Confirmations à Banikanni. 10è anniversaire du décès du Cardinal Bernardin GANTIN.
                    Souvenons-nous de lui dans toutes nos célébrations eucharistiques ce jour-là.


17 mai      : Matin : Rencontre avec les Séminaristes de Providentia Dei.
                   Soir : Rencontre avec les Séminaristes de Notre Dame de Fatima.


20 mai      : Pentecôte. Confirmations à la Cathédrale. Quête impérée pour l’obole de saint Pierre.


21 mai      : Les bureaux de la Curie diocésaine sont fermés. Messe en l’honneur de Marie, Mère de
                    l’Eglise (Mémoire obligatoire).


22-25 mai : Conférence Episcopale à Ouidah sur les Séminaristes du Bénin.


26 mai       : Réunion au Centre Pastoral pour la préparation du thème pastoral de l’an prochain à 9h.


27 mai       : Sainte Trinité. Fête des mères. Confirmations à Ganon (quasi-paroisse).


29 mai       : Conseil presbytéral à 9h 30 à l’Archevêché.


Bible

Liturgie

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Pastorale des jeunes

Journal la croix du bénin