Bénissons le Seigneur pour l’année de la prière intérieure qui est le premier engagement de tout chrétien et est même l’engagement le plus difficile. L’oraison est un outil précieux pour mettre de l’ordre dans notre vie, dans nos relations avec Dieu et avec nos frères. Prenons le temps chaque jour pour Dieu, pour goûter sa présence et sa bonté pour nous.  Se mettre à son écoute, se laisser guider par l’Esprit, revoir dans le calme ce que nous sommes pour lui, le louer pour l’être étonnant que nous sommes dans ses mains, voilà ce que je recommande. Car sans son secours, notre situation serait beaucoup plus délabrée.

    Le but de la vie chrétienne, comme vous le savez, est l’union à Dieu-Amour. Satan fait tout pour mettre dans nos vies paresse, rejet de l’autre, amertume, froideur, aigreur, soupçon, découragement, déception etc. Ainsi, il se pose en obstacle pour nous empêcher de nous tourner vers Dieu… Nous sommes blessés par le péché originel, et bien souvent notre conscience obscurcie cherche à se détourner des commandements de Dieu : "le bien que je veux faire, je ne le fais pas, et le mal que je ne veux pas faire, je le fais" (Rm 7, 19). L’oraison est un bon remède du cœur.

    En novembre 2016, j’ai assisté à Avignon, à la béatification du Père Marie-Eugène, fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie. Cet Institut séculier s’engage de plus en plus à aider notre grand Séminaire diocésain de leur spiritualité. Ces jours-ci, le Révérend Père Pierre De Cointet s’est adressé à notre presbyterium, entre autres, sur l’importance de la vie d’oraison. On a cru entendre le saint Curé d’Ars : "Ce qui nous empêche d’être saints, nous autres prêtres, c’est le manque de réflexion. On ne rentre pas en soi-même ; on ne sait pas ce qu’on fait. C’est la réflexion, l’oraison, l’union à Dieu, qu’il nous faut… C’est dans la solitude que Dieu parle". Sans cette intimité, le prêtre risque de devenir superficiel.

    La prière intérieure est un cœur à cœur entre Dieu et nous. Où en sommes-nous ? Pour accueillir le Seigneur qui vient nous visiter, il faut nécessairement un moment de recueillement… Le temps qui précède la messe, s’il pouvait être plus silencieux, nous profiterait davantage. La liturgie est source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise. Voilà pourquoi, elle doit être soignée au plus haut point. "Si on savait ce qu’est la messe", disait le Curé d’Ars, on en mourrait". C’est un beau rendez-vous d’amour. Il faut s’y préparer. Pour toute chose qui a de l’importance on s’y prépare. Ainsi les sportifs se préparent pour une compétition, les médecins se préparent pour une opération chirurgicale délicate, les fiancés préparent les cœurs pour se rencontrer.


    La messe est vraiment une rencontre avec le Christ ressuscité. Ce n’est pas une rencontre froide et sans saveur. Ce n’est pas non plus une rencontre de divertissement et de défoulement. Il faut habiller son cœur de contrition et de pensées positives. Insistons moins sur les instruments de musique : le tam-tam, l’animation, la participation extérieure. Insistons plus sur le sacré et le mystère, sur la participation intérieure et sincère... L’inculturation liturgique n’est pas d’abord une œuvre culturelle de rythmes et de danses traditionnelles. Elle est avant tout une œuvre théologale au service de la foi, de l’espérance et de la charité. Il faut tenir au primat de ce vrai Dieu qui s’est révélé en Jésus-Christ. Sinon on pousse les fidèles à se contenter d’une foi superficielle, faite de transes et d’agitations stériles, le tout enveloppé de syncrétisme au rabais, c’est-à-dire d’amalgames de croyances disparates.

    Pendant la célébration, veillons à ne pas encombrer la liturgie de trop de paroles, de trop de mouvements, encore moins des bruits de nos portables qui sonnent et qui dérangent. On est venu pour adorer le Seigneur. Il est là, invisible, mais non absent. Il est là présent et bien vivant. Silence ! Silence ! Recueillement ! Recueillement ! Laissons-nous introduire dans cette œuvre mystérieuse de Dieu. Et oui, la liturgie est d’abord céleste, elle est l’œuvre de Dieu, "opus Dei", elle vient de Dieu pour nous rejoindre et nous transformer. Comprenons-le bien et expliquons-le aux fidèles. Car nous sommes souvent tentés de fabriquer des "liturgies" à notre image, des liturgies "intéressantes", des liturgies horizontales. Pour nous aider à plus de concentration, nous avons proposé la messe "ad orientem". Comme je suis heureux de voir que le clergé diocésain a bien saisi son importance. Au cours d’une de mes visites pastorales, un jeune a donné sa compréhension de la messe à peu près en ces termes : « Quand je suis stressé, je viens à la messe pour que le bruit des instruments, le bruit des tam-tams et de la batterie m’aident à oublier mes problèmes ». Il croyait avoir raison. Je lui ai répondu aimablement : « Il est inutile de venir jusqu’à l’église pour chercher le bruit qu’on peut facilement faire à la maison ou trouver dans la rue. Le lieu de culte doit offrir quelque chose d’autre, de mieux. Et puis on ne soigne pas le stress par le bruit, tout comme on n’éteint pas le feu par le feu, mais par l’eau ». Nous le savons le bruit ne fait pas de bien. Le stress révèle que nos relations avec Dieu et avec les hommes sont brouillées, troublées et déstabilisées. La déprime s’installe en celui dont l’esprit est décousu. Ce sont les musiques douces, calmes, paisibles comme le chant grégorien, le chant liturgique du hanyé et d’autres semblables qui débloquent, tranquillisent, dégraissent, décoincent nos esprits, parce qu’ils aident à écouter la voix silencieuse de Dieu qui rassure. Car Dieu est silencieux et parle par son silence. "Vraiment, tu es un Dieu qui se cache, Dieu d’Israël Sauveur", s’exclame le psalmiste…

    Notre famille diocésaine, comment la voyez-vous ? Comme une femme stérile ou féconde ? Pour répondre à cette question, que chacun fasse un audit spirituel interne. Descendons en nous-mêmes. Voyons d’abord si nous pratiquons la prière intérieure. Dis-moi combien de temps tu restes assis ou à genoux devant le tabernacle chaque jour ? Dis-moi comment tu pries et je te dirai qui tu es ? La vie d’oraison conduit à l’action pour Dieu. On devient à la fois Marthe et Marie : ni agités ni passifs, mais enivrés par l’Esprit pour mieux accomplir notre devoir d’état. Ecoutons ce que recommandait l’Evêque de Milan, Charles BORROMEE, aux prêtres : "Comprenez, mes frères, que rien n’est aussi nécessaire pour des hommes d’Eglise, que l’oraison mentale qui doit précéder toutes nos actions, les accompagner et les suivre… Si tu administres les sacrements, mon frère, pense à ce que tu fais ; si tu célèbres la messe, pense à ce que tu offres ; si tu psalmodies au chœur, réfléchis à qui tu parles et à ce que tu dis ; si tu diriges les âmes, songe au sang qui les a lavées ; ainsi faites tout avec amour… C’est ainsi que nous aurons la force d’engendrer le Christ en nous et chez les autres". Plus le clergé sera à l’écoute du Seigneur, plus notre famille diocésaine engendrera des saints.

    Chers prêtres, fidèles co-responsables, c’est avec joie et gratitude que je constate qu’entre vous et moi, le culte de l’évêque-chef disparaît de plus en plus pour faire place à l’image de l’évêque-père de famille. Je m’en réjouis. C’est à votre actif. Ce que vous désirez que je sois pour vous, soyez-le pour les fidèles laïcs. N’écartons personne de la famille. Notre modèle, c’est le Christ crucifié, le Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Le Christ rassemble. Il ne disperse pas.

    Souffrons pour nos confrères qui voudraient imiter l’enfant prodigue en s’éloignant de la maison familiale. Plusieurs prêtres, en effet, vivent en Europe sans aucun lien avec le Père du diocèse et peut-être sans aucun lien non plus avec vous. Pour quelles raisons ils ne veulent pas revenir ? Je n’en sais rien. Et pourtant le travail d’évangélisation ne manque pas ici pour eux. Espérons qu’ils se sentent heureux là où ils sont. Et surtout prions pour qu’ils n’aient pas honte de revenir au bercail quand ils le voudront. Nous leur ouvrirons bien volontiers nos bras et nos cœurs. Car tout prêtre diocésain qui choisit unilatéralement de se mettre à l’écart de sa famille diocésaine a de sérieux problèmes, et il peut perdre l’espérance. Un prêtre sans espérance, un homme sans espérance, c’est comme un homme isolé et abandonné. Son esprit s’interroge et tourne en rond dans la journée ; et dans la nuit il ne dort pas. Il risque de vivre aigri, amer, avec des lamentations perpétuelles, médisant les uns, calomniant les autres. Il a du mal à être vrai, clair, sincère et transparent. Au total, il peut perdre la raison. Et s’il lui arrive encore de sourire, ce sourire n’est pas seulement jaune, c’est-à-dire fade, mais encore squelettique, lugubre, sombre. C’est un sourire de funérailles, un sourire forcé, un sourire de façade. C’est un drame. Car "il n’est pas bon que l’homme soit seul". Dieu ne l’a pas dit seulement pour Adam avant de lui donner Eve. Jésus le dit à chaque prêtre. Marcher en solitaire ou avec des faux-frères, c’est toujours déprimant, surtout pour un prêtre non marié et sans enfants, même si son compte en banque est bourré d’euros et lui-même bardé de diplômes. Aucun prêtre ne vit épanoui s’il n’est pas configuré au Christ crucifié, inséré dans son groupe social dont il porte les misères avec la grâce de Dieu. Notre vrai bonheur est à ce prix. Qui perd sa vie pour Dieu la trouvera. "A la fin de nos jours, nous ne serons pas jugés sur le nombre de nos diplômes obtenus, combien d’argent nous avons accumulé ou combien de réalisations nous avons à notre actif. Nous serons jugés par : "J’avais faim et vous m’avez nourri…", nous dit Mère Teresa. Plus nous chercherons à être serviables et charitables, plus la joie rayonnera en nous et sur nos visages.

    Regardez nos mamans, elles sont souvent plus épanouies que nos papas à cause de leurs multiples attentions et services gratuits en famille et hors de la famille. Leurs cœurs sont constamment incendiés d’amour. Si elles s’entendaient pour faire une semaine de grève dans nos paroisses, elles paralyseraient même l’action toute puissante de l’Esprit Saint. Et si la Vierge Marie ne collaborait pas tous les jours gratuitement au plan salvifique de Dieu, nous serions bien en panne. Curieusement, le gratuit, le service désintéressé produit plus de fruits de solidarité et de paix. Insistons là-dessus…


    Soyons donc ensemble. Rions ensemble. Prions ensemble. Travaillons ensemble. Mangeons ensemble. Marchons ensemble. Avançons ensemble. Grandissons ensemble dans l’amour de Dieu et du prochain, unis au Christ, guidés par l’Esprit de Pentecôte, même si nous ne pensons pas tous la même chose. Soyons des êtres de communion. Par son sang versé pour nous, le Fils de Dieu a bâti l’Eglise. Bénissons-le pour cette grande merveille. Sur terre, aucune œuvre humaine n’est plus grande que l’Eglise, aucune organisation nationale et internationale, gouvernementale et non gouvernementale, même pas l’ONU. Rien n’est plus grand que ce que le Christ a fait. L’Eglise vient de Dieu. L’ONU est une "fabrication" des hommes en 1948. L’Eglise est sainte même si elle est composée d’hommes pécheurs. L’ONU invente des droits de l’homme contraires à la volonté de Dieu et qui avilissent l’homme. Le ver est dans le fruit. Ça éclatera un jour. L’ONU s’autodétruira. Par contre, l’Eglise est éternelle. Aucune force ne peut la détruire. Elle ne recule jamais. Elle avance toujours. Elle existe pour faire connaître et aimer le vrai Dieu, paix des cœurs et donneur de vie éternelle. Annonçons le Christ avec fierté et audace. Que par notre manière de vivre et de proclamer l’évangile, les exclus, les petits et les non chrétiens puissent dire : "voyez comme ils s’aiment". Et qu’ils tournent leurs cœurs vers "le Royaume de Dieu qui est là, tout près de nous". Que la Mère de Jésus, Mère de Dieu, Mère des prêtres, Mère de tous les hommes et femmes, Notre-Dame de Komiguéa, Reine des Familles, intercède pour notre salut. Amen !
  +Pascal N’KOUE
   Omnium Servus

 


Nouvelles de famille
- C’est le mois dédié au Sacré-Cœur. Faisons attention à la tendresse du cœur de Dieu pour nous, et nous serons plus charitables et plus tendres envers les autres.

- Je me réjouis de voir que la messe "ad orientem" a été acceptée facilement par le clergé diocésain. A vrai dire, il n’y a rien de plus logique. C’est l’une des plus belles manières de revaloriser le Saint Sacrifice.

- Un vibrant merci à Madame Elisabeth POGNON, Magistrate de formation, ex Présidente de la Cour Constitutionnelle, venue de Cotonou pour donner une Conférence au Grand Séminaire Providentia Dei.

- Merci aux 30 femmes catholiques venues de Boukombé pour passer une journée de détente-formation à l’Archevêché de Parakou. Merci pour leur affection, leur sympathie et leur générosité.

- Merci au couple Emmanuel PIERREFEU, responsable du jumelage de la Cathédrale d’Aix en Provence avec Natitingou, venu passer trois jours d’amitié avec nous.

- Je me réjouis des catéchèses mystagogiques organisées le mois dernier au Sanctuaire eucharistique. Les échos sont très positifs. C’est à recommencer l’année prochaine.
- Le Nonce Apostolique S.E.R. Brian UDAIGWE célèbre 25 ans de vie sacerdotale. Il sera avec nous pour la journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres. Quels privilège et bonheur pour nous !

- Les certificats des vacances des séminaristes seront rédigés par les prêtres qui ont réellement accompagnés les séminaristes. Cette participation à leur formation n’est pas à négliger.

- Nous remercions le Frère Emmanuel DUPREZ, notre Conseiller financier, venu du Burkina pour le Conseil d’administration et la formation des agents pastoraux en gestion.

- Nous souhaitons plein succès à tous ceux qui passent des examens et concours en ce mois. Prière et travail vont ensemble. Prière et effort. Prière et études. Que Jésus-Christ et sa sainte Mère les aident.



Quelques dates
04 juin    : Pentecôte. Confirmation au sanctuaire eucharistique, à 9h 30. Quête impérée pour le denier   de saint Pierre. Soutenons le Saint-Père par nos sacrifices et nos prières.   

       
07 juin         : Réunion des Prêtres Responsables diocésains des jeunes au Centre pastoral.

13 juin    : Conseil Presbytéral, à 9h 30, à l’Archevêché.

18 Juin    : A 8h : Célébration des sacrements (baptêmes et communions) à Guèma.

22 juin    : Arrivée du Nonce Apostolique.

23 Juin    : Fête du Sacré-Cœur au Monastère l’Etoile Notre-Dame. Journée mondiale de prière pour   la sanctification des prêtres. Messe à 9h 30 présidée par le Nonce Apostolique. Adoration         eucharistique.
       
24 Juin    : Visite de "Africæ Munus" avec le Nonce Apostolique.
       
25 Juin    : Messe dominicale à Komiguéa avec le Nonce Apostolique.
        - après midi : au Monastère cistercien Notre-Dame du Kokoubou.

26 Juin    : Départ du Nonce Apostolique pour Cotonou.

27-30 Juin    : Camp des petits séminaristes à Gaah-Baka (Providentia Dei).

28 Juin    : Rencontre avec tous les séminaristes du diocèse à Providentia Dei, à 17h.
29 Juin    : Collation des ministères de lectorat et de l’acolytat au Séminaire Providentia Dei.

3-5 juil     : Session des futurs séminaristes à Providentia Dei.

6-8 juillet     : Session des aspirantes à la vie consacrée à Providentia Dei.

ABONNEMENT POUR UN AN
  A Parakou : 1.000 frs
                            ≈   Au Bénin : 2.000 frs
A l’extérieur : 10 euros
E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. /www.diocese-parakou.org

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