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    Chers amis et chers tous, comme vœux à vous formuler pour 2012, je n’ai pas trouvé mieux que l’Appel vibrant du Pape Benoît XVI au Bénin, à l’Afrique et même au monde entier.
        En effet, le 19 Novembre 2011, au Palais de la Présidence de la République du Bénin, le Pape Benoît XVI a exprimé son affection à tous les Peuples d’Afrique ainsi que ses convictions pour un relèvement de l’Afrique. Face à la résignation, Benoît XVI a entonné la mélodie de l’espérance. Car "l’humanité n’est pas seule face aux défis du monde. Dieu est présent". Le Pape y croit fortement mais est-ce que les peuples africains y croient comme lui et autant que lui ? Réécoutons ensemble avec beaucoup d’attention certains passages de son message. Et laissons-nous toucher par son vœu le plus cher pour l’Afrique : l’espérance d’une Afrique debout. « Parler de l’espérance, c’est parler de l’avenir et donc de Dieu !... Il s’agit de construire avec l’aide de Dieu ». En effet, tout ce qui se construit sans Dieu reste toujours fragile. Ou bien le temps se charge de le détruire, ou bien cela se retourne contre l’homme, le suffoque et l’écrase. Le Pape a ciblé deux réalités qui sont d’actualité: La vie socio-politique et économique de notre continent d’une part, et le dialogue interreligieux d’autre part. Je ne parlerai que du premier volet.
    « De cette tribune, je lance un appel à tous les responsables politiques et économiques des pays africains et du reste du monde entier. Ne privez pas vos peuples de l’espérance ! Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent ! Ayez une approche éthique courageuse de vos responsabilités et, si vous êtes croyants, priez Dieu de vous accorder la sagesse ! Cette sagesse vous fera comprendre qu’il faut devenir de vrais serviteurs de l’espérance. Il n’est pas facile de vivre la condition de serviteur, de rester intègre parmi les courants d’opinons et les intérêts puissants. Le pouvoir, quel qu’il soit, aveugle avec facilité, surtout lorsque sont en jeu des intérêts privés, familiaux, éthiques ou religieux. Dieu seul purifie les cœurs et les intensions ».


        Voilà un paragraphe qui mériterait d’être hissé à la même hauteur que le fameux serment d’Hippocrate, le plus grand médecin de l’Antiquité. Tout responsable devrait méditer chaque jour sur ce passage. Avant d’en arriver là, le Pape, en bon pédagogue, s’est présenté comme un semeur d’espérance pour l’Afrique.
    « Souvent, dans mes interventions antérieures, j’ai uni au mot Afrique celui d’espérance…  Lorsque je dis que l’Afrique est le continent de l’espérance, je ne fais pas de la rhétorique facile, mais j’exprime tout simplement une conviction personnelle, qui est également celle de l’Eglise… J’ai conscience que les mots n’ont pas partout le même sens. Mais, celui d’espérance varie peu selon les cultures ».
        Ensuite, le Pape, en fin connaisseur des dossiers brûlants du continent africain, nous a livré sans complaisance le résultat de son diagnostic, en martelant à plusieurs reprises le mot "trop" : « En ce moment, il y a trop de scandales et d’injustices, trop de corruption et d’avidité, trop de mépris et de mensonges, trop de violences qui conduisent à la misère et à la mort. Ces maux affligent votre continent… ». Après cette analyse implacable du Pape, on s’attendait à une conclusion pessimiste qui pousse au découragement total, mais non. Il nous regonfle le moral aussitôt en disant : "Le désespoir est individualiste. L’espérance est communion". Il faut donc espérer. La définition de ce mot, il ne la prend pas dans un dictionnaire, il va la chercher chez le Cardinal Saliège : « Espérer, ce n’est pas abandonner, c’est redoubler d’activité ». Concrètement, cela signifie qu’il nous revient de déterminer nos vraies priorités, et de travailler avec méthode, constance et persévérance. A titre d’exemple, je dirais que pour Parakou, l’eau potable, les écoles, la santé, les charrues, les routes, les ponts, le chemin de fer, ça passe avant la construction d’un aéroport international spectaculaire. Tendre la main et sans honte à l’extérieur pour demander de l’aide en vue des infrastructures trop onéreuses qui profiteront à  très peu  de gens, est-ce vraiment travailler pour le progrès du peuple ?
        L’aide internationale, pourtant vitale, est un handicap en Afrique. Elle finit souvent entre les mains d’une minorité au pouvoir pour financer des dépenses improductives, le train de vie insolent de certains gradés, et les structures de luxe comme l’armée. Cette assistance internationale tue l’esprit d’initiative, endort nos capacités, encourage la paresse et même favorise une culture de dépendance insouciante, puisqu’il n’y a plus ou très peu d’incitation à chercher les solutions à nos problèmes par nos propres moyens. Ce système sécuritaire a créé chez certains leaders africains une sorte d’irresponsabilité, caractérisée par un manque de vision cosmopolite, que les ‘’griots’’ et autres parasites insatiables alimentent allègrement lors des campagnes électorales. Du coup, beaucoup de jeunes sans conviction, sans emploi et sans idéal, choisissent la politique comme leur sport favori pour gagner facilement leur vie et s’enrichir rapidement. D’où les fraudes massives, les diplômes falsifiés, les luttes sauvages pour le positionnement juteux. Adieu les qualités humaines et les valeurs du Royaume des Cieux ! Adieu les repères et les modèles ! Ça doit changer.
        Pour fonctionner correctement, l’économie et la politique d’un pays ont besoin d’éthique. Nous admirons les Chinois, mais qui veut imiter leur ardeur au travail? Nous sommes inondés par leurs produits manufacturés à bon marché et on s’en réjouit. Mais on ne voit pas encore que ces produits font dangereusement concurrence aux produits africains. Optons plutôt résolument pour la bonne gouvernance et cultivons le souci du bien commun : « Nous savons qu’aucun régime politique humain n’est idéal, qu’aucun choix économique n’est neutre. Mais ils doivent toujours servir le bien commun…  Les responsables politiques et économiques des pays se trouvent placés devant des décisions déterminantes et des choix qu’ils ne peuvent plus éviter ». Et comme au Bénin certains sont tentés de dire : "donnons le pouvoir politique à l’Eglise et ça marchera", le Pape les en dissuade : « L’Eglise n’apporte aucune solution technique et n’impose aucune solution politique. L’Eglise accompagne l’Etat dans sa mission. Elle veut être l’âme de ce corps en lui indiquant inlassablement l’essentiel : Dieu et l’homme. Elle désire accomplir… cette tâche immense de celle qui éduque et soigne, et surtout de celle qui prie sans cesse, qui montre où est Dieu et où est l’homme véritable ».
        Nous sommes tous d’accord que nourrir les complémentarités liées aux différences est fondamental. La solidarité, en effet, est l’axe autour duquel il faut bâtir la famille ou la mondialisation qui tire les plus pauvres vers le haut. Mais à la Communauté Internationale, nous disons de cesser la solidarité des dessous de table, pour une solidarité basée sur la justice et sur une sincère compassion, une solidarité portée par un partenariat de respect mutuel dans la transparence, et avec le devoir de rendre compte.
        En termes d’éducation, il est urgent d’organiser les états généraux de l’enseignement, afin de dégager des perspectives claires pour le type d’homme que nous voulons former. L’avenir de l’Afrique en dépend. Sinon la dégradation de la qualité de l’encadrement, doublée d’un déracinement culturel accéléré, triplée de la conscience professionnelle anesthésiée nous conduira dans une voie sans issue. Cela suppose aussi que nous résistions à la tentation d’utiliser les enfants pour faire de nos écoles privées des sources de revenus ou des structures purement mercantiles, au nom d’une auto-prise-en charge viciée. Nous devons intervenir auprès des autorités étatiques pour que nos écoles reçoivent des subventions substantielles, afin que la qualité de l’éducation soit offerte à un grand nombre d’enfants et de jeunes : « La personne humaine veut vivre dignement ; elle veut de bonnes écoles pour les enfants …»,  nous dit Benoît XVI.  Le moment est peut-être venu de créer une école normale catholique dans notre  Province Ecclésiastique, afin de mieux former les enseignants prêtres, consacrés et laïcs engagés. L’investissement dans les sciences de l’éducation pour l’encadrement des enfants et des jeunes me semble désormais une nécessité et même une priorité. Nous ne pouvons pas continuer à bricoler avec nos institutions éducatives. C’est donc ensemble en famille, que nous allons penser la place de l’école comme lieu de distribution du savoir et du savoir faire, comme lieu de ‘’formatage’’ d’une conscience nouvelle pour la construction de la société et de la nation. La question linguistique devra  trouver une solution satisfaisante. Le don de soi, le service gratuit ainsi que la crainte de Dieu seront inclus dans les programmes comme le levain dans la pâte. Car sans Dieu, il n’y a pas d’avenir sérieux et durable pour l’Homme. Et pour conclure, quel engagement prendre ou quels vœux formuler ?
     Si seulement les cadres catholiques se démarquaient par leur ponctualité au travail, leur amour du service bien fait, leur témoignage d’honnêteté et de probité ! S’ils avaient le courage de dire non aux grèves anarchiques et égocentriques ! Si les Séminaristes et les Prêtres prêtaient attention à cette recommandation du Pape : « Sans la logique de la sainteté, le ministère (de prêtre) n’est qu’une simple fonction sociale. La qualité de votre vie future dépend de la qualité de votre relation personnelle avec Dieu en Jésus-Christ, de vos sacrifices… Le prêtre doit être un homme humble et équilibré, sage et magnanime ». Aux Evêques Béninois le Pape a souligné ceci : « Avec vos prêtres, une attitude d’écoute, d’attention personnelle et paternelle doit prévaloir… Un renforcement des liens de fraternité et d’amitié entre tous sera aussi un soutien important… ». Aux Consacré(es), le Pape a demandé de vivre leurs charismes propres « avec un esprit d’ouverture à la catholicité de l’Eglise… ». Aux familles : "Je vous encourage, chers parents, à avoir un respect profond pour la vie et à témoigner devant vos enfants de valeurs humaines et spirituelles". Et à nous tous le Pape dit : « Aie confiance, Afrique, et lève-toi ! Le Seigneur t’appelle ». Que sa force divine féconde notre volonté et fasse de nous des missionnaires au cœur de flamme !
+ Mgr Pascal N’KOUE
Omnium Servus


NOUVELLES DE FAMILLE

    1er janv. Journée mondiale de la paix. Solennité de Marie, Mère de Dieu. Et si comme cadeau du Nouvel An, on offrait une Bible ou une belle statue de la Sainte Vierge Marie !
    Je remercie fortement tous les amis qui aident généreusement les diocèses de Parakou et de Natitingou. Le Seigneur vous le rendra au centuple.
    Un vif merci à la délégation de l’Association des Familles Rurales (AFR) de Vittorio Veneto, guidée par Mr Raphaël venus nous visiter fin décembre.
    Le Comité Diocésain des Fêtes (CDF) reprend vie. Voici les membres du bureau : Président : Mr Clément ENONGNIHAN ; Secrétaire : Mr Lucien ZOUNMEGNAN ; Trésorier : Mr Roger DJOGBENAGNON. Veuillez bien collaborer avec eux.
    Enfin une Secrétaire à plein temps à l’Archevêché ! Son nom est Madame Justine TOSSOU, née KINIFFO.
    Les cotisations pour la retraite des prêtres commencent ce mois. Elles s’élèvent à six mille (6 000) francs CFA par mois pour chaque prêtre. Des bienfaiteurs peuvent y contribuer directement (en remettant la somme au prêtre) ou indirectement (en se rapprochant de l’Economat). Même les prêtres qui sont à l’extérieur du Bénin doivent y participer.
    La plaquette "Le Ciel sur la Terre" est disponible au Secrétariat, de même que "l’Education, priorité des priorités" et la forme extraordinaire du rite romain.
    Voici les membres du Comité d’organisation du jubilé des 70 ans de l’évangélisation de Parakou : Abbé Max-Cyr LAFIA : Organisateur principal ; tous les Curés, l’Aumônier diocésain des Œuvres.
    Voici la participation demandée pour les divers sacrements (casuel) : 10.000 fcfa pour les mariages et enterrements, et 5.000 fcfa pour les baptêmes.
    Vous pouvez désormais nous joindre aux numéros suivants :
 Bureau (00229) 23 61 02 54         
 Résidence/Fax : (00229) 23 61 01 09
NB : La première semaine de février, je serai à Rome pour une réunion d’Evêques avec la Communauté de Sant’ Egidio.
   
QUELQUES DATES

7  janv.: Messe au Monastère l’Etoile Notre-Dame : Fête de la dédicace.
8 janv.: A 10h, concélébration à la Cathédrale d’Abomey avec Son Excellence Mgr   Barthélémy ADOUKONOU, Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Culture.
9-11 janv.: Assemblée Générale de la Conférence Episcopale à Cotonou.
13 janv.: A Bétérou, pour la célébration des 25 ans de la présence des Pères Verbites au Bénin (S.V.D.), à 10h.
14 janv.: Ordination presbytérale de l’abbé Romuald GNANGNON à 9h 30, à la Cathédrale.
18 janv.: Conseil Presbytéral à l’Archevêché à 9h 30.
18 jan.: Rencontre avec toutes les consacrées au Centre Guy Riobé à 16h30
19 janv.: Réunion du Comité d’Organisation des 70 ans de l’Evangélisation de Parakou à 9h 30, au Centre Guy RIOBE.
22-29 janv.: A Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), pour sceller l’union des deux Conférences Episcopales (francophone et anglophone) de l’Afrique de l’Ouest.

BONNE   ET   SAINTE   ANNEE   2012 !

ABONNEMENT POUR UN AN
    Dans l’Archidiocèse de Parakou : 1.000 F CFA
    Au Bénin : 2.000 frs ;
    A l’extérieur : 10 euros
CCP  Paris 0120749 E020 - BP : 75 Parakou BENIN - Tél : (0229) 23 61 02 54 / 23 61 01 09
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