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« Les écoles catholiques sont à la fois des lieux d’évangélisation, d’éducation intégrale, d’inculturation et d’apprentissage du dialogue de vie entre jeunes de religions et de milieux sociaux différents. Aussi l’Eglise en Afrique…s’emploiera-t-elle à promouvoir  l’école pour tous,  dans le cadre de l’école catholique. » Ecclesia in Africa n°102.

Eduquer un enfant c’est le conduire à Dieu créateur et Père ; c’est essayer de lui faire prendre conscience que "l’homme n’est grand qu’à genoux". C’est dans ce terreau que les bonnes règles morales prennent racines, fleurissent et portent beaucoup de fruits pour le bien commun. Car si nous bâtissons une société sans Dieu, ce monstre artificiel se retournera un jour  contre nous pour nous broyer.
Les premiers éducateurs ce sont les parents. L’école vient en appui à la famille. Si la morale est négligée en famille, l’école aura beaucoup de difficulté pour redresser les "tordus". Mais si la morale ne s’appuie pas sur la crainte de Dieu et les lois de la nature, tôt ou tard, on aboutira à ce slogan nocif, "il est interdit d’interdire". Cette idéologie a "enfanté" le relativisme moral, l’esprit libertaire et les fameux nouveaux droits de l’homme : avortement, homosexualité, euthanasie, gender, mariage pour tous etc. Quelle  pollution inhumaine ! Ce sont des maux lucifériens à combattre. Il n’est pas exclu qu’un jour on légalise aussi la pédophilie qui, Dieu merci, est encore considérée comme une horreur abominable.
Les écoles catholiques au Bénin, nous le savons, sont très appréciées. Une bonne partie des élites intellectuelles de notre pays est passée par nos bancs. Mais attention, l’enseignement catholique a sa spécificité : c’est un lieu d’évangélisation. Plus qu’une paroisse, l’école catholique rassemble les enfants et les jeunes de religions différentes et de milieux sociaux divers : belle occasion pour évangéliser, n’est-ce pas ? Mais évangéliser ce n’est pas faire du prosélytisme, ni endoctriner, encore moins forcer les gens à recevoir le baptême. C’est faire connaître Jésus-Christ, Lumière du monde, password ou code secret qui permet de bâtir une saine et fructueuse mondialisation. D’où cette question fondamentale : Est-ce que nos écoles sont préoccupées de transmettre les valeurs du Royaume des cieux en plus du savoir et du savoir-faire?  Concrètement, chaque jour, est-ce qu’on prie avant et après le cours ? Chaque semaine, y-a-t-il un enseignement de la foi, un cours d’instruction religieuse ? Les élèves baptisés reçoivent-ils des cours de catéchèse en vue des sacrements (première communion, confirmation et pénitence) ? Les non chrétiens qui désirent devenir disciples du Christ, bénéficient-ils d’une attention particulière ? Le prêtre aumônier compose-t-il avec le directeur de l’établissement pour organiser des causeries culturelles ou rencontres spirituelles? Y-a-t-il le souci d’avoir une chapelle ou un lieu de prière dans l’enceinte de l’établissement, surtout là où l’église paroissiale est éloignée ? Pendant les temps forts de l’avent et du carême que se passe-t-il ? Y-a-t-il un crucifix dans chaque salle de classe ? Toutes ces questions peuvent paraître secondaires, mais elles sont primordiales.
Pour reprendre une expression forte du Pape Benoît XVI, je dirais qu’on donne toujours trop peu à l’homme quand on ne lui donne pas le Bon Dieu. Car le Dieu d’amour que Jésus-Christ nous a annoncé n’enlève rien à l’homme, il lui donne tout. "Il n’a besoin de rien, lui qui donne à tous la vie, le souffle et tout le reste " (Actes 17,25). Non seulement la visibilité mais aussi la spécificité catholique doit être présente dans nos écoles. Là-dessus, il faut être très clair avec les parents d’élèves et les enseignants. Ne trichons pas avec le mot catholique. Malheur à nous si l’amour effréné de l’argent nous pousse à frelater notre identité pour séduire les portefeuilles des riches. Pour nous aider à ne pas succomber à cette tentation, Benoît XVI se fait notre avocat auprès de nos gouvernants pour qu’ils appuient financièrement nos écoles (Africae Munus N°78). « Tout cela suppose la formation humaine, culturelle et religieuse des éducateurs eux-mêmes » (Ecclesia in Africa n°102).
Je voudrais savoir sur quelle base on recrute nos enseignants. Quelle est leur motivation réelle en venant dans nos écoles ? Est-ce qu’ils connaissent bien nos statuts ? Est-ce qu’ils s’engagent à respecter la spécificité de l’enseignement catholique et notre projet éducatif ouvert à la transcendance? Est-ce qu’ils acceptent de transmettre nos valeurs morales et spirituelles que je considère comme des vitamines indispensables pour toute croissance humaine, saine et solide? Développer seulement l’intelligence et la technique chez l’individu c’est incomplet. Les fabriquants et poseurs de bombes ne sont pas des gens stupides. Il leur manque la crainte de Dieu et le respect de la vie humaine."La foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité" (Fides et ratio).
Et les parents d’élèves, en inscrivant leurs enfants chez nous, sont-ils avertis du caractère catholique de nos écoles ? Sont-ils conscients du "plus" que l’éducation catholique donne à leurs enfants ? Instruire sans évangéliser c’est transpirer à grosses gouttes pour très peu de chose. La preuve, c’est qu’il y a beaucoup de diplômés sans emploi. Et le nombre de jeunes en difficulté s’accroit : enfants des rues, orphelins, prostituées etc. L’Eglise est mère et ne peut pas fermer les yeux sur la misère du monde. Ayons le souci de scolariser aussi et surtout les enfants des pauvres. Comme vous le voyez, il est urgent de revaloriser le métier d’enseignant en insistant sur quatre points :
1.    Le regard plein d’attention et de bonté de l’enseignant envers l’enfant,
2.    Les bonnes relations entre collègues enseignants.
3.    La gestion des conflits à l’amiable et dans la discrétion.
4.    Les bons rapports à établir entre parents et enseignants. Et tous ces points doivent être
habités par le baume ou l’amour de Jésus-Christ Chemin, Vérité et Vie. C’est un métier difficile où il faut donner le meilleur de soi-même. D’ailleurs il n’est de bon enseignant que celui qui aime profondément ses élèves et leur accorde une attention particulière. Car ce qui donne valeur aux services que nous rendons, c’est l’enthousiasme et l’effort gratuit, j’irai jusqu’à dire la passion que nous y mettons.
Saint Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719), saint patron des enseignants, exigeait des maîtres une parfaite connaissance des élèves à travers un "catalogue" qui décrivait l’enfant, son univers familial, ses progrès. Chez lui, le b a ba de la discipline collective reposait sur la ponctualité et le silence. Si "la ponctualité est  la politesse des rois", le silence, quant à lui, favorise la réflexion profonde. On n’apprend rien de sérieux dans le bruit. Que d’efforts nous avons à faire sur ce point ! Le Saint prescrivait qu’on emmène tous les jours les élèves, en rangs silencieux, de l’école à l’église paroissiale pour participer à la messe. C’était sa manière d’éduquer à la concentration, véritable remède contre la superficialité et la dispersion. Les hommes sages ont toujours cultivé le silence. Le grain qui nous fait vivre grandit en silence. On réfléchit en silence. On médite en silence. Les bonnes décisions se prennent dans le silence. On meurt et on ressuscite en silence. En effet, nul ne connaît le moment précis de la résurrection de Jésus-Christ. Le silence est un besoin de l’âme pour s’unir à Dieu. C’est l’engrais de la vie intérieure.
Concernant l’autorité du maître, nous avons un modèle indépassable : le Christ crucifié. Lui, le Maître et Seigneur, s’est fait serviteur de tous jusqu’au don total de lui-même. Il faut l’imiter. De La Salle insistait pour que l’enseignant soit un homme exemplaire même dans sa manière de se vêtir, de se tenir devant les apprenants, sur la vie intérieure et la piété. Et tout cela aussi par affection pour les élèves. Car "sans affection pas de confiance, sans confiance pas d’éducation", répétait souvent Don Bosco. En un mot, le secret de l’autorité c’est mettre Jésus-Christ au centre des relations maître-élève. J’ajoute seulement qu’il faut des éducateurs gais, souriants et joyeux. Ils sont souvent plus performants, plus écoutés et donc plus influents. Après tout, éduquer c’est partager son bonheur, peu importe la matière qu’on enseigne. Et l’Afrique peut enseigner au monde sa culture si chaleureuse, si religieuse et si humaine. Rappelons que c’est l’Afrique que Jésus a choisie pour s’y réfugier au temps du roi Hérode. Sans commentaire ! Ne négligeons pas nos langues vernaculaires, nos cultures, et nos valeurs africaines comme l’hospitalité, la religiosité populaire, le respect des anciens, la solidarité familiale, la convivialité, la recherche du consensus.
Aux enseignants, je demande donc d’être simples et proches des apprenants, de prier avec eux et pour eux. Créez avec eux l’esprit de famille où règnent paix, amour et confiance. Développez chez eux la pensée critique et l’esprit de créativité. Qu’ils s’appliquent à la sauvegarde de l’environnement et à l’amour du travail bien fait. Qu’ils aient le souci du bien commun et le sens de la responsabilité personnelle et sociale. C’est une mission délicate mais exaltante qu’on vous confie. Dites-vous que votre rôle est  de former la conscience et la volonté  des jeunes pour faire d’eux des hommes solidaires, honnêtes et ouverts à l’universel, de bons citoyens et même des saints du ciel. Un saint c’est celui qui veut le bien de tous. Et Léon Bloy a raison de nous prévenir qu’"il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints". Que les dix commandements, que Yahvé a donnés au peuple Israël pour le structurer, servent de boussole dans chaque classe. Puisez les exemples de vie dans la Bible, mais aussi auprès des éducateurs et des saints comme François de Sales, Don Bosco, Philippe Neri, Alphonse de Liguori, Kisito etc. Mais je vous rappelle que vous avez un concurrent impitoyable, un ennemi puissant et séduisant, ce sont les vendeurs d’images qui, sans aucune censure, diffusent des illusions de bonheur, des images truquées, des apparences trompeuses, des réussites faciles où règne le Père du mensonge. La crise de ce temps est très profonde. C’est pourquoi sans l’aide de Dieu, nous ne pouvons pas nous en sortir.
Aidez vos élèves à bien gérer le temps. "Le temps perdu ne se rattrape jamais". Il vaut plus que l’or et l’argent. Poussez-les à penser à la prévision à long terme, à l’échelle des valeurs, à la planification des tâches.  Qu’ils aient le goût de l’effort, car c’est « l’effort qui fait les forts ». Qu’ils travaillent avec méthode et soient persévérants dans les épreuves. Un homme inconstant est comme une feuille sèche qui se laisse balloter par toutes sortes de vents contraires. Les mouvements catholiques comme l’Enfance missionnaire, la JEC, le Scoutisme sont à encourager. La musique, les métiers manuels, le sport et la gymnastique rendent fermes les indécis et dilatent les cœurs. Convainquez les jeunes que la terre est un don précieux de Dieu, une grande richesse. Et qu’il faut la transformer sans l’agresser sauvagement, ni la brader à vil prix. Si ce volet était pris au sérieux, il n’y aurait pas de diplômés sans emploi. Introduisons de profonds changements utiles dans notre système scolaire, dans nos mentalités, nos comportements et nos idées pour former l’homme intégral, dans son unité économique, sociale, morale, culturelle et religieuse. C’est dans ce contexte que le vrai progrès sera au service de l’humanité.
Laissons le mot de conclusion à un grand sage, le Pape Benoît XVI : "Le travail d’un professeur ne consiste pas seulement à transmettre des informations ou à enseigner des compétences pour procurer un profit économique à la société ; l’éducation n’est pas et ne doit jamais être considérée selon une optique purement utilitaire. Il s’agit de former la personne humaine en lui donnant le bagage nécessaire pour vivre pleinement sa vie ; en bref il s’agit de transmettre la sagesse. Et la vraie sagesse est inséparable de la connaissance du Créateur". Pour tout dire, ayons la fierté de transformer en hommes sages les enfants qu’on nous confie. La doctrine sociale de l’Eglise est là pour nous aider. C’est un levier dynamique pour le développement intégral de l’homme africain et de l’homme universel.


+ Pascal N’KOUE
Omnium servus.



Nouvelles de famille
•    Nous remercions vivement le P. Bernard Minvielle, Supérieur de l’Institut N.D. de Vie, venu nous visiter le mois dernier en compagnie des P.P. Alain BONJOUR et Régis. Des liens se tissent pour notre futur séminaire diocésain.
•    C’est le mois des examens scolaires. Nous souhaitons plein succès à tous les candidats. Qu’ils se rapprochent des prêtres pour demander des bénédictions et des messes.
•    Je lance un appel pour collecter beaucoup de vélos au profit des enfants des villages qui vont à l’école à pieds.
•    Nous remercions Mgr Jean-Benoît GNAMBODE, Administrateur Apostolique de Porto-Novo, qui vient présider aux cérémonies des 4 nouvelles professes des Sœurs FCSCJ, le 7 juin.
•    Pour l’équipe de formation dans les postulats et noviciats, il faut un minimum de trois personnes.
•    Nous avons eu la joie de donner le sacrement de confirmation à 673 jeunes au Sanctuaire le jour de la Pentecôte. Il y a de l’espoir.
•    C’est aussi le début des vacances. Qu’elles soient reposantes, priantes, fructueuses et épanouissantes.
•    Nous avons apprécié hautement les conférences données par les P.P. Louis HONDOKODO et Didier GNITONA, lors de notre dernière Assemblée Générale. Qu’ils en soient vivement remerciés.
•    Une mission de chirurgie plastique et réparatrice (bec de lièvre, rétraction de brûlures, tumeurs etc.) arrive à l’hôpital St Jean de Dieu de Tanguiéta du 13 au 27 juin. Appelez l’hôpital sans retard.
•    Pour la rentrée scolaire d’octobre prochain, chaque école catholique devra avoir un aumônier prêtre, sous la responsabilité du Curé de sa paroisse.
•    Le logo de l’enseignement catholique dans notre diocèse comporte, entre autres, deux lauriers à gagner : le terrestre et le céleste. Je recommande l’opuscule Jeunesse béninoise, sois fière, de Mr Jean PLIYA.
•    Prions pour le repos de l’âme de Rosalie, maman de Sr Hélène ANEYOU, sœur de Menton.
•    Bienvenue au nouveau Nonce Apostolique pour le Bénin et le Togo. Il s’appelle Brian UDAIGWE et arrive à Cotonou le 10 juin de ce mois.

NB. La retraite sacerdotale aura lieu au monastère l’Etoile Notre Dame du 29 juillet au 02 août. Commencez à vous inscrire.

 


Quelques dates


2 juin    Fête du Saint-Sacrement.


12h : Messe au Sanctuaire Rédempteur de l’homme.


16 h : Adoration eucharistique à la cathédrale en union avec le Pape François.


3-6 juin    Assises des directeurs diocésains des OPM à Parakou, au Centre Pastoral.


4 juin    Rencontre avec les recteurs de nos séminaires à l’Archevêché à 9 h 30.


7 juin     Fête du Sacré-Cœur. Journée mondiale de prière et de sanctification pour les prêtres. Messe à 10h au Monastère l’Etoile Notre Dame avec tous les prêtres. Nous y restons  toute la journée.


9 juin    Confirmations à Bétérou à 9 h 30.


11 juin    Conseil presbytéral à 9 h 30 à l’Archevêché


12 juin    Réunion à l’Archevêché pour la révision des statuts de nos hôpitaux.


13 juin    A Cotonou pour rencontre avec le nouveau Nonce.


15 juin    Journée de l’Enfant africain. Messe à 10h à la cathédrale.


16 juin    Fête des pères et des mères au Centre Pastoral Guy Riobé.


23 juin    Confirmations à l’Université à 9 h.


30 juin     Confirmations à Kika à 10 h.