"Que les institutions de santé de l’Eglise et toutes les personnes  qui y travaillent  à divers titres s’efforcent de voir en chaque malade un membre souffrant du Corps du Christ … Soyez les porteurs de l’amour compatissant  de Jésus aux personnes qui souffrent… Il convient que les institutions de santé soient gérées selon les règles éthiques de l’Eglise, y assurant les services en conformité avec son enseignement et exclusivement en faveur de la vie. Qu’elles ne deviennent pas une source d’enrichissement pour les particuliers… Enfin chaque institution de santé devrait avoir une chapelle. Sa présence rappellera au personnel et au malade que Dieu seul est le Maître de la vie et de la mort " (Africae Munus 140-141).
Le Pape a parlé. Qui oserait le contredire ? Ces idées des Pères synodaux assumées par le Pape Benoît XVI sont une lumière suffisante pour tous ceux qui travaillent dans nos hôpitaux. Essayons de monnayer toutes ces paroles au bénéfice du contexte qui est le nôtre.
    L’exemple indépassable des soins donnés au pauvre et au malade est Jésus. Il passait partout en faisant le bien. Il prêchait aux pauvres la Bonne Nouvelle et guérissait les malades. Puis, il a donné autorité à ses disciples d’en faire autant (Mt 10, 1 ; Mc 1, 32…). Dieu s’est toujours passionné pour l’homme fragile. L’Eglise nourrit le même souci quand elle ouvre des dispensaires ou des hôpitaux. Un de nos hôpitaux, celui de Boko, est dédié à saint Jean de Dieu. Cet homme est un sommet de l’humanité et il est bon de connaître un peu sa vie.
Né au Portugal un 8 mars (1495), il est mort un 8 mars (1550). Son nom était Jean. Son évêque lui ajoute "de Dieu". Et désormais tout le monde l’appellera Jean de Dieu. Il est issu d’une famille pauvre mais très pieuse. Sa mère mourut alors qu’il était encore très jeune. Du père, on n’en sait rien sauf qu’il s’appelait André et il finit comme religieux dans un couvent.
Après mille et une péripéties  Jean se rend à Grenade en Espagne. C’est un drôle de mendiant. On le prend pour un fou. Il en subit les conséquences. Les gamins lui lancent des pierres. Il vit dans sa chair la passion du Christ : les moqueries, le mépris et le rejet. Au lieu de se révolter contre la société, il se réjouit intérieurement d’être considéré comme un vaurien. "A quelque chose, malheur est bon". Cette expérience désagréable l’aidera à mieux comprendre le pauvre et le malheureux sans recours.
Il se fait alors solidaire de tous les malades qu’on ne veut pas accueillir à l’hôpital de Grenade, cette belle et grande ville. Une des plus riches d’Espagne. Alors pris de compassion, Jean se décide à fonder lui-même en 1537un hôpital où il accueillera tout le monde, c’est-à-dire "les malades qu’on refuse ailleurs, les sans-travail, les ivrognes, les clochards, les enfants sans famille, les vieillards sans ressources " et aussi les prostituées.
Un musulman converti au catholicisme lui offre l’hospitalité. Sans consulter son généreux bienfaiteur, Jean profite de son absence pour créer dans cette maison  son premier hôpital. Ça se termine mal. On le met dehors. Jean redouble de confiance en la divine Providence. Son ancien locataire  lui trouve un autre endroit. Parfait ! Il devient un infirmier modèle. Le matin, il se lève très tôt. Il va à la messe. Aussitôt après, il s’occupe des malades. Il les soigne, les panse, les lave, les réconforte. Il mendie pour les nourrir. Il ne cherche pas à se mettre en valeur. "Il n’a pas honte de balayer lui-même le sol, laver le carrelage, récurer les marmites, laver les écuelles, aller chercher de l’eau". Bel exemple à imiter n’est-ce pas ? L’hostilité de départ se change en volonté de collaborer. La persévérance à faire le bien c’est payant ! Des disciples se joignent à lui, alors il fonde l’Ordre religieux des Frères hospitaliers dit de Saint Jean de Dieu.

Chose curieuse ! Jean n’a jamais eu de formation médicale dans une faculté, mais il connaît le métier d’infirmier par expérience. Il s’est formé sur le tas, comme on dit. Et ça  a marché, Dieu aidant bien sûr. Le voilà donc infirmier par vocation divine : "il sait … instinctivement que l’un des secrets de l’efficacité des soins donnés c’est l’amour qu’on porte au malade". L’amour avant tout. Jean de Dieu restera toujours fidèle à cette règle. Dans sa sagesse, il s’associera les médecins pour les soins physiques. Ce sont eux qui établissent le diagnostic et fixent la thérapeutique. Il introduit aussi le prêtre aumônier dans sa stratégie ; c’est lui qui sera chargé des âmes. Ce prêtre s’occupera de relever le moral des patients, de soigner les cœurs blessés et les âmes mal en point.  Le médecin et le prêtre se complètent. La perspicacité de Jean de Dieu est encore actuelle. Et le Pape Benoît XVI lui donne raison : "souvent, c’est précisément l’absence de Dieu qui est la racine la plus profonde de la souffrance" (Caritas in Veritate n°31 c).  C’est vraiment lui l’ancêtre de la médecine moderne. Il a été proclamé par le Pape Léon XIII en 1886 le saint patron des malades et des hôpitaux. Pie XI a fait de lui le saint patron des infirmiers et infirmières en 1930…

Chers professionnels de la santé, je voudrais d’abord vous remercier copieusement pour le service que vous rendez à Dieu et à l’Eglise dans nos hôpitaux et centres de santé. J’admire votre dévouement, attention, sympathie et compassion envers les malades. Votre rôle est fondamental. Votre vocation est exceptionnelle. Je fais l’éloge de vos  diverses compétences. Je félicite chacun de vous, du Médecin-Chef jusqu’au gardien du portail, en passant par les agents d’entretien. Nuit et jour vous êtes sollicités. Personne n’est à l’étroit dans mon cœur de Pasteur. Une réforme est en train de s’instaurer. Merci de l’accepter de bon cœur. L’Eglise ne veut du mal à personne. C’est donc dans l’intérêt de tous. Aidez les nouveaux directeurs qui prendront bientôt fonction dans le but de promouvoir nos structures. Ils ont besoin de votre saine collaboration. Facilitez-leur la tâche. Nous voulons respecter la législation du Ministère de la Santé en vigueur dans notre pays, mais  selon les orientations de la doctrine sociale de l’Eglise experte en humanité. Collaborez de tout cœur sans arrière pensée.

Avant tout, entretenez une bonne ambiance dans l’hôpital. Jamais l’un contre l’autre. Créez l’esprit de famille entre vous, avec les malades et les membres de leur parenté qui les accompagnent. Etre amer et arrogant fragilise et même envenime les relations. Dialoguez dans la vérité et la charité. Faites-vous confiance. Soyez rigoureux et transparents dans les comptes et les bilans financiers. Cultivez l’esprit de détachement. Ne rançonnez personne. La personne humaine passe avant l’argent. Elle est créée à l’image de Dieu. Et Dieu sait être généreux avec celui qui lui fait confiance. Vous êtes des ministres, c’est-à-dire des serviteurs de la vie. Respectez-la scrupuleusement. L’unique Seigneur de cette vie a stipulé un commandement clair : "Tu ne tueras pas". Il nous demandera des comptes. C’est un "non" sec et radical aux avortements. Votre rôle est de défendre la vie dès sa conception jusqu’à sa fin naturelle. Eliminez donc de votre corps médical tout ce qui est tricherie, corruption, fraude, soupçon, mensonge, injustice, mépris de l’autre, critiques méchantes, soif d’enrichissement rapide, esprit de vengeance. Dans ces lieux de souffrance, de grâce, n’en rajoutez pas. Ayez plutôt des convictions fortes et cultivez une foi à toute épreuve. Que cette foi soit agissante et ardente, et non sentimentale et superficielle. Les miracles de guérison se multiplient dans un climat de confiance en Jésus. Travaillez dans la paix et l’unité. Je promets mon soutien de pasteur à chacun de vous à travers la CODIS que nous venons d’installer officiellement…
Vous connaissez certainement cette définition : "La médecine c’est la haine de la maladie et l’amour du malade" (Professeur Lejeune). Quelle belle définition !  Etablissez avec le malade un rapport personnalisé fait de dialogue affable et de confiance. Montrez-lui votre grande humanité. "La qualité d’une civilisation se mesure au respect qu’elle porte aux plus faibles de ses membres", dit encore le Professeur  Lejeune. Découvrez au malade la bonté et la tendresse du Christ Sauveur. C’est vrai  que Jésus aime le malade. Mystère ! Il s’identifie non aux hommes forts et bien portants mais aux pauvres, aux petits, à ceux qui souffrent : "J’étais malade et vous m’avez …". Soignez le malade avec amour comme si c’était votre père ou votre mère, votre frère ou votre sœur. Soignez-le comme votre ami personnel ; je dirais même plus, soignez-le comme si c’était Jésus. (Les malades) "ont besoin de l’attention du cœur" (Caritas in Veritate n°31). D’où la formation du cœur, la crainte de Dieu, la rencontre de la personne de Jésus.
En effet, un malade qui souffre, c’est Dieu qui nous demande de lui venir en aide. Au dernier jour, nous entendrons le Christ nous dire : "Tout ce que vous avez fait aux plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait". Si on l’a bien traité sur terre, on sera introduit au ciel solennellement dans le bonheur éternel. Mais si on l’a mal traité… je n’ose pas terminer la phrase. Ce sera horrible. Il y a un feu éternel. Alors accueillez bien les malades avec amour comme Jésus l’accueillerait. Les pauvres comme les riches doivent bénéficier de votre compassion et de votre attention. Les malades graves et les enfants auront la priorité. Dignité humaine oblige. Et personne ne sera humilié par des mauvais traitements, des injures ou l’indifférence. Bien au contraire informez les patients suffisamment de leur état de santé, formez-les à éviter certaines contagions et à mieux gérer leur vie.

Je sais qu’un effort récent a été fait pour créer dans nos hôpitaux un lieu de prière, un oratoire, une chapelle. Et je vous en félicite. Car le grand médecin des âmes et des corps c’est Dieu. Vous, vous soignez mais c’est sa main qui guérit. Qu’il vous oriente dans le diagnostic et la posologie. Vérifiez s’il y a un crucifix dans toutes les salles. Au pied de la croix de Jésus on trouve toujours aide, réconfort et espoir. Nous avons tous besoin de son secours. Rien ne lui est impossible. Et sans Lui, nous ne pouvons rien faire. Priez et faites prier pour vous et pour les malades. N’oubliez pas la dévotion mariale et donc récitez le chapelet tous les soirs ! Pensez alors à ériger une place mariale dans nos institutions de santé. Je désire fortement que le sacrement des malades, ceux de pénitence et de l’eucharistie y trouvent un accueil constant. Et que le prêtre aumônier soit désiré et sollicité pour rassurer tout le monde de la présence divine. Et comme notre Dieu aime la joie et la fête, je vous exhorte vivement à célébrer, chaque année dans la gratitude à Dieu, la fête patronale de l’hôpital.

    Enfin, je vous assure que nous travaillerons ensemble à avoir une équipe de personnes pour la pastorale de la santé. Son but sera "d’évangéliser la maladie, en aidant le malade à découvrir le sens rédempteur de la souffrance vécue en communion avec le Christ ; de célébrer les sacrements comme signes efficaces de la grâce re-créatrice  et vivifiante de Dieu ; de témoigner par la diaconie (service) et la koïnonia (communion) la force thérapeutique de la charité"(Jean Paul II). Que l’Esprit de Dieu renouvelle nos cœurs afin que nous transformions le visage de nos hôpitaux pour le bien corporel et spirituel des malades. Souvenez-vous que “tout bien portant est un malade qui s’ignore’’.

Saint Jean de Dieu, priez pour nous. Saint Martin, priez pour nous.
                         Sancta Maria, Salus infirmorum ora pro nobis.


+ Pascal N’KOUE
 Omnium servus



Nouvelles de Famille

-    Prions pour le repos de l’âme de Christophe ZIME, chauffeur de l’Archevêché.
-    Prions pour le repos de l’âme de Suzanne, maman de Sœur Odile Fidélia SOHOU s.s.a.

-    Nous félicitons vivement le Directeur Diocésain de l’Enseignement Catholique et nos enseignants et bien sûr les élèves pour les succès obtenus aux examens officiels : Certificat, Brevet, BAC.

-    Le Père Bruno AMANONGBE est mis à la disposition du Secrétariat de la Conférence Episcopale du Bénin pour deux ans renouvelables.

-    La Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements décrète que : le nom de saint Joseph, Epoux de la Vierge Marie, soit ajouté aux Prières Eucharistiques II, III, IV. On attend les traductions officielles. N’oubliez pas la messe votive à Saint Joseph les mercredis : Prière pour nos bienfaiteurs et les papas catholiques.

-    Un prêtre et une laïque nous ont représentés aux JMJ au Brésil. Bénissons-en le Seigneur.

N.B : Le Cardinal Giuseppe BERTELLO, un ancien Nonce au Bénin, fait partie des 8 sages choisis par le Pape François pour réformer la Curie Romaine. C’est lui qui vient pour le pèlerinage national qui commence le 16 août à Dassa. Certains de nos fils auront la joie d’être ordonnés par lui à Parakou le 17 août prochain.

-    Le Frère Don Diègue BADE sera ordonné prêtre pour le compte des Oblats de saint François de Sales.
-    Seront ordonnés diacres :
Le Frère Clément SOBAKIN (Monastère Notre-Dame du Kokoubou) et les séminaristes WOROU Christian, AGANI Adolphe, KOTOKO Jacques et CODJIA Angelo.
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Quelques dates


9 -10 août :    A Porto-Novo, pour les 40 ans de Sacerdoce de Mgr Jean-Benoît GNAMBODE, l’Administrateur Apostolique.


11 août      :    Retour à Parakou.


14 août      :    Arrivée du Cardinal Giuseppe BERTELLO à Parakou.


15 août      :    Fête de l’Assomption de la Vierge Marie. Vœux solennels au Monastère l’Etoile Notre -Dame. Messe présidée par le Cardinal BERTELLO.


15-16 août :    Un tour à Natitingou avec le cardinal BERTELLO.


17 août       :    A 9 h 30 : Ordinations presbytérales et diaconales à la Cathédrale de Parakou.


17-18 août :    Pèlerinage marial à Dassa.


20 août       :   Déoration à Cotonou de Son Excellence LOKO Théodore, Ambassadeur du Bénin près le Saint-Siège au Vatican.


22 août       :    Retour à Parakou.


24 août       :    Vœux perpétuels chez les Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus à 9 h 30.

                       

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Doctrine sociale