« Les écoles catholiques sont de précieux instruments pour apprendre à tisser dans la société, dès l’enfance, des liens de paix et d’harmonie par l’éducation aux valeurs africaines assumées par celles de l’Evangile. J’encourage les Evêques et les Instituts de personnes consacrées à œuvrer pour que les enfants en âge de scolarisation puissent fréquenter une école : c’est une question de justice pour tout enfant et, bien plus, l’avenir de l’Afrique en dépend». (Africae Munus  n° 134.)
Cette belle définition de l’école catholique, selon le Pape Benoît XVI, m’a bouleversé. C’est un appel vibrant à aller à la rencontre des enfants et des jeunes là où ils sont, pour les aider à s’épanouir dans les réalités africaines, éclairées par la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Nous sommes en crise. Les mœurs s’effondrent. Les repères sont brouillés. Les villages se dépeuplent au profit des villes. Les villes promettent beaucoup de facilités et de commodités, mais offrent surtout, à cause des médias sans censure, la promiscuité, la délinquance, le parasitisme et d’abord le relâchement de nos bonnes coutumes ancestrales comme la solidarité, l’hospitalité, le respect de la vie et la vénération des anciens. Il faut une intervention énergique à tous les niveaux et spécialement dans le domaine de l’enseignement.
    L’école est d’abord l’affaire de la Nation béninoise, mais aussi de l’Eglise, de la société, des familles, de tous et pas des seuls enseignants. L’Ecole  publique a besoin de l’école catholique. Mais l’Etat  ou le Gouvernement a un rôle de garant en matière d’éducation. Il faut qu’il dicte de façon responsable une vision commune, une  morale commune, une orientation commune. C’est la nation qui détermine  le type d’homme à bâtir communautairement  comme sujet de droits et de devoirs. Les programmes d’études et les diplômes profanes sont de sa compétence. Un budget important devrait être voté chaque année pour l’éducation si on veut limiter les dégâts des programmes dans ce secteur très sensible. Cependant, les établissements scolaires  catholiques doivent jouir dune autonomie réelle en vue "du meilleur et du plus" que l'Eglise apporte à la société.
 Mais les premiers  responsables des enfants,  ce sont  les parents. Être papa ou maman, c’est avant tout une joie. Les enfants, quel bonheur ! Mais aussi quelle croix, quel tourment ! C’est une mission exigeante qui repose sur l’exemplarité. L’éducation n’a jamais été facile. Elle commence au berceau. Les parents y jouent un rôle déterminant. Ils peuvent favoriser, retarder ou étouffer une noble vocation.
Les deuxièmes responsables sont les enseignants, d’où la formation chrétienne de nos maîtres et professeurs dans une Ecole Normale Catholique. Si la famille est considérée comme église domestique, l’école doit être vue comme l’extension de cette même église domestique. Les élèves y seront encadrés par un corps professoral soudé, solidaire, compétent et exemplaire du point de vue des valeurs humaines, morales et spirituelles. Ce sont là les conditions à réunir pour une éducation saine, complète, constructive et épanouie, menée sous le regard de Dieu. Car « le plus accompli des enfants des hommes, s’il lui manque la sagesse qui vient de Dieu, sera compté pour rien » (Sag. 9,6). Veiller à une rémunération juste du personnel peut aider à renforcer la crédibilité de l’Eglise.
Toute formation de qualité coûte cher. L’Etat doit être sollicité. Halte donc aux initiatives douteuses et aux improvisations de pacotille qui nous viennent d’autres pays et que nous accueillons béatement, alors qu’elles sont conçues dans le but de déstabiliser nos sociétés. L’amélioration des programmes  scolaires est un impératif.  L’homme n’est pas que « main qui écrit dans un bureau ». Il est à la fois TETE, BRAS  et CŒUR. D’où l’importance de la formation non seulement intellectuelle mais aussi technique et spirituelle. La politesse, la ponctualité, le respect dû à l’autorité, le souci du bien commun, l’effort de l’écoute de l’autre et la courtoisie, ce sont des valeurs humaines, universelles et indispensables pour la santé de la Cité terrestre. Cependant  nous donnerons toujours si peu si nous ne donnons que des choses humaines (Benoît XVI),  d’où pour l’Eglise catholique, l’importance de la transmission de la foi en Jésus Christ, c’est-à-dire l’orientation de tout l’être vers le Dieu qui nous a créés par amour…
L’éducation aux valeurs africaines n’est pas à négliger. L'Afrique Noire a beaucoup à apporter à notre monde moderne. En effet, malgré les idées afro pessimistes, nos enfants, dans les villages, sont encore formés aux relations socio-communautaires. Malheureusement, tous les groupes ethniques s'ouvrent sans discernement au monde global dans les domaines variés comme la musique, la danse, la sculpture, la culture. Mais malgré tous les bouleversements ici et là, l'Afrique a encore une culture originale, chaleureuse et pleine de sagesse que nous avons intérêt à inclure dans nos programmes d'enseignement scolaire, et cela de la maternelle à l'université. Cette prise en considération de notre patrimoine culturel est absolument indispensable pour un développement économique authentique et harmonieux.
Nos langues vernaculaires devront être introduites progressivement à l’école. Nous sommes très portés sur l'audiovisuel. La surabondance des portables et des vidéo-clubs en sont la preuve, mais nous ne pouvons pas délaisser l’écrit et la lecture qui sont des outils irremplaçables de communication. Car l’éducation demande une vision cohérente et globale de toute la personne humaine. Bien éduquer est le moteur essentiel du progrès. A chaque génération sa pédagogie. Il faut mettre en place des structures adéquates, mais surtout un investissement en personnel dévoué, prêt au sacrifice et d’abord équilibré sur le plan affectif, culturel et spirituel. Nous avons besoin de plus de rigueur dans nos méthodes d’enseignement des sciences et des techniques modernes. Mais si nos préoccupations majeures ne sont pas d'ordre moral et spirituel, repensé par nous-mêmes à la lumière de l’évangile, l'égocentrisme, la corruption et le relativisme augmenteront les injustices révoltantes et nous asphyxieront tôt ou tard.
    Partons d’un constat. Nous avons plein de diplômés sans emploi, or il y a du travail partout en Afrique. Cela signifie que l’intelligence a été mal remuée. Nous ployons sous le poids de la dette internationale. Nous végétons dans un continent luxuriant parce que nos mains sont comme paralysées. Elles n’ont pas été valorisées à l’école  et par l’école. Notre système scolaire en est pour quelque chose. Nous n'avons pas tenu compte de l'agriculture et des métiers traditionnels d’où la plupart des Africains tirent leur pitance et leur  subsistance. Disons-nous la vérité, le coton n’enrichira jamais le paysan, tout comme  l’essence « kpayo » n’améliorera jamais la vie sociale du village. Economiquement, notre jeunesse est peu créative parce qu'on n'a pas souvent considéré les possibilités de développement du marché intérieur. On n’a pas pris en compte les besoins réels des populations locales. Ce qui peut nous détruire se vend à vil prix, et est à portée de main. Et l’Afrique continue d’être en retard dans tous les secteurs. N’est-ce pas parce que le cœur qui doit être tourné vers les réalités d’en haut s’embourbe dans l’artificiel, le superficiel, l’éphémère et les illusions que nous servent les médias peu recommandables et certaines ONG-sangsues qui travaillent à nous maintenir anémiés ? « Afrique, lève-toi», nous dit le Pape. C’est désormais notre cri de ralliement. Le Père des cieux nous appelle. L’éducation de la conscience doit être ciblée pour  écouter la voix de Dieu qui parle à notre cœur. Car « science sans conscience n’est que  ruine de l’âme ».
 En termes clairs, si nos écoles catholiques ne s’ouvrent pas abondamment aux non catholiques, nous n’avons rien compris de la mission évangélisatrice de l’Eglise. Si nous ne faisons que vendre nos services aux riches, nous sommes des affairistes  véreux. Si nos écoles ne s’activent que pour former des élites académiques, des professionnels brillants, des gens très cultivés et des techniciens hors pairs, nous faisons  encore trop peu. Si nous ne sommes pas préoccupés d’évangéliser c’est-à-dire de travailler à ce que les cœurs de pierre se transforment en cœurs compatissants, doux et humbles, charitables, serviables et soucieux d’aider les faibles à se relever, nous sommes à côté de la plaque. « En effet que sert à l’homme de gagner tout l’univers s’il vient à perdre son âme ? », surtout que  « l’homme comblé, qui n’est pas clairvoyant, ressemble au bétail qu’on abat. » L’enseignement catholique ne peut donc pas se couper des réalités d’en haut. Dieu doit être le premier servi. La doctrine sociale de l’Eglise trouvera toute sa place ici. Car « dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur ». D’où l’importance de la formation des prêtres aumôniers pour l’animation de la vie spirituelle et des mouvements catholiques dans nos écoles. Tout cela a un prix. Nous chercherons les solutions ensemble. Voilà pourquoi nous invitons les pouvoirs publics à prendre leur responsabilité, et l’Eglise donnera le meilleur d’elle-même pour ce processus d’accouchement d’une nouvelle société.
    Notre ambition devrait être de multiplier les écoles catholiques dans les villages et les couches défavorisées, avec des enseignants qui ont une réelle vocation éducative, et s’efforcent de créer la confiance avec les parents. Il faut que  de nombreux enfants aient accès à un enseignement de qualité. « C’est une question de justice pour tout enfant et, bien plus, l’avenir de l’Afrique en dépend. » (Benoît XVI). En tout cas, si nous ne nous mettons pas ensemble pour bien éduquer nos enfants, nous périrons tristement ensemble, comme les voyageurs du fameux Titanic qu’on croyait insubmersible.
+Pascal N’KOUE
 Omnium servus

 


Nouvelles de famille


◄  Après plusieurs années de service dans notre diocèse, le P. Dominic WABWIREH, sma, le Frère Camille MAHOUMBA, et la Sœur Julie FONGNIKI, ocpsp, nous quittent pour d’autres missions. Nous les remercions vivement et prions pour eux.
◄  Nous remercions le R.P. Jacques JULLIA et le Dr. Léon Bio BIGOU pour leurs brillantes conférences sur le Borgou.
◄  Le 9 mai dernier, au sanctuaire du Christ Rédempteur de l’homme, ont été convoqués les états généraux de l’Enseignement catholique par la Conférence Episcopale du Bénin.
◄ J’encourage fortement la « Ganni » des chrétiens Batonnu. La 3è édition a eu lieu le 19 mai dernier sur la paroisse de Guêma. Cette fête mérite un approfondissement pour une meilleure inculturation.
◄ Prions pour le repos de l’âme de la maman de Mme Justine TOSSOU, secrétaire de l’archevêché.
◄ Pour la Fête-Dieu (10 juin) ou Fête du Saint Sacrement, organisez dans les rues la procession avec le Saint-Sacrement pour que Jésus, le Sauveur, Vainqueur du péché et de Satan, bénisse tout le monde. C’est notre manière de lui dire notre vive gratitude, pour ce résumé de tous ses bienfaits qu’est le pain eucharistique ; c’est le saint-sacrifice qui nous donne la vie même de Dieu.
◄ Pour la journée mondiale de la sanctification des prêtres, que tout le peuple de Dieu ait une intention spéciale pour les prêtres qui en ont le plus besoin.
◄  A ceux qui partent bientôt pour les vacances, nous souhaitons qu’ils mettent à profit ce temps de changement d’activités et qu’ils ne négligent pas leur vie spirituelle.
◄  Nous souhaitons une bonne fête aux papas et aux mamans respectivement le 3 et 17 juin. Le 8 juillet, nous aurons une grande rencontre des couples au Centre Guy Riobé.
◄  N.B : Du 23 au 28 juillet, il y aura la Mariapolis (Ville de Marie) à Parakou sur la nouvelle évangélisation. C’est une bénédiction pour notre diocèse. Tout le monde y est invité.
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Quelques dates

2 juin     : Confirmations à Albarika à 9h30.
3 juin     : Confirmations à St Joseph d’Allaga à 10h.
5 juin     : Conseil pour les affaires économiques à 9h30, à l’Archevêché.
6 juin     : 9 h : Réunion des recteurs des séminaires du Bénin à l’Archevêché.
8 juin     : Au monastère Notre Dame de l’Etoile pour un entretien avec les moniales.
10 juin   : Confirmations à Titirou. Fête solennelle du Saint-Sacrement,sacrement de l’unité,

              qui rassemble dans le Christ tous les hommes et toutes les ethnies.
15 juin     :   Journée mondiale pour la sanctification des prêtres : tout le presbyterium se retrouve au
                  monastère de l’Etoile Notre Dame. Merci d’avance à nos moniales.
16 juin    :    Journée de l’Enfant Africain. A 10h, messe à la cathédrale.
17 juin     :    Confirmation à Okedama à 9h30.
22 juin     :    A 9h30, réunion à l’Archevêché pour la redynamisation de l’enseignement catholique.
24 juin     :    Confirmations à Banikanni.
27 juin     :    Conseil Presbytéral à 9h30 à l’Archevêché.

    ABONNEMENT POUR UN AN
    Dans l’Archidiocèse de Parakou : 1.000 F CFA
    Au Bénin : 2.000 frs ;
    A l’extérieur : 10 euros
CCP  Paris 0120749 E020 - BP : 75 Parakou BENIN - Tél : (0229) 23 61 02 54 / 23 61 01 09
E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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Pastorale des jeunes

Journal la croix du bénin

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