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          « L’Eucharistie est un grand mystère ! Mystère qui doit avant tout être bien célébré » (Mane nobiscum n°17).
   
Bientôt je ferai  paraître un opuscule dont le titre sera : « L’Art de bien célébrer ». Il reprendra quelques rubriques essentielles pour nous aider à mieux célébrer l’Eucharistie, ce grand mystère lumineux, ce « don trop grand pour pouvoir supporter des ambiguïtés et des réductions »  (Jean-Paul II). Je vous livre quelques points en guise d’apéritif pour vous exhorter à traiter l’Eucharistie avec un très grand respect.
   
La vie intérieure est l’alpha et l’oméga de la vie spirituelle. Elle nous permet d’avoir une intelligence du cœur et une profondeur de sagesse en toute chose. Nous sommes habitués au zapping, au changement continuel et aux nouveautés distrayantes. Or la liturgie est faite pour nous stabiliser en Dieu, dans l’union et la contemplation.
   
Relisons à tête reposée la constitution Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II sur la liturgie. Les Pères du Concile n’ont jamais demandé d’évacuer le latin et les chants grégoriens, ni même de célébrer face au peuple. En effet,  même les rubriques du missel de Paul VI prescrivent qu’il faut se tourner vers le peuple seulement à trois endroits : d’abord à  «l’Orate fratres » à la fin de l’offertoire, ensuite au baiser de paix « Dans la charité du Christ, donnez-vous la paix », et enfin à voici l’Agneau de Dieu « Ecce Agnus Dei », juste avant la communion. Il est même dit qu’ensuite le prêtre se retourne vers l’autel pour communier. Cela signifie que la messe de Paul VI n’est pas prévue de telle sorte qu’on doive obligatoirement la célébrer face au peuple, du début à la fin. Il est légitime et même normal qu’à partir de l’offertoire, le prêtre soit tourné vers l’Orient, face au soleil levant, le Soleil de justice sans déclin. Rien n’empêche qu’aux temps forts de l’Avent et du Carême on puisse célébrer « ad orientem », tous tournés dans la même direction vers le Seigneur, c’est-à-dire vers un crucifix visible par le Peuple et le prêtre…
   
Attention au silence sacré dans la liturgie. La messe réactualise un drame, le sacrifice sanglant du Golgotha, où Jésus est la victime immolée (l’Agneau égorgé). Repensons la sacralité de la liturgie. Pendant le confiteor, les oraisons, les lectures ou l’homélie, il faut faire un silence total dans l’assemblée. Dans la nef comme dans le chœur, pas de déplacements en ces moments-là. Même les servants d’autel doivent rester tranquilles. Le silence après la communion n’est pas à raccourcir au profit de la 2ème quête. On a Jésus en soi, il faut l’écouter et lui parler. Prenons le temps de remercier et d’adorer Dieu en nous. C’est plutôt les annonces qu’il faut élaguer.

Au début de la messe
    La messe commence à la sacristie : recueillement du prêtre pour dialoguer avec le Mystère. Chaque vêtement liturgique avait sa prière dans l’ancien rite. En effet, les vêtements liturgiques nous disent qu’on sort du monde profane. Cessons de bavarder avec tout le monde ou de nous promener allègrement, bras ballants, quand on est revêtu des ornements sacerdotaux. A la fin de la messe, que le prêtre ôte ses ornements avant de se lancer dans des plaisanteries burlesques et les danses !...
Le signe de croix initial doit être fait dans le recueillement et avec foi. Le ton de la voix, les gestes, les positions du corps et des mains, le comportement tout entier du prêtre à l’autel sont importants. Ils invitent tout le monde au respect du Grand Dieu.
    Le Prêtre célébrant se tient au milieu de l’autel. Le missel d’autel à sa gauche, de façon oblique. En face de lui, il y a la croix bien visible au peuple. Si la disposition des lieux s’y prête, il ouvre la messe au siège et non à l’autel.
    Avec « Le Seigneur soit avec vous » qui est une salutation biblique, on n’ajoute plus « bonjour ». Par cette introduction, le prêtre assure l’assemblée de la présence du Seigneur.

Les livres liturgiques
Le Missel d’autel doit être unique. Avant la procession, vérifiez si toutes les pages sont marquées. Seuls les objets nécessaires sont déposés sur l’autel. Mettez au moins deux cierges ou bougies. N’encombrons pas l’autel de livres, de cahiers d’annonces, de feuilles d’homélie etc. Pas de nappes mal disposées, pas de fleurs à l’autel pendant le carême. Il faut beaucoup de soin, de propreté et d’attention pour que chaque chose soit à sa place.                          
Les livrets pour la concélébration posés sur la crédence peuvent être distribués pendant le Sanctus et repris discrètement au Pater par un ou deux servants.
    Tâchez de vous procurer les vrais missels d’autel et des lectionnaires ad’ hoc pour les célébrations. C’est plus digne. Les livrets « Prions en Eglise » ou équiparés sont destinés à l’usage individuel et personnel. L’exemple du Curé d’Ars, en ce domaine, nous prouve qu’une paroisse même pauvre peut se procurer assez vite du matériel de qualité pour la liturgie, évidemment avec un peu de sacrifice et d’amour pour le Bon Dieu !

Les chorales
    A propos des chorales, je prie les prêtres de s’intéresser à elles. Il faut leur proposer des sessions et récollections. Qu’elles fassent chanter l’assemblée : donc qu’il y ait très peu de nouveau chants à chaque célébration. Demandez-leur le programme écrit des chants avant la messe. Au besoin, corrigez-le pour l’améliorer. Faites-leur des observations régulièrement. Encouragez-les souvent. Découragez les instrumentistes bruyants (tam-tam, batterie, orgue, guitare) et les solistes aux voix criardes, fantaisistes, artificiellement tremblotantes et trémolisantes. La sainte liturgie n’est pas un lieu où on vient se mettre en valeur. « Chanter bien, c’est prier deux fois » aurait dit Saint Augustin. Cela n’est vrai que lorsque  les chorales chantent en priant et prient en chantant. Dans le chant sacré, il faut disparaître pour que le Christ soit contemplé. Le chant liturgique est au service de la Parole révélée afin qu’elle résonne dans les cœurs. Eviter donc de se célébrer ou de faire célébrer sa voix. Si les paroles ne sont pas prononcées de façon claire, la mélodie ne nous portera pas à nous unir à Dieu. Avec le bruit et la voix fantaisiste, on ne prie pas, et on empêche les autres de s’unir à Dieu. Notre opuscule « Le ciel sur la terre » peut servir de guide aux chorales.

L’Alléluia et l’Evangile
L’Alléluia doit être plus joyeux les jours de fêtes et solennités. En semaine, il doit être moins éclatant. Dès qu’on l’entonne le Peuple se lève.
    Le prêtre ne demande pas la bénédiction à l’Evêque avant de lire l’évangile, encore moins à un autre prêtre. Il s’incline profondément devant l’autel (et non devant le tabernacle) et récite pieusement la formule à voix  basse : « Purifie mon cœur et mes lèvres… ». Seul le diacre demande la bénédiction au prêtre ou à l’Evêque célébrant. Il s’incline profondément (on s’est habitué au Bénin à la génuflexion) et dit : « Père, bénissez-moi ».
    C’est bien de chanter l’évangile le dimanche et jour de fête, en articulant comme il faut, sur un air simple de psalmodie.

Les offrandes
    A la procession d’offrandes, il faut inclure nécessairement le pain et le vin qui seront consacrés à l’autel au cours de la cérémonie. Ces dons doivent être en tête de procession. C’est d’abord pour eux que la procession a été pensée. Eliminez les animaux (poules, coqs, cabris, moutons, porcs…) de la procession. Le respect du lieu sacré, ou lieu de culte oblige. Ne nous habituons pas à imiter les sectes. Chez nous, il y a la Présence réelle ; chez eux, non. Prévoyez plusieurs servants d’autel pour recueillir les offrandes des fidèles s’il le faut. Ou demandez à ceux qui portent les offrandes d’aller eux-mêmes les déposer à l’endroit indiqué.
   
Le baisser de paix
    Le baiser de paix avant l’Agnus Dei n’est pas obligatoire. On peut donc le supprimer en semaine. Mais il faut l’expliquer au Peuple pour qu’il ne pense pas que c’est un oubli de la part du prêtre. Et quand on se donne le salut de paix, il faut éviter le défoulement, les voyages inutiles. Il suffit de donner de manière sobre le signe de paix à ceux qui sont proches. Ce n’est pas, comme le confiteor, une sollicitation à la réconciliation ou à la  rémission des péchés. Le baiser de paix a pour but de manifester la communion, la charité et la paix (Redemptionis Sacramentum N°71).

La Communion
    Il est interdit à tout prêtre de lever l’hostie consacrée ou de boire au calice avec la main gauche. Evitez aussi de donner la communion avec la main gauche. Cela heurte la sensibilité de nos peuples pour qui la main gauche est  faite pour les choses sales.
    Les fidèles communient à genoux ou debout. Toutefois quand ils communient debout, il est recommandé, qu’avant de recevoir le Corps du Christ, ils fassent une inclination profonde ou  même une génuflexion en signe de respect.
NB : Il n’est pas permis aux fidèles de « prendre eux-mêmes la sainte hostie ou le saint calice, encore moins de se les transmettre de main en main » (Redemptionis Sacramentum N°94).
    Que ce soit le prêtre lui-même (et non les laïcs ou les religieuses) qui aille chercher les saintes espèces et les repose après dans le Tabernacle, quand il n’y a pas d’acolytes ni de diacres. C’est légitime de se faire accompagner par un ou deux servants tenant des cierges allumés quand le tabernacle est loin de l’autel. Le son de la clochette n’est pas nécessaire.
La conclusion
- Aidons les professionnels des médias à respecter nos lieux d’assemblée sainte. Qu’ils soignent leur tenue vestimentaire et veillent à leurs attitudes et déplacements. Ne les introduisez jamais dans le chœur, encore moins sur l’autel. De loin, on peut prendre toutes les images qu’on veut. Les appareils aujourd’hui sont performants.
- Evitez aussi de faire monter à l’autel des personnes (ou des responsables laïcs) pour les consulter. Il vaut mieux leur donner rendez-vous discrètement dans un coin, ou leur communiquer vos messages par des servants d’autel. L’idéal est de tout prévoir en préparant bien la liturgie afin d’éviter ces consultations.

Que la Vierge Marie, Mère du Souverain Prêtre, Mère de tous les prêtres, de tous les consacrés et de tous les baptisés, intercède pour nous, afin que comme elle, on se laisse conduire par l’Esprit pour devenir, chaque jour davantage, des disciples solides dans la foi en Jésus-Eucharistie.
+ Pascal N’KOUE
 Omnium Servus

 

NOUVELLES DE FAMILLE


 - Que ce temps de l’Avent nous prépare à bien accueillir le Mystère de l’Incarnation à Noël.
 - Nous remercions vivement nos amis Italiens venus de Vittorio Veneto nous visiter le mois dernier, ainsi que les amis Belges, représentants de la Fondation Hubi et Vinciane.
-  Le Révérend Père Maxime HENNOU est nommé Aumônier diocésain de la Légion de Marie.
- Comme chaque année, faisons une grande collecte de vêtements, vivres, argent… pour nos amis de la Prison civile. Bien vouloir tout apporter à l’Economat avant le 22 décembre.
- Comme cadeau de Noël, pourquoi ne pas organiser des réconciliations sincères dans nos familles,  nos communautés, avec nos employers et employeurs etc. Le petit Jésus, dans sa mangeoire, nous bénira davantage. Heureux celui qui fera le premier pas vers l’autre !
- Mes visites pastorales en zone rurale révèlent que plusieurs grosses Communautés ont besoin d’être élevées au rang de paroisses. Ce qui freine, ce sont les constructions de presbytères. Que faire ?
Joyeux Noël et déjà Bonne et  Sainte Année 2013 à tous.
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QUELQUES DATES


1 décembre         :     Profession perpétuelle du Frère Gérard HOUNYETIN à Albarika à 9 H 30.


2 décembre         :    1er dimanche de l’Avent : lancement de l’année de la foi à la Cathédrale à 9h30.


4 décembre         :    Rencontre de tous les aumôniers diocésains de la jeunesse au Centre pastoral Guy Riobé.


5 décembre         :    Conseil Permanent de la Conférence Episcopale à l’Archevêché.


6 décembre         :    Rencontre  avec les Séminaristes de Notre-Dame de Fatima dans l’après-midi.


7-10 décembre   :    Dans le diocèse de Natitingou pour diverses cérémonies religieuses.


8 décembre         :        Au monastère de Perporiyakou : 25 ans de vie religieuse de Mère Nathalie, Prieure.


9 décembre         :        A Boukombé : Messe des 25 ans de vie religieuse de Sœur Blandine M’PO.

                            Journée nationale de la Caritas. RDV à Sirarou. Quête impérée pour la Caritas.


 12 décembre       :    A 9 h 30 : Réunion à l’Archevêché de la Commission diocésaine de la Santé.


14-16 décembre :    Visite pastorale à la paroisse Sainte Trinité de Guêma.


16 décembre       :    Récollection des aspirants et aspirantes à Banikanni.


18-20 décembre :    Visite pastorale à Tchatchou.


22 décembre       :    Noël anticipé à l’hôpital Saint Martin  de Papanè. Messe à 10 h.


23 décembre       :    Noël anticipé à la Prison civile. Messe à 10 h.


24 décembre       :    Nuit de Noël à la cathédrale. Messe à 22 h 00.


25 décembre       :     Jour de Noël au Monastère l’Etoile Notre-Dame. Quête impérée pour l’Archevêché.


27 décembre       :    Ouverture du chapitre provincial des Filles du Sacré-Cœur de Jésus à Alafiarou.


29 décembre       :    Profession perpétuelle du Frère Don Diègue GUEDOU  BADE à Okédama (9 h ).


30 décembre       :    8 h 30 : Conférence sur le témoignage de la foi en famille au Centre Pastoral Guy Riobé. Chaque couple vient avec son pique-nique.


31 décembre       :    Messe du « Te Deum » au Sanctuaire Jésus Rédempteur pour le Nouvel An à 24 h.