Le mois d’août a connu des moments très chauds. A la publication du message de la Conférence Episcopale (le 15 août) sur le malaise politique actuel et sur la révision de la constitution, beaucoup ont poussé un ouf de soulagement. Il était très attendu.
    Ce message pondéré s’adressait aux fils et filles de l’Eglise mais aussi aux citoyens de bonne volonté. Il décrivait objectivement la situation réelle des événements et le malaise socio-politiques. Le chef de l’Etat, en a été blessé et a demandé dans sa réaction écrite aux Evêques des explications. Trois fidèles laïcs (tous des Professeurs reconnus pour leur droiture d’esprit), de leur propre initiative, sont montés au créneau pour exprimer plus en profondeur à partir des faits datés les vraies souffrances qui habitent le peuple et leur suspicion quant à l’empoisonnement du Président et à la révision de la Constitution ; ces laïcs ne sont pas passés par quatre chemins. Nous ne reproduirons que des extraits de chaque correspondance.

1.    Message des Evêques du Bénin

     ... Certes, ici comme ailleurs, l’Eglise n’apporte aucune solution technique ni politique. Mais elle a le devoir moral de faire remarquer qu’en régime démocratique, aucune réforme qui suscite de fortes tensions et oppositions n’a jamais profité à un peuple qu’elle divise. Il y a lieu de revenir à l’esprit consensuel et convivial de la Conférence nationale des forces vives, pour instaurer le dialogue politique et restaurer la confiance, d’autant que dans plus d’un pays de la sous-région, l’on est porté à toucher à la Constitution pour se maintenir indéfiniment au pouvoir…
 En ces moments difficiles où notre vivre ensemble est mis à l’épreuve, nous avons mal au cœur que notre patrie, notre premier bien commun, présente à la face du monde l’image d’un pays de turbulences et de violences inutiles, d’emprisonnements fortement contestés. Ce pays est tout de même celui de la toute première Conférence nationale qui a ouvert l’Afrique aux rêves du renouveau démocratique. Ce pays est celui de notre vénéré Cardinal Bernardin GANTIN que le Vatican a récemment honoré en instituant à Rome, à l’Université du Latran, la chaire qui porte son nom, pour la formation d’une nouvelle classe d’hommes politiques ; et ce fut en présence de notre chef de l’Etat, le Président Boni Yayi.
 Ce pays est celui dans lequel le Pape Benoît XVI nous a fait l’insigne honneur de séjourner, en signant, sous le regard de l’Afrique et du monde entier, l’inoubliable Exhortation Apostolique post-synodale "Africae munus" sur la réconciliation, la justice et la paix. C’est lui le Pape Benoît XVI qui a prononcé sur notre sol ces paroles inoubliables qui ont tout d’une vibrante interpellation : « Chaque peuple veut comprendre les choix politiques et économiques qui sont faits en son nom. Il saisit la manipulation, et sa revanche est parfois violente. Il veut participer à la bonne gouvernance. De cette tribune, je lance un appel à tous les responsables politiques et économiques des pays africains et du reste du monde. Ne privez pas vos peuples de l’espérance. Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent » (Discours au palais présidentiel, le 19 novembre 2011). Que par l’intercession de la Vierge Marie,  l’Immaculée Mère de notre Sauveur Jésus Christ, Dieu bénisse et baigne de son Esprit de sagesse notre pays le Bénin, ses filles et ses fils !

2.    Réaction du Chef de l’Etat (Lettre adressée à Monseigneur Antoine GANYE, Président de la
Conférence Episcopale du Bénin).

    … A la lecture de ce message, j’ai noté avec intérêt le diagnostic que vous faites sur la situation de malaise observée dans notre pays. Ce malaise est réel.
Excellence Monseigneur, une question me tient à cœur ! C’est avec beaucoup de déceptions que j’ai pris connaissance du premier paragraphe de ce point (cinq) où vous estimez que le drame qui a failli faire basculer dans la violence notre Nation, à savoir la tentative d’empoisonnement et de coup d’Etat sont douteux  et ont provoqué des arrestations contestées, alors même que les inculpés n’ont pas contesté les faits. C’est avec beaucoup de peine que je soulève ce point parce qu’au-delà de tout, je suis citoyen avant  d’être Président  et j’ai un droit à la vie. Je demeure persuadé que je suis une créature de Dieu, et à ce titre nul n’a le droit de détruire toute créature que le Père Céleste a façonnée de sa main.
Je suis peiné de poser ce problème sans vouloir agacer mes chers compatriotes qui croupissent dans la misère. Je me dois de le poser parce qu’il est pendant devant la justice de notre pays et constitue aujourd’hui un sujet au cœur de l’opinion nationale et internationale.
Je m’empresse de vous dire qu’au stade où se trouve son instruction, je m’en suis dessaisi pour le confier à la Justice Divine, car c’est Dieu qui m’a créé et tout est grâce.
Cependant, je me permets de vous prier avec beaucoup de respect et de considération en votre qualité de Président de la Conférence Episcopale, une Grande Institution de Foi, de bien vouloir me faire connaître les éléments en votre possession à partir desquels vous déclarez qu’ils s’agit d’événements douteux et contestés. Je me permets de vous poser cette question parce que j’ai foi en votre institution et en sa crédibilité. Je continue de croire que vous auriez réussi à contacter  le principal accusé et que vous détenez de ce fait des informations à travers  votre déclaration. Je continue de croire que la Conférence Episcopale ne veut pas à travers cette déclaration se substituer à la justice de notre pays, ou l’influencer dans l’instruction de ce dossier, ou semer le doute dans l’opinion nationale et internationale.
Je vous saurais hautement reconnaissant des dispositions que vous voudriez bien faire prendre au nom de Dieu le Père Céleste pour faire droit à ma requête, ma soif de connaître les raisons de l’implication de votre Institution dans un dossier entre les mains de la Justice que nous voulons indépendante dans notre pays et les raisons qui ont présidé à de telles Déclarations dont la nature est de Diviser plutôt que de rassembler et d’éloigner notre pays de sa crédibilité international puisque le Président de la République serait un « menteur » et un « geôlier ». Je suis respectueusement dans l’attente de votre réponse.
Je vous prie de croire, Excellence Monseigneur, à l’assurance de ma haute, Filiale et spirituelle considération.
Que Dieu bénisse l’Eglise ! Et que Dieu bénisse le Bénin, Notre Patrie Commune !


3.    Réaction de trois fidèles laïcs (Maurice AHANHANZO-GLELE, Antoine DETCHENOU et Pierre METINHOUE)

… Bien qu’il y ait eu déjà de nombreuses protestations dans la presse, nous avons senti le besoin urgent de répondre à la lettre du président de la République dont le contenu va au-delà des destinataires indiqués.
    Le commentaire du Président Yayi concernant la question de son projet de révision constitutionnelle a procédé à des raccourcis qui sont plus que des inexactitudes… Le Président Boni Yayi s’est engagé devant la commission AHANHANZO-GLELE à assurer la divulgation du projet de révision. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Et pourquoi le chef du gouvernement a-t-il envoyé ses ministres en campagne d’explication de la Constitution à travers tout le pays ? N’est-ce pas du gaspillage d’argent et une manière de distraire les braves populations des travaux des champs alors que le pays crie la faim et se meurt à petit feu ? Il n’y a aucune urgence à réviser la Constitution. Prenons le temps, et préparons une révision dans la sérénité. Le président Boni Yayi a présenté un projet à l’Assemblée nationale en 2009 ; il l’a retiré en 2012. Quel diable le pousse à ressortir son projet en 2013 en faisant courir de grands risques au pays ? Non à la révision de la Constitution au forceps.
Dans un Etat laïc comme la République du Bénin, où l’Eglise et l’Etat sont séparés, peut-on accepter que le président de la République se comporte vis-à-vis de la hiérarchie de l’Eglise catholique comme si elle dépendait de lui ?
Comment peut-on en vouloir à quelqu’un à la date du 20 août 2013 pour la simple raison qu’il a des doutes concernant cette affaire de tentative d’empoisonnement du président Boni Yayi après que le juge Angelo HOUSSOU, juge d’instruction au tribunal de 1ère instance et de 1ère classe de Cotonou, a prononcé le 17 mai 2013 une ordonnance de non-lieu général, et que la chambre d’accusation de la cour d’appel de Cotonou a confirmé le 1er juillet 2013 ?
Les évêques ont montré que l’une des facettes les plus critiques du malaise ambiant  est le malaise politique. Ils ont affirmé, avec raison, que « notre démocratie se porterait mieux, si les règles d’une saine coopération consensuelle établies étaient cultivées et entretenues ».
Ils suggèrent, à la suite de plusieurs personnalités politiques non membres de la mouvance présidentielle actuelle, que le pouvoir accepte d’entrer en dialogue avec les représentants d’autres courants de pensée afin de parvenir « à une appréciation objective diversifiée et par conséquent plus juste des problèmes ».
Fort curieusement, cette proposition n’a pas retenu l’attention du chef de l’Etat puisqu’il n’en a rien dit dans sa lettre à Monseigneur GANYE…
Les intérêts égoïstes passeront, le pays, notre patrimoine commun, demeurera. Faisons en sorte que les générations montantes ne nous reprochent pas de le leur avoir légué dans un état lamentable.
En conclusion, ce n’est pas opportun dans le climat actuel de forcer à la révision de la Constitution. Dieu garde ce beau pays.
                                                                                                  
+ Pascal N’KOUE
Omnium servus


Nouvelles de Famille
-    Octobre c’est le mois des missions et le mois du Rosaire. Reprenons le chapelet et organisons comme il faut la collecte de la Journée mondiale des missions qui aura lieu le 20 octobre.
-    Du 16 septembre au 02 octobre, je serai en France pour diverses visites aux amis et Collègues dans l’Episcopat.
-    En octobre prochain, nous aurons la joie d’ouvrir sept nouvelles écoles maternelles et primaires catholiques.
-    Nous remercions vivement le Cardinal Giuseppe BERTELLO, ancien Nonce au Bénin, revenu en ami passer quelques jours avec nous. Il a visité 9 diocèses sur 10. Comme saint Paul, il s’est fait tout à tous, malade avec les malades de nos hôpitaux,  enfant avec les enfants, missionnaire de brousse avec les missionnaires en brousse, musulman avec les musulmans, cistercien avec les moniales de Parakou, bénédictin avec les bénédictines de Perperiyakou. N’est-ce pas là une des facettes de la nouvelle évangélisation ?
-    Comment remercier les amis de San Sébastian du Pays Basque qui nous ont envoyé un conteneur qui répond aux besoins réels de développement de notre pastorale sociale.
-    Trois Frères de la Communauté Mère du Divin Amour d’Abidjan arrivent en octobre 2013 pour s’installer à Komiguea. Ils vont s’occuper de bâtir le sanctuaire marial avec nous. Qu’ils soient les bienvenus. Merci à leur Supérieur Général-Adjoint le Père Alphonse qui nous a visité en août dernier.
-    Le terrain du Sanctuaire marial encore nu est passé de 5 ha à 10 ha.  C’est une donation. Dieu est vraiment bon. Nous félicitons les scouts et les chrétiens de Komi qui y ont planté des arbres.
-    Bénissons le Seigneur pour l’affectation de Sœur Raymonde TCHOBO, FCSCJ, au secrétariat de l’Archevêché. Merci à son Institut. Nous l’attendons en octobre.


Voici les membres du nouveau Conseil Presbytéral
1.    Les membres élus (Responsables des secteurs) :
    Les Pères Sosthène ALAPINI, Wojcieck MINTA, Dieudonné DEMBELE, Richard HENNOU, Anatole     MONGADJI, Dindo FALLARME.
2.    Les membres de droit : Les Pères Léonard GORAGUI, Cyrille CHABI, Rogatien MADOKPON.
3.    Les membres désignés : Les Pères Guillaume KAMBOUNON, Jonathan CAPO-CHICHI.



Quelques dates


14 sept.           :    A KoloKondé (Djougou) Vœux perpétuels pour des Sœurs de la  Providence de Gap.
16  sept.-1 oct  :    En France pour diverses rencontres.
2 octobre         :    Retour au Bénin.
3 octobre         :    Conseil permanent de la Conférence Episcopale à Cotonou.
4 octobre         :    Retour à Parakou.
15 octobre       :    A 9 H 30 : Conseil presbytéral à l’Archevêché.
                           A 16 h 30 : Rencontre avec le presbyterium au Centre Pastoral.
   
16 octobre       :    A 9 h 30 : Assemblée générale au Centre pastoral.
20 octobre       :    Journée mondiale des missions. A 18 h  à la cathédrale : Messe d’ouverture de la session ordinaire de la Conférence Episcopale du Bénin. Le Nonce Apostolique et tous les Evêques seront présents. Vous y êtes tous conviés.
21-23 octobre  :    Conférence Episcopale à l’Archevêché de Parakou. Pas d’audience ces jours-là.
25 octobre       :    A 9 H 30 : Réunion à l’Archevêché avec le groupe de réflexion pour l’amélioration de l’enseignement scolaire.
29 octobre       :    A 9 h 30 : Conseil d’Administration des hôpitaux de Boko et de Papanè à l’Archevêché.
31 octobre       :    Messe d’anniversaire de requiem de Guy POGNON à Natitingou.
                          

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