(Extrait de l’interview de la NEF à l’Archevêque de Parakou)

L’Afrique bouge, quoi qu’on dise. Mais il faut qu’elle avance avec sagesse, détermination et dignité. C’est le plus vieux continent, mais il ne souffre encore d’aucun symptôme de vétusté. Contrairement aux idées en vogue, ce continent  est un géant endormi, un trésor insoupçonné de biens matériels et de ressources spirituelles pour toute l’humanité. Seulement, il a un besoin urgent de justice, de réconciliation et de paix. Vouloir c’est pouvoir. C’est une question de leadership, de responsabilité et de vision commune à moyen et à long terme. Tout le monde devrait se sentir concerné pour le relèvement de l’Afrique, et en premier lieu les peuples africains, leurs classes dirigeantes, les confessions religieuses et bien sûr l’Eglise catholique. Nous avons beaucoup d’enfants, plein de jeunes, de vastes domaines de terres non cultivées, et nous croyons en Dieu qui nous aime. Ce n’est pas négligeable. On peut donc se relever. D’objet d’assistance, ce continent doit devenir sujet d’un partenariat énergique, débarrassé de tout complexe humiliant, qui le défigure. C’est un défi pour les Africains et un défi aussi pour la Communauté Internationale qui flirte bien souvent de façon hypocrite avec nos leaders. Je partage avec vous ces idées que j’ai confiées à la NEF (une revue catholique de France).

 
1)    Dans notre monde partout en crise - politique, économique, mais aussi spirituelle -, la situation de l’Afrique semble particulièrement dramatique : qu’en est-il réellement, comment voyez-vous la situation et l’avenir en tant qu’évêque africain, tant sur le plan politique que religieux ?

Les événements que nous vivons témoignent que le monde est réellement en crise. En Europe, l’euro (votre monnaie) rencontre de réelles difficultés. Mais tout le monde reconnaît aujourd’hui que la crise n’est pas que financière et monétaire ; elle est profondément éthique. « C’est une crise de système ».  Les vices sont promus au détriment des valeurs humaines. Si l’Europe, qui dispose de grands moyens et qui va souvent au secours des autres, paraît si fragile, il est évident que l’Afrique,  qui dépend trop souvent hélas de l’Europe, soit affrontée à de plus graves difficultés. Nous n’avons pas l’habitude d’en parler en termes de  drame. Et pourtant ! Les démocraties à l’occidentale sont un échec réel en Afrique. Elles nous ont été imposées. Parfois, avant même les élections on connait les résultats, et cela sans aucun sondage sérieux…
Comme évêque, je suis davantage préoccupé de toucher à la racine des crises et de travailler à la formation intellectuelle et l’éducation morale des Africains, c’est-à-dire à la conscience. En ce sens, l’exhortation apostolique post-synodale « Africae munus » vient à point nommé pour nous dire : « Africains, prenez vos responsabilités ; il est grand temps. Le monde vous regarde. Un peu plus de dignité ! ». Il faut donc sagement repartir de la vision de Dieu sur l’homme et souligner de deux traits l’importance de la vérité et de la justice dans les relations tant sur le plan humain et  religieux que sur le plan politique. Notre engagement premier se trouve à ce niveau.

2) Comment analysez-vous le voyage de Benoît XVI au Bénin ? Quel impact a-t-il eu ?

Le Pape a eu à féliciter les Béninois dans plusieurs domaines : Le Bénin est l’un des rares pays d’Afrique où les mandats présidentiels sont respectés. Il y a la paix sociale, les diverses religions et les divers peuples vivent sans trop de heurts. Les valeurs familiales se tiennent encore. Bref, le Pape Benoît XVI a été accueilli avec beaucoup de chaleur humaine.  Ce serviteur des serviteurs de Dieu  a une vision sur l’Afrique et pour l’Afrique qu’il ne faut ni  minimiser encore moins banaliser. D’abord, il s’est présenté en homme attentif aux vrais problèmes de notre continent. De ce fait, il a été perçu comme un « authentique ami des Africains et de l’Afrique ». Beaucoup sont venus le voir et l’écouter gratuitement, alors qu’il n’était pas en campagne électorale. Partout, il y avait du monde, alors qu’il ne faisait aucune promesse en vue de gagner des élections. On a eu l’impression que tous (chrétiens et non-chrétiens) l’ont reconnu comme le chef spirituel le plus crédible au monde et le chef d’Etat universel le plus humble. Il incarnait le ministère que l’Eglise catholique doit au monde. Le discours qu’il a prononcé le samedi 19 novembre à la Présidence de la République du Bénin a su stigmatiser les maux sans enfermer les Africains dans un afro-pessimisme. Il leur a donné des raisons d’espérer sur le plan spirituel, moral et politique tout en appelant les grandes puissances internationales à leur devoir envers l’Afrique. Il l’a fait dans une attitude de grande humilité. Je dirais même plus, il donnait l’impression qu’il suppliait les Africains de monter au créneau pour sauver l’humanité. Retenons que seuls les humbles sont vraiment forts.
Ce qui est encourageant, c’est que, contre vents et marrées, le Pape a une grande confiance envers les Africains. Il croit en l’Eglise en Afrique, il croit en l’Afrique comme l’espoir du monde et l’invite à se prendre en charge dans le respect de sa propre dignité. Il est évident que l’impact d’un événement comme celui d’un tel voyage ne peut se mesurer dans l’immédiat. Il faut laisser à l’Afrique le temps d’intérioriser ces paroles fortes pour se les approprier. La densité et la profondeur des messages obligent. Il nous a demandé  de nous respecter les uns les autres dans nos différentes croyances sans céder au syncrétisme facile et trompeur. L’espérance à laquelle il invite les Africains ne saurait être un lieu de résignation ; c’est pourquoi il demande aux responsables politiques de ne pas priver leurs peuples de leur avenir.


3)    L’Eglise d’Afrique nous aide déjà par l’envoi d’un certain nombre de prêtres africains en ministère en France : de notre côté, comment pouvons-nous vous aider ?


Il devient nécessaire de mieux sensibiliser les responsables politiques européens à ne pas voir avant tout dans l’Afrique un terrain de ressources de matières premières. Car bien des drames africains découlent aussi de cette vision trop matérialiste. Nous souhaitons un plus grand respect de l’homme africain, car l’image qu’on en présente parfois dans les medias donne l’impression de chercher à en faire une sous-humanité. L’Afrique vaut plus que ses limites. Cela, le Pape l’a bien compris, quand il perçoit que l’Afrique est le poumon spirituel de l’humanité. Bref, il faut nous aider à vous aider dans l’intérêt de tous. Comment ?
Un instrument que je suggère souvent aux évêques d’Europe c’est le jumelage ou partenariat entre les  diocèses d’Europe avec les diocèses d’Afrique. Peu importe que ce jumelage soit formel ou informel. Pourvu que ces liens ne soient pas monopolisés par les deux évêques, que ces relations ne s’arrêtent pas à la rédaction des conventions, des chartes, ou à des contrats d’envoi des prêtres fidei donum. Il faut que les laïcs entrent  dans la danse et s’impliquent réellement. L’Eglise c’est tout le Peuple de Dieu. Pour être plus concret, je désire que les mouvements d’action catholique se jumellent entre eux, les séminaires entres eux, les paroisses entre elles, les Caritas diocésaines entres elles, les écoles entre elles, les lycées entres eux, etc. Rien ne remplacera jamais ces contacts fraternels, ces relations d’amitié entre Eglises-Sœurs, pourvu qu’on n’oublie pas que le jumelage est un instrument de mission évangélisatrice et donc d’ouverture et de conversion du cœur. M’approcher de l’autre avec humilité me permet de me découvrir moi-même. Je suis sûr que les voyages ou les visites réciproques des fidèles enrichiront les deux diocèses. Retenez cette phrase dont l’auteur m’échappe : « pour s’unir il faut s’aimer, pour s’aimer, il faut se connaitre, pour se connaitre il faut aller à la rencontre l’un de l’autre ». C’est au cours de ces échanges, hors de toute idéologie, que les préjugés se corrigent et que les cœurs révéleront leurs vrais besoins. Car nul n’est si riche qu’il ne puisse plus rien recevoir de l’autre, et nul n’est si pauvre qu’il ne puisse plus rien donner à l’autre. Le Père des cieux nous a tous confié des talents. Mais nous n’avons pas les mêmes richesses ni le même dynamisme. Le riche patrimoine spirituel de l’Europe (à travers le charisme de ses éducateurs, la vie de ses saints, ses martyrs, son histoire, ses structures de formation, son organisation ecclésiale et sociale) peut encore inspirer l’Afrique. A l’Europe de découvrir humblement ce que l’Afrique peut modestement lui apporter en plus de ses prêtres africains, de sa convivialité, de son hospitalité etc.                     

Mgr Pascal N’KOUE
Omnium servus



Nouvelles de famille

   - Le Bénin  devenu Vatican : le temps d’un week-end ! C’était du 18 au 20 novembre 2011. Nous remercions encore le Pape Benoit XVI qui a voulu réunir toute l’Afrique et le monde entier dans un tout petit pays comme le nôtre. Il attend l’engagement des africains.
    -Le temps de l’Avent est celui de l’attente joyeuse et  active de l’Unique Sauveur. Permettons  à la Parole de Dieu d’évangéliser nos mentalités et nos cultures pour que Jésus s’incarne réellement dans nos vies.
    -Pensons à rendre la Bible accessible à tous et même ‘’obligatoire’’ aux catéchumènes de 3è année. Habituons-nous à prier avec la Bible. Devenons des familiers de la Parole de Dieu.
    -Le site pour le sanctuaire marial diocésain sera à Komiguéa, à côté du centre N. D. du Refuge, qui abrite nos enfants en grosses difficultés. Vous serez sollicités pour sa construction.
    -En 2014, Parakou célèbrera les 70 ans de son évangélisation. Le Responsable de l’organisation de ce jubilé est l’Abbé Max-Cyr LAFIA, curé de Papanè. Veuillez collaborer de tout cœur avec lui. La première année 2012-2013 reposera sur la foi sans syncrétisme (cf. ‘’Porta Fidei ‘’ de Benoit XVI).
    -A partir de Janvier 2012, chaque prêtre devra verser 6000f par mois à l’Economat, c’est la cotisation pour sa retraite. Ce n’est pas facultatif.
    -Les priorités pastorales se dessinent de plus en plus : en ville, il faudra intensifier la pastorale des jeunes (Parakou est une ville universitaire et on y compte de nombreux cours secondaires), dans les périphéries et les villages, il faudra créer et multiplier les écoles primaires,  animées par l’esprit de l’Enfance missionnaire. Partout, asseoir la pastorale des couples et familles pour plus d’engagement dans les communautés ecclésiales de base, la vie sociale et politique.
    -Parakou compte deux monastères cisterciens fondés par les Abbayes des Gardes et de Bellefontaine (France). C’est une chance inouïe. Mais nous avons aussi les contemplatives de Jésus Eucharistie, encore association publique des fidèles, fondée à Parakou par Sœur Patricia PADONOU. Nous avons le devoir de les accompagner pour que leur spiritualité et charisme grandissent dans l’Archidiocèse et rayonne.
    -Je remercie tous les amis du Bénin, d’Espagne, d’Italie et de France qui nous ont aidés à financer à Natitingou  l’hôpital diocésain Sainte Bakhita et la nouvelle cathédrale. Le Seigneur le leur revaudra.
    -Nous remercions vivement Mgr Christophe DUFOUR et Mgr Marc AILLET venus nous visiter le mois dernier.
    -Prions pour le repos de l’âme de Virginie, mère de l’Abbé Tiburce APOVO. La messe de requiem aura lieu le 17 décembre à 7h à la cathédrale St Pierre et St Paul de Parakou.
    N.B. Le 14 janvier 2012, à 9h30, Romuald GNANGNON sera ordonné prêtre en l’église cathédrale.

 
Quelques dates

    3 décembre : Rencontre avec les chrétiens Bariba de Parakou à l’Archevêché à 9h.
    4 décembre : Messe dominicale à Okédama à 7h. Présentation des Communautés Ecclésiales de Base (C.E.B.)
    7 décembre : Conseil Permanent de la Conférence Episcopale à l’Archevêché à 9h30.
    10 décembre : A 9h30, Vœux perpétuels de Sœur Christine LAMBONI, Christiane et Thérèse, FCSCJ, à la paroisse Marie Auxiliatrice.
    11 décembre : A 9h30,  Rencontre avec les aspirant(e)s à la vie sacerdotale et consacrée à Okedama.
    13-15 décembre : Session de formation des catéchistes au centre Guy RIOBE.
    16-19 décembre : Voyage au Burkina Faso pour l’installation de Mgr  Joachim, Evêque de Koudougou.
    17 décembre : Messe pour le 10è anniversaire du Collège Catholique Hibiscus (2è cycle) à 9h.
    21 décembre : Conseil Presbytéral à 9h à l’Archevêché.
    22 décembre : Noël avec les malades à l’hôpital Saint Jean de Dieu de Boko à 10h.
    23 décembre : Noël avec les prisonniers à la prison civile à 9h30.
    24 décembre : Noël avec les enfants au Centre Guy Riobé à 11h ; Messe de nuit à la Cathédrale à 22h 00.
    25 décembre : Messe du Jour de Noël au Monastère l’Etoile Notre Dame à 9h 00.
    26 décembre : Réunion de l’UCB (Union du Clergé Béninois) à la Maison des œuvres à 9h30.
    31 décembre : Messe pour le Nouvel An au Sanctuaire du Christ Rédempteur de l’Homme à 22h30.

    BONNE FETE DE NOËL ! ET DEJA BONNE ET SAINTE ANNEE 2012 !


                        Abonnement pour un an
                       Dans l’Archidiocèse de Parakou : 1.000 F CFA
                       Au Bénin : 2.000 frs ;
                       A l’extérieur : 10 euros
                      CCP  Paris 0120749 E020 - BP : 75 Parakou BENIN - Tél : (0229) 23 61 02 54 /   22 15 54 44 / Fax : 23 61 01 09
        E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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