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« Que les femmes sachent se vêtir, qu’elles se parent avec pudeur et modestie : ni tresses ni bijoux en or, ou perles ou toilettes somptueuses. Pour une femme qui a reçu une éducation religieuse, les bonnes œuvres sont la vraie parure…» (1Tm 2, 9). Ça y est ! Encore du saint Paul, le saint patron des machos. Quel antiféministe ! Toujours contre les femmes. Toujours à s’opposer à leur émancipation. Il a même osé dire: "Femmes, soyez soumises à vos maris" (Eph 5, 22). Qu’il nous colle donc la paix.
    Et pourtant cette phrase de saint Paul, en Jésus-Christ "il n’y a plus l’homme et la femme" (Gal 3,28), devrait suffire pour le dédouaner des mauvaises interprétations. D’ailleurs toute l’histoire de l’Eglise et même l’Ancien Testament révèlent un grand respect pour la femme. Et il y a eu beaucoup de saines initiatives en leur faveur. Revenons à notre sujet sur la mode et ses abus. Et disons que saint Paul, très tôt, a compris qu’il fallait barrer la route à l’émancipation féminine qui conduit au libertinage.
    Le vrai problème n’est pas la nudité chez la femme, mais l’intention qui se cache derrière. Quand je circule, je rencontre plein de femmes au torse nu. Rien de provoquant. Cela semble même naturel dans notre contexte où il fait chaud pratiquement toute l’année. Mais quand on se déshabille pour provoquer, c’est autre chose. Ça met mal à l’aise et ça peut détruire. Je reconnais que les femmes n’ont pas le monopole de l’impudicité. Sur ce point, il y a bien des hommes qui sont comme des femmes.
    La tentation d’utiliser son corps pour séduire vient des temps anciens. Le désir exagéré de paraître est la cause des attentats conscients et inconscients à la pudeur : mini-jupes, shorts très courts, robes super transparentes, tee-shirts carrément moulants, dos nus, fentes suggestives, trous aux mauvais endroits, poitrines découvertes, demi-fesses au vent, bikini et monokini exposant sans retenue l’anatomie du corps. Cette provocation est pernicieuse. Nos lieux de culte n’en sont pas épargnés.
     Le vêtement est un langage. Dans chaque culture, les hommes s’habillent d’une manière et les femmes d’une autre. Le choix d’un vêtement n’est pas neutre. Un beau costume doit être digne et correspondre à la qualité de la personne qui le porte, à sa situation, à son rôle, à sa fonction, à son milieu social. Un beau vêtement ne sera jamais provocateur, puisqu’il sert à exprimer notre être qui est fait pour s’élever vers le Ciel, vers Dieu notre Créateur…
    La mode ne concerne pas seulement le corps. Si elle est débraillée, elle touche et atteint l’âme qui peut en souffrir. Si ta mode t’entraîne au péché change-la. Il vaut mieux entrer au paradis avec ton corps bien couvert que d’aller en enfer avec ton corps offert en spectacle. Tout simplement parce que la personne forme un tout unifié : le corps et l’âme sont indissociables, à telle enseigne qu’un corps sans âme (ou sans vie) s’appelle cadavre. Les crises morales ne s’arrêtent donc pas au corps. Elles affaiblissent l’esprit. Elles peuvent "tuer" l’âme. La femme aux modes extravagantes finit par succomber à la légèreté des mœurs. Il faut cesser d’imiter les artistes, les vedettes, les stars peu recommandables qui montrent les parties qu’elles devraient cacher.
Il est temps de s’élever contre "l’érotisation du style qui invite la femme à se dévêtir, sous prétexte de liberté, au lieu de lui offrir une harmonie esthétique sensée la vêtir : le décolleté profond, le moulant qui montre le moindre plissement du corps, donc les défauts corporels tels que les bourrelets de graisse, la culotte de cheval… que la logique (élémentaire) conseillerait de cacher ; la mode du très court ou du montre-nombril ; le pantalon plaqué n’admettant aucun sous-vêtement, au risque de compromettre sa santé par une mauvaise circulation sanguine ou une infection vaginale du fait du frottement de la muqueuse de cet organe contre le tissu du pantalon" (Dr E. EKRA).
    "Le style c’est l’homme". Dis-moi comment tu t’habilles et je te dirai quel genre de personne tu es. Le vêtement précède la personne et provoque des préjugés favorables ou défavorables. Il y a intérêt à présenter un visage correct. L’habit fait le moine. Cela dépend du moine. L’uniforme devrait correspondre à une certaine grandeur d’âme parce qu’il exprime une mission particulière. Le vêtement est une manifestation des convictions. Regardons les militaires, les gendarmes, les douaniers, les forestiers, les policiers, comme c’est beau et bien de les voir dans leur tenue de service ! Lors des défilés, on n’a pas envie que ça se termine. Ils sont en uniforme quand ils exercent une fonction particulière dans la société : ils font respecter l’ordre, ils rendent justice, ils surveillent les frontières, ils protègent la nation. Ils rassurent la société dans le service qu’ils rendent. On attend d’eux qu’ils soient corrects non seulement au moment de leur service mais aussi dans leur vie privée : déformation professionnelle ou plutôt formation cohérente oblige.
    En ce qui concerne les modes, il y a des femmes qui s’habillent mal exprès, dans le but de provoquer ou de séduire. D’autres non. C’est peut-être juste pour se donner du plaisir, pour se sentir bien dans leur peau, pour se donner un air de liberté ou encore pour imiter telle ou telle vedette. Mais l’homme n’est pas de marbre. Il est très fragile. Ses yeux peuvent être friands de nudité et même en raffoler. Son imagination est plus rapide que l’éclair et il cherche souvent à voir ce qu’on ne lui montre pas. Et cela gâte tout. Avant d’être président, professeur, banquier, général, médecin, ministre, prêtre, on est d’abord des hommes, c’est-à-dire des personnes sensibles ; et les médias sans censure nous rendent hypersensibles. Bien sûr qu’il faut maîtriser son regard pour ne pas commettre d’adultère. Hum ! Aidez plutôt nos regards. Car les adultères par le regard sont plus nombreux qu’on le pense.
    Dans nos collèges catholiques, je suggère qu’on sépare les salles des garçons de celles des filles. Evidemment, les élèves ne seront pas contents, mais ils étudieront mieux. Il faut leur expliquer que si les garçons travaillent de moins en moins, cela vient aussi de la mixité mal gouvernée. Le sexe est devenu l’opium du peuple qui affaiblit la volonté des jeunes. C’est comme un réflexe névrotique chargé d’émotivité, de tension et d’agressivité. Et l’éducation sexuelle sans pudeur dans les écoles  risque de rabaisser l’homme au rang de l’animal. Face aux femmes impudiques provocantes, l’homme brûle tout de suite. Il suffit même d’un petit geste déplacé de la fille, par mégarde, et l’adolescent est par terre ; il ne peut plus se concentrer pour suivre le cours ou pour réfléchir. Cette plainte des filles est récurrente : « Les garçons nous embêtent trop ». Et bien sûr, s’ils ont l’habitude de voir certaines parties du corps généreusement ou même subtilement exposées, la maîtrise des sens n’étant plus une vertu à promouvoir, les garçons ont envie de toucher et même d’en jouir ipso facto. Ce sont là des embûches sérieuses à la construction de la personnalité. Ce n’est pas facile pour un garçon de 14-20 ans et même au-delà de réussir ses études dans un conditionnement érotisé. Une école est un centre de formation où devrait prévaloir le respect réciproque pour une meilleure fermentation des idées et des attitudes morales saines. Heureusement encore que dans nos établissements, on impose l’uniforme. Sinon beaucoup d’étudiantes se donneraient en spectacle avec beaucoup de désinvolture pour avoir sans effort de bonnes notes. Car le sexe est un pouvoir, surtout le sexe dit "faible". Même les rois peuvent y succomber facilement. Ne nommons personne. Nous constatons seulement que les conséquences du laisser-aller s’intensifient et se généralisent : harcèlements, concubinages, filles-mères, infidélités conjugales, viols, déceptions amoureuses, maladies sexuellement transmissibles. Un peu d’écologie occulaire, je veux dire : un peu de pudeur ! Cette valeur humaine rime avec réputation.
    Car la femme est un réservoir de valeurs. La féminité est un don inestimable de Dieu. Ce serait dommage que la mode démode la femme et fasse d’elle un objet de musée qu’on contemple, ou une chose dont on jouit goulûment et qu’on jette aussitôt après. Et oui, si le sel se dénature… Chaque mode véhicule un message qu’il faut décoder. S’il est négatif (c’est-à-dire contraire aux valeurs humaines et évangéliques), il faut le repousser énergiquement. Ce n’est pas toujours facile. Je le sais. Ici encore, il faudra appeler au secours la Vierge toute pure et toute belle, "Mater purissima" qui saura parler tendrement à nos "cœurs compliqués et malades".
    Allons donc ! Un peu de bon sens ! L’habit élève ou rabaisse. On ne s’habille pas de la même manière quand on est à la cuisine ou quand on va à la fête. Une secrétaire ne peut pas se vêtir comme une infirmière. Ce qui sied à une femme mince peut ne pas convenir à une qui a de l’embonpoint. Et pourtant, on en voit qui s’efforcent d’entrer dans des costumes trop étroits. Le résultat, c’est qu’elles ressemblent à des grosses chambres à air de camion titan mal gonflées. S’habiller de manière indécente révèle à coup sûr que le cœur a de sérieux problèmes. "Les gens tout en dehors, tout en exhibition, n’ont pas de secret, pas de densité, ni d’arrière-plan. Ils se lisent à livre ouvert et s’épuisent vite… Ils ont un goût vulgaire de se raconter" (Emmanuel MOUNIER).
    Je ne suis pas un styliste mais un pasteur. Je n’ai pas à faire des propositions de modes ou de coupes. Il me suffit de dire que les femmes doivent soigner leur image personnelle qui est sacrée. Les femmes créées en série ou dupliquées à l’infini à cause des modes sexys, ça n’arrange que les commerçants. Quand elles passent mal vêtues devant les gens, on chuchote, on rit d’elles discrètement. Mais c’est toute la société qui en pâtit : "C’est surtout par les péchés d’impureté que les forces des ténèbres assujettissent les âmes… Aussi longtemps que la modestie ne sera pas mise en pratique, la société continuera à se dégrader …" (Pie XII). Le désir de plaire, de se distinguer, de se faire valoir par le vêtement est normal. C’est très tôt en famille qu’il faut bien habiller les enfants et surtout les petites filles. En plus de l’habillement, il faut insister sur l’éducation chrétienne à la pudeur. Ne les encourageons pas à jeter leur dignité à la poubelle. Aujourd’hui, on trouve tout sur internet et il paraît que des gens s’envoient des images pornographiques par leurs téléphones portables. Cela dérègle la libido et peut augmenter le voyeurisme. Vigilance !
    A l’origine de la mode, n’y a-t’il pas un désir légitime de désirer qu’on nous désire ? Ce désir, c’est le signe que notre cœur est insatisfait. Seul Dieu peut nous combler et nous satisfaire. Il est la Beauté, la Vérité, le Bien par excellence. C’est lui l’Infini qui provoque en chacun de nous cette soif de plénitude parce que nous sommes des êtres limités… Il nous a crées pour être heureux. Mais souvent Satan nous indique des fausses pistes qui nous mènent aux faux bonheurs et nous devenons malheureux. Car le vrai bonheur est incompatible avec le péché. Au chrétien, saint Paul demande de se revêtir du Christ, splendeur de la gloire du Père et de rechercher les valeurs d’en haut. Car "Le bonheur est pour ceux qui craignent Dieu" (Ps.15, 2).
    Rappelons que le corps est un temple de l’Esprit Saint, et que la pudeur est la vertu qui sert à faire l’unité de notre personne. Ô femmes, devant un modèle posez-vous toujours cette question : c’est beau mais est-ce bien de se mettre dedans? S’habiller de façon correcte n’enlève rien à l’élégance féminine. Ça rehausse intelligemment votre corps, votre génie féminin et votre mode de vie. Heureuses les femmes qui s’habillent bien. Elles ont déjà un pied dans le Royaume des cieux !

 +Pascal N’KOUE
  Omnium servus


Nouvelles de famille
•  Nous nous réjouissons avec le Diocèse de Natitingou qui a son nouvel Evêque en la personne de Mgr Antoine SABI BIO. Parakou y était avec une forte délégation.
• Nous prions pour le repos des âmes du papa de l’Abbé Jean GBASSI et de celui de l’Abbé Raymond Nicanor AGBO.
• Nous félicitons les fidèles chrétiens de Komiguéa pour leur dévouement envers le Sanctuaire Marial Notre-Dame de Komiguéa.
• Au pèlerinage des prêtres et consacré(e)s sur le site marial, le 3 mai dernier, nous étions en minorité. Les laïcs nous avaient devancés et étaient très nombreux, alors qu’ils n’étaient pas invités. C’est la preuve que ce Sanctuaire encore nu est fortement désiré. Ce jour-là, les chefs coutumiers, tous musulmans et païens en grande tenue étaient présents.
• Bientôt les vacances ! Notre vie de foi n’a pas de vacances. Emportez dans vos voyages, Bible, missel et un bon livre spirituel. Faut-il encore vous recommander le chapelet tous les jours ?
• Nous avons apprécié le passage de Mère Julia Matilde PEREZ, Supérieure Générale des Sœurs Teresitas de Colombie.  Une lueur d’espoir se lève de ce côté-là pour une fondation dans notre Archidiocèse. Prions.
• Merci au Père François, prêtre de la Communauté de Saint Martin, venu nous visiter.
• Sur notre site de Tenonrou, on vient de réaliser une bonne digue (retenue d’eau). Bénissons le Seigneur. Nous félicitons la Caritas diocésaine.
   
    NB : Le 22 juin : Procession vivement recommandée en la fête du Très Saint Sacrement. Sortez Jésus-Christ pour qu’il bénisse nos rues. Faites-le dans la joie, la beauté et la discipline.
    Le 27 juin c’est la fête du Sacré-Cœur. C’est aussi la journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres. Tout le presbyterium comme l’année dernière passera la journée au monastère l’Etoile Notre-Dame. Priez pour vos prêtres.
    5 juillet : A 9h30 : Messe d’action de grâce à la Cathédrale Saint Pierre et Saint Paul pour les 100 ans du Grand Séminaire Saint Gall et de l’Institut des religieuses ocpsp.

 

Quelques dates


1er juin : A 9h : Confirmations sur la paroisse Notre-Dame de Lourdes d’Albarika.
3 juin : Assemblée Générale des agents pastoraux à 9h30 avec messe à 12h30. Que les prêtres viennent avec leurs vêtements liturgiques.
8 juin : Pentecôte. Confirmations à la Cathédrale Saints Pierre et Paul à 9h30. Quête impérée pour le denier de Saint Pierre.
9 juin : Les bureaux de la Curie Diocésaine sont fermés.
10 juin : A 9h30 : Réunion à l’Archevêché des Recteurs de tous les séminaires du Bénin.
12 juin : A 9h30 : Conseil presbytéral à l’Archevêché.
13 juin : A 9h30 : Au Centre Pastoral: Rencontre avec les Responsables de la Caritas diocésaine.
13-15 juin : Visite pastorale de la paroisse Saint Joseph d’Alaga.
16-18 juin : A Cotonou : Conférence sur la dignité humaine à l’IAJP.
22 juin : A 9h30 : Confirmations sur la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus de Titirou.
27 juin : A 10h : Messe du Sacré-Cœur avec tous les prêtres au monastère l’Etoile Notre-Dame.
29 juin : A 9h : Confirmations à l’Aumônerie Universitaire de Parakou Saint Augustin.