« Le Christ nous apprend qu’il n’est pas possible de servir à la fois deux maîtres (cf. Mt 6,24). Il fait certes référence à l’argent, ce trésor temporel qui peut occuper notre cœur (cf. Lc 12,34), mais il fait également référence aux innombrables autres biens que nous possédons : notre vie, notre famille, notre éducation, nos relations personnelles par exemple. Il s’agit là de biens précieux et admirables qui sont constitutifs de nos personnes. Mais, le Christ demande à celui qu’il appelle, de s’abandonner totalement à la Providence. Il demande un choix absolu (cf. Mt 7, 13-14). »   
Cette pensée du Pape Benoît XVI, tirée de « Africae Munus » n°112, semble résumer le cri d’alarme de l’Abbé Alphonse QUENUM bien connu au Bénin. Un prêtre de ce calibre n’écrit pas pour ne rien dire. Ici, il s’adresse humblement à d’autres prêtres comme lui. C’est poignant ! Or ce qui touche à la vie du prêtre rejaillit forcément sur la société. Après avoir lu cette lettre avec attention et dans le recueillement requis, voilà ce que le Seigneur m’inspire et que je vous livre en guise de préface sollicitée par l’auteur.
 
Cette « Lettre ouverte aux confrères prêtres » est originale. C’est un prêtre d’un certain âge qui écrit à d’autres prêtres, alors qu’on s’attendrait qu’une lettre du genre soit écrite par un évêque. Son diagnostic  sur  la vie du clergé est objectif et sans complaisance. C’est une lettre écrite avec beaucoup de soin. Je la trouve simple, cordiale et sympathique. Amour et vérité s’y retrouvent. C’est bien le style de l’Abbé Alphonse QUENUM, « ancien taulard », comme il aime à se définir lui-même. Ce prêtre diocésain, homme de culture, ex Recteur de l’Université Catholique d’Abidjan, et auteur de plusieurs ouvrages, est devenu aveugle. Il me fait penser à un Père de l’Eglise : Didyme l’aveugle (4è siècle), qui dirigea pendant plus de 50 ans, malgré sa cécité, la fameuse école catéchétique d’Alexandrie. Parmi ses élèves, on compte saint  Grégoire de Nazianze et saint Jérôme. Plus près de nous, Alphonse fait penser aussi à l’Abbé Lucien Chambémy, paix à son âme, premier prêtre de Natitingou que j’ai connu de près, et autour duquel les prêtres du même diocèse aimaient se retrouver, pour bénéficier de  sa bonté exquise et de son franc-parler.
Le présent opuscule me paraît comparable à un film documentaire. La floraison des vocations est réelle au Bénin, mais cette situation recèle bien des fragilités inquiétantes. Le relativisme éthique, moral et spirituel très présent dans les familles et la société, n’épargne pas le clergé. L’Abbé Alphonse en est conscient et  le stigmatise. Dès le départ un rappel très important : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15, 16). Le maître d’œuvre, c’est donc le Christ, le seul vrai prêtre, le grand prêtre qu’il nous fallait ; c’est par lui, avec lui, et en lui, que notre sacerdoce prend tout son sens. Il faut revenir à lui. Car l’esprit du monde, en contradiction perpétuelle avec l’esprit de l’évangile, s’impose de plus en plus à nous, de façon très subtile et séduisante, comme un modèle.
    L’opuscule, loin d’être pessimiste, fait l’éloge des premiers prêtres dahoméens, Mouléro, Kiti, Gantin etc, tous qualifiés « d’intrépides pionniers ». « La brousse » ou plus exactement la mission était une passion pour eux. Ils étaient prêtres pour évangéliser les chrétiens et les non chrétiens, et non pour une pastorale d’entretien dans les postes juteux. Ils avaient un grand sens du dévouement gratuit et du sacrifice consenti pour assumer leur mission. « Ce serait dommage, soupire l’Abbé Alphonse,  que notre présent et notre avenir fassent honte à leur passé glorieux ». Quel défi à relever !
    Les obstacles majeurs à ce défi ont été listés et analysés avec sérénité et perspicacité : l’ambition, l’égocentrisme, le positionnement social, la famille trop influente, le danger de l’ethnicisme, les dérives charlatanesques, l’exorcisme au carrefour des besoins de guérison ou de protection, Mammon ou les tentations de l’avoir, l’appétit déréglé du sexe féminin,  le manque d’harmonisation dans la formation des séminaristes venant des petits séminaires et des collèges publiques etc. Mais « le vieux prêtre » ne fait pas que dénoncer, il annonce aussi.
Comme le prophète Balaam, cet homme biblique au regard pénétrant, l’auteur de notre  lettre ouverte  propose des remèdes adaptés à chaque réalité, afin que le prêtre parle et vive « en homme qui a autorité et non comme les pharisiens et les scribes », tristes répétiteurs et hypocrites certifiés.  De l’autorité, Jésus en avait, et n’en faisait jamais montre par vanité. Il est resté pauvre, doux et humble de cœur, autant de qualités que le prêtre doit imiter pour rendre crédible son autorité à l’exemple de son Maître. Entre autres, l’Abbé Alphonse souligne un habitus à acquérir qui peut sembler un détail superflu, mais très nécessaire : c’est la bonne gestion du temps caractérisée par la ponctualité, appelée aussi la politesse des rois, vertu incontournable des gens intérieurement réglés. Dans ce sens, il évoque que « l’une des choses, qui a frappé les Béninois durant la visite du pape (en novembre 2011), est la programmation rigoureuse de tous les déplacements et activités,  et l’exactitude dans leur exécution ». Les expressions comme : « nous sommes en Afrique », émises pour justifier et même canoniser nos comportements laxistes, nous dévalorisent et dévaluent notre identité d’être africain. Pour ma part, je crois aussi qu’il est un effort essentiel à cultiver le désir de la sainteté, même si cela n’entre pas dans la perspective du livre.
En effet, « Sans la logique de la sainteté, le ministère (sacerdotal) n’est qu’une simple fonction sociale » (Benoît XVI au Séminaire de Ouidah, Bénin). N’est-ce pas parce que conscients de cela que nous concluons les invocations au Saint-Sacrement par: « Seigneur donnez-nous beaucoup de saints prêtres » ! Qu’est-ce qui nous empêche alors d’être saints ? Ecoutons le Saint Curé d’Ars :
« Ce qui nous empêche d’être saints, nous autres prêtres, c’est le manque de réflexion. On ne rentre pas en soi-même ; on ne sait pas ce qu’on fait. C’est la réflexion, l’oraison, l’union à Dieu, qu’il nous faut. Mais pour cela, il faut la tranquillité, le silence, la retraite, mon ami la retraite ! C’est dans la solitude que Dieu parle ».En effet, la qualité de notre vie de prêtre dépend de notre relation personnelle avec Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous. Sans cette intimité, le prêtre risque d’être mondain, léger et superficiel.
Je souhaite que cette lettre ouverte devienne un outil précieux à introduire dans les séminaires et dans la formation continue des prêtres. Peut-être serait-il nécessaire d’ajouter l’esprit de la sainte liturgie et l’accompagnement spirituel dont le prêtre a lui-même besoin pour se resituer sans cesse devant la grandeur de l’amour miséricordieux de Dieu et face à la noblesse des exigences de sa mission. Que la Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère, tienne une grande place dans notre vie sacerdotale et dans nos activités pastorales.
                

+ Pascal N’KOUE
 Omnium servus 



Nouvelles de Famille


    Le Père Hyacinthe KOCHONI est nommé Délégué diocésain de la Commission Justice et paix.
      Désormais l’Archidiocèse passe de deux à six secteurs paroissiaux :
1.    Secteur de Parakou avec les paroisses de la Cathédrale, d’Alaga, de Wansirou (quasi paroisse) et  de Titirou.
2.    Secteur de Tchaourou avec les paroisses de Tchaourou, Tchatchou, Papanè et Okédama.
3.    Secteur de Guêma avec les paroisses de Guêma, Boko, Sirarou et la Piste de Gbégourou.
4.    Secteur de Banikanni avec les paroisses de Banikanni, Kika et l’Aumônerie de l’Université.
5.    Secteur de Marie-Auxilliatrice avec les paroisses de Marie Auxilliatrice et de Nima.
6.    Secteur de Bétérou avec les Paroisses de Bétérou et d’Albarika.
Tout cela prend effet le 1er janvier 2013.
N.B. : Les Responsables des secteurs seront des prêtres élus pour une période de trois ans renouvelable. Les procès verbaux des réunions mensuelles seront envoyés à l’Archevêché. Les délimitations territoriales de chaque paroisse vous seront communiquées ultérieurement.
- En vue de constituer un fonds commun pour une meilleure harmonisation des biens temporels de l’Archidiocèse, toutes les entités ecclésiales paroissiales et diocésaines devront ouvrir leur compte à l’Economat diocésain (cf. Décret épiscopal n°074/12).
- Les premiers samedis du mois, toutes les paroisses à tour de rôle feront leur pèlerinage à la Cathédrale en vue de la préparation des 70 ans d’évangélisation de notre diocèse.
- Le Centre Notre-Dame de Refuge de Komiguéa attend ce mois-ci une missionnaire laïque du nom de Oihana,  du Pays Basque, qui  séjournera parmi nous pendant six mois. Elle est la bienvenue.
- Notre Caritas diocésaine célèbre 25 ans d’existence en cette année de la Foi. Monsieur Jean PLIYA et son épouse seront nos illustres invités les 19 et 20 janvier. Un rendez-vous à ne pas manquer.
N.B. : Le 2 février : Fête de la Vie Consacrée. Messe à la Cathédrale à 9 h 30.

BONNE ET SAINTE ANNEE 2013 A TOUS.
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Quelques dates


1 janvier 2013     :    Journée mondiale de la paix. Prions pour nos frères du Mali et du Nigéria

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2 janvier               :    Les bureaux de la Curie diocésaines sont fermés.


5 janvier           :    A Natitingou pour ordonner 4 prêtres.


6 janvier                :    Au monastère l’Etoile Notre Dame pour la fête de la Dédicace.
                                Quête impérée pour l’Enfance Missionnaire.


7 janvier                          :    Voyage sur Cotonou.


8-10 janvier         :    Conférence Episcopale à Cotonou.


12 janvier             :    Trois Ordinations presbytérales à la Cathédrale de Parakou. Messe à 9 h 30.


13 janvier             :    A 9 h : Pèlerinage paroissial à Papanè.


17 janvier                   :    Conseil presbytéral à 9 h 30 à l’Archevêché.
                                 Rencontre avec les Séminaristes de Notre-Dame de Fatima.


18 janvier            :    Réunion avec les parents d’élèves à 9 h 30 à l’Archevêché.


19 janvier            :    A 9 h au Centre pastoral Guy Riobé. Conférence de Monsieur Jean PLIYA sur « Foi et Charité » dans la vie du chrétien.


20 janvier            :    9 h : Messe pontificale à la Cathédrale pour le jubilé d’argent de la Caritas diocésaine. Grande collecte pour le CNDR de Komiguea.


21-25 janvier      :    Colloque international de philosophie à Cotonou sur « Africae Munus ».


26 janvier            :    Ordination diaconale à Okedama du Frère Don Diègue GUEDOU à 9 h 30.


27 janvier            :    Messe à l’Université de Parakou et rencontre avec les étudiants.                           

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Journal la croix du bénin

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