"AFRICAE MUNUS" : UN PROJET D’EVANGELISATION POUR LE DEVELOPPEMENT INTEGRAL DE L’HOMME DANS LE VILLAGE DE TENONROU AU BENIN

 

« Lève-toi, Eglise en Afrique […] parce que le Père céleste t’appelle, Lui que tes ancêtres invoquaient comme Créateur, avant d’en connaître la proximité miséricordieuse, révélée dans son Fils unique, Jésus-Christ. Entreprends le chemin  d’une nouvelle évangélisation avec le courage qui te vient de l’Esprit Saint »

 

Excellences Nos Seigneurs,

 

Autorités civiles, politiques, militaires et religieuses, en vos rangs et qualités,

 

Honorables invités,

 

Peuples de Kabo, Ténonrou, Anakperou,

 

Chers tous,

 

C’est par ces paroles lumineuses prononcées à la messe de conclusion de la deuxième Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Evêques le 25 octobre 2009 que le Très Vénéré Pape Benoît XVI a lancé un appel vibrant et pressant à l’Eglise en Afrique pour qu’elle soit« sel de la terre » et « lumière du monde »,au service de la réconciliation, de la justice et de la paix.En clair, il s’agitd’une mission d’évangélisation qui appelle l’engagement de l’Afrique (AfricaeMunus), ainsi que s’intitulele document final de l’exhortation apostolique post-synodale signé du même Pape le 19 novembre 2011à Ouidah au Bénin.

L’appel du Pape lancé à Ouidah, terre de première mission des vaillants missionnaires de la Société des Missions Africaines au Dahomey, a retenti à nouveau en 2012 ici même à Anakperou.Cet appel, c’est le cri d’alarme de braves populations marginalisées et oubliées de Ténonrou, pour que l’Eglise Catholique« en sortie missionnaire »aille jusqu’aux périphéries les plus lointaines du diocèse. En effet, Ténonrou se trouve à l’extrême périphérie Est du diocèse, et se traduit : « terre épuisée ». En réalité, il n’y avait plus rien à espérer de cette terre, appauvrie, déboisée, abandonnée. Il y a encore quelques années, il n’y avait pas de marigot, pas de puits, pas d’école, pas de centre de santé.

Cet appel pressantet insistant des généreux donateurs d’Anakperou, Monseigneur Pascal N’KOUE, Archevêque de Parakou, l’aentendu à la fin d’une visite pastorale sur la paroisse de Kikad’alors, et pour y répondre, il a dû, assis sur moto, sefrayer un chemin à travers de hautes herbes, de Kabo à Anakperou, un village situé à 5 km au sud de Ténonrou.C’est là à Anakperou que les propriétaires terriens, des non chrétiens,ont donné généreusement à l’Eglise Catholique un domaine de près de six cents (600) hectares de terre à Ténonrou, sans rien exiger en contrepartie, alors qu’ils auraient bien pu vendre ce domaine à des ONG ou à de richissimes hommes d’affaires. C’était bien avant le vote et la promulgation de la Loi n°2013-01 du 14 août 2013 portant code foncier et domanial en République du Bénin.Et nous voicià Ténonrou, à vol d’oiseau, cinq (5) kilomètres de la frontière du Nigéria, dans l’Arrondissement de Kika, Commune de Tchaourou, Département du Borgou. 

Nous voudrions exprimer nos vives gratitudes à vous tous, venus de tous les horizons de notre diocèse, des autres diocèses et contrées de notre pays, aux autorités locales, civiles, politiques, militaires et religieuses,à vous nos amis et nos bienfaiteurs venus des pays de la sous-région, et d’Europe, notamment de l’Italie, de la France et de l’Espagne, pour célébrer avec nous les bienfaits du Seigneur en cette Année de grâceset marquer fermement votre engagement à soutenir l’espérance qu’une autre Afrique est possible, une Afrique qui se lève, une Afrique debout, grâce à « l’apport de toutes les personnes de bonne volonté au-delà des appartenances religieuses, ethniques, linguistiques, culturelles et sociales respectives. »

En somme, « AfricaeMunus » de Ténonrou, c’est un projet d’évangélisationpour le développement intégral de l’homme. C’est un projet d’évangélisation orienté vers la sauvegarde de la création de Dieu, suivant la lettre encyclique "Laudato Si" du Saint-Père, le Pape François. Ce projet vise à annoncerla Bonne Nouvelle du salut aux populations locales, à contribuer durablement à l’amélioration de leurs conditions de vie, et à influencer positivement tout le septentrion du Bénin à l’avenir en servant d’exemple aux autres diocèses de la Province Ecclésiastique.

Ce projet pilote démarré en octobre 2015 se déploiepeu à peu suivant un plan d’action dans quatre (4) secteurs clés de la vie des populations de Ténonrou que sont l’accès à l’eau potable, l’éducation, la santé, la protection de l’environnement et des ressources naturelles :

 

  1. L’accès à l’eau potable : l’urgence, c’est l’eau. Avec l’aide d’associations et autres institutions (Groupe Missionnaire de Merano, Catholic Relief Services, Association des Familles Rurales, Misereor, Rotary International),des puits et forages d’eauavec mini-châteaux d’eau ont été réalisés dans les hameaux et villages habités en dehors du domaine. Et, par la suite, une retenue d’eau et quelques forages d’eau à l’intérieurdu domaine. Avec la disponibilité de l’eau, les populations commencent à s’installer. Personne n’est exproprié, ni déguerpi et ne sera jamais déguerpi. Au contraire, il est prévu dans le plan de masse du domaine, des hectares de terre pour des familles sans terre, afin de promouvoir aussi la cohabitation pacifique, les bonnes relations et la cohésion socialeentre les peuples autochtones, les petits agriculteurs familiaux et les éleveurs.

 

  1. L’éducation scolaire et la formation : avec le repeuplement progressif de ce domaine, il faudra mettre en place une école pour l’éducation scolaire des enfants. Concrètement, ces enfants apprennent déjà à écrire, à lire et à compter. Pour améliorer les conditions d’éducation des enfants et de formation des jeunes, des infrastructures socio-éducatives sont et seront construites, avec l’appui financier de la Conférence Episcopale Italienne (CEI). Il s’agitd’un module de six (06) salles de classe, (dont trois (03) à Kabo), ainsi quedes logements pour des apprenants en agropastoral, desrésidences pour les formateurs des animateurs rurauxet les formatrices des filles-mères,des logements et un centre féminin de formation pour les filles-mères. Des formatrices expérimentéesassureront la formation de ces filles-mères à travers l’alphabétisation, l’apprentissage aux métiers d’art culinaire et d’artisanat (couture, tissage), la transformation des produits agropastoraux, la production d’huile de moringa et de cajou, la fabrication du beurre de karité et du savon, etc. Toutes ces actions contribueront à réduire le chômage et l’exode rural des jeunes qui désertent les villages pour le Nigéria considéré à tort comme l’Eldorado le plus proche.

 

3.    La santé : sur le plan sanitaire, un centre médico-chirurgical (dispensaire-maternité) de la mère et de l’enfant est également en construction afin de faciliter la prise en charge rapide des femmes enceintes, l’évacuation des malades en cas d’urgence, la réduction de la malnutrition chez les enfants,tant il est vrai que lesfacteurs de risques sont élevés pour ces femmes et ces enfants parfois obligées de parcourir plus de 60km de piste impraticable même en saison sèche pourse rendre à Parakou pour des soins médicaux appropriés. La vie humaine est sacrée, il faut la protéger autant qu’il faut protéger l’environnement.

 

  1. La protection de l’environnement et des ressources naturelles passe par la promotion du reboisement, des filières agricoles et d’élevage,et de l’énergie solaire. D’abord, le reboisement contribue à la protection de l’environnement. Ce domaine de près de six cents (600) hectares est déboisé.Dans une ou deux décennies à venir on se demande combien d’essences forestières resteront pour les générations futures, quand on connaît bien toutes les vertus thérapeutiques de ces essences et leur utilisation dans l’alimentation de l’homme. Il faut donc reboiser ce domaine. « On ne peut pas parler de développement durable sans une solidarité intergénérationnelle », affirme le Pape François. Les générations présentes doivent laisser une terre habitable aux générations futures. Les plantations d’arbres contribuent à l’équilibre des écosystèmes et renforcentla préservation de la biodiversité. Un proverbe dit que « celui qui a planté un arbre avant de mourir n’a pas vécu inutilement ». Avant de mettre en place les plantations d’arbres, une clôture en matériaux définitifs a été réalisée sur une superficie de 60 hectares afin de pouvoir protéger ces plantations contrela divagation des bêtes qui s’observe partout,même sur les voies asphaltées de nos villes.  Les arbres du milieu qui sont des espèces d’arbres en voie d’extinction sont valorisés : le karité, le néré, le baobab, ainsi quele margousier (neem), l’anacardier,l’iroko, le bois d’ébène, le caïlcédrat.Les arbres fruitiers tels que le papayer, le manguier, le bananier, le corossolier, l’arbre à pain, le palmier à huile, autant que le moringa, le vernonia, le basilic africain sont déjà plantés pour l’alimentation, ainsi que quelques plantes fourragères comme le leucaena, l’afzélia, le campêcher.

 

Ensuite, la promotion des filières agricoles et d’élevage contribue à la protection des ressources naturelles. Le projet a prévula formation et le recyclage des paysans dans différentes techniques de production agro-écologique, l’élevage du petit et du gros bétail,le développement de la culture atteléeet la transformation des produits agropastoraux en vue de réduire l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des populations rurales et de renforcer la résilience de ces paysans face aux changements climatiques. En réalité, les sols sont appauvris et les eaux, polluées par l’utilisation d’agro-toxiques (herbicides, pesticides et engrais chimiques). Le Pape François nous  rappelle que « tout est lié » : Dieu, l’homme, la nature. Une transition écologique est prévueavec l’usage exclusif d’intrants biologiques, et la pratique de la culture attelée aux bœufs afin d’améliorer la fertilité des sols et d’accroître la productivité. Le passage de la houe au tracteur agricole requiert une transition technologique qui protège l’environnement.

 

Enfin, la promotion de l’énergie solaire contribueà la protection de l’environnement. Au regard des difficultés liées à l’accès à l’énergie électrique (absence totale du réseau électrique dans la localité) et aux dépenses onéreuses d’entretien de groupe électrogène, l’option est faite de l’énergie solaire, une énergie renouvelable, propre, disponible pour l’alimentation des infrastructures socio-éducatives et socio-communautaires construites sur ce site.

  

En définitive, cette intervention sociale de la Caritas diocésaine de Parakou connue sous la dénomination de Caritas-BDBD (Bureau Diocésain du Borgou pour le Développement), et donc de l’Eglise Catholique, en faveur des populations rurales défavorisées de cette partie de notre pays cadre bien avec le Programme d’Actions du Gouvernement, en ce qui concerne notamment l’axe stratégique 6 (renforcement des services sociaux de base) du Pilier 3 relatif à l’amélioration des conditions de vie des populations, en lien avec les Objectifs du Développement Durable (ODD). L’initiative de Ténonrouest une contribution significative au développement de notre pays et, à ce titre, elle requiert l’appui du gouvernement de notre pays, dans une dynamique constructive de renforcement de partenariat public-privé.  L’Eglise et les pouvoirs publics sont au service des mêmes populations, même si nos méthodes sont différentes. Le gouvernement actuel l’a bien compris. L’Accord-Cadre entre le Saint-Siège et la République du Bénin constitue un instrumentde référence pour le renforcement d’un partenariat constructif entre nos deux institutions. Nous sommes appelés à sortir d’une logique séparatiste Eglise-Etat pour relever ensemble,dans une franche collaboration et une synergie d’actions, les défis du développement humain intégral. Comment ne pas remercier ici le Préfet du Borgou qui s’est impliqué pour que la piste Parakou – Ténonrou en passant parKabo soit grattée ces jours-ci ? Sinon, on aurait pris des motos depuis Kabo pour venir jusqu’ici. Que Dieu nous donne la force et la volonté de contribuer à mettre debout tous les enfants de notre cher et beau pays, le Bénin, ainsi que de notre cher continent, l’Afrique, pour une Afrique résolument engagée pour le développement humain intégral et la cohésion sociale.

 

L’heure du relèvement de l’Afrique a sonné : « Afrique, lève-toi ».

 

 

Père Henri EDOH

 

Directeur de la Caritas-BDBD

 

Parakou – BENIN

 

 

 


PRESENTATION DE LA CARITAS-BDBD 


1-    Identité et mission


   Dans un contexte socio-politique, économique, culturel et religieux profondément marqué par des mutations et des bouleversements de toutes sortes (changements climatiques, catastrophes, épidémies, guerres, migrations) ainsi que le foisonnement d’organismes humanitaires et philanthropiques, la Caritas est appelée à affirmer son identité et sa mission, en tant qu’organisation de l’Eglise catholique pour le service de la charité.  

Dans son encyclique sur le service de la charité, le Pape Benoît XVI éclaire, d’un jour nouveau, l’identité et la mission de l’Eglise : « La nature profonde de l’Eglise s’exprime dans une triple tâche : l’annonce de la Parole de Dieu (kerygma-martyria), la célébration des Sacrements (leitourgia), le service de la charité (diakonia). Ce sont trois tâches qui s’appellent l’une l’autre et qui ne peuvent être séparées l’une de l’autre. » (Deus Caritas est, n°25). Cette déclaration du Pape Benoît XVI reprise dans son Motu Proprio sur le service de la charité souligne la triple dimension de la mission de l’Eglise. Cette mission est donc, à la fois, prophétique, liturgique et sociale.

La pastorale sociale, c’est le service de la charité en acte et le lieu d’exercice de cette charité. La Caritas est donc d’abord et avant tout une pastorale de la solidarité au sein de la communauté et, en l’occurrence, envers les pauvres  de la communauté, en vue de leur relèvement et de leur progrès dans la foi et dans l’espérance.

La mission de la Caritas-BDBD est de témoigner de l’amour de Dieu en travaillant à promouvoir un réel esprit d’amour et de solidarité dans la vérité à travers une stratégie de la pastorale sociale basée sur des actions de développement intégral de l’homme et de tout homme à la lumière de l’enseignement social de l’Eglise Catholique.

La vision de la Caritas-BDBD, c’est de construire une civilisation de l’amour dans la vérité, la liberté, la justice et la paix en contribuant au bien-être socio-économique de tous, en l’occurrence des plus pauvres.

2-    Contexte de référence 

   La zone d’intervention de la Caritas-BDBD couvre actuellement les Communes de Parakou et de Tchaourou, ainsi que deux (2) arrondissements de la Commune de N’Dali (Sirarou, Gbégourou) sur une superficie d’environ 9 259 km2 pour une population estimée à 518 593 habitants. Les groupes socio-culturels dominants sont par ordre d’importance les Bariba, les Nagots, les Fons et assimilés, les Dendi, les Peulhs, les Ditamari, les  Yom et les Lokpa. Le pouvoir politique traditionnel aux mains des rois, chefs traditionnels et dignitaires du culte religieux coexiste au pouvoir politique moderne aux mains des élus locaux et communaux et des autorités administratives. Le climat est de type sud-soudanien marqué par une saison sèche et une saison humide. Les populations exposées à l’insécurité alimentaire s’adonnent, pour la plupart, à l’agriculture, à l’élevage, à l’artisanat et au commerce. Le taux d’analphabétisme est élevé tandis que le taux de scolarisation est faible, avec une insuffisance d’infrastructures scolaires et d’enseignants qualifiés. Ce sont là les caractéristiques essentielles de cette zone d’intervention.

 

3-    Genèse et organisation

 

                                           Siège de la Caritas-BDBD

 


   La Caritas diocésaine de Parakou connue sous la dénomination de Caritas-BDBD (Bureau Diocésain du Borgou pour le Développement) a été instituée le 13 janvier 1988 par Monseigneur Nestor ASSOGBA, de vénérée mémoire. Elle est constituée des Caritas Paroissiales. Elle est membre de Caritas BENIN qui, elle-même, est membre de la Caritas Région Afrique et de la Confédération Caritas Internationalis.

Elle dispose d’un manuel de procédures financières et comptables, d’un Plan Stratégique 2017-2020, et pour chaque année, d’un Plan de Travail Annuel Budgétisé. Ces documents administratifs déterminent le cadre institutionnel nécessaire à la réalisation des actions en vue de l’atteinte des objectifs de solidarité et de développement intégral de l’homme.

Le siège social de la Caritas-BDBD est situé au sein du Centre Pastoral Guy RIOBE sis au quartier Ladjifarani dans le troisième Arrondissement de la Municipalité de Parakou au BENIN. Au siège de la Caritas-BDBD un personnel constitué de permanents et de bénévoles travaille dans divers secteurs d’activités, selon ses compétences, pour assurer la mission de solidarité et de développement humain intégral assignée à la Caritas diocésaine.

Le logo est constitué de trois éléments : l’emblème, la dénomination « Caritas-BDBD » en couleur noir, et le diocèse (PARAKOU) en couleur rouge au vin. L’emblème est composé d’une croix laissant jaillir, de tous côtés, des rayons rouges de sa lumière.

 



4-    Objectifs


   Les objectifs de la Caritas-BDBD se déclinent comme suit :
•    Faire rayonner dans tout le diocèse l’Evangile spécialement le Cœur miséricordieux de Dieu que Jésus-Christ nous a révélé ;
•    Rendre concret le style de gratuité et de partage dans la justice inspirée par Jésus-Christ pour la vie sociale et économique des hommes et des femmes ;
•    Promouvoir le développement intégral de l’homme et de tout homme en aidant les communautés à travailler ensemble, à s’aimer et à acquérir leur propre autosuffisance pour assurer leurs besoins fondamentaux ;
•    Promouvoir l’autofinancement des œuvres et des institutions de l’Eglise afin d’aider les pauvres à regarder l’avenir avec confiance et espérance.

5-    Domaines d’intervention


La Caritas-BDBD intervient dans divers domaines de la vie des populations en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie. Avec l’appui des Caritas paroissiales, des partenaires techniques et financiers (MISEREOR, KINDERMISSIONSWERK, Gruppo Missionario Merano, Secours Catholique/Caritas France, Catholic Relief Services, Conférence Episcopale Italienne, etc.) envers lesquels elle exprime toute sa reconnaissance, elle met en œuvre des projets et programmes dans les domaines ci-après :

  a-Animation des Caritas paroissiales

 

                                     une réunion avec les Délégations Paroissiales

 

 La Caritas diocésaine est composée des Caritas Paroissiales constituées des chrétiens des paroisses. Par le baptême, tout chrétien est membre de la Caritas et est appelé à témoigner de l’amour de Dieu dans son milieu de vie et de travail.

La service de l’animation des Caritas paroissiales organise la sensibilisation et la formation des Caritas paroissiales sur les paroisses dans le but d’éveiller, de former et d’encourager les fidèles chrétiens à plus de solidarité en leur sein et à plus d’engagement dans le service de la charité. Il organise également la solidarité à travers la mobilisation des ressources lors de la Semaine Nationale de Charité et de la Campagne de Carême. Une Assemblée Générale statutaire se tient chaque année et réunit les Délégations paroissiales de Caritas, les permanents et les bénévoles.



   b- Assistance et urgences

 

une collecte de dons lors d’une Semaine Nationale de Charité

 

   En collaboration avec les Caritas Paroissiales, il est organisé un service pour l’accueil et l’écoute des personnes en situation difficile afin de les aider à se relever et à se prendre en charge. Ce service est l’expression de la compassion et de la solidarité de toute la communauté chrétienne diocésaine et paroissiale envers les membres de la communauté. C’est un service qui fait appel à la générosité des membres de la communauté qui mobilise, chaque année, des fonds et des dons en nature à l’occasion de la Semaine Nationale de Charité et de la Campagne de Carême. Grâce à ces fonds, la Caritas vient en aide aux personnes en situation de précarité pour des soins médicaux, l’aide alimentaire, les frais de transport pour des migrants démunis, les frais et fournitures scolaires pour des élèves et étudiants en difficulté.



c-   Eau potable en milieu rural et péri-urbain

 

Eau potable en milieu rural et péri-urbain : un château d’eau de 30 m3     

 

 

                                

Eau potable en milieu rural et péri-urbain : un forage avec pompe à motricité humaine

 

 

   L’accès à l’eau potable constitue un défi eu égard au manque d’eau et aux maladies hydriques en milieu rural et péri-urbain. Dans l’Archidiocèse de Parakou, les populations sont confrontées au manque d’eau, surtout durant la saison sèche. Elles se résignent parfois à consommer de l’eau souillée des marigots et des bas-fonds, s’exposant ainsi aux risques de maladies hydriques et cutanées. En 20 ans, de 1994 à 2014, la Caritas-BDBD a réalisé 186 puits et 31 forages à motricité humaine dans les contrées du Borgou en faveur des populations défavorisées. Mais ces points d’eau sont largement en-deçà de la demande.

De 2016 à 2018, la Caritas a également réalisé 19 forages équipés de pompes solaires et de châteaux d’eau dans les écoles catholiques et des quartiers périphériques de Parakou, afin de rendre disponible l’eau potable et de promouvoir la santé des enfants et des populations.



d-  Promotion de la femme

 

Promotion de la femme : du maraîchage dans un village

 

     Dans l’archidiocèse de Parakou, les conditions de vie des femmes restent peu reluisantes : difficultés d’accès à l’eau potable, à la terre, aux soins de santé. Elles sont victimes de violences et elles font partie des couches vulnérables de la société. Dans le but d’améliorer leurs conditions de vie, la Caritas-BDBD s’efforce de prévenir les violences qui leurs sont faites à travers des séances de sensibilisation, de les organiser en groupements, dans une dynamique de solidarité, à travers des activités génératrices de revenus, d’épargne et de crédit, afin d’accroître leur pouvoir d’achat, de réduire leur dépendance vis-à-vis des hommes et de contribuer durablement à leur autonomie.


e-  Promotion des droits humains
   Beaucoup d’hommes, et notamment de femmes et d’enfants subissent des injustices sociales. Leurs droits sont méconnus et bafoués.  La Caritas-BDBD s’engage, aux côtés des plus faibles, à faire reconnaître leurs droits  et devoirs. C’est un combat pour la justice, qui se concrétise à travers la lutte contre les violences faites aux femmes, la lutte contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire, l’appui-conseil et l’appui matériel aux jeunes filles élèves-mères et aux élèves handicapés dans des établissements scolaires du diocèse.


f- Hygiène et assainissement de base

 

Hygiène et assainissement : des stagiaires à l’unité de recyclage des déchets plastiques

 

L’hygiène et l’assainissement de base constituent des défis pour nos populations pauvres, confrontées aux maladies liées à la pollution de l’environnement, à l’insalubrité et à la prolifération des déchets de toutes sortes.  Dans le but de l’amélioration du cadre de vie des populations, des latrines familiales et des puisards de douche sont construits, des dépotoirs sauvages détruits et transformés par endroits en lieux de jardinage ; des incinérateurs sont réalisés, avec l’implication des agents de santé et la collaboration avec les services de santé publique, dans des centres de santé pour une meilleure gestion des déchets biomédicaux. 

Une unité primaire expérimentale de recyclage des déchets plastiques a été créée en 2015 dans le quartier Ladjifarani à Parakou en vue de contribuer à l’assainissement de la ville de Parakou et ses environs. En collaboration avec les ONG de pré-collecte des ordures ménagères, les déchets plastiques sont collectés dans des poubelles posées dans l’enceinte de quelques établissements scolaires de la ville de Parakou. Ces déchets sont triés, séchés et broyés. La chaîne de transformation prévoit la production de broyats et de granulés qui pourront servir de matières premières dans des industries plastiques pour la fabrication de matériels didactiques, de matériels d’entretien ou autres gadgets.


g-   Protection de l’environnement et changement climatique

 

 

       Du repiquage de légumes dans un jardin scolaire

 

 

               

                                                un jardin scolaire

 

                                            une  mise  en terre de plants dans une école


   Les changements climatiques avec ses effets néfastes sur l’environnement constituent aujourd’hui un enjeu planétaire. Cette situation est aggravée par le déboisement et la déforestation. Face à cette situation, la Caritas-BDBD est résolument engagée dans la lutte pour la protection de l’environnement fondée sur le principe de la sauvegarde de la création à travers des actions de reboisement, de maraîchage, de réalisation de retenues d’eau. La mise en place de jardins potagers dans les 17 écoles où sont réalisés 17 forages, permet d’approvisionner les cantines scolaires en produits potagers et de contribuer à l’amélioration de l’alimentation scolaire et l’éducation des enfants à la gestion durable de l’environnement et des ressources naturelles. De plus, les enfants de ces écoles sont initiés au reboisement. De vastes étendues de terres sont reboisées en plants fruitiers et non fruitiers, notamment les espèces en voie de disparition telles que le karité, le néré, le baobab, le neem, l’anacardier, la caïlcédrat, le moringa, le teck, etc.


  h-  Sécurité alimentaire et nutritionnelle

 

un technicien agricole dans un champ de soja

 

   Des contraintes et autres obstacles liés à la pluviométrie, les catastrophes, les difficultés d’accès aux terres cultivables et au crédit agricole, le nombre insuffisant de personnel d’encadrement et de centres de formation, la mécanisation agricole, le coût élevé des intrants agricoles, la transhumance, l’analphabétisme, l’agriculture intensive, entravent le développement de l’agriculture et compromettent la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. De plus, les politiques et les mécanismes de financement du secteur agricole à divers niveaux n’ont pas réussi à assurer l’alimentation des populations et la bonne nutrition des enfants. Depuis quelques mois, la Caritas-BDBD renforce la résilience de 45 exploitants agricoles familiaux à travers l’appui à la production agricole pour un meilleur rendement, l’amélioration de l’accessibilité économique des populations à l’alimentation par le renforcement du système de Communauté d’Epargne et de Crédit Internes et le suivi de la situation nutritionnelle des enfants  afin d’aider les populations vulnérables à lutter durablement contre la pauvreté et la faim.




 i-  Agropastoral

 

un troupeau de bœufs à une retenue d’eau

 


   La Caritas-BDBD a entrepris, il y a quelques années, de mettre en place une ferme agropastorale dénommée "Providentia Dei" dans le village de Gaah Baka, Commune de Tchaourou, avec un début de production animale et végétale et, en perspective, la formation et la transformation en vue de l’autofinancement de ses actions de développement.

Dans le village de Ténonrou où l’Archidiocèse dispose d’un vaste domaine de 591 hectares, des activités de maraîchage sur une superficie d’un ¼ ha entièrement clôturé sont en cours d’expérimentation. Un logement est également construit pour de jeunes apprenants en agropastoral. Une paire de bœufs est  en dressage pour la culture attelée.



j-   Développement intégral de l’homme dans le village de Ténonrou
   Dans l’exhortation apostolique post synodale "AFRICAE MUNUS", le vénéré Pape Benoît XVI lance à toute l’Afrique un appel à l’engagement et à l’espérance : « Afrique, lève-toi ». En réponse à cet appel du Pape, Monseigneur Pascal N’KOUE, Archevêque de Parakou, a pris l’initiative d’un projet d’évangélisation pour le développement intégral de l’homme. Ce projet va se réaliser progressivement sur un vaste domaine de 591 ha 27 a 05 ca en vue du relèvement de l’homme et de l’amélioration des conditions de vie des populations dans le village de Ténonrou, situé à 7 km au sud du village de Kabo dans l’Arrondissement de Kika, Commune de Tchaourou.



Ce projet pilote démarré en octobre 2015 se déploie progressivement sur un domaine de 60 ha et se décline en 03 axes majeurs à savoir :

Centre AFRICAE MUNUS : la résidence du Directeur



1.    La construction et l’équipement d’infrastructures fonctionnelles de résidence, d’éducation scolaire et de santé : 01 résidence du Directeur, 01 résidence des formateurs des animateurs ruraux, 01 résidence des institutrices, 01 école primaire catholique de six classes, 01 internat de jeunes garçons écoliers, 01 logement de jeunes apprenants en agropastoral, 01 logement de paysans animateurs ruraux, 01 dispensaire, 01 maternité, 01 centre de formation et 01 logement de filles-mères, l’équipement de tous les bâtiments en énergie photovoltaïque, 01 clôture en dur de 60 ha, 01 autre clôture en dur de 50 ha, 02 véhicules 4x4, 01 retenue d’eau à l’extérieur du domaine vers Kabo et l’aménagement de la voie Kabo-Ténonrou.

 

Centre AFRICAE MUNUS : un module de trois classes avec bureau et magasin



2.    La promotion du reboisement du domaine en essences forestières en voie d’extinction : karité, néré, neem, anacarde, baobab, iroko, moringa, et autres arbres fruitiers.

 

Centre AFRICAE MUNUS : du piquetage avant reboisement



3.    La promotion et l’amélioration des filières agricoles et d’élevage, et l’autonomisation de la femme : initiation des paysans à la culture attelée, accroissement du cheptel des éleveurs, apprentissage des jeunes filles en couture, enseignement ménager, formation dans l’art culinaire et dans la transformation des produits agropastoraux.

 

Centre AFRICAE MUNUS : une paire de bœufs pour la formation en culture attelée

 

   En somme, ce projet vise à aider les populations locales à accueillir la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ pour la transformation sociale et le développement intégral de l’homme, et pour les aider à faire face aux nombreux défis dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau potable, de l’agropastoral, de la protection de l’environnement, et à influencer positivement tout le Nord-Bénin à l’avenir en servant d’exemple aux autres diocèses de la Province Ecclésiastique du Nord-Bénin.
 

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