Nous venons de boucler le mois de mai dédié à Marie. Et nous voici en juin, mois du Sacré-Cœur. Tout un mois pour le Sacré-Cœur de Jésus. Ne nous contentons pas seulement du jour de cette fête fixée au Vendredi qui suit celle du Corpus Christi.
    La  solennité du Sacré-Cœur a été instituée sur demande de Jésus-Christ lui-même, lors d’une de ses apparitions à la visitandine Marguerite-Marie ALACOQUE (XVIIe siècle). Disons-le tout de suite, la dévotion au Sacré-Cœur et celle de l’adoration Eucharistique vont de paire. Devant la gloire de Dieu, on se met à genoux, non par peur mais par gratitude.    Le culte au Sacré-Cœur, né en 1883, fait toujours partie du culte officiel de l’Eglise. Le Cœur du Christ, c’est le centre de la personne du Christ. Il est donné à l’Eglise pour que nous approfondissions notre relation d’amour envers Jésus, afin de raviver notre foi dans l’amour miséricordieux et salvifique de Dieu.
    Pour en savoir plus, interrogeons les saints et d’abord la Vierge Marie. Avez-vous remarqué qu’au lendemain de la fête du Sacré-Cœur, l’Eglise célèbre la mémoire du Cœur Immaculé de Marie. Eh oui le cœur du Fils et celui de la Mère ne se séparent pas. On les distingue bien sûr mais on les aime ensemble. Interrogeons la Mère de Dieu pour savoir comment aimer le Fils de Dieu, et elle nous répondra : fils et filles de Dieu, c’est d’abord mon divin Fils qui vous a aimés le premier : "Faites tout ce qu’il vous dira".
     Le secret de ces deux Cœurs est dans l’humilité. Les deux se sont abaissés, Dieu les a élevés l’un par l’ascension, l’autre par l’Assomption. L’humilité, c’est la force des grands. Aimer humblement, c’est-à-dire dans la soumission à Dieu, c’est aimer vraiment. Saint Paul est clair là-dessus: « Pour moi, vivre c’est le Christ ». Saint François d’Assise, St François de Sales, St Jean-Marie Vianney etc. ne vivaient que pour le Dieu-Amour. C’est ce que Saint Augustin résume en ces mots : "Pondus meus, amor meus". Ce qui fait ma valeur ou mon poids, c’est la qualité de mon amour. Et l’amour s’exprime dans le détachement, le service désintéressé, le service gratuit. Lisons et méditons 1Co13, l’hymne à la charité et servons le Seigneur dans la justice et la sainteté véritables.
    Faisons maintenant une petite méditation sur ce Cœur qui a tant aimé le monde. C’est inouï. Le cœur pour les scientifiques ce n’est qu’un organe physique, moteur de la circulation du sang. Pour nous les croyants, le cœur c’est l’homme dans sa dimension morale et religieuse. C’est le trait d’union entre notre monde invisible et le monde visible. C’est la conscience de l’homme habitée par la présence discrète de Dieu. Le Pape François dans l’encyclique « Lumen Fidei » nous éclaire : "Le cœur dans la Bible, c’est le centre de l’homme, le lieu où s’entrecroisent toutes ses dimensions : le corps et l’esprit, l’intériorité de la personne et son ouverture au monde et aux autres". Le cœur, c’est le symbole de l’amour tout court. De quelqu’un estimé de tous, on dit qu’il a bon cœur, son intérieur ou son ventre est bien. Le Sacré-Cœur, c’est l’amour humain et divin de Jésus. Amour humain et divin dont il a aimé son Père. Amour humain et divin dont il nous a aimés. Dieu n’a pas d’ennemis ! Difficile à comprendre. Il ne veut pas la mort du pécheur mais sa conversion. C’est pourquoi il laisse vivre les coupeurs de route, les corrompus, les islamistes, les assassins etc. Il nous aime tous, y compris les Judas Iscariote, jusqu’au bout. L’Amour ne se fatigue pas d’aimer. Il supporte tout. Il espère tout  parce qu’il donne tout.
    C’est l’évangéliste Jean qui décrit de façon poignante le coup de lance dans le côté de Jésus : "il en sortit aussitôt du sang et de l’eau". (Jn 19, 33-34). C’est l’expression ou le symbole du don total. Pas seulement le sang mais aussi l’eau. Car aimer c’est se donner totalement, tout pardonner. Jésus s’est complètement vidé. L’amour est exigeant. L’amour qui ne coûte rien n’est pas sincère. Il est même faux. C’est un amour léger et profiteur. Il dure l’espace d’un matin. Or l’amour du Christ pour nous est éternel.
    Comme vous le voyez, les racines lointaines de la dévotion du Sacré-Cœur viennent de l’évangile. Mais, comme nous l’avons dit plus haut,  c’est surtout au XVII siècle lorsque la foi chrétienne a été ébranlée par le protestantisme et le jansénisme, que la dévotion au Sacré-Cœur s’est imposée. La piété s’étant affadie, notre Seigneur Jésus-Christ se révéla à Marguerite Marie ALACOQUE pour lui manifester les richesses et les secrets de son Cœur. Elle deviendra ainsi la confidente et la messagère privilégiée de son Cœur sacré.
    Voici un extrait de la 2e apparition de Jésus à la moniale : "Ce divin Cœur me fut présenté dans un trône de flammes, plus rayonnant qu’un soleil et transparent comme un cristal, avec une plaie adorable ; et il (le Cœur) était environné d’une couronne d’épines qui signifiait les piqûres de nos péchés, et une croix au-dessus qui signifiait que dès les premiers instants de son incarnation, c’est-à-dire que dès lors que ce Sacré-Cœur fut formé, la croix y fut plantée…"
    C’est de ce Cœur broyé par nos péchés le Vendredi saint que "l’Eglise est sortie toute rayonnante de beauté" (Saint Irénée). Bienheureuse faute ! dira le grand chantre de la miséricorde divine. « A quelque chose malheur est bon ». C’est un mystère. Mais la souffrance est un mal. Ne nous faisons pas souffrir. Ce serait comme remuer encore le couteau dans les plaies de Jésus. Soyons aux affaires de Dieu et non à nos propres affaires. Demandons-nous pardon. Accordons-nous le pardon, disons-nous aimablement la vérité, ainsi, nous ressemblerons au Sacré-Cœur. Laissons-nous donc renouveler en ce mois par le regard de Jésus qui nous demande de regarder son Cœur transpercé à cause de nos manques d’amour.
    Le 21 juin 2014, le Pape François exhortait les prêtres de Cassano (en Italie) à l’adoration en ces termes : « Quand nous prêtres sommes devant le tabernacle, le regard de Jésus nous renouvelle. Parfois, ce n’est pas facile de rester devant le Seigneur parce que nous sommes pris par tant de choses, tant de personnes. Parfois aussi cela n’est pas facile parce que le regard de Jésus nous inquiète un peu, nous fait entrer en crise. Mais cela nous fait du bien ». Dans le silence de la prière, Jésus nous fait voir si nous travaillons comme de bons ouvriers ou si nous sommes devenus un peu comme des fonctionnaires  portés à la paresse, à la négligence, à la corruption, à des guerres intestines sur l’argent, sur des augmentations  ou des harmonisations de salaires, sur des postes juteux, fruits de nos vaines gloires… Si nous nous mettons au centre, si au lieu d’être des canaux ouverts nous devenons des écrans qui n’aident pas les autres à la rencontre avec le Seigneur, nous perdons la joie et nous ne pouvons plus évangéliser. Ce sont toutes ces difficultés que nous voulons confier au Seigneur en ce mois pour qu’il nous redynamise par son Esprit d’Amour. Laissons-nous attirés par ces paroles: "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de Cœur, et vous trouverez le repos". Mat 11, 29).    Cela revient à dire que nos problèmes et nos misères ne se règlent réellement que dans  l’amour et la vérité, par la douceur et l’humilité. Sans cela, on n’aura jamais la paix qui vient de Dieu. Que ce mois du Sacré-Cœur nous pousse à contempler ce Cœur qui nous a tant aimés afin de l’imiter.       
 +Pascal N’KOUE
  Omnium servus

 


EXTRAIT DU DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS AUX EVEQUES DU BENIN
    Chers frères Evêques, je suis très heureux de vous accueillir à l’occasion de votre pèlerinage aux tombeaux des Apôtres Pierre et Paul…
    Vous témoignez d’un bel enthousiasme dans l’expression visible de la foi du Peuple de Dieu. La vie paroissiale est animée, les fidèles participent en grand nombre aux célébrations, les conversions au Christ sont nombreuses ainsi que les vocations sacerdotales et religieuses…L’esprit de sécularisation est à l’œuvre aussi dans votre pays, même si cela est encore peu visible. Seule une foi profondément enracinée au cœur des fidèles, et concrètement vécue, permettra d’y faire face…
    Et je pense en particulier aux défis majeurs qui concernent la famille et auxquels le prochain synode, à Rome, tentera de répondre.
    Un autre défi important que vous relevez avec vigilance est celui de la jeunesse et de l’éducation. Vous avez ouvert dans vos diocèses de nombreuses écoles catholiques, et les jeunes sont bien encadrés dans les mouvements. Cet effort est à poursuivre car la formation intégrale,  tant humaine que spirituelle, des jeunes générations est importante pour l’avenir de la société à laquelle ils pourront apporter leur précieuse contribution, notamment en matière de solidarité, de justice et de respect de l’autre. Il est nécessaire, en effet, de favoriser dans votre pays ( ) la rencontre entre les cultures ainsi que le dialogue entre les religions, notamment avec l’islam. Il est connu que le Bénin est un exemple d’harmonie entre les religions présentes sur son territoire…
    Que de travail accompli au nom de l’Evangile dans vos diocèses ! Alors que la crise économique mondiale affecte un grand nombre de pays, il convient d’aller courageusement à contre-courant, en luttant contre la culture du « déchet » partout répandue (Cf. Evangelii Gaudium, n°53) et en diffusant les valeurs évangéliques de l’accueil et de la rencontre…
    Et j’invite (les religieux et religieuses) à vivre intensément cette année de la vie consacrée pour qu’ils enracinent plus profondément encore leur vie et leurs actions dans le Christ Jésus. Je veux saluer aussi le généreux engagement des prêtres au service de la Bonne Nouvelle. Le Seigneur bénit vos communautés par l’épanouissement de nombreuses vocations sacerdotales.
    Par ailleurs, puisque les vocations ne manquent pas, vous êtes prêts à partager vos ressources avec les Eglises d’autres régions qui en sont dépourvues. Il convient, cependant, lorsque vous envoyez des prêtres aux études ou en mission extérieure, de le faire avec discernement, n’oubliant pas les nécessités de vos propres Eglises.
    Chers frères Evêques, l’Eglise connaît au Bénin de bonnes relations avec les autorités civiles. La voix de l’Eglise est écoutée et son action est appréciée. Je vous invite à continuer de prendre toute votre place dans la vie publique du pays, particulièrement en ces temps… La conduite des affaires publiques revient aux laïcs, qu’en revanche, vous avez l’important devoir de former et d’encourager sans cesse.
    Que la Vierge Marie vous soutienne et vous éclaire dans votre ministère, qu’elle vous conduise,  ainsi que vos prêtres, les personnes consacrées, les catéchistes et tous les laïcs de vos diocèses. A tous, j’adresse, de grand cœur, la Bénédiction apostolique.
 Pape François

 



Nouvelles de famille

- Prions pour le repos de l’âme de Jean PLIYA. Cet homme était un instrument précieux de Dieu sur terre.

- Le mois de juin est celui du Sacré-Cœur. Voici quelques petits efforts à mettre en pratique : Trouver au moins 15 mn chaque jour pour le Seigneur. Regarder son voisin, son conjoint, sa sœur, son frère, son fils ou sa fille, ses parents etc. avec affection, et au besoin avec compassion et compréhension. Prendre les repas en famille au même moment, éviter à table les sujets qui fâchent et favoriser un climat de convivialité

- A ceux qui vont aux examens et divers concours, nous leur souhaitons plein succès.

- Du 9 au 11 juin, nous aurons la visite du Dr Sergio ROBBIATI qui vient donner un coup de main à l’hôpital ophtalmologique saint André de Tinré.

- Nous avons apprécié, le mois dernier, la visite de la délégation de l’AFR de Vittorio Veneto, guidée par Monsieur Alessandro TOFOLI.

- Le Père Serge DANNON part à la fin de ce mois à Rome pour des études de Droit Canon. Portons-le dans la prière.

- Comme chaque année, tous les prêtres passeront la journée de la fête du S. Cœur au Monastère cistercien l’Etoile Notre-Dame. Priez pour nous.

-Le problème d’eau potable se pose de façon cruciale à Parakou. Nous remercions le Groupe Missionnaire de Merano et tous les bienfaiteurs qui nous aident à faire des forages et des puits.
Le Grand Séminaire Providentia Dei a un besoin urgent de plaques solaires et de batteries pour une installation d’énergie solaire.

- La Visite des Evêques du Benin ad Limina a eu lieu du 20 au 30 avril. Elle nous a permis de faire de belles rencontres et de nous actualiser sur plusieurs thèmes. Evidemment la plus belle rencontre fut celle avec le Saint-Père, le Pape François. On me demande en quelle langue on a conversé. Rassurez-vous, le Pape comprend le français ; il le parle correctement mais pas couramment. Ainsi, on pouvait donc lui parler en français et lui répondait en italien. Et parfois il ajoutait quelques expressions en français. Il a bien connu le Cardinal GANTIN. Nous lui avons offert au nom de tout le Pays un « tata somba » sculpté en bois, symbole de famille unie, un thème qui lui tient beaucoup à cœur. Et entre autres, nous l’avons invité à nous visiter au Bénin.…Enfin, nous avons eu le privilège de concélébrer avec le Saint-Père le dernier jour de notre Visite. Entre temps, une délégation a pu rencontrer le Pape Emérite Benoit XVI, grâce aux bons offices du Cardinal SARAH Robert que nous attendons au Bénin en août prochain.


Quelques dates


2 juin        : Conseil presbytéral à l’Archevêché, à 9h 30.
4 juin        : Au Séminaire Providentia Dei.
6 juin        : Messe d’action de grâce à la Cathédrale pour la canonisation de sainte Jeanne  Emilie de Villeneuve, fondatrice des Srs de l’Immaculée Conception.
7 juin        : Fête-Dieu. Messe au Centre Pastoral Guy Riobé et  rencontre de la Coordination Pastorale. Processions du St Sacrement dans l’après midi partout.
9 juin        : Réunion avec tous les Recteurs des Séminaires du Bénin à l’Archevêché, à 9h 30.
10 juin        : A Djougou. Visite à Mgr Paul VIEIRA
12 juin        : Fête du Sacré-Cœur. Messe à 9h30 au Monastère l’Etoile Notre-Dame. Journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres.
21 juin        : Confirmations à Papanè à 9h 30.
28 juin        : Confirmations à l’Université à 9h.

BONNES VACANCES ! N’oubliez pas qu’il n’y a pas de vacances pour la vie spirituelle. Emportez dans vos bagages au moins une Bible et un bon livre.
        ABONNEMENT POUR UN AN
  A Parakou : 1.000 frs
≈   Au Bénin : 2.000 frs
≈    A l’extérieur : 10 euros
E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. /www.diocese-parakou.org

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Pastorale des jeunes

Journal la croix du bénin