Le silence est une valeur indispensable. Vivre en silence est peut-être de nos jours l’effort le plus difficile à faire. Nous connaissons ce proverbe : "un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui croît". Ou encore, "ce sont les tonneaux vides qui font du bruit". Cela revient à dire que "le bruit ne fait pas de bien tout comme le bien ne fait pas de bruit". Et comme il inutile de faire des choses inutiles, arrêtons tous les bruits et entrons en silence pendant 40 jours. On en ressortira renouvelé !
    Prenons l’image du buisson ardent (Ex 3,1-6). Dieu se révèle à Moïse au désert, dans le silence, à travers un buisson qui brûle mais ne détruit pas ce qu’il brûle. Pas de cendres. C’est l’image de l’amour vrai: un feu  qui brûle, mais ne détruit personne et ne s’éteint jamais. Cet amour silencieux de Dieu est présent partout même dans les difficultés, la tempête, le brouillard, la pluie, la chaleur, la poussière etc. Et comme l’amour entre par les yeux, Moïse regarde avec attention le buisson ardent, s’étonne et bouge. Il veut s’en approcher. Alors, il entend la voix de Dieu : « ôte tes sandales ». L’amour s’éveille d’abord par un signe, s’apprécie par le silence avant de s’exprimer. Dans nos amours trop humains, on ne prend pas le  temps d’admirer l’autre en silence. Avec le bruit des paroles, les sentiments sont vite brouillés. Or, pour savourer une caresse il faut le silence. Un baiser sincère fait moins de bruit qu’un coup de canon, mais son écho dure plus longtemps. 40 jours de silence pour savourer l’intimité de Dieu ! Quoi de plus beau ! Sommes-nous prêts ?...
    Un mauvais chrétien déclare souvent la guerre au silence et à l’ascèse. Il est tout le temps dans les fêtes, les modes, les réseaux sociaux, à la recherche des gloires humaines, des plaisirs, et peut-être d’abord de l’argent. Dommage ! Vous avez certainement remarqué que la rosée qui fait tant de bien aux plantes est silencieuse. Le soleil, l’astre le plus brillant, se lève en silence. Il se couche en silence. La semence germe et grandit en silence. La fleur s’épanouit en silence, réjouit les yeux en silence et exhale son parfum en silence. L’enfant dans le sein de sa mère se développe en silence. Et personne ne meurt, c'est-à-dire n’entre dans la vraie vie, en continuant de parler. Le silence est un concentré de plusieurs vitamines nécessaires au bonheur de l’homme.
    Pourquoi le silence ? Par pur sacrifice ? Par esprit de pénitence ? Non. C’est que le silence a une valeur sans prix. Tout prêtre, tout consacré, tout chrétien aussi occupé soit-il, qu’il ne manque pas d’avoir souvent, sinon tous les jours, un moment de silence prolongé pour l’épanouissement de sa vie spirituelle. Elle rejaillit à notre insu sur nos familles, sur notre travail, et même sur l’ensemble du Corps de l’Eglise. Mais Il y a deux sortes de silence :
Le silence vide : c’est l’absence de bruit ou le mutisme : les pierres muettes, la peur de parler, la honte de se tromper, d’être contredit, d’être vivement repris. Alors on se tait. Dans notre éducation africaine,  nous connaissons l’expression : "le petit ne parle pas quand les grands parlent". Si c’est pour bien écouter et apprendre, c’est autre chose. Le silence vide c’est comme les crapauds qui cessent de croasser tout d’un coup parce que quelqu’un a jeté une pierre dans le marigot. C’est le silence des cimetières. Ce silence est purement et simplement absence de bruit, silence vide. Or « la nature a horreur du vide ». Dieu aussi, heureusement !
Le silence plein est celui qui est plein de Dieu. « Même le silence est louange », dit le psalmiste. Ce silence est solitude certes, mais non isolement. Il est aussi communion avec Dieu et avec nos frères et sœurs. Il nous aide à nous reposer utilement. « Venite seorsum » : Venez à l’écart, dit Jésus à ses apôtres qui reviennent de mission. C’est dans le silence que les grandes décisions se prennent. On réfléchit en silence. Avant de choisir ses apôtres, Jésus passa toute une nuit à prier seul comme un ermite, en profonde communion avec son Père. Le silence nous aide à discerner la volonté de Dieu et à l’accomplir avec sa grâce. Alors ne crions pas sur les enfants. Ne crions pas les uns sur les autres. N’augmentons pas le volume de la télévision sans nécessité. Le chant liturgique ne supporte pas le tapage. Comme il est bon le silence pour lire, pour écouter, pour prier, pour méditer, pour contempler.
    Un grand homme se forme dans ce silence plein de Dieu. La force des moines et des saints est dans le silence. L’ermite au fond de son désert est certainement plus en communion avec ses frères que l’homme bavard qui n’écoute personne et qui, par ses propos désordonnés, fatigue les autres sans se fatiguer. Il y a en effet, des bavards qu’on a intérêt à éviter si on est pressé. Ils vous font perdre votre temps (inutilement). Or le temps perdu ne se rattrape jamais. Les Anglais ont évalué le temps et ils ont trouvé que "time is money". Notre sous-développement dépend essentiellement de notre mauvaise gestion du temps. Nous sommes des peuples bruyants. Le jour où on commencera nos réunions et nos activités à l’heure, ce jour-là on décollera et on volera bien haut. C’était une parenthèse. Donner son temps à Dieu dans le silence, ce n’est pas perdre du temps, c’est le gagner. Parce que Dieu, en dehors du temps, sait comment nous aider à rattraper le temps que nous lui avons donné. A vrai dire, le temps donné à Dieu c’est le cadeau qu’il apprécie le plus.
    Prenons Jésus en exemple. Il est né dans le silence d’une grotte. Il est sorti du tombeau en silence : ce sont là deux grands mystères. Il a vécu 30 ans en silence, plus 40 jours et 40 nuits au désert en silence face-à-face avec Dieu. Vous avez compris, n’est-ce pas ? Tout ce qui est important se prépare dans le silence et se réalise dans le silence. Le sang qui circule dans les veines, le cœur qui bat en nous, les yeux qui s’ouvrent et se referment, le soleil qui éclaire pendant le jour, la lune et les étoiles qui rendent tant de service à l’humanité, la terre qui tourne autour du soleil pour le changement des saisons : tout cela se fait en silence. On boit en silence. On avale la nourriture en silence. Les larmes sortent des yeux en silence. Les paroles intimes se disent à voix basse. L’amour vrai et sincère est chargé de silence et par son silence conquiert les cœurs. Le mathématicien Pythagore disait : "celui qui parle ensemence, mais celui qui se tait moissonne". Ceux qui savent aimer dans le silence restent toujours jeunes. Ceux qui arrivent à maîtriser leur imagination négative et leur langue des paroles méchantes font un bon carême. Car Dieu lui-même habite dans le silence des cieux et de nos cœurs.
    Quand tu veux prier, entre dans ta chambre, recommande Jésus, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est présent dans le secret (Mt 6, 16). Cette chambre c’est ton cœur. Le silence est la condition requise pour trouver le Père, pour lui parler et l’entendre. L’hôte divin des âmes ne se laisse aborder et découvrir que dans le recueillement, le silence. Et ce que Dieu nous dit est plus important que nos cris.
    Le silence est en lui seul tout un acte de foi. Quand on pénètre dans une église, lieu sacré, on se tait. Et intérieurement on dit : "Jésus doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre". Le Père est là avec son Fils, présence réelle, présence divine. Et pour que l’Esprit Saint nous aide à dire "Abba" Père, il faut savoir se taire. Promouvoir la culture du silence intérieur transforme les cœurs. C’est un remède qui détruit les toxines en nous. Plus on est silencieux plus on s’émerveille. Et plus on s’émerveille, plus on se tait. Comme elle est dangereuse et nuisible cette accoutumance à perdre l’émerveillement, la fascination, l’enthousiasme de vivre l’évangile et l’annoncer. Quel temps nous consacrons à Dieu chaque jour devant le tabernacle ou devant une image du Christ, de la Vierge ou d’un saint ? Où en sommes-nous avec la prière familiale, l’oraison mentale, la pratique des sacrements, les services gratuits… ? Parles-tu régulièrement de Jésus à ceux qui ne sont pas chrétiens ? Reprenons l’oraison et Dieu nous guérira.
    Le carême est, en effet, un genre de retraite spirituelle. La retraite dit bien qu’il faut se mettre en retrait, à l’écart spirituellement, c’est-à-dire que pour trouver Dieu il faut rentrer en soi-même. Il habite nos silences. Il est l’hôte intérieur. Il veut nous renouveler. Souvenons-nous du renouvellement de la vocation d’Elie, alors qu’il fuyait la reine Jésabel, épouse du roi Acab (1 Roi 18, 9)… Le Seigneur n’est ni dans le bruit, ni dans l’agitation, ni dans l’activisme. A bourrer nos vies de radio, de journaux, de télévision, de nouvelles, d’agitation, de dissipations, de fatigues nerveuses, nous ne le rencontrons pas. C’est le Dieu qui se cache. Il n’est pas dans les médias mais dans l’immédiat.
    Revenons sur l’histoire du prophète Elie. Il y eut d’abord un vent si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers. Impressionnant ! Mais le Seigneur n’était pas dans ce vent. Puis il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans ce tremblement de terre. Ensuite il y eut un feu, mais le Seigneur n’était pas dans le feu. Enfin, il y eut la brise légère, c’est « le souffle qui nous caresse de façon douce et agréable ». Le prophète Elie se couvrit le visage avec son manteau. Il sortit de sa cachette et se tint au seuil de la caverne, et Dieu lui parla. Yahvé est dans la douceur et non dans la violence, et le prophète, tout prophète qu’il était, ne le savait pas. Il ne l’avait pas encore vraiment découvert. Plus on est doux et humble, plus on aime le silence plein de Dieu.
     Dans l’Apocalypse Jésus nous dit: « Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper avec lui ». Jésus frappe sans cesse à notre porte mais discrètement. Il est très délicat. Faisons silence pour l’entendre. Disons-lui souvent comme  Samuel : "Parle Seigneur, ton serviteur écoute". Ou alors comme saint Pierre : "A qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de vie éternelle".
    Quand Eliphaz, Bildad et Sophar, apprirent tous les malheurs qui avaient fondu sur le saint homme Job, leur ami, ils vinrent le visiter. Ils restèrent assis par terre, les manteaux déchirés, la poussière sur la tête, "auprès de Job sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole. Car ils voyaient que sa douleur était très grande" (Job 2, 11-13). Notre carême vaudra ce que vaudra notre silence d’amitié avec le Seigneur. C’est lui-même qui nous a dit : "Je ne vous appelle plus serviteurs. Vous êtes mes amis". Prouvons-le-lui par notre silence chargé d’amour et de soif de sainteté.
    Faisons en silence cette prière : "Réchauffe mon cœur Seigneur. Aide-moi à entrer dans ce carême avec le seul désir de faire ta volonté. Parle-moi pour consoler mon âme, car parfois je te sens lointain. Parle-moi pour m’apprendre à te donner ma vie, à œuvrer pour ma conversion. Et je te louerai partout. Parle-moi Seigneur et je t’écouterai. Fais de moi un grand missionnaire. Amen. "

+Pascal N’KOUE
Omnium Servus


Nouvelles de famille
- Merci aux délégations paroissiales de La Baule et de Goulène (diocèse de Nantes) venues nous visiter. Les amitiés en Jésus et Marie s’approfondissent. Vive le jumelage.
- L’Abbé Yves AIDOMONHAN est envoyé comme prêtre fidei donum à Natitingou. Il sera Vicaire paroissial à saint Jean Baptiste où on célèbre la forme extraordinaire du rite romain.
- L’Abbé Jules AKPO est nommé Vicaire paroissial à Kika.
- L’Abbé Alexandre de Porto-Novo est nommé Vicaire paroissial à Papanè.
- Un nouveau secteur paroissial vient d’être créé. Il comprend : la paroisse de Kika, la quasi-paroisse de la Piste de Kika, la quasi-paroisse de Kabo.
- Que le secteur de Bani-Kanni se réunisse pour élire un nouveau responsable de secteur paroissial.
- Nous remercions la Mère Marie-Cécile K. Supérieure Générale de la Providence de Saint Paul de Kara et la Mère M. Fernanda TORTA Supérieure des Sœurs Albertines pour leur passage dans notre diocèse le mois dernier.
- Le 10 janvier 2018 nous avons béni la statue pèlerine de la Vierge Marie Notre Dame de Komiguéa. Elle passera de maison en maison pour bénir nos familles, pour nous aider à nous aimer et à nous réconcilier. Avec Jésus et sa sainte Mère, nous sommes invincibles.
- Comme effort de carême, entre autres, on pourrait donner 500 F CFA pour que le Centre pastoral puisse organiser des formations dans les périphéries en cette année dédiée à la mission.
Que chacun puisse choisir un sacrifice qui l’aidera à grandir en Dieu : plaintes inutiles, méchanceté, jalousie, esprit de vengeance, additions à l’ordinateur, télévision, sodabi, tchoucoutou, cigarettes, gourmandises, sexe etc. que ce sacrifice se vive dans la joie pour notre santé spirituelle et celle de l’Eglise.    
N.B. : 2-3 mars : Colloque au Centre Pastoral pour les 75 ans de notre évangélisation. Nous attendons une forte participation à cette grande rencontre qui nous donnera les grandes lignes du jubilé.

Quelques dates:
                           
1er Fév.    : A Djougou pour l’UCB.


4 Fév.      : Fête des Consacré (e)s à Bétérou. Messe à 10h.


5 Fév.      : Voyage sur Cotonou


6-13 Fév.   : A Rome. Rencontre des évêques avec la Communauté de saint Egidio.


10 Fév.     : Marathon salésien organisé par les Oblats de saint François de Sales.


11 Fév.     : Pèlerinage marial du secteur paroissial de Tchaourou à Papanè.
              Fête de Notre Dame de Lourdes. Prions pour les malades. Visitons-les. Aidons-les

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14 Fév.     : Mercredi des Cendres. Début du Carême. Je vous propose le livre de Jonas à lire et à
                méditer. Les plus difficiles à convertir c’est souvent nous les prophètes.


15 Fév.     : Cours au Grand Séminaire Providentia Dei.


16 Fév.     : Réflexion avec la Caritas BDBD sur Africae Munus de Ténonrou à 9h30 à l’Archevêché

 
17 Fév.     : Visite à Africae Munus (Ténonrou)

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18 Fév.     : Messe dominicale à 9h au Centre Pastoral. Rencontre des Cadres et Personnalités
              politiques. Thème : "La mission des cadres dans la société" au Centre pastoral.


20 Fév.     : Récollection de Carême pour les prêtres.


23-25 Fév.  : Visite pastorale à Nima, paroisse saint Dominique Savio.


25 Fév. -3 mars : Visite de la délégation de la paroisse des saints Evêques de Nantes, guidée par leur
                            Curé, le Père François-Xavier HENRY.

BON CAREME- BONNE ROUTE VERS PÂQUE.


ABONNEMENT POUR UN AN
  A Parakou : 1.000 frs
≈   Au Bénin : 2.000 frs
≈    A l’extérieur : 10 euros
E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. /www.diocese-parakou.org

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