"Aucun d’entre nous ne vit pour soi même, et aucun ne meurt pour soi-même. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur… Ainsi chacun devra rendre compte à Dieu pour soi-même" (Rom 14,7…)

    Nous abordons un sujet grave, celui de nos fins dernières. Le chrétien devrait attendre dans la joie cette heure de la rencontre avec Dieu, en compagnie des anges et des saints. Malheureusement on est souvent surpris, malgré les avertissements de notre Seigneur : "Veillez et priez… Vous ne savez ni le jour ni l’heure de votre mort". C’est vrai que toutes les morts ne se ressemblent pas. Et à tout âge, du nouveau né au vieillard, on peut rendre l’âme au moment où personne ne s’y attend. Mystère ! Le cadavre est là, inerte, froid, sans parole. Et pourtant la personne continue de vivre. C’est la logique de Dieu. Il nous a créés à son image. C’est normal qu’il transforme un jour nos corps mortels à l’image du corps glorieux de son Fils (Phil 3,21). L’apôtre saint Jean a vu par anticipation ce ciel nouveau et cette terre nouvelle où les hommes vivront de nouveaux rapports avec Dieu. Celui-ci "essuiera toutes larmes de leurs yeux, et la mort n’existera plus ; il n’y aura plus de cris, ni de tristesse ; car la première création aura disparu" (Ap. 21,1-7).

    En attendant ce jour glorieux, j’exhorte tous les fidèles chrétiens et spécialement les prêtres à être proches des mourants. Et quand ils décèdent, célébrons dignement leurs funérailles. La seule chose dont ils ont vraiment besoin c’est notre prière et surtout le saint Sacrifice de la messe. La prière pour les morts appartient à la plus ancienne tradition chrétienne. Depuis le XIe siècle, la commémoration des fidèles défunts est fixée au 2 novembre pour que brille à leurs yeux la lumière sans déclin.

    Le boire et le manger, les ripailles et les beuveries qu’on organise le jour de l’enterrement ne profitent en rien aux morts. Ça n’arrange que les estomacs des vivants ; et la famille en pleurs peut souffrir doublement à cause des soucis liés à l’organisation matérielle et l’endettement qu’elle s’impose pour nourrir gratuitement les grandes foules venues non pas tant pour compatir mais pour se régaler. Et souvent cela dure pendant plusieurs jours. Il faut que ça change. Commençons par proscrire l’habitude de laisser trainer les corps dans une morgue pendant plusieurs mois afin d’avoir le temps de faire des cotisations, des collectes pour les funérailles, pour réfectionner la maison mortuaire ou pour construire une nouvelle plus spacieuse. Le cercueil en or, les vêtements somptueux, les dépenses onéreuses et tout cet étalage insolent de richesse n’est pas une garantie que le mort entrera au paradis. Par contre, je comprends que les anniversaires soient marqués par un repas. Revenons à l’essentiel, à l’unique nécessaire : la prière. On prie pour que les défunts passent de la mort à la vie avec le Christ, qu’ils soient purifiés dans leur âme et rejoignent au ciel tous les saints, dans l’attente de la résurrection des morts et le retour glorieux du Christ.

    L’homélie, au cours de la messe, prendra appui sur la Parole de Dieu qui a été proclamée, pour raviver la foi et l’espérance de l’assemblée. Tout doit être centré sur le Christ qui est résurrection et vie. S’il est normal qu’elle comporte une référence à la personnalité du défunt, le prédicateur le fera brièvement et avec beaucoup de discrétion, sans jamais verser dans le discours funèbre ou le panégyrique pompeux et vaseux. La prière universelle peut être confiée à la famille du défunt. Il n’est pas interdit qu’un membre ou un ami de la famille intervienne après la communion pour peindre en peu de mots celui qui nous a quittés. Cela compris, il est clair que tous les fidèles défunts ont besoin de cérémonie religieuse. Ecoutons le droit canonique :

    Can. 1176 - §1 Les funérailles ecclésiastiques doivent être accordées aux fidèles défunts, selon le droit.

    Ce canon proclame solennellement que tous les fidèles ont droit aux honneurs funéraires et cela sans discrimination. Pas de défunts série A et série B. Ils ont tous droit ; c’est un droit de caractère public qui ne dépend pas de la volonté d’un catéchiste, d’un prêtre ou de quelque autre agent pastoral. Et donc on ne peut pas à priori refuser la célébration liturgique à certains de nos défunts. Pourquoi ? Parce que nous formons une famille, famille de Dieu. Si un membre est en pleurs les autres ne peuvent pas être indifférents. Il est bon, juste et normal de réconforter les vivants de la famille éplorée par l’espérance d’une vie surnaturelle.

    Ensuite, on ne légifère pas pour les morts mais pour les vivants. Punir un mort est un non sens. Et donc c’est un devoir d’honorer le défunt par un rite officiel et d’implorer la miséricorde divine pour le repos de son âme. Plus il est pécheur, plus il a besoin de nos prières. "Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé". Nous distinguons deux célébrations avec le corps présent : l’absoute et le saint Sacrifice de la messe. Pour le respect dû au fidèle baptisé ou même au catéchumène, il faut célébrer le saint Sacrifice de la messe qui est la prière au-dessus de toute prière. L’Eucharistie n’est pas un passeport réservé aux plus méritants. Nous sommes tous des nécessiteux de la miséricorde de Dieu. Ne rassurons personne que son défunt est déjà au paradis. Nous n’en savons rien. Et n’expédions personne en enfer. Nous n’en avons pas le pouvoir. Heureusement !

    Le bon larron a changé de cœur au dernier moment. Et Jésus l’a canonisé aussitôt : "Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis". Dans le paradis, quel séjour ! Mais comme il n’y a pas de règle sans exception, le droit a prévu des cas de figures pour lesquels ce n’est pas possible de célébrer les obsèques (non seulement l’Eucharistie ni même l’absoute).

    Can. 1184-§1 Doivent être privés des funérailles ecclésiastiques, à moins qu’ils n’aient donné quelque signe de pénitence avant leur mort :
1° Les apostats, hérétiques et schismatiques notoires ;
2° Les personnes qui auraient choisi l’incinération pour des raisons contraires à la foi chrétienne ;
3° Les autres pécheurs manifestes, auxquels les funérailles ecclésiastiques ne peuvent être accordées sans scandale public des fidèles.

    L’apostat c’est celui qui a totalement rejeté la foi catholique. Le schismatique, celui qui refuse de se soumettre à l’autorité du Pape ou d’être en communion avec les membres de l’Eglise Catholique. L’hérétique nie ou doute de façon obstinée d’une vérité de foi dogmatique. Cela me semble clair. A ceux qui manifestement ont rejeté la foi catholique (apostat, hérétique, schismatique) de façon évidente et publique, on ne peut pas célébrer pour eux des funérailles ecclésiastiques. Et cela se comprend. Délibérément et aux yeux de tous, ils se sont exclus de la communion ecclésiale. Il s’agit des catholiques qui militent dans des sectes, (Banamè, Francs-massons, Rosicruciens, Throns etc.)

    Cependant, si avant de mourir, ils ont, par quelque signe, montré qu’ils regrettaient leur état, on devrait leur célébrer les obsèques en bonne et due forme. Peu importe le signe. Il suffirait que le moribond demande qu’un prêtre catholique vienne l’assister, ou encore qu’il vénère un crucifix ou accepte un chapelet qu’on lui met au cou, ou qu’il dise l’acte de contrition. Pour cela, il faut qu’un témoin digne de confiance nous le rapporte.

    Le canon 1184 parle aussi des autres pécheurs manifestes à qui il faut refuser les funérailles, seulement si cela risque de provoquer un scandale parmi les fidèles. Dans ce groupe, on est souvent tenté d’y mettre les divorcés remariés, les polygames, les mères célibataires (ou filles-mères), les concubins, ceux qui ne sont pas à jour pour  la confession pascale, ni le denier de culte, ceux qui ne fréquentent plus régulièrement l’Eglise. En réalité, ils ne sont pas coupés radicalement de la communion ecclésiale. C’est vrai qu’ils ne prennent plus la communion, mais c’est une excommunication mineure. Ils continuent de réciter le crédo de l’Eglise. C’est leur vie morale qui n’est pas en conformité avec la discipline ecclésiastique. Souvent, ce sont eux les plus engagés sur les paroisses, et les plus portés à servir gratuitement et à donner gratuitement. La Bible dit : "l’aumône ou la générosité efficace un grand nombre de péchés". N’en faisons donc pas des chrétiens de seconde catégorie lors des obsèques. Avant d’expirer, ils se sont peut-être repentis. N’oublions pas cette sentence  surprenante du Christ : "les publicains et les prostituées vous devancent dans le Royaume des cieux". Désormais, ils ne seront plus privés du saint Sacrifice de la messe. Arrêtons ce genre de discrimination. Miséricorde divine oblige ! Souvenez-vous que depuis le pontificat de Jean-Paul II, il y a un dimanche de la miséricorde. Nous en avons tous besoin.

    En termes clairs, que le fidèle défunt soit un notable ou un chrétien demi-tarif, évitons de le punir par l’absoute. Elle pourra être célébrée pour d’autres motifs. Le Christ a versé son sang pour tous en rémission de nos péchés. Célébrons la sainte messe, surtout si les membres de la famille la demandent. Laissons au juste Juge le soin de juger les vivants et les morts.

    Ce message de Jésus à Carmela, une mystique de Milan, peut nous éclairer davantage. "Il y a au purgatoire  des âmes bonnes qui ont vécu saintement aux regards des hommes, mais de qui je désirais une plus grande perfection, un degré supérieur de sainteté. Cette sainteté qu’elles n’ont pas atteinte au cours de leur vie, elles l’acquièrent là-bas… Au purgatoire tout le monde se parfait et se rend digne de la vue de Dieu. Prier pour les âmes du purgatoire est une charité, un devoir et une source de grand avantage, car leur puissance de secours est très étendue…Avec la permission de Dieu, elles aident aussi matériellement les membres de leurs familles et ceux qui prient pour elles". Elles les défendent contre les dangers et les accompagnent avec tendresse pour résoudre leurs problèmes. Vive la mystérieuse communion des saints ! Tout cela mérite une réflexion plus approfondie.

    En conclusion, je vous exhorte à demander régulièrement des messes pour les défunts. L’Eucharistie n’a pas de prix. Elle a une valeur infinie. C’est l’amour sacrificiel du Christ qui sauve. Confier une intention de messe pour un défunt c’est demander à Dieu de le recevoir dans son repos éternel. "Requiem aeternam dona eis Domine. Et lux perpetua luceat eis". L’Eucharistie c’est Pâques. Et Pâque c’est le triomphe de la vie sur la mort et le péché ! Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !

    +Pascal N’KOUE
    Omnium servus
                                                      
                          

                            
Nouvelles de famille
- Prions pour le repos de l’âme de Jeanne, maman de Sœur Adeline KOWDA, ocpsp.

- Nous remercions l’organisation nationale des Femmes Catholiques pour leur vibrant témoignage de foi qu’elles nous ont laissé le mois dernier à Parakou.

- Au moment du signe de la paix pendant la messe, il n’est pas prévu un chant pour la paix, mais un temps très bref destiné à échanger la paix seulement à ceux qui sont les plus proches, de façon sobre. Arrêtez donc de circuler partout.

- Nous félicitons Mère Patricia PADONOU, Supérieure des Contemplatives de Jésus Eucharistie, pour ses 30 ans de vie consacrée ; et sœur Irène, de l’Etoile Notre-Dame, pour ses 25 ans de profession monastique. Prions pour elles pour que leur témoignage suscite d’autres vocations.

- Les travaux pour le nouveau monastère des Contemplatives de Jésus Eucharistie ont commencé. Prions saint Joseph de susciter des bienfaiteurs pour nous aider à aller jusqu’au bout.

- Les quêtes impérées des o.p.m. ont pour but de promouvoir l’esprit missionnaire universel au sein du Peuple de Dieu. Plus de 1500 diocèses ont recours à Rome pour être aidés.

- Nous remercions Monseigneur Laurent LAMPO, Archevêque de Niamey, qui est passé nous saluer en compagnie de Monseigneur Michel CARTATEGUY.


N.B. 1-4 mai : Retraite spirituelle à Rome.
6 mai : Retour à Parakou.


Quelques Dates

1er avril    : Messe chrismale à 9h30, à la Cathédrale. Agapes fraternelles à l’Archevêché à 12h.

2 avril        : Messe in "Cena Domini" à la Cathédrale à 19h. Quête impérée pour l’union  pontificale missionnaire (o.p.m).

3 avril        : Grand chemin de croix à Komiguéa. Journée de jeûne. Quête impérée pour les Lieux saints d’Israël et de Palestine (o.p.m).

4 avril        : Vigile pascale à la Cathédrale à 22h. Célébration de baptêmes d’adultes, de confirmations et de mariages.

5 avril        : Dimanche de Pâques au monastère l’Etoile Notre-Dame à 9h. Quête impérée pour la santé des prêtres diocésains. BONNE FETE DE PAQUES !

6 avril        : Lundi de Pâques. Les bureaux de la Curie diocésaine sont fermés.

9 avril        : Conseil Permanent de la Conférence Episcopale du Bénin à Bohicon.

13 avril    : Conseil d’Administration des hôpitaux diocésains de Boko et Papanè à 9h30, à l’Archevêché.

14 avril    : Conseil presbytéral à 9h30, à l’Archevêché.

16 avril    : Visite des écoles maternelle "J.M. CATROUX" et primaire "Les Hibiscus" à 10h.

20-30 avril    : Visite ad limina à Rome.

26 avril    : Dimanche du Bon Pasteur. Journée mondiale de prière pour les vocations. Quête impérée pour les vocations (o.p.m).

JOYEUSES FETES DE PAQUES. ALLELUIA ! ALLELUIA !



ABONNEMENT POUR UN AN
  A Parakou : 1.000 frs
≈   Au Bénin : 2.000 frs
≈    A l’extérieur : 10 euros
E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. /www.diocese-parakou.org

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Pastorale des jeunes

Journal la croix du bénin