Paix et joie à tous en ce début d’année pastorale. Il y a deux ans, comme Administrateur apostolique de Parakou, je vous avais déclaré non pas la guerre mais la confiance. Nommé Archevêque, il y a un an, j’ai insisté sur l’esprit de famille. Je me réjouis du cheminement fait ensemble sous la houlette du Bon Pasteur invisible qu’est Jésus, le grand prêtre qu’il nous fallait. De plus en plus, il rapproche nos cœurs. Et malgré les insatisfactions individuelles ou collectives, il faut vraiment avoir le cœur endurci pour ne pas remarquer les merveilles de notre Seigneur. Chantons en chœur une hymne d’action de grâce. Car il a fait des merveilles pour nous. Soyons dans la joie. Aujourd’hui, je vous dévoile que ma pastorale sera celle de l’amitié. Très sincèrement je vous aime comme Peuple et Famille de Dieu. J’aime les laïcs, j’aime les consacré (e)s, j’aime les prêtres. Personne n’est à l’étroit dans mon cœur. Faisons tous un effort pour abattre les murs de haine, de mépris ou de séparation que nous érigeons par nos égocentrismes, nos préjugés, nos peurs, etc. Notre force est dans notre union avec Jésus-Christ.
C’est l’année de la foi, en mémoire des 50 ans du Concile et des 20 ans du Catéchisme de l’Eglise catholique. Il s’agit de la foi en ce  vrai Dieu que Jésus nous a révélé. Ce Dieu est Père. Nous sommes ses enfants... Il nous renvoie sans cesse à l’amour des frères et des petits, et même de nos ennemis. Ce Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, s’est fait lui-même petit. Et il nous demande de l’imiter sur deux qualités peu primées en ce siècle du marketing et des apparences : l’humilité et la douceur. Il est le Dieu miséricordieux qui pardonne facilement aux pécheurs repentis. Il élève les humbles. Jésus son Fils est le Sauveur et le Libérateur. Les puissances démoniaques et fétichistiques fuient devant sa face. Aucun « vaudou » ne lui résiste. Aucun « tchakatou »  ne le pénètre. Il nous dit : « j’ai vaincu le monde ». Le secret de sa force invincible est son amour démontré étonnamment sur la croix, désormais instrument de gloire et de  victoire pour tout chrétien.  Malheureusement Sa croix est banalisée même dans nos assemblées saintes. Or, elle est le symbole du don total de sa vie pour nous, symbole de son sang versé par amour pour sauver l’humanité, afin qu’il n’y ait plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, ni Blanc ni Noir, ni Hutu ni Tutsi. Quelle grande mondialisation d’amour !
    Et malgré toutes ces attentions divines, l’homme préfère souvent mettre sa foi dans des bagatelles, des idoles, des faux-dieux. Ah le fameux veau d’or ! 50 jours après  la prestigieuse sortie d’Egypte, Israël s’est fabriqué un autre dieu. Ridicule ! La peur est vraiment mauvaise conseillère. Quelle comparaison entre Yahvé et un veau ! Si encore les Israélites avaient fait un grand taureau, symbole de force et de fécondité ! Non, ils se sont fabriqués le petit d’un ruminant c’est-à-dire un petit vaurien. Et puis, ce petit animal  a été forgé de toutes pièces,  à partir des boucles d’oreilles de femmes. C’est le comble ! La femme n’avait déjà pas un poids social important, encore moins ses boucles d’oreilles. Cela ne fait pas très sérieux. Et pourtant beaucoup se prosternèrent avec grande dévotion et pleine confiance devant cet objet sans valeur. Et le pire, c’est qu’ils prirent  ce veau d’or comme leur libérateur. Sommes-nous vraiment différents de ce peuple quand on a peur des hiboux, des chats noirs, des crapauds, des fils rouges et des poudres ? Sommes-nous vraiment différents quand on s’agenouille devant l’Argent, Mamiwata, et autres vernis trompeurs de ce monde qui nous rendent esclaves et malheureux ?
    L’année de la foi est promulguée pour qu’on se tourne avec une confiance totale vers le Seigneur qui nous sauve. C’est lui le Chemin, la Vérité, la Vie, notre Bienfaiteur et notre Protecteur. Avec lui nous sommes invincibles, toujours et partout. Puisque Notre Dieu est partout. Il sait tout, il entend tout, il connait tout et il peut tout.  « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps », rassure Jésus... Alors pourquoi craindre aux jours de malheur ? Pourquoi avons-nous tant de difficultés à mettre notre foi en ce Dieu d’amour, que les missionnaires européens nous ont transmis au prix de leur vie et de leur sang ? Ils l’ont fait avec leurs richesses mais aussi leurs limites, c’est-à-dire selon leur manière de voir les choses, à partir de leur culture. Cela était inévitable, face à des cultures africaines pas toujours valorisées à l’époque.
En outre, l’univers africain était et reste encore dominé par beaucoup d’intermédiaires et messagers divins mystérieux. D’où la croyance facile à toutes sortes d’esprits mauvais qui créent et résolvent plus vite que Jésus les problèmes typiquement africains. Mon œil ! Enfin, la prépondérance de notre culture orale a rendu la transmission du message chrétien sinon difficile, du moins peu facile pour des missionnaires qui ne parlaient pas nos langues locales. Les catéchismes européens ont servi d’instrument de base, mais les valeurs de la culture africaine n’ont pas toujours été prises en compte. C’est avec l’émergence d’un clergé africain et d’une hiérarchie locale, que les choses  changent peu à peu sur ce point. Mais le syncrétisme semble gagner du terrain, soutenu et amplifié par un relativisme décapant face aux maladies et au salut matériel tant prisé.
    Notons aussi que les Eglises d’Afrique, qui ont déjà donné plusieurs saints martyrs, sont encore jeunes. Même quand elles sont  centenaires, la foi chrétienne y est fragile et flottante. Malgré tout,  ce qui a été fait mérite notre sincère  admiration, mais il reste encore beaucoup à faire. Voici trois points sur lesquels on devrait insister cette année :
1.    La foi en l’Eucharistie : L’Eucharistie, c’est le signe des signes qui atteste que Dieu est Amour. Travaillons à nous convaincre de cela. La liturgie est un précieux langage de la foi. Donc respect absolu. Et plus de louange et d’action de grâce venant du cœur. Rejetons les activités occultes, les sollicitations des féticheurs, des devins, des voyants, des marabouts et des sectes. Débarrassez-vous des bagues magiques, des talismans, des gris-gris censés vous protéger etc. C’est de la pollution spirituelle. Avant de célébrer pieusement et dignement, il faut méditer avec foi la Parole de Dieu et purifier son cœur. Plus nos cœurs sont propres, plus Dieu est puissant en nous. Il a en horreur les désordres de la chair, les plaisirs sans frein, les scandales scabreux et les hypocrisies sans nom, les fornications et adultères banalisés, les mensonges et vols érigés en système... Que les confessionnaux reprennent leur place dans nos églises. Nous avons tous besoin de la lessive pénitentielle. Et que la prière, la justice et la réconciliation brillent dans nos familles et communautés. Adorons Dieu en esprit et en vérité, dans un silence intense et intérieur. Répétons-nous constamment, à voix basse : « Mon Seigneur et mon Dieu, rendez mon cœur semblable au vôtre».
2.    La foi avec les œuvres, c’est le service désintéressé du chrétien envers les plus nécessiteux. Sème abondamment et tu récolteras surabondamment. Donne et donne-toi gratuitement et généreusement, dans la discrétion. Le Seigneur te le revaudra. L’esprit matérialiste est comme un cancer féroce contre la foi. La soif de l’argent et du pouvoir est comme une gangrène qui attaque rageusement notre conscience  et nous empêche de raisonner juste et droit. Il faut se former en la Doctrine Sociale de l’Eglise. Et si chaque fidèle, chaque prêtre se faisait « caritas in veritate », il y aurait plus de partage et moins de misère. C’est honteux dans l’Eglise  de se battre pour des postes de prestige et d’honneur, des postes juteux et « perdiémisés » pendant qu’on délaisse les villages où il y a beaucoup d’âmes peu  évangélisées. Revendiquer des sécurités matérielles et financières comme un droit absolu, c’est manquer gravement de foi en la Divine Providence, à qui tout appartient. Quand on a vraiment rencontré la Personne du Christ, on est porté à faire le bien aux autres sans calculs, sûrs que Dieu nous donne le centuple de ce que nous dépensons pour les autres… Et si en cette année, tu choisissais de devenir ami d’un pauvre, d’un malheureux ou d’un enfant abandonné, incapable de te rendre la pareille ! En outre, comme chrétien, tu dois exprimer sans peur ta foi et  ton amour de père, de mère, de frère et de sœur en famille, à l’école, en paroisse, sur ton lieu de travail.  Aie le souci de plaire au Seigneur. L’esprit du monde s’oppose à l’esprit de Dieu. Dis courageusement non à la mauvaise compagnie et à tes plaisirs égocentriques. Reste fidèle à la foi catholique dans tes épreuves, dans tes maladies, dans tes croix. Cesse de courir vers les dieux qui ne sauvent pas. La foi avec les œuvres te rend solide, solidaire et agréable à Dieu. La lecture de la vie des saints et des martyrs peut aider toutes nos communautés à grandir dans le témoignage en Jésus ressuscité, le serviteur par excellence.
3.    La foi et les sacramentaux. Les Africains aiment les rites et les signes comme l’imposition des mains, le signe de la croix, l’aspersion d’eau bénite qui rappelle le baptême, la purification de notre vie et l’éloignement de l’Esprit du mal. Une bonne catéchèse sur les sacramentaux pourrait faire beaucoup de bien à nos fidèles  en cette année de la foi. Il faut distinguer les sacramentaux des sacrements. Ceux-ci sont au nombre de sept et ils sont des actes du Christ. En plus, ils ont été institués par Lui.  Les sacramentaux sont plutôt une imitation des sacrements voulue par l’Eglise, pour répondre aux besoins des hommes d’avoir des signes qui les assurent de la bénédiction divine. Quand ces signes font défaut, la vie chrétienne s’appauvrit. Ils ne confèrent pas directement la grâce sanctifiante, mais ils préparent à la recevoir et ils aident la grâce à produire son fruit. Les sacramentaux agissent avec d’autant plus d’efficacité qu’on a la foi. Sans la foi, ils demeurent presque toujours sans résultat. Mais celui qui s’en sert avec foi en constate les effets espérés et même immédiatement. Tous les domaines et toutes les situations de la vie peuvent être sanctifiés par de tels signes.
Que les prêtres se rendent disponibles pour maintenir en éveil la foi des chrétiens. L’homme a besoin de bénédiction, de protection, de bonheur, et de réussite dans ses entreprises. Mais, il faut qu’il mette avant tout sa confiance en Jésus puissant par ses paroles et ses actes, et qui  passait partout en faisant le bien. Parmi les sacramentaux, on peut énumérer les neuvaines, le signe de la croix, les pèlerinages, les litanies des saints, les différentes bénédictions (eau, maison, bureau, champs, sel, huile, cendres, rameaux, médailles de la Vierge, croix de saint Benoît, images des saints, chapelets), la bénédiction du saint sacrement et, bien sûr les exorcismes. L’exorcisme solennel, appelé « grand exorcisme » ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission de l’évêque. Il faut y procéder avec prudence et discernement, en observant strictement les règles établies par l’Eglise. Car l’Esprit du mal se change parfois en ange de lumière pour tromper. En aucun cas, l’exorcisme ne saurait remplacer les traitements médicaux, ni l’accompagnement spirituel.
Que la Vierge Marie nous serve de guide et de modèle. Par sa foi pure et désintéressée, elle nous a obtenu le premier signe à Cana. Avec la foi, on peut déplacer toutes les montagnes qui nous empêchent de vivre heureux. Père, que ta volonté soit faite !
+ Pascal N’KOUE
Omnium Servus     


Nouvelles de Famille
 - Le thème de l’année pastorale c’est La Foi sans mélange.
 - Le mois de novembre est dédié aux fidèles défunts. C’est bien de visiter les cimetières, mais c’est mieux de demander la célébration du saint sacrifice de la messe pour nos morts, afin de hâter leur entrée en paradis. C’est l’unique bien dont ils ont réellement besoin. Les paroisses et le sanctuaire vous attendent.
 - Nous souhaitons la bienvenue à nos prêtres revenus des études. Il s’agit des Pères : Roger WOROU, Ernest DEGUENONVO, Aristide GONSALLO. Comment ne pas remercier tous ceux qui les ont aidés en Espagne, Italie et France.
 -Une douzaine d’amis Italiens, de l’Association des Familles rurales, arrivent ce mois-ci pour tisser et intensifier les liens avec Parakou et Natitingou. Romano VOLPATO est le chef de la délégation.
 -L’Ecole maternelle et primaire bilingue (français-anglais), financé par le Groupe Missionnaire de Merano, a ouvert ses portes le 8 octobre dernier dans la Maison Hubert Maga. Les enfants sont 147.
  -Désormais, tous les élèves de nos écoles catholiques ont un même uniforme. Il est frappé d’un logo formé du drapeau béninois, symbole d’unité nationale ; de deux lauriers, symbole de victoire obtenue par l’effort et la discipline ;  d’une croix, symbole de la sagesse divine qui transforme les cœurs et sauve le monde ; et d’une Colombe, symbole de l’Esprit de paix qui conduit à la Vérité tout entière qu’est Dieu. En dessous du logo, on lit cette devise très importante: « Bien éduquer, priorité des priorités ».
-Comment remercier tous les amis du Pays Basque, d’Italie et de France qui m’ont accueilli en septembre dernier chez eux. La joie de retrouvailles était au rendez-vous partout.
 -Mr Clément ENONGHIHAN est nommé responsable adjoint pour les affaires domaniales du diocèse.
- Je rappelle la souscription de 5000F (Cinq mille francs cfa) par personne, pour la construction de notre sanctuaire marial. Il sera dédié à la Vierge Marie, Reine des familles.
- L’opuscule de Mr Jean PLIYA sur Les prières après la Communion est disponible   au secrétariat de l’Archevêché. Après chaque messe, récitons dans le recueillement:     « Ame du Christ,sanctifie-moi ».


QUELQUES DATES
1 novembre           :     Fête de la Toussaint. Messe à 8 h au Séminaire  Notre Dame de Fatima.
3 novembre           :    Rencontre de l’Association Hubi et Vinciane à 16h 30.
4 novembre           :    Installation du Père Aristide GONSALLO Curé de Papanè à 9 h.
6 novembre           :    Conseil pour les Affaires économiques à 9 h 30, à l’Archevêché.
7 novembre           :        Conseil d’Administration de nos hôpitaux diocésains à 9 h 30, à l’Archevêché.
9 novembre           :        Messe à la Cathédrale pour les 30 ans de partenariat avec Hubi et Vinciane à 9 h.
9-11 novembre    :    Visite pastorale à  la paroisse de Tchaourou.
12-25 novembre :    Visite de nos amis Italiens. Les audiences sans rendez-vous à la Curie  diocésaine seront perturbées. Mille excuses.
25 novembre        :    A 9 h : Messe dominicale à l’église paroissiale de Boko.
26 novembre        :    Conférence à l’Université de Parakou sur la diplomatie du Vatican par le Dr. Théodore  LOKO, Ambassadeur du Bénin près le Vatican. Le Nonce  Apostolique,  S.E. Mgr Michaël BLUME, sera présent.
29 novembre        :    Conseil presbytéral à 9 h 30 à l’Archevêché.
N.B. : Profession perpétuelle du Frère Gérard HOUNYETIN à Albarika le 1er décembre, à 9h30.
A partir du 02 décembre 2012, 1er dimanche de l’Avent, les messes dominicales anticipées auront lieu seulement au Sanctuaire à 18 h. La messe du jour de dimanche aura lieu à 12 h.
Je recommande à tous « YOUCAT », un livre exceptionnel, catéchisme de l’Eglise Catholique pour les jeunes.
2 décembre à la cathédrale : Messe pour le lancement de l’année de la foi.
30 novembre        :    Réunion pour le relèvement de l’enseignement catholique à 9 h30 à l’Archevêché
                                                       __________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________
                    CCP PARIS 0120749 EO2O – BP : 75 PARAKOU BENIN – t2L / 5àééç° 23 61 02 54/fax : 23 61 01 09
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Pastorale des jeunes

Journal la croix du bénin

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